Saint Pierre Damien
docteur de l'église catholique,
1007-1072
 

Biographie de Saint Pierre Damien

Ermite, cardinal-évêque d’Ostie, docteur de l’Église, orateur et écrivain sacré de premier plan au milieu du XIe siècle latin, l’un des protagonistes de la réforme de l’Église et l’un de ceux qui dénoncèrent le plus haut l’abus de l’art dialectique dans les questions sacrées.
Né à Ravenne, abandonné, maltraité, Pierre connaît une enfance très rude jusqu’au moment où son frère Damien, dont il prendra le nom, l’ayant recueilli, l’envoie faire les meilleures études libérales à Faenza, puis à Parme. Il est ensuite maître à Ravenne, où son renom en rhétorique et en droit lui attire de grandes foules d’élèves (Jean de Lodi, in Patrologia latina , CXLVI), lui procurant honneurs, richesses et tentations. Après la rencontre de deux ermites qui l’étonnent par leur esprit de pauvreté, il se décide à quitter le monde, vers 1035, et se fait ermite au prieuré camaldule de Fonte Avellana, en Ombrie. Il y commence une vie de contemplation et de mortification dont la ferveur s’atteste dans une œuvre de style fort soutenu, la plus abondante que nous ait livrée son temps.
Ses premiers écrits — une Dispute avec un juif (P.L. , CXLV) sur la Trinité et le Messie et la Vie de Romuald (éd. Tabacco, 1957), écrite en 1042 — donnent, l’un un exemple des méthodes d’enseignement qu’il eut à employer, très tôt, à Pomposa, l’autre, avec un document historique précieux sur le père des ermites latins, le programme érémitique qu’il allait suivre, non sans subir maintes contradictions.
Contre son gré, Pierre Damien est élu prieur en 1043 et doit fonder sept nouveaux ermitages pour les disciples qu’attirent sa science et sa sainteté. Les besoins du monde le contraignent à sortir de sa solitude. Les lettres qu’il écrit en grand nombre (P.L. , CXLIV) à des destinataires de tout rang (papes, évêques, princes, moines et moniales, laïcs influents ou obscurs) font allusion constamment aux désordres inouïs du monde et de l’Église, violences, avarice, luxure, ignorance des clercs, et appellent véhémentement une réforme qui doit commencer par le Siège romain. Après le cri de joie que lui inspire l’élection de Grégoire VI, en 1045, il trouve des satisfactions plus solides dans l’action réformatrice à laquelle il se donne aux côtés d’Hildebrand et de Henri III, servant d’intermédiaire entre l’empereur et les papes.
Il adresse à Léon IX, en 1049, le premier de ses grands écrits réformateurs, le Liber Gomorrhianus sur les désordres du clergé, et, en 1052, à l’archevêque Henri de Ravenne, son Liber gratissimus , important traité canonique sur la reconsécration des simoniaques, problème majeur à la veille du conflit des Investitures, et sur lequel il sera longtemps en divergence avec la Curie romaine. La plupart des traités qu’il insère en des lettres souvent très longues touchent à des problèmes affrontés directement dans les cloîtres ou dans le monde (les degrés de la consanguinité, l’institution monastique et érémitique, la communauté des biens entre les chanoines) ou à des questions qui lui sont soumises (la procession du Saint-Esprit, contre l’erreur des Grecs; le comput pascal; certaines difficultés d’exégèse; les étapes de la fin des temps, dont il voit les signes présents). Le plus spéculatif de ses traités est une lettre aux moines du mont Cassin Sur la toute-puissance divine (éd. Cantin, coll. Sources chrétiennes, no 191, 1972). Il y reprend une dispute engagée contre de jeunes moines dialecticiens; et, en même temps qu’il adopte une position hardie sur le pouvoir de Dieu à l’égard du passé, il profite de la nature de l’objection qu’il combat pour définir le rôle de la dialectique dans les questions sacrées.
Cardinal-évêque et comte d’Ostie en 1057, il ne cesse plus de gémir sous le poids des charges qui le privent de la contemplation, alors que les missions d’Église se multiplient: en 1059, à Milan, pour apaiser la révolte des patarins; en 1063, à Cluny et Limoges, pour assurer les droits des clunisiens; en 1069, à Francfort, auprès de Henri IV... Il traduit par des rythmes fort harmonieux, mais en termes souvent violents, bien des heurts auxquels l’expose une rare sensibilité, le plus souvent méconnue. En 1072, essayant de réconcilier Ravenne avec l’Église, il meurt en retournant à Rome, dans la nuit du 22 au 23 février, à Faenza.

