Sœur Marie-Nathalie
Religieuse hongroise
Marie, Reine victorieuse du monde

édition par Rozenn

Gloire au Père,
Gloire au Fils,
Gloire au Saint-Esprit,
Par la Vierge immaculée,
La Reine victorieuse du Monde,
Maintenant et dans les siècles.
Amen. Alleluia !

Table des matières

PRESENTATION

LE POINT DE VUE D’UN THEOLOGIEN.

COURTE BIOGRAPHIE DE SŒUR MARIE-NATHALIE

LA MISSION ET LES SOUFFRANCES.

LA MORT REPORTEE

LA ROBE DE LA VIE ETERNELLE (vision de Nazareth)

EPISODES DE SA VIE DE COUVENT

Attaques du démon
Rendre l’enfer incapable d’agir
« Je ferais de toi une sainte ! »
Le mystère du brisement des os
Prier pour les morts
Le lieu du jugement
Jésus mendiant

LES ENSEIGNEMENTS DE JESUS

L’ENVOL DE L’AME TOTALEMENT LIBEREE

Le cristal
Les ailes
Les brins de poussière
« Fiat »
Jésus caché dans le supérieur
Consignes du Seigneur aux supérieurs
La valeur d’une âme humble
Le saint Curé d’Ars

ENSEIGNEMENTS DE JESUS

Sur la vie de prière et l’exercice de la vertu
La prière la plus agréable
Qui Jésus cherche-t-il ?
« Je suis en eux »
Jésus à un prêtre

ILLUMINATIONS MYSTIQUES

Pour la vie mystique
Le mystère de la sainte communion
La Mère de la Sainte Eglise
Le salut
La clef de l’union
Où est Jésus ?
Âmes assoiffées
Le chemin qui mène chez le pécheur
Les baisers de l’Amour miséricordieux
Que rien ne vous tracasse !
L’essentiel
En quoi réside la perfection
L’endurance dans les difficultés
L’amour-propre
Si tu veux quelque chose
Le chemin de la grâce
La pauvreté
L’amertume
L’époque glorieuse
La langue est un poignard
Expiation
La flèche d’or
A une communauté de prière
Le jeûne
L’épine la plus petite
Les deux plus grands ennemis
Le dépit
L’hypocrisie
La cuirasse de Jésus
La pureté
La manie de se plaindre
S’anéantir !
La leçon de Jésus au sujet des offenses
La Mère de Dieu à une maman angoissée
A peine quelques minutes
L’ordre dans le travail
Jésus, au sujet de nos activités
De quoi le salut dépend-il ?
Leçon de Jésus sur la manière d’échapper aux tentations de Satan
Conseil de Jésus au sujet des confessions
Jésus et le pécheur

COMMUNICATIONS DE JESUS AU SUJET DES PRETRES

« Fais des sacrifices et prie pour les âmes ! »
Plaintes au sujet des prêtres vivant dans le péché
L’étincelle de la grâce
La vie sacerdotale heureuse
La vie de pénitence
La vie mystique
A l’instant de la Création
Le message du Sang du Sauveur
A propos de la nature
A un prêtre converti
Le service des agonisants
Le manteau de la Mère de Dieu
Le manteau des vertus
A l’approche d’une époque terrifiante
Hésitations
L’intermédiaire
L’amour de la Croix et des souffrances
Prière
L’Amour de Jésus

LA MISSION DE MON CONFESSEUR

L’OPPOSITION DES SUPERIEURS

L’AMOUR MISERICORDIEUX DE DIEU ET SA JUSTICE

LA HONGRIE, LE PAYS QUE MA MERE A CHOISI POUR L’ŒUVRE D’EXPIATION

L’ŒUVRE D’EXPIATION

Heures saintes d’expiation
La chapelle expiatoire
Le cardinal Jozsef Mindszenty et Sœur Marie-Nathalie
Appel en faveur de la collecte pour la chapelle expiatoire (après 1945)

