Saint Pierre Chrysologue
docteur de l'église catholique
406 - 450

Homélie de Saint Pierre Chrysologue sur le pardon du Père

Je me lèverai et j'irai vers mon père. Celui qui dit ces paroles gisait à terre. Il prend conscience de sa chute, il se rend compte de sa ruine, il se voit enlisé dans le péché et il s'écrie : je me lèverai et j'irai vers mon père. D'où lui vient ces espoir, cette assurance. Cette confiance ? du fait même qu'il s'agit de son père. « J'ai perdu, se dit-il, mas qualité de fils ; mais lui n'a pas perdu  celle de père. Il n'est point besoin d'un étranger pour intercéder auprès d'un père : c'est l'affection même de celui-ci qui intervient et qui supplie au plus profond de son cœur. Ses entrailles paternelles le pressent à engendrer de nouveau son fils par le pardon. Coupable, j'irai donc vers mon père. »
Et le père, à la vue de son fils, voile immédiatement sa faute. A son rôle de juge il préfère celui de père. Il transforme tout de suite la sentence en pardon, oui qui désire le retour du fils et non sa perte.  Il se jeta à son cou et l'embrassa. Voilà comment le père juge et comment il corrige : il donne un baiser au lieu d'un châtiment. La force de l'amour ne tient pas compte du péché, et c'est pourquoi le Père remet d'un baiser la faute de son fils, il le couvre par ses embrassements. Le père ne dévoile pas le péché de son enfant, il ne flétrit pas son fils, il soigne ses blessures de sorte qu'elles ne laissent aucune cicatrice, aucun déshonneur.  Heureux ceux don la faute est  ainsi remise et le péché pardonné.  Gardons-nous donc de nous éloigner d'un tel Père. La seule vue de ce Père suffit pour mettre en fuite le péché, pour éloigner la faute et pour repousser tout mal et toute tentation. Mais si nous nous sommes éloignés du Père, si nous avons dissipé tout son bien par une vie dissolue, s'il nous est arrivé de commettre quelque faute ou méfait, si nous sommes tombés dans le gouffre sans méfait, si nous sommes tombés dans le gouffre sans fond de l'impiété et  dans une ruine absolue, relevons-nous enfin et revenons à tel Père, encouragés par un  tel exemple.
Quand il le vit, il s'attendrit, il s'attendrit, couru se jeter à son cou et l'embrassa. Je le demande, quelle place y aurait-il ici pour le désespoir, quelle occasion pour une excuse ou pour u semblant de crainte ? A moins peut-être que la rencontre avec le P7re ne nous fasse peur et que son baiser nous inspire de la crainte ; à moins peut-être que nous croyions que c'est pour prendre et se  venger et non pour accueillir et pardonner que le Père vient et attire son enfant par la main. Mais cette pensée destructrice de la vie, cette ennemie de notre salut est mise hors de combat par ce qui suit :  Le Père dit à ses serviteurs : Mangeons et faisons liesse. Mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie il était perdu, et le voilà retrouvé. Après avoir entendu cela pouvons-nous encore retarder notre retour vers le Père ?
 

Homélie de Saint Pierre Chrysologue sur Saint Joseph

Mais comment est-il juste s'il refuse de juger le cas de son épouse ? Il semble que ce soit là de la pitié et non de la justice. Il faut nous souvenir que, devant Dieu, s'il n'y a pas de vraie bonté sans la justice, il n'y a pas non plus de vraie justice sans la bonté. Ces vertus quand elles ne sont plus unies, ne peuvent se tenir debout : la justice sans la bonté est cruauté. Agissons de même quand nous sommes dans le trouble, quand les apparences indiquent une faute et que nous ignorons cependant ce qui est dans la réalité : suspendons notre jugement, éloignons les pensées de vengeance et confions tout à Dieu, de peur qu'en condamnant un innocent, nous nous préparions une condamnation semblable.

Saint Pierre Chrysologue
sermon CXLV.

Saint Pierre-Chrysologue
Evêque de Ravenne, docteur de l'Eglise (+ 451)
Se fête le 30 juillet, Mémoire facultative
 
Ravenne était alors la résidence des empereurs d'Occident. L'évêque Ursus étant mort, le pape choisit pour lui succéder un simple diacre d'Imola, ville voisine : Pierre. On raconte que ce choix lui fut guidé par l'apôtre saint Pierre lui-même et saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne. Il était éloquent d'où son surnom. Nous pouvons le constater par les sermons qui nous restent de lui et dont l'une des qualités, et sans doute la meilleure quand ils sont riches de spiritualité : la brièveté. Saint Germain l'Auxerrois se rendit à Ravenne en 418 pour plaider devant l'empereur la cause de l'Armorique opprimée par son gouverneur. Il fut reçu par l'impératrice Galla Placidia et par l'évêque Pierre. C'est là qu'il mourut assisté par Pierre durant ses derniers instants.
 

Saint Pierre Chrysologue - sermon sur le Notre Père
 Le Christ est le pain semé dans le sein de la Vierge Marie, levé dans la chair, formé dans sa Passion, cuit ans le four du tombeau, conservé dans les églises et distribué chaque jour aux fidèles comme une nourriture céleste placée sur les autels.

 

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