Autre Biographie de Saint Pierre Damien

Né à Ravenne en 1007, devenu ermite à Fonte Avellana en 1035, zélé pour la réforme de l'Église et des mœurs, ayant écrit contre le nicolaïsme (Liber Gomorrhianus, 1049) et contre la simonie (Liber gratissimus, 1052), il fut fait cardinal par Étienne IX en 1057. Dès 1060, Hildebrand, convaincu, comme Humbert et comme l'avaient été Léon IX et Étienne IX, tous trois lorrains, qu'une réforme radicale devait toucher l'ordonnancement juridique de la vie ecclésiale et s'appuyer sur la papauté, avait demandé à Pierre Damien de recueillir tous les textes sur la suprématie du Siège romain (cf. Opusc. 5 : PL 145, 89 C). Pierre ne fit jamais ce travail. Il est mort le 22. II. 1072, un an avant l'élection de Grégoire VII. Réformateur ardent, lié avec Hildebrand et les papes réformateurs, il est demeuré un pré-grégorien.
Le fond de sa vision de l'Église est traditionnel : l'Église est, par l'Incarnation du Fils de Dieu, une descente et une manifestation sur terre de la Jérusalem d'en haut. L'Église est le Corps du Christ, en tant que, dans son extension universelle, elle est animée par son Esprit. Pierre Damien a développé, sur cette base, et sur celle de l'axiome traditionnel selon lequel « toute âme est l'Église », une théologie profonde de l'Église comme communion dans le Saint-Esprit. Toute l'Église, l'universalis ecclesia, est présente tout entière à chacun, tout en demeurant une et unique : « L'Esprit, qui est sans aucun doute un et (en même temps) varié... donne à la sainte Église, qu'il remplit, d'être une dans son universalité, et tout entière dans (chacune de) ses parties. » Ainsi l'Église est faite des hommes habités par l'Esprit : « nos utique sumus ecclesia », nous sommes, à coup sûr, l'Église » (Sermo 72 : PL 144, 909 C).
Dans ce corps, tous les fidèles sont consacrés et ont une dignité sacerdotale. Les prêtres ordonnés ne font que donner une forme visible et une application à l'action de Dieu ou du Christ, souverain célébrant. Pierre Damien demeure dans la ligne de saint Augustin pour la question de la validité des ordinations simoniaques (rattachement à l'action efficace du Christ : donc validité à condition que l'on garde la foi de l'Église).
Mais cette Église a reçu de Dieu une structure qui fait que l'Église romaine jouit d'une autorité divine aussi, qui travaille à la lui retirer est de ce fait hérétique. Le pape est seul évêque universel de toutes les Églises, « solus omnium ecclesiarum universalis episcopus » (Opusc. 23, 1 : 145, 474 C). Dans la décadence générale et en vue de la reforme des mœurs, l'Église romaine est l'appui d'une efficacité incomparable. Elle est pour toute l'Église « fundamentum et basis ». La réforme s'appuiera donc sur elle. Par là, Pierre Damien est d'accord avec les « Lorrains » (Humbert, Léon IX) et les Grégoriens.
Il se distingue d'eux et s'avère un antégrégorien, un homme du saint Empire des trois Otton et des trois Henri (de Henri III surtout, qu'il compare à David), par la façon dont il parle du pouvoir impérial et royal. Les deux pouvoirs procèdent également de Dieu, en quelque sorte ex aequo, même si les rois sont soumis aux prêtres pour leur salut. L'idéal est une entente, un appui mutuel, une sorte de circumincession par laquelle le pouvoir des rois serait dans le pape et le pouvoir du pape dans les rois. Cela suppose une ecclésiologie du « populus christianus » plus carolingienne que grégorienne, et aussi une idée très haute du caractère sacré des rois. Réformateur moral, Pierre Damien n'est pas un théocrate : l'énoncé du Sermo 69 sur les deux glaives qu'on lui a longtemps attribué n’est pas de lui, mais de Nicolas de Clairvaux.
 