LE GRAND EVENEMENT MONDIAL

Introduction
Le cri de victoire de Satan
La Puissance immaculée
L’effusion du Saint-Esprit
La prière de Jésus
Les épreuves de la Sainte Eglise
La Sainte Eglise purifiée

L’ERE MARIALE La Corédemptrice

LA REINE DE LA PAIX

Pourquoi la paix dans le monde tarde-t-elle ?
« J’ai donné à ma Mère la puissance et le règne sur le monde ! »

LA REINE DU MONDE

Est-il nécessaire que Marie apparaisse aussi souvent ?
Au service de la Reine
Depuis que le monde est monde j’apparais…
Marie porte-t-elle ombrage à son Fils ?
Quand donc le monde se convertira-t-il ?
Le pouvoir sur le monde
La jeune fille de Nazareth
Le second paradis terrestre
Le lys
La seconde venue de Jésus
La dévotion au Cœur immaculé de Marie

LES 33 PROMESSES DE JESUS ET LA GRANDE PROMESSES DE MARIE, REINE DU MONDE

La grande promesse de Marie

LES MESSAGES LES PLUS RECENTS

Apparition du 8 septembre 1985
En automne 1985
A l’approche de l’Avent, le 21 novembre 1985
Dans la première moitié de l’an 1986
Un vif souvenir
Le 31 janvier 1987
1er octobre 1988, premier samedi du mois
8 octobre 1988, fête de Notre-Dame des Hongrois
Novembre 1988
31 décembre 1988

L’ANNONCE D’UNE EPOQUE MARIALE GLORIEUSE Entretien du Dr J. Molnar avec Sœur Marie-Nathalie le 30 janvier 1990

LE MONDE VA SE CONVERTIR Second entretien du Dr J. Molnar avec Sœur Marie-Nathalie le 2 février 1991

CONSEILS CELESTES

La valeur de la messe
Expiation
N’ayez pas peur des sacrifices !
Soyez parfaits !

DIVERSES PRIERES DE GRANDE VALEUR

La grande offrande à Dieu le Père
Prière expiatoire au Sacré-Cœur de Jésus
Prière expiatoire au Cœur immaculé de Marie
Prières jaculatoires quotidiennes au Cœur immaculé de notre Mère et souveraine

Neuvaine au Cœur immaculé de Marie

Prière d’introduction de la neuvaine
Premier jour
Deuxième jour
Troisième jour
Quatrième jour
Cinquième jour
Sixième jour
Septième jour
Huitième jour
Neuvième jour

Litanies du Cœur immaculé de Marie

Neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur de Jésus

PRIERES POUR LA SANCTIFICATION QUOTIDIENNE

Vous prenez soin de moi
O Père, je suis votre enfant et votre propriété
Jésus-Christ, vous êtes mon Sauveur

PRESENTATION :

