
Malgré l'importance de tout premier plan de saint Isidore pour l'Église espagnole wisigothique de son temps et l'impact des écrits de saint Isidore sur le Moyen Age, nous ne savons que peu de choses de la vie saint Isidore.
Saint Isidore est issu d'une famille
romaine, peut-être d'origine grecque, de la ville de Carthaginiensis (l'actuelle
Carthagène), au sud-est de l'Espagne où saint Isidore est sans doute né vers
560. La famille de saint Isidore est allée s'établir à Hispalis (l'actuelle
Séville), peut-être à cause de l'occupation de leur ville par les Byzantins,
dans le cadre de la réunification de l'empire sous Justinien, en 552 ou en 555.
Saint Isidore y a sans doute fréquenté
l'école épiscopale, où il a acquis une vaste culture, qui se reflétera dans son
oeuvre encyclopédique.
Comme plusieurs membres de sa famille, saint Isidore choisit, lui aussi, la carrière ecclésiastique et succéda finalement, sur le siège métropolitain de Séville, à son frère aîné, Léandre (qui s'était lié d'amitié à Constantinople avec saint Grégoire le Grand), entre 599 et 601. Il avait été le témoin de la conversion des Wisigoths de l'arianisme au catholicisme (587/589), et tout au long des trente-cinq années de son pontificat, il assista aux luttes pour l'unification nationale de l'Espagne, à l'expulsion définitive des Romains (621) et - au terme de deux siècles de luttes et d'invasions - à titre de métropolite du siège le plus ancien et président du quatrième concile de Tolède (633), saint Isidore mit son autorité à contribution pour réorganiser l'Église catholique et l'intégrer dans le royaume des Wisigoths.
Saint Isidore mourut en 636, probablement le 4 avril. Le pape Innocent III conféra à saint Isidore en 1722 le titre de « docteur de l'Église ».
Saint Isidore a laissé une oeuvre
encyclopédique, qui a recueilli tout le savoir de son temps, et l'a transmis au
Moyen Age.
Saint Isidore est, entre autres, l'auteur
d'une
° histoire des Goths,d'une histoire
des Vandales et des Suèves, Saint Isidore a rédigé également une ° chronique
qui prolonge les ouvrages d'Eusèbe et de saint Jérôme,
saint Isidore est aussi l'auteur des
° manuels d'exégèse, d' une série d'
° écrits portant sur les sciences de
la nature (
De natura rrum,
Differentiae,
Synonyma),
° d'un recueil De haeresibus à
partir de saint Augustin et de saint Jérôme,
° un livre De ecclesiasticis
officiis,
° ainsi qu'une règle monastique.
° La suite qu'il a donnée aux
ouvrages d'histoire littéraire De viris illustribus de saint Jérôme et de
Gennade, sous le même titre, revêt une importance toute particulière pour la
patrologie. Saint Isidore les a surtout complétées avec des auteurs espagnols,
et Ildefonse de Tolède ( + 667) y rajoutera plus tard quatorze autres
personnalités espagnoles, dont sept évêques de Tolède.
Deux écrits de saint Isidore sortent du
lot : leur caractère enryclopédique en a fait des manuels du savoir théologique
et profane du Moyen Age.
Les Etymologies de saint Isidore de Séville
rassemblent, en vingt livres, tout le savoir linguistique, historique, culturel et scientifique, mais aussi théologique de son temps, de l'apprentissage scolaire des « arts libéraux» (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie) à la science militaire, aux jeux,à la navigation, aux ustensiles domestiques et aux aliments, en passant par la médecine, le droit, la chronologie, l'histoire, l'Église, la théologie, la politique, les langues, l'anthropologie, les sciences de la nature, la géographie, l'architecture et l'agriculture.
Seul le livre X ne contient que des étymologies, mais toute l'oeuvre porte ce nom parce que saint Isidore est convaincu - suivant en cela l'Antiquité - que la langue et son analyse donnent accès à la compréhension de la réalité.
À la mort de saint Isidore, l'ouvrage
restait inachevé et c'est son disciple Braulio, évêque de Saragosse (631-651),
qui l'acheva et le publia vers 630.
Les Sentences de saint Isidore de Séville
sont l'oeuvre théologique complémentaire
des Etymologiae et le premier grand témoignage de la grande influence des
Moralia in Iob de Grégoire le Grand.
Saint Isidore en tire une éthique religieuse
complète en trois parties (dogmatique, spiritualité, morale) pour la communauté
wisigothique maintenant solidement intégrée dans l'État.
d'après Hubertus R. Drobner Les Pères de l'Eglise, Paris, Desclée, avril 1999, ISBN 2-7189-0693-6
Bibliographie de Saint Isidore de
Séville
Éditions des Oeuvres complètes:
Patrologie Latine publiée par l'abbé Migne
au XIXème siècle, Tomes 81 à 84.
PLS IV, p. 1801-l806.
Commonitiuncula ad sororem
De differentis verborum
De haeresibus
De natura rerum, traduit en français par J. FONTAINE, Bordeaux, 1960.
De ortu et obitu patrum
De variis quaestionibus
De viris illustribus
Epistulae ( lettres)
Taionis et Isidori nova fragmenta et opera
Historia Gothorum ( Histoire des Goths)
Chronica (Chroniques)