Pierre est le dernier-né (1007) d'une famille nombreuse Ravenne si pauvre qu’il est abandonné aux soins d’une servante pendant sa prime enfance. Repris par sa famille peu avant la mort de sa mère, il est employé par un ses frères à des travaux grossiers dont la garde des pourceaux jusqu'à ce qu'un autre de ses frères, Damien, pris de pitié, le prenne avec lui ; c’est par reconnaissance pour ce frère qu’il se fera nommer Pierre Damien. Damien fait étudier Pierre à Ravenne où il se montre si brillant qu’il lui fait poursuivre des études à Faenza, puis à Parme.
Prodigieusement intelligent, il gagne ses grades et devient un professeur très renommé. Cependant, Pierre Damien, assailli de violentes tentations d’orgueil et de sensualité, ne voit pas d’autres moyens d’échapper aux dangers du monde que d’entrer chez les moines camaldules de l’abbaye Sainte-Croix de Fonte Avellana, aux confins de la Marche et de l’Ombrie, où il s'adonne à une vie extrêmement austère (1035). Appelé par ses supérieurs à restaurer et à renforcer la discipline, il prêche dans son couvent et dans d'autres. Il est élu prieur de Fonte Avellana (1043) d'où il fonde d'autres monastères. Le savant Pierre Damien ne manque pas d’avertir ses moines : « prenons garde à la science qui ne vire point en amour. Souvent, le désir de trop embrasser intellectuellement peut devenir dangereux pour la vie spirituelle. »
Soucieux des intérêts de l'Eglise, il dénonce à Grégoire VI (1045-1046) les clercs et les évêques incontinents et simoniaques dont la race avait augmenté démesurément sous le lamentable pontificat de Benoît IX (1032-1045). Conseiller de Clément II (1046-1047), il lui écrit : « Travaillez à relever la justice qu'on foule aux pieds avec mépris ; usez des rigueurs de la discipline ecclésiastiques pour que les méchants soient humiliés et que les humbles se reprennent à l'espérance. » Près d'être condamné par Léon IX (1048-1054) circonvenu par ses ennemis, Pierre Damien écrit au Pape : « Je ne cherche la faveur d'aucun mortel ; je ne crains la colère de personne ; je n'invoque que le témoignage de ma propre conscience. » Après avoir déserté la cour pontificale pendant la fin du pontificat de Léon IX et celui de Victor II (1055-1057), il est rappelé d'Ostie par Etienne IX (1057-1058) qui le fait cardinal-évêque ; il dénonce l'élection de Benoît X (1058-1059) entachée de simonie et, avec Hildebrand (futur saint Grégoire VII), après avoir contribué à l'élection de Nicolas II (1059-1061), il obtient le décret de 1059 qui réserve l'élection du pape aux seuls cardinaux. A peine a-t-il fait l'élection d'Alexandre II (1061-1073) qu'il se retire dans son monastère dont il doit bien vite partir pour veiller sur l'Eglise déchirée par le schisme de l'antipape Honorius II (condamné en 1062). « Nous n'en connaissons pas dont l'autorité soit plus grande, après la nôtre, dans l'Eglise romaine, dit Alexandre II , il est notre œil et le ferme appui du siège apostolique. » Il est envoyé comme légat à Milan (1059), en France (1063), à Florence (1063), puis en Germanie (1069). Après avoir remis de l’ordre dans le diocèse de Ravenne dont le défunt archevêque Henri a soutenu l’antipape, Pierre Damien, terrassé par la fièvre, au monastère Sainte-Marie-des-Anges, à Faenza, le 22 février 1072.
 

Saint Pierre Damien, né à Ravenne, d'une famille honnête, mais pauvre et nombreuse, fut, étant encore à la mamelle, abandonné par sa mère découragée; mais une femme charitable le recueillit à demi mort de faim, et lui donna tous les soins d'une vraie mère. Rendu à ses parents devenus plus humains, il resta orphelin très jeune encore et fut le souffre-douleur d'un de ses frères, qui le traitait comme un esclave et l'envoyait garder les pourceaux. Dans ce misérable état, le pauvre enfant montrait des dispositions intellectuelles et morales vraiment remarquables.
Un jour il trouva par hasard une pièce d'argent; un enfant s'en serait servi pour satisfaire sa gourmandise, mais le jeune Pierre sut résister à cette tentation et eut l'attention délicate de porter cet argent à un prêtre, afin de faire dire des Messes pour son père défunt.
Un autre frère de l'enfant, archiprêtre de Ravenne, prit pitié de sa misère et s'occupa de son éducation; ce frère s'appelait Damien, et on croit que Pierre ajouta plus tard ce nom au sien par reconnaissance. Dès lors tout changea pour notre Saint; après avoir émerveillé ses maîtres et ses disciples par ses talents et ses vertus, il chercha dans le cloître un refuge contre les périls du monde.
Pendant le reste de sa longue vie de quatre-vingt-trois ans, il fut l'ami, le conseiller, la lumière de tous les Papes de son temps. Ses vertus dépassaient encore sa science profonde; il brilla surtout par la mortification et l'humilité.
Dans sa jeunesse, tourmenté de tentations impures, il se plongea, la nuit, dans un étang demi-glacé, jusqu'à ce qu'il eût éteint le feu de la concupiscence. Cilice, jeûnes effrayants, lit de planches nues, discipline, cercles de fer, aucune pénitence ne lui fut étrangère.
Étant moine, quand, au chapitre, il avait dû reprendre ses religieux de leurs fautes, il descendait de son siège, se prosternait à terre devant tous, s'accusait de toutes ses imperfections, se donnait la discipline publique, et, reprenant sa place, continuait ses avis.
On l'invoque contre les maux de tête, probablement en sa qualité d'homme d'étude.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

Vers 1051, saint Pierre Damien compose Le Livre de Gomorrhe où il dénonce  les  rapports homosexuels. Il accuse certains prêtres d'être homosexuels et de se confesser entre eux pour éviter d'être repérés et bénéficier ainsi de pénitences plus légères.