  Sœur Marie-Nathalie, la confidente de Jésus, est née en 1901 dans un village proche de Bratislava. Ses parents étaient de braves artisans d’origine allemande. Outre sa langue maternelle, elle apprit le slovaque et le hongrois.
  Toute jeune, elle aspira à entrer dans un couvent. A quatorze ans, elle prononça ses vœux de tertiaire de saint François. A dix-sept ans, elle fit son entrée dans un couvent de Bratislava.
  En 1922, ses supérieures l’envoyèrent en Belgique pour y pourvoir à un manque de bras dans un couvent de son Ordre. Elle revint à Bratislava en 1934, assez sérieusement malade, mais elle finit par se rétablir. Dès 1936, on la retrouve dans un couvent de Budapest, puis de Kecskemét. Entre 1936 et 1943, elle reçoit les grands messages à répandre dans le monde entier et aussi ceux se rapportant au destin de la Hongrie avant et après la seconde guerre mondiale.
  C’est en 1919 que la Hongrie fit une première expérience du communisme. Mais au bout de 191 jours, le régent Horthy parvint à rétablir la liberté dans le pays et à la maintenir jusqu’à l’invasion des forces hitlériennes, le 19 mars 1944.
  Comme Jésus l’avait prédit dans son message, ce ne fut pas la paix qui suivit la guerre, mais l’occupation russe à partir du 4 avril 1945. En 1956, le peuple tenta bien de se soulever, mais ce fut en vain. Le chef des aumôniers militaires, l’évêque Monseigneur Stéphane Hasz qui, en compagnie d’Eugène Krasznay, parvint à se réfugier en Suisse après avoir bravé les plus terribles dangers dus à l’invasion russe en 1945, emportant dans sa fuite les notes de Sœur Marie-Nathalie, pria jusqu’à sa mort pour l’érection, dans sa patrie, de la chapelle d’expiation que Jésus demandait. Il est mort sans avoir connu cette joie, hélas ! Mais les textes laissent clairement entendre que les nombreuses épreuves du peuple hongrois, ainsi que celles de son primat, le cardinal Mindszenty, n’auront pas été vaines pour le pays, le monde et la sainte Eglise.
  Le présent ouvrage contient en premier lieu les enseignements que Jésus a confiés à Sœur Marie-Nathalie et qui ne manqueront pas d’être profitables à chacun, particulièrement pour le salut de son âme. Il dévoile aussi le destin des peuples, selon que ceux-ci et leurs dirigeants s’éloignent ou non des chemins tracés par le Créateur. Enfin, il montre l’abondance des grâces que le Seigneur accorde aux saintes âmes, mais fait prendre conscience du fait que les ennemis de Dieu empêchent le divin Maître de répandre son amour miséricordieux aussi généreusement qu’il le voudrait.
  Le Seigneur a demandé la fondation d’une œuvre d’expiation et l’érection d’une chapelle. Il a sollicité avec insistance des prières, des sacrifices et le jeûne en esprit d’expiation. Enfin, il a exprimé le désir qu’on honore sa sainte Mère sous son nouveau vocable : « Reine victorieuse du monde ».
  A la pratique, durant neuf mois consécutifs, de la dévotion des premiers samedis en l’honneur d Cœur immaculé de Marie, Jésus a lié trente-trois promesses énoncées dans cet ouvrage. Quant à Sœur Marie-Nathalie, de dures épreuves spirituelles ne lui furent pas épargnées, les requêtes et les exigences du Seigneur rencontrant, comme toujours, une vive résistance de la part des autorités compétentes.
  Toutes les communautés religieuses ayant été supprimées en Hongrie en 1950, Sœur Marie-Nathalie se retira à la campagne, dans la maison natale de son Directeur spirituel, où elle passa dans la pénitence le reste d’une vie riche en évènements surnaturels.
  Elle est décédée le 27 avril 1992.
  Dans la chaîne des apparitions et révélations contemporaines, les faits et les messages reproduits dans le présent livre constituent un élément indispensable à une bonne compréhension des annonces prophétiques relatives à notre époque.
       André Castella

LE POINT DE VUE D’UN THEOLOGIEN.

