Saint
Cyrille d'Alexandrie
docteur de l'église catholique - docteur de l'Incarnation
380 - 27 juin 444
Saint Cyrille d'Alexandrie fut, au début du
Vème siècle, le Docteur de l'Incarnation.
Le
Logos de Dieu le Père est né de la Vierge qui ne fut appelée
qu'à jouer le rôle de médiatrice et d'instrument pour enfanter
selon la chair celui qui était uni à la chair. l'Emmanuel est
Dieu. Celle qui a enfanté le Dieu qui est apparu pour nous doit
être nommée Mère de Dieu.
Homélie pascale 17, PG 77, 777 C
Il
ne faut pas diviser l'unique Seigneur Jésus-Christ en homme à
part et en Dieu à part, mais nous disons qu'il n'y a qu'un seul
Jésus-Christ, tout en sachant la différence des natures et en
les maintenant l'une et l'autre sans confusion.
Scholies sur l'Incarnation, PG 75, 13 85 C
Le
Seigneur est une gerbe, il nous lie tous à lui. Il nous
rassemble tous, il est les prémices de l'humanité consommée
dans la foi et destinée aux célestes trésors... Aussi, quand
le Seigneur est revenu à la vie et que, d'un geste, il s'est
offert à Dieu comme les prémices de l'humanité, alors
assurément, tous nous avons été transformés à une nouvelle
vie.
Glaphyres [= élégants commentaires], PG 69,624
1 -
VIE de Saint Cyrille d'Alexandrie
1.
Avant l'épiscopat
Saint
Cyrille d' Alexandrie naquit vers 380. Nous ignorons tout de sa
jeunesse. Ses œuvres témoignent de sa culture profane et
religieuse.
En 403,
Saint Cyrille d' Alexandrie assiste aux côtés de son
oncle, Théophile d'Alexandrie, au concile du Chêne où S. Jean
Chrysostome fut condamné. L'histoire nous trace un portrait
assez dur de l'évêque Théophile, on le dit ambitieux,
autoritaire, intrigant.
2. L'épiscopat
(412-444)
Première
période : de 412 à 428
Le 17
octobre 412, Saint Cyrille d' Alexandrie succède à son
oncle Théophile sur le siège patriarcal d'Alexandrie. Il sera
évêque trente-deux ans. Saint Cyrille d' Alexandrie
laissera à la postérité une œuvre théologique immense et
de grande valeur.
Dès l'abord,
Saint Cyrille d' Alexandrie se montre intransigeant comme
le fut son oncle. Il témoigne certes d'un zèle pastoral
remarquable dont ses œuvres exégétiques sont l'écho, mais
Saint Cyrille d' Alexandrie se dépense par tous les moyens pour
la sauvegarde de la vérité : il lutte contre les novatiens
schismatiques, il lutte contre les Juifs qu'il chasse d'Égypte,
Saint Cyrille d' Alexandrie lutte contre les païens :
serait-il vraiment responsable d'un meurtre odieux et cruel,
celui d'Hypatia, célèbre philosophe platonicienne, qui fut
sauvagement assassinée en 415 par une bande de chrétiens
conduite par un clerc?
Il n'est
pas sans intérêt de lire dès l'abord le jugement de Newman qui
connaissait si bien la période patristique :
Cyrille,
je le sais, est un saint. Il ne s'ensuit pas qu'il l'était en
412. Je parle selon l'histoire... Je ne pense pas que Cyrille lui
même aimerait que ses actions historiques fussent prises comme
la mesure de sa sainteté, et il n'est pas honnête de donner une
entorse à l'histoire pour servir quelque théorie gratuite.
Théologiquement, il est grand et, à cet égard, les catholiques
de toutes les époques lui ont été très redevables
Esquisses Patristiques, Paris, 1962, p.448
Sur le
plan théologique, Saint Cyrille d' Alexandrie poursuit la
lutte antiarienne il insista donc sur la divinité du Christ,
Verbe incarné. Héritier direct de la pensée d'Athanase (+373),
Saint Cyrille d' Alexandrie aima toujours s'en proclamer le
disciple.