Le pape Léon IX refuse toutefois d'accéder à sa demande, à savoir les exclure de l'Eglise. L'homosexualité n'empêche d'ailleurs pas les promotions.

Voir la Revue d'éthique et de théologie morale : tables
n° 43 : 4e trimestre 1957

saint Pierre Damien poète

Saint Pierre Damien passa huit jours à Cluny en 1063. Il n’y était pas arrivé sans préventions: ferme partisan des mortifications, il désirait introduire à l’abbaye les flagellations volontaires et des jeûnes au pain et à l’eau, mais l’abbé Hugues fut assez habile pour lui montrer qu’un tel ascétisme n’était pas conciliable avec l’office liturgique et l’administration du monastère; l’austère visiteur s’en alla très édifié et vanta «Cluny l’incomparable». Quelques années plus tard, il réussit à faire adopter au Mont-Cassin ce qu’il n’avait pu imposer à Cluny; les résultats négatifs prouvèrent à quel point l’abbé Hugues avait eu raison de ne pas bouleverser son monastère sous prétexte d’une ascèse plus pure.
Au siècle suivant, Cluny rencontra un réformateur beaucoup plus obstiné que Pierre Damien en la personne de saint Bernard, abbé de Clairvaux. Cette fois, les disputes vinrent autant des conflits d’intérêt que des divergences sur l’interprétation de la règle de saint Benoît. Si les ordres nouveaux du XIIe siècle, à la recherche d’une vie plus simple, se sont parfois écartés de l’observance de Cluny, ils ont profité de son expérience et finalement en ont gardé beaucoup plus qu’ils n’en ont rejeté. Aucun n’a eu une période de gloire aussi brillante ni surtout aussi longue.
Dans les discussions avec saint Bernard et Cîteaux, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny de 1122 à 1157, eut le mérite de refuser la surenchère sans ignorer que la législation de toute communauté doit évoluer. Les statuts qu’il édicta étaient le fruit de l’expérience.
L’évolution du droit clunisien se fit par la promulgation de statuts rédigés par les abbés et les chapitres généraux. Il convient d’y voir non de vains efforts de redressement, mais l’adaptation à de nouvelles circonstances.

Saint Pierre Damien et la dignité de la Mère de Dieu

D'ailleurs, plusieurs excellentes raisons suffiraient sans la décision formelle de l'Eglise pour nous persuader de cette doctrine. Marie est mère de Dieu, et elle a pour fils Jésus-Christ, le Saint des Saints. Cette vérité, qui a été si solennellement définie au concile d'Ephèse contre les blasphèmes de Nestorius, est reçue et révérée de tous les fidèles. Saint Pierre Damien à la suite des Pères et des Docteurs, appelle cette dignité de Mère de Dieu " une dignité immense ", et assure qu'il n'y a que l'Ouvrier même qui puisse surpasser ce grand ouvrage. Dieu voulant faire une faveur si incompréhensible à Marie, voulant l'élever, à une dignité si admirable, voulant la mettre au-dessus des trônes, des chérubins, des séraphins et de toute créature possible, voulant enfin la rendre telle qu'il n'y eût et ne pût y avoir personne plus digne au-dessous de lui, pouvait-il permettre qu'à sa Conception elle fût l'esclave du démon, l'héritière de l'enfer et une créature maudite et exécrable, digne de son horreur et de ses malédictions? N'aurait-il pas donné par là un grand sujet à Satan de se glorifier d'avoir été, du moins un moment, le maître et le souverain d'une créature si précieuse, et de l'avoir eue sous sa puissance et sa domination ? Et n'aurait-il pas, en même temps, fait tort à la gloire de sa toute-puissance, en ne faisant qu'à demi cet ouvrage si rare et si excellent?

Les visions donnent la même impression de sévérité. Le moine Wetti, mort en 824 à Reichenau, déclare avoir entendu au cours d'un voyage dans l'au-delà un ange lui déclarer que rien n'offense plus Dieu que le péché contre nature. Vers 1051 , saint Pierre Damien dans Le Livre de Gomorrhe s'élève violemment contre les rapports sexuels entre hommes, surtout entre clercs, qu'il décrit avec force détails. Il accuse les prêtres d'avoir des relations avec ceux qu'ils dirigent sur le plan spirituel, et affirme que beaucoup de clercs, pour éviter des sanctions, se confessent à d'autres clercs homosexuels.