  Le savant théologien, Jeno (Eugène) Krasznay, né en 1909 à Esztergom (Hongrie), ordonné prêtre en 1932 à la cathédrale Saint-Etienne à Vienne, exerçait, en plus de ses études et recherches, es fonctions de chapelain et de catéchiste en divers lieux du diocèse de Weszprém ; puis il fut, de 1936 à 1943, aumônier et professeur dans un collège de cadets et dans un lycée de jeunes filles. En outre, à la demande expresse de ses supérieurs, il accepta de se mettre à la disposition du chef-aumônier militaire, Monseigneur Hasz, comme secrétaire et conseiller épiscopal. Après l’accession au pouvoir des communistes, il accompagna Monseigneur Hasz en Suisse où il eut la charge, jusqu’à sa mort, de l’aumônerie des Hongrois exilés.
  C’est en 1939 qu’il fit la connaissance de Sœur Marie-Nathalie, au sujet de laquelle, le 21 janvier 1943 à Budapest, il rédigea un rapport destiné à ses supérieurs. En voici un extrait :
« Sœur Marie-Nathalie du couvent du Bon-Pasteur à Kecskemét, lequel est situé à une soixantaine de kilomètres du sud de Budapest, m’est connue depuis 1939. C’est une époque où j’ai prêché une retraite aux religieuses de ce couvent.
  Craintive et méfiante à l’égard d’elle-même, Sœur Marie-Nathalie évoqua des expériences vécues dans son âme durant la prière ainsi que les difficultés qui en découlaient. Ses déclarations me firent penser que j’avais affaire à une âme bénéficiant de grâces extraordinaires.
  Dès ce moment, je me suis mis, avec la permission de mes supérieurs, à lui adresser une à deux fois par an un mémorandum spirituel, partiellement verbal, partiellement écrit. Durant deux ans, soit jusqu’en automne 1941, mon seul et unique souci était de savoir si les expériences vécues par la Sœur dans sa vie spirituelles, accompagnées qu’elles étaient de sérieux doutes sur leur nature et leur provenance, étaient ou non réelles et si Dieu était vraiment l’auteur de ces phénomènes mystiques extraordinaires. Il me fallait aussi savoir si c’était bien de Dieu que lui venaient ces puissantes impulsions à s’astreindre à de très grandes expiations pour les fautes commises par elle ou par d’autres personnes.
  Je soumis donc la Sœur à des épreuves d’obéissance passablement sévères et pénibles. Sœur Marie-Nathalie se conforma à mes instructions avec une soumission presque aveugle. Sur mon ordre, elle s’efforça de résister aux visions et aux voix qu’elle percevait.
  Pour juger de sa vie mystique, je me suis référé aux sources suivantes :
a) les avis de trois Pères jésuites, experts en la matière ;
b) les traités mystiques, entre autres les œuvres de la grande sainte Thérèse d’Avila ;
c) les déclarations et réponses à mes questions de la Sœur elle-même ;
d) les informations provenant de ses supérieurs.
  Concernant la procédure, je me suis rapporté en particulier à l’ouvrage de Poulain « La plénitude des grâces », premier tome (août 1941).
  Le portrait de l’âme de la Sœur prit lentement forme et dénotait une sensibilité constamment soumise à des doutes. J’ai mis beaucoup de temps à comprendre ces phénomènes que je n’arrivais pas à concilier avec les grâces qui lui étaient accordées. Je n’ai saisi que plus tard que cette sensibilité excessive et ces doutes étaient des faiblesses humaines caractéristiques dans une âme qui avance sur le chemin de l’union mystique. J’ai également remarqué que Sœur Marie-Nathalie faisait de grands progrès. J’ai découvert en elle et son âme des signes indubitables de persévérance dans les vertus, dont les plus perceptibles étaient une obéissance empressée et une sincérité sans dissimulation. Une patiente observation a fini par me convaincre de l’authenticité de ce qu’elle vivait. Sa grandeur d’âme était telle, dans les pénibles désagréments supportés de la part de ses consoeurs dans la communauté conventuelle, que plusieurs Sœurs ont déclaré ne pas être capables de les supporter d’une façon si exemplaire.
  En novembre 1941 lui vint la première grande révélation, selon ses lettres écrits produits à la demande de feu le Père Biro, jésuite. Sœur Marie-Nathalie avait connaissance, autant des décisions les plus intimes et les plus secrètes, que des déclarations et projets formulés en petit comité à Budapest.
  En conclusion, me voilà bien obligé de déclarer ma conviction la plus profonde de me trouver en face d’une intervention surnaturelle de notre Sauveur, le Seigneur Jésus. »