Deuxième
période : la lutte contre Nestorius (428-444)
En 428,
Nestorius devint évêque de Constantinople, capitale de l'empire.
La faveur de l'empereur Théodose II l'appelait à ce siège. Ce
prêtre d'Antioche, prédicateur de renom, était le disciple du
plus grand exégète de l'école d'Antioche, Théodore de
Mopsueste, dont la préoccupation majeure fut d'affirmer dans son
enseignement l'humanité du Christ " afin que soit assumé
ce qui doit être sauvé ".
Nestorius
s'empressa de diffuser à Constantinople les conclusions les plus
hardies de l'école d'Antioche sur la distinction de la nature
humaine et de la nature divine dans le Christ. Marie a enfanté
un homme et, par conséquent, Nestorius refusait de lui donner
son titre traditionnel de Mère de Dieu, Theotokos. Il
choisissait de lui substituer celui de Christotokos, Mère
du Christ.
Entre
Saint Cyrille d' Alexandrie et Nestorius, la lutte
doctrinale allait s'engager. Dans cet affrontement théologique,
deux cités rivales combattaient : Alexandrie et Constantinople,
deux écoles aux tendances opposées mais complémentaires
aggravaient leurs divisions : Alexandrie et Antioche. La lutte
serait complexe : politico-religieuse, c'est vrai, mais cependant
il faut tenir que Saint Cyrille d' Alexandrie sauva l'orthodoxie
et combattit pour la foi. Toujours, Saint Cyrille d' Alexandrie
eut conscience du point de départ de cette lutte longue et
mouvementée :
Ignore-t-on
le point de départ de toute cette dispute sur la foi ? Elle n'a
été engagée que parce que c'était notre ferme conviction que
la sainte Vierge est Mère de Dieu.
Dialogue sur la Trinité, PG 75, 940 A
Dès
429, Saint Cyrille d' Alexandrie proteste donc dans son
homélie pascale, il évite encore de nommer Nestorius :
Ce
n'est pas un homme ordinaire que Marie a enfanté, c'est le Fils
de Dieu fait homme ; elle est donc bien mère du Seigneur et
mère de Dieu.
Homélie 17, PG 77, 776
Peu de
temps après, dans une longue lettre dogmatique, Saint Cyrille d'
Alexandrie y revient encore :
Faut-il
appeler Marie Theotokos ? Sans aucun doute, puisqu'elle a conçu
et enfanté le Dieu Verbe fait homme. Ce mot est traditionnel,
tous les Pères orthodoxes d'Orient et d'Occident l'ont accepté.
Lettre aux moines d'Égypte, PG 77, 16
Saint
Cyrille d' Alexandrie écrit ensuite directement à
Nestorius qui répond avec dédain à celui qu'il appelle "
l'Egyptien " ; de part et d'autre, les deux théologiens en
conflit s'adressèrent à Rome.
En
août 430, dans un concile romain, le pape Célestin I condamna
Nestorius et il chargea Saint Cyrille d'Alexandrie de lui
notifier la sentence et de s'efforcer d'obtenir la rétractation
des thèses hérétiques.
Saint
Cyrille d' Alexandrie réunit les évêques d'Égypte et
rédigea au mois de novembre une Lettre synodale contre
Nestorius qui se terminait par les douze anathématismes [voit
texte dans Dictionnaire de Théologie Catholique, article Cyrille
d'Alexandrie, col. 2509-2511] rédigés dans la terminologie
de l'école théologique d'Alexandrie. Nestorius était, sous
peine d'excommunication, sommé d'y souscrire. A travers
Nestorius, Antioche se sentait menacée et la rupture entre les
Eglises semblait inévitable. L'empereur Théodose II, très
hostile à saint Cyrille d' Alexandrie, convoqua un concile
général à Ephèse en 431.
En ce
troisième concile œcuménique la doctrine de Nestorius fut
condamnée. La décision fut prise rapidement dès la première
session. L'affaire devait rebondir, les évêques syriens
arrivèrent avec cinq jours de retard et protestèrent :
Cyrille
est bien le neveu de Théophile ! Il l'imite dans ses manières
de voir et dans ses procédés. L'un a déchaîné sa fureur
contre Jean (Chrysostome), le porte-parole de Dieu ; celui-ci,
malgré la grande différence qui sépare les deux accusés,
cherche à se faire un nom...