Selon saint Pierre Damien, si, Dieu n'a pas voulu se faire homme sans le consentement de Marie, C'est pour deux raisons : Premièrement, afin de nous obliger à une extrême reconnaissance envers cette divine Mère ; secondement, pour nous apprendre que le salut de tous les hommes est remis à sa décision.

Saint Pierre Damien et la prédication

paroles de saint Pierre Damien : " Au prédicateur, deux choses sont, par-dessus tout, nécessaires: il faut qu’il regorge véritablement des pensées de la doctrine spirituelle et qu’il brille de la splendeur de la vie religieuse. Si le prêtre ne peut avoir les deux ensemble, en sorte que sa vie soit resplendissante et remplie par la richesse de sa doctrine, la vie, sans aucun doute, est alors préférable à la doctrine... L’éclat de la vie vaut plus pour l’exemple que l’éloquence et l’élégance des discours... Il est nécessaire que le prêtre chargé de prêcher ruisselle des pluies de la doctrine spirituelle et étincelle des rayons de la vie religieuse, à l’instar de cet ange qui, annonçant aux bergers la naissance du Seigneur, brilla d’une éclatante splendeur et exprima par des paroles la bonne nouvelle qu’il était venu leur annoncer
(Epp. l. I, Ep. I, ad Cinthium Urbis praef. PL 144, 462) ".

"Lorsque tu es criblé de coups...,
ne tombe pas dans le désespoir...,
Attends dans l'allégresse
la joie qui succédera à la tristesse."
Saint Pierre Damien

"Chaque âme individuelle peut être considérée comme réalisant pleinement en elle le mystère sacramentel de l'Eglise" (Saint Pierre Damien : "Sur le Dominus Vobiscum", 5)

(Béatifié ) Benoit X 1058 - 1060 ( intronisé de force, écarté par Saint Pierre Damien au profit de Nicolas II)
 

Saint Pierre Damien, le droit Canonique et la discipline monacale concernant l’homosexualité

St Paul, Epître aux Romains, 1, 26-32
Athénagore, Suplique au sujet des chrétiens (177): homosexuels, ennemis du christianisme au même titre que les époux adultères, doivent être condamnés à l'excommunication (34)
Concile d'Elvire de 305: canon 71:
Concile d'Ancyre de 314: canons 16 et 17
St Jean Chrysostome (2° moitié du IVe siècle), Commentaire sur l'Epître aux Romains, «Sermon A», in Boswell, Appendice 2, p.451: «Ils [les hommes] "ont délaissé l'usage naturel de la femme". De la même manière, il [saint Paul] rejette par ces mots toute excuse, les accusant non seulement d'avoir eu à leur disposition une jouissance [licite] et d'y avoir renoncé, mais encore de mépriser ce qui est naturel et de rechercher ce qui ne l'est pas.»
Conciles de Tolède:
-Capitulum 3 du 16e (693): «Le progrès de la sodomie rend nécessaire la promulgation de peines sévères. Si un évêque, un prêtre ou un diacre se rend coupable de péché il sera déposé et exilé à tout jamais. En outre, l'ancienne loi en vertu de laquelle les sodomites sont exclus detous rapports avec les chrétiens, fouettés ignominieusement, tondus, et exilés, reste en vigueur. S'ils n'ont pas fait une pénitence suffisante, on ne devra pas, au lit de la mort, leur accorder la communion.»
Patrologiae-Latina: t.150, pp.939 s.: Constitutions (Goodich p.18)
Saint Pierre-Damien, Liber Gomorrhianus
Pierre le Chantre ou Pierre Cantor (XIIe s.):
-Sur la sodomie, in Boswell, Appendice 2;
-Verbum abbreviatum, in Patrologiae - Latina, t.205
Conciles de Latran
-le canon 11 du 3e (1179) interdit «cette incontinence qui est contre nature» et décrète que «les clercs coupables de vice contre nature doivent soit renoncer au statut clérical, soit être confinés à vie dans un monastère.»

Saint Pierre Damien et de la dévotion aux douleurs de la Vierge
On trouve les premières traces de la dévotion aux douleurs de la Vierge, à la fin du XI siècle, particulièrement dans les écrits de saint Pierre Damien (mort en 1072), de saint Anselme (mort en 1109), d'Eadmer de Cantorbéry (mort en 1124), de saint Bernard (mort en 1153) et de moines bénédictins et cisterciens qui méditent le passage de l'Evangile qui montre Marie et Jean au pied de la Croix (Evangile selon saint Jean, XIX 25-27).

Saint Pierre Damien et l’Ave Maria

Saint Pierre-Damien (†1072) rapporte d'un clerc qu'il récitait chaque jour l'Ave Maria jusqu'à : benedicta tu in mulieribus
C’est le premier témoignage formel de l’utilisation de l’Ave Maria en dehors de la liturgie

Saint Pierre Damien et la flagellation de Notre Seigneur

saint Pierre Damien qui assure que les bourreaux frappèrent Notre Seigneur jusqu'à ce que les forces leur manquèrent. Isaïe avait tout prédit par un mot : "Il sera brisé (ou broyé) à cause des fautes des autres" (Is 53, 5).

Les yeux qui versent des larmes font peur au démon : il craint le flot de larmes qui jaillit, comme s'il cherchait à se soustraire à la grêle d'un ouragan, à une tempête de vents qui de partout se déchaînent. En effet, tout comme l'envahissement soudain d'un torrent tumultueux purifie son lit de tout immondice, de même le flot de larmes de l'esprit qui pleure emporte ce qu'y a semé la malice du démon, les ordures pestilentielles des vices.
Saint Pierre Damien, Opuscule, 13, 12

Saint Pierre Damien et le pape Benoît XV

BENOIT XV
Lettre encyclique sur la prédication HUMANI GENERIS
du 15 juin 1917

120 Et pour conclure en peu de mots ce que Nous avons dit jusqu’à présent, Nous Nous servirons de ces paroles de saint Pierre Damien : " Au prédicateur, deux choses sont, par-dessus tout, nécessaires : il faut qu’il regorge véritablement des pensées de la doctrine spirituelle et qu’il brille de la splendeur de la vie religieuse. Si le prêtre ne peut avoir les deux ensemble, en sorte que sa vie soit resplendissante et remplie par la richesse de sa doctrine, la vie, sans aucun doute, est alors préférable à la doctrine ... L’éclat de la vie vaut plus pour l’exemple que l’éloquence et l’élégance des discours ... Il est nécessaire que le prêtre chargé de prêcher ruisselle des pluies de la doctrine spirituelle et étincelle des rayons de la vie religieuse, à l’instar de cet ange qui, annonçant aux bergers la naissance du Seigneur, brilla d’une éclatante splendeur et exprima par des paroles la bonne nouvelle qu’il était venu leur annoncer (Epp. l. I, Ep. I, ad Cinthium Urbis praef. PL 144, 462) ".

Saint Pierre Damien et les dictons
fête le 21 février
dicton
A la Saint-Pierre-Damien l'hiver reprend ou s'éteint.

Saint Pierre Damien et l’ange gardien
saint Pierre Damien, enseigne que l’Ange Gardien ne déserte pas l’âme pécheresse.

Saint Pierre Damien et la Reine du ciel
La Reine du ciel est présentée comme la douce et tendre mère accomplissant prodiges après prodiges pour ses enfants, pécheurs repentants et oppressés. C'est l'époque de Saint Pierre Damien (+1072) grand dévot à Marie; il fait la promotion du Petit Office de la Sainte Vierge. On commence à célébrer la fête de l'Immaculée Conception, le 8 décembre, en Angleterre. Il y a une grande dévotion à la maternité spirituelle de Marie, Mère de miséricorde, qui de rend jusqu'un Purgatoire d'où elle fait sortir les âmes prisonnières.

Saint Pierre Damien par Dom Réginald BIRON
SAINT PIERRE DAMIEN ( 1007 - 1072 )
Lecoffre. "Les Saints". 1930. Broché, 203 pages.

Saint Pierre Damien, moine camaldule puis cardinal-évêque d'Ostie.
Berger à Ravenne, puis moine camaldule à Fonte Avellana en Ombrie, Pierre Damien devint prieur et rendit ses frères heureux. Grand pénitent, il écrit l’éloge de la “discipline”. Il stigmatise avec une vigueur à peine décente le clergé corrompu d’alors.
Presque par surprise, le Pape Etienne IX le crée Cardinal-évêque d’Ostie. Il lutta dès lors pour dégager l’Église de ses attaches temporelles, réagit contre la décadence intellectuelle et morale du clergé, et prépara les voies à la grande réforme que son ami, le moine Hildebrand, le futur Grégoire VII, allait bientôt entreprendre.
Il mourut en 1072, âgé de 83 ans. Il avait fait graver sur sa tombe : “Ce que tu es, je le fus ; ce que je suis, tu le seras !”.