Actes du Concile
Jean d'Antioche
et les évêques syriens lancèrent l'excommunication contre
saint Cyrille d' Alexandrie qui fut emprisonné par ordre
de Théodose : les adversaires étaient tous deux déposés de
leurs fonctions ! Cependant, les négociations se poursuivirent,
saint Cyrille d' Alexandrie fut remis en liberté après
trois mois ; en 433 l'union se fit entre les Orientaux qui
anathématisèrent la doctrine de Nestorius et l'Église d'Alexandrie.
Saint Cyrille d' Alexandrie avait renoncé à exiger une
reconnaissance signée des Anathématismes dont le texte fut
toujours discuté, les deux partis acceptaient la formule d'un
symbole d'union :
Nous
confessons... Notre Seigneur Jésus-Christ le Fils unique de Dieu,
Dieu parfait et homme parfait... engendré avant les siècles par
son Père selon la divinité, et dans les derniers jours, le
même à cause de nous et pour notre salut, engendré de la
Vierge Marie selon l'humanité ; le même consubstantiel au Père
par sa divinité et consubstantiel à nous par son humanité. Car
l'union des deux natures a eu lieu ; et c'est pourquoi nous
confessons un seul Christ, un seul Fils, un seul Seigneur. Dans
cette même pensée de l'union sans mélange, nous confessons la
sainte Vierge, Mère de Dieu parce que le Dieu Logos s'est
incarné.
PG 77, 176-177 29
Les
discussions se poursuivirent : saint Cyrille d' Alexandrie était
suspect encore parmi certains Orientaux qui l'accusaient d'apollinarisme.
A la suite dApollinaire ( + après 390), les apollinaristes
défendaient à un tel point la divinité du Christ qu'ils
mutilaient l'intégrité de sa nature humaine : selon eux, la
divinité du Christ lui tenait lieu d'âme raisonnable. D'autre
part, les alexandrins reprochaient à saint Cyrille d' Alexandrie
d'avoir renié la doctrine des Anathématismes. Saint Cyrille d'
Alexandrie s'attacha donc à défendre sa doctrine aussi bien
dans les dernières années de sa vie qu'au cœur même de la
lutte contre Nestorius. Saint Cyrille d' Alexandrie mourut en l'an
444, le 27 juin.
II
- OEUVRES de Saint Cyrille d'Alexandrie
L'œuvre
littéraire de Saint Cyrille d'Alexandrie est immense : dix
volumes de la patrologie grecque de l 'abbé Migne. Ses
œuvres sont exégétiques, dogmatiques ou polémiques. Nous
ne citons que les titres principaux.
1.
Avant la controverse nestorienne
L'adoration
et le culte de Dieu en esprit et en vérité
Saint Cyrille d'Alexandrie commente un ensemble de textes du
Pentateuque selon la méthode allégorique alexandrine,
Saint Cyrille d'Alexandrie montre que l'Ancien Testament
prépare et préfigure le Nouveau.
Les
Glaphyres (le mot signifie : élégants commentaires)
Ces treize livres sont la suite directe des dix-sept livres de l'ouvrage
précédent.
Le Commentaire
sur Isaïe et le Commentaire sur les douze petits
prophètes
Le Commentaire
sur l'évangile de saint Jean
Grand ouvrage dogmatique. Le souci de réfuter les erreurs y est
très perceptible, l'ouvrage se situe cependant avant la grande
controverse. Il contient d'admirables développements sur l'Eucharistie.
Nous citons quelques extraits de cette œuvre importante:
L'incarnation
déificatrice :
Tous
nous étions dans le Christ, c'est la commune personne de l'humanité
qui se reforme en lui, le Logos a habité en tous par un seul :
un seul ayant été constitué Fils de Dieu en puissance selon l'Esprit
de sainteté, cette dignité se communique à tout le genre
humain.