Saint Pierre Damien et Léon IX d'Eguisheim, pape alsacien

Né en 1002, il avait dépassé de peu la cinquantaine. Il fournissait par sa disparition prématurée un exemple de plus au traité que saint Pierre Damien allait bientôt publier sur la brièveté de la vie des papes De brevitate vitae pontificum romanorum (P. L., CXLIV, 471-480). Wibert explique dévotement le fait par une disposition préméditée de la Providence, qui avait été annoncée à Brunon avant son élection pontificale (II, 1, circ. med.). Il est pourtant, difficile de penser que Dieu ait voulu faire mourir prématurément tous les papes du temps. Nous savons par ailleurs que plusieurs d'entre eux furent certainement assassinés. Les personnages en vue couraient alors de grands risques. Moins de deux ans avant Léon IX, le 19 juillet 1052, un de ses plus fidèles compagnon, l'archevêque de Lyon Halinard (v. plus haut ), qu'il avait laissé à Rome, pendant son dernier voyage en Allemagne, pour l'y représenter, avait été empoisonné par un mauvais poisson que lui avait servi un faux ami (Chronique de St-Bénigne de Dijon, in fine).

Saint Pierre Damien et le Purgatoire
les œuvres de saint Pierre Damien (éd. en 1642) décrivent le Purgatoire de Benoît IX errant sur terre sous forme d'un ours gigantesque, à oreilles et queue d'âne... » (G. et M. Vovelle, Vision de la mort et de l'au-delà en Provence, d'après les autels des âmes du Purgatoire, dans Cahiers des Annales, n. 29, Paris, 1970, p. 23).
 

SAINT PIERRE DAMIEN ET LE SECRET DE MARIE SUR L'ESCLAVAGE DE LA SAINTE VIERGE

L'offrande d'un tribut à la Sainte Vierge]
62. La seconde pratique, c'est de donner tous les ans, au même jour, un petit tribut à la Sainte Vierge, pour lui marquer sa servitude et sa dépendance: ça toujours été l'hommage des esclaves envers leurs maîtres. Or, ce tribut [est] ou quelque mortification, ou quelque aumône ou quelque pèlerinage, ou quelques prières. Le bienheureux Marin, au rapport de son frère, saint Pierre Damien, prenait la discipline publiquement tous les ans, au même jour, devant un autel de la Sainte Vierge. On ne demande ni conseille cette ferveur; mais, si l'on ne donne pas beaucoup à Marie, l'on doit au moins offrir ce qu'on lui présente avec un cœur humble et bien reconnaissant...

Saint Pierre Damien et saint Romuald

19 juin, Saint Romuald, abbé (--- - 1027)
Natif de Ravennes, il grandit dans l'entourage des ducs. À vingt ans, il fuit le monde et entre chez les bénédictains. Sa ferveur lui obtient de se retirer pour mener une vie d'ermite où il peut vivre dans le silence et la solitude dans la prière.
Sa réputation de sainteté attire de nombreux disciples et, selon la Règle de saint Benoît, il fonde un premier monastère dans la plaine et installe des ermitages en montagne. Il y meurt le 19 juin 1027.
Saint Pierre Damien, l'un de ses plus illustres disciples, écrira sa vie.
« Romuald, mon garçon, si tu laissais faire la divine grâce en ton âme, que ne réaliserais-tu pas !
Mais tu veux agir par toi-même et tu gâtes tout ! »

(Vie de Romuald par Pierre Damien)
« Ne pleurez pas trop ! les larmes troublent la vue et peuvent obscurcir l'intelligence."

Saint Pierre Damien et Ephata

21 février, saint Pierre Damien, évêque et docteur de l'Église (1007-1072)
Abandonné par sa mère et orphelin, il est hébergé par un de ses frères et il est contraint à garder ses pourceaux. Un autre de ses frères (Damien) le remarque comme possédant une vive intelligence. Il lui paie ses études et Pierre devient professeur à Parme. Mais il décide de tout laissé pour mener une vie d'ermite et par de rudes ascèses, il devient un exemple de vie proche de Dieu.
Connu jusqu'à Rome pour son intégrité et sa sainteté, il est nommé cardinal évêque d'Ostie au moment où l'Église vit une lutte interne difficile. Il s'est dès lors appliqué à réformer le clergé qui s'était considérablement relâché et devenu sous la mainmise des riches seigneurs. Il écrivit «Livre de Gomorrhe» pour condamner l'incontinence et la simonie des clercs.
Il demanda par la suite la permission de se retirer à nouveau dans la solitude de Font-Avellane.
Sa vie est un exemple de vie rigoureuse et tournée vers Dieu. Fort de ce vécu et de son expérience spirituelle, il devint un réformateur crédible pour l'avancement de l'Église vers les voies du Christ.

Saint Pierre Damien  et les bourrasques
A la Saint Pierre Damien Si février n'a ses bourrasques, tous les mois feront des frasques.
ou
A la Saint-Pierre-Damien, l'hiver reprend ou s'éteint.