Commentaire sur l'évangile de saint Jean. 1, PG 73, 161 C
Il
est faux que nous ne puissions être un avec Dieu que par un
accord de volonté. Car au-dessus de cette union, il en est une
autre plus sublime et de beaucoup supérieure qui s'opère par
une communication de la divinité à l'homme, lequel, tout en
conservant sa propre nature, est transformé pour ainsi dire en
Dieu, de même que le fer plongé dans le feu devient igniforme,
et tout en demeurant du fer semble changé en feu.
Commentaire sur l'évangile de saint Jean. PG 74, 5
5 3
La
participation du Saint-Esprit :
Il
n'y a d'union avec Dieu que par la participation du Saint Esprit,
nous infusant la sainteté de sa propre nature, remodelant les
âmes humaines en sa propre vie, il leur imprime une ressemblance
divine et sculpte en elles l'effigie de cette substance qui est
la plus parfaite des substances.
Commentaire sur l'évangile de saint Jean. , PG 74, 5 53
L'Eucharistie
nous fait participer au corps vivifiant du Ressuscité :
Parce
que le Christ vient en nous par sa chair, nous ressusciterons
vraiment. Il serait incroyable ou plutôt impossible que la vie
ne vivifiât pas ceux dans lesquels elle vient. De même qu'on
recouvre une étincelle de beaucoup de paille pour conserver la
semence du feu ; de même en nous Notre Seigneur Jésus-Christ,
par la chair, cache la vie au fond de notre être ;il la dépose
comme un germe d'immortalité qui doit consumer toute la
corruption qui est en nous.
Commentaire sur l'évangile de saint Jean. , 4, 2, PG 73,
581
Sur la
sainte et consubstantielle Trinité
Saint
Cyrille d'Alexandrie écrit deux ouvrages polémiques sur
ce sujet, il y réfute les objections des ariens.
2. La
controverse nestorienne
Toutes
les œuvres de saint Cyrille d'Alexandrie , à partir de 428,
sont consacrées à l'étude des problèmes christologiques.
Parmi
toute une suite d'écrits polémiques, citons
- Contre
les blasphèmes de Nestorius (vers 430)
- Sur
la foi orthodoxe, à l'empereur
- Sur
la foi orthodoxe, aux princesses et aux reines.
L'ouvrage
s'adresse aux sœurs de l'empereur et à l'impératrice
Eudoxie.
- Les
douze anathématismes (430)
- Une
explication et deux apologies des douze anathématismes.
3. Les
dernières années
- Contre
les livres de l'athée Julien (de 433 à 44 1)
De ces
trente livres d'apologétique chrétienne, nous n'avons conservé
que les dix premiers.
Citons
encore les Lettres pascales, 29 nous sont parvenues sous
le nom d'Homélies pascales :
L'Esprit
nous rend parfaitement conformes au Christ, par sa vertu
sanctifiante. Il est en effet en quelque sorte la forme (la
parfaite ressemblance) du Christ notre Sauveur, et fi inprim- en
nous par lui-même la divine ressemblance.
Hom. pasc. 10
III
- LA DOCTRINE CHRISTOLOGIQUE de Saint Cyrille d'Alexandrie
Saint
Cyrille d'Alexandrie est le théologien de l'unité de la
personne du Christ: dans le Verbe incarné, il reconnaît deux
natures distinctes mais unies. Marie est la Mère d'une personne
divine, car le Verbe incarné est la deuxième personne de la
sainte Trinité.
Parce
que l'école d'Antioche mettait l'accent sur la parfaite
humanité du Sauveur,
elle fut amenée à souligner la distinction des deux natures
humaine et divine ;
parce que l'école d'Alexandrie mettait l'accent sur la divinité
du Sauveur,
elle fut amenée à souligner l'unité des deux natures.
On
accusa Saint Cyrille d'Alexandrie d'avoir consenti des
concessions aux nestoriens et d'avoir varié dans ses positions
dogmatiques : mais la pensée du théologien fut toujours de
rejeter la division, la dualité des natures. On a parlé très
justement de " fermeté de pensée et de souplesse d'expression
". Le vocabulaire technique de la christologie se cherchait
encore, il ne sera vraiment fixé qu'au concile de Chalcédoine (451).
La
doctrine de Nestorius était vraiment dangereuse : entre l'homme
Jésus et le Verbe, il ne voyait qu'une conjonction morale, le
concile d'Éphèse insista, selon la pensée de Saint Cyrille d'Alexandrie
, sur l'unité divino-humaine du Christ.
Hélas,
après la mort de Saint Cyrille d'Alexandrie, les monophysites se
réclamèrent de son patronage. Certaines expressions très
fortes de Saint Cyrille d'Alexandrie, sorties du contexte de sa
pensée, pouvaient être interprétées dans ce sens. La
terminologie de Saint Cyrille d'Alexandrie n'était pas toujours
claire pour tous. Le risque de mutiler l'humanité n'était pas
illusoire ; Saint Cyrille d'Alexandrie qui aimait de se
référer à saint Athanase cite souvent cette parole qu'il
pensait à tort être de lui : " l'unique nature du Verbe
fait chair ". En fait, cette parole était précisément
d'Apollinaire, jugé à juste titre hérétique parce qu’il
disait que le Verbe remplaçait dans le Christ l'esprit humain.
Saint Cyrille d'Alexandrie parle souvent de la distinction des
deux natures, il parle tout autant de leur unité : il s'agit
toujours dans sa pensée d'une union sans confusion. Deux textes
feront saisir à la fois le flottement terminologique et la
fermeté de la pensée :
Le
Verbe s'est fait chair, comme dit Jean le Théologien. Alors se
sont mêlées pour ne faire qu'une, d'une manière aussi
inexplicable qu'inconnaissable, la nature divine qui vivifie et
la nature humaine qui est terrestre. Nous comprenons de ce fait
que des deux natures, un seul Emmanuel soit apparu, qui n'est
point sorti des limites de sa divinité à cause de la chair qu'il
avait revêtue, de même qu'il n'a pas repoussé notre
ressemblance en y faisant naître sa bonté essentielle.
Homélie pascale 18, PG 77, 802 -820
Malgré
la diversité des natures qui sont réunies dans une véritable
unité, il n'y a qu'un unique Christ et Fils. La différence des
natures n'est pas éliminée par l'unité, mais au contraire ce
sont la divinité et l'humanité qui constituent l'unique
Seigneur Jésus-Christ, par un concours mystérieux et indicible.
Lettre 4, PG 77, 45 B
CONCLUSION
sur Saint Cyrille d'Alexandrie
Saint
Cyrille d'Alexandrie fut proclamé Docteur de l'Église par Léon
XIII. l'Église reconnaît en lui le Docteur de l'Incarnation.
Saint Cyrille d'Alexandrie est le plus grand successeur d'Athanase
sur le siège d'Alexandrie et sa maîtrise théologique est
remarquable.
Saint
Cyrille d'Alexandrie est penseur systématique et
théologien de la vie spirituelle, il sut tirer les conclusions
du dogme. Jamais le dogme ne fut pour Saint Cyrille d'Alexandrie
une abstraction, l'Incarnation dont Saint Cyrille d'Alexandrie
parlait sans cesse atteignait l'humanité entière, elle est
divinisatrice et vivificatrice. L'union de l'humanité au Christ
est réelle, physique : par le corps du Christ reçu dans l'Eucharistie,
les chrétiens deviennent concorporels avec lui et entre eux.
Anastase
le Sinaïte (+ peu après 700) remarqua comment Saint Cyrille d'Alexandrie
avait recueilli tout l'héritage de la tradition patristique dans
l'élaboration de sa doctrine trinitaire et il l'appela pour ce
motif « le sceau des Pères ». Il clôt en quelque sorte l'époque
de la patristique dans le monde grec.
Le
contact avec la pensée de saint Cyrille d'Alexandrie renouvelle
en nous la conviction de l'importance vitale du dogme :
l'Église
reste redevable à saint Cyrille d'Alexandrie de la
fermeté d'une doctrine christologique que les siècles
ultérieurs fixeraient en un vocabulaire moins fluent.