LE CRUCIFIX DE SAINT DAMIEN A ASSISE - ITALIE

Ce crucifix du XIIe siècle est unique au monde.
Peint en Ombrie, influencé par la manière byzantine, en partie, il se trouvait dans une église d'Assise dédiée à St. Damien, d'où son nom.

C'est là qu'en 1206, François d'Assise, cherchant la volonté de Dieu sur lui, Le pria en ces termes : " Dieu Très-Haut et Glorieux, illumine les ténèbres de mon cœur.  Donne-moi une foi droite, une espérance ferme, une charité parfaite, le sens et la connaissance, Seigneur, afin que j'accomplisse Ta volonté sainte et vraie."
Alors il entendit Jésus lui parler depuis cette peinture du crucifix  :  " Va, François, et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines."
tout de suite, François se mit à entreprendre la réparation de cette petite église, puis d'autres.
Plus tard, il comprit que Jésus voulait parler de Son Eglise de la terre entière
Ce qui arriva quand lui et les frères qui se joignirent à lui se mirent à la suite de Jésus en vivant Son Evangile.

Dès ce jour-là, François veilla à ce que toujours une lampe brûle devant ce crucifix et il prit soin qu'il ne manqua jamais d'huile pour garder la flamme

Ce crucifix fut transféré ensuite à l'église Ste Claire où  le couvent des filles de Claire s'est transféré pas longtemps après la mort de celle-ci.

ce crucifix représente le mystère pascal.
Un courant de piété populaire, à l'époque, était sensible à l'aspect humain de Jésus et l'on commençait à Le représenter souffrant, sur la croix, non plus comme Roi-Prêtre, avec la couronne royale et la longue robe, mais dépouillé.
Au centre, Jésus crucifié, bien éveillé, presque ressuscité.  Il regarde vers la Jérusalem céleste, avec douceur, accueillant, attirant tous les humains.  Son visage basané signifie qu'Il a passé par le feu de la Passion : le sang coule de Ses mains et de Ses pieds cloués, et de la plaie du côté.  Sous chaque main, deux anges Le montrent versant Son sang.

Sous Son bras droit, debout, la Vierge Marie, Sa Mère, et St Jean à qui  Il va la confier.  Sous le bras gauche, Marie, mère de Jacques et Marie-Madeleine, et le centurion qui a reconnu " Vraiment, Celui-ci était le Fils de Dieu" (Math.27,54).
Plus petit, sous Marie, le centurion Longin qui Lui perça le côté, et à droite, petit aussi, Stephan tos qui Lui tendit l'éponge avec le vinaigre.  Derrière la tête du grand centurion, un visage, celui du donateur de l'œuvre.
Plus bas, à gauche de la croix, il y a le coq du reniement de Pierre, qui est aussi celui qui annonce la Résurrection, d'où la coutume de placer un coq sur le clocher des églises.
Au bout de chaque bras, un personnage dont certains pensent que ce seraient les anges qui ont enlevé la pierre du tombeau, tandis qu'au-dessus de la tête, l'inscription " Jésus, Nazaréen, Roi des Juifs", que Pilate a fait placer, rédigée en grec et en latin.
Plus haut, dans un médaillon rouge, Jésus ressuscité.  Tenant en main Sa Croix victorieuse, Il monte vers le Père.
La main du Père Le bénit et L'accueille, tandis que tous les anges du ciel expriment, par leur attitude, leur adoration du Fils de l'homme, Fils de Dieu.

Dans Sa grande majesté calme et Sa douceur, on voit bien que Jésus donne Lui-même Sa vie et semble nous appeler tous à Lui vers le Père, vers le bonheur sans fin qu'Il nous a mérité.

Regardons ce visage, confions-Lui nos peines, notre vie ... et laissons-nous entraîner par Lui vers le Père, en croyant à travers tout, comme Sa Mère, St Jean et les Saintes Femmes, qu'Il nous a sauvés et nous a mérité la Vie et la Joie qu'Il nous avait annoncées.
Redisons la prière de Saint François devant ce crucifix et soyons sûrs d'être entendus !

Seigneur, fais de moi un instrument de Ta Paix.
Là où est la haine, que je mette l'amour,
Là où est l'offense, que je mette le pardon,
Là où est la discorde, que je mette l'union,
Là où est l'erreur, que je mette la vérité,
Là où est le doute, que je mette la foi,
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance,
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière,
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Fais, Seigneur, que je ne cherche pas tant
D'être consolé que de consoler,
D'être compris que de comprendre,
D'être aimé que d'aimer.
Car c'est en donnant que l'on reçoit,
C'est en s'oubliant que l'on se trouve,
C'est en pardonnant que l'on est pardonné,
C'est en mourant que l'on ressuscite à la vie éternelle.
Amen.
                     (Saint François d'Assise)
 

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