COURTE BIOGRAPHIE DE SŒUR MARIE-NATHALIE

  Sœur Marie-Nathalie a fort peu écrit sur elle-même, de sorte que ce chapitre présentera inévitablement des lacunes. Il ressort cependant de ses notes, malgré leur brièveté, un profil assez net de sa vie. Laissons-la raconter quelques épisodes significatifs de son existence :
  Je suis née le 31 janvier 1901 et j’ai reçu le baptême le 2 février, en la Fête de la Purification.
  Alors que je n’allais pas encore à l’école, une violente tempête se leva un jour. Mon père me prit dans ses bras et me posa en face de la porte vitrée de la cuisine ; j’étais bien placée pour contempler avec étonnement cette scène de jugement dernier. Les éclairs et les coups de tonnerre se succédaient inlassablement. Ma mère Antonie et mes autres frères et sœurs priaient à genoux, mais moi j’étais encore trop petite pour y prendre part et je ne comprenais pas le danger que nous encourions. La lueur des éclairs me permettait de lever le regard très haut dans le ciel que je croyais voir. Je demandai à mon père d’où venaient le tonnerre et ces innombrables éclairs. Il me répondit : « Vois-tu, ma chérie, en ce moment les homes sont mauvais et maintenant le bon Dieu lève son petit doigt pour les corriger. Il nous fait signe d’être braves. »
  Cette allusion au petit doigt excita mon imagination et me fit poser une autre question aussitôt : « Et que va-t-il se produire si c’est le gros doigt que le bon Dieu lève ? » Après un instant de réflexion, mon père répondit : « Oh ! alors, ma chérie, il va y avoir un de ces tonnerres et de ces éclairs qui nous feront mourir ! » A l’heure qu’il est, en projetant un regard sur ce temps passé, il me semble que c’est alors que j’ai commencé à me faire une idée de ce que pouvait être le jugement dernier, au sujet duquel j’ai reçu,, dans la suite, de nombreux messages du Seigneur.
  A six ans, j’ai fait ma première communion. Cette année-là fut pour moi l’occasion d’une très grande joie et en même temps d’une très grande peine. Le motif de ma peine ? Notre directeur de chant avait mis sur pied une bonne chorale. Je n’avais pas pu en faire partie, car je n’avais ni une bonne ouïe, ni une bonne voix, et pourtant le directeur me dit un jour, à quelques semaines de la solennité de la première communion : « Demain tu viendras chanter, toi aussi ! » J’en fus très heureuse. Mais après les deux premiers chants, le directeur me dit : « Va-t’en, tu chantes faux ! » J’en fus profondément chagrinée, mais ma mère, comme si elle présageait mon avenir, me dit gentiment et calmement que ma prière serait comme un chant.
  En robe blanche comme neige et petit tablier à dentelles, nous sommes allées recevoir la première sainte communion. Selon l’usage de mon village natal, j’étais invitée à passer ce jour de fête chez ma marraine de baptême. Le fils de ma marraine, Janko, qui avait neuf ans, était sourd-muet. Voulant me faire plaisir, il m’offrit une petite corbeille de cerises noires fraîchement cueillies. Je mangeai les cerises et remarquai bientôt que mon tablier était tâché. Je pleurai amèrement et racontai à ma marraine ce qui était arrivé.
  Elle e dit : « Ma petite Marie, ne pleure pas ! Je vais nettoyer ton tablier dès que mon travail à la cuisine sera terminé ! » Je continuai à garder mon tablier dans les mains en attendant que ma marraine vienne le chercher. Tout à coup, la voilà, et, de surprise, je laissai tomber le tablier. Le ramassant, ma marraine s’écria alors : « Ma petite Marie, ton tablier est blanc comme neige, je n’y ai rien à laver ! » Je sus alors que Jésus, qui était venu en moi dans la sainte communion et qui habitai en moi, avait nettoyé le tablier et fait disparaître les taches.
  A quatorze ans je fis profession de tertiaire franciscaine.
  Sachant à peine lire et écrire, je dérobai un jour la Sainte Bible qu’ils gardaient en lieu sûr et me mis à lire. J’y trouvai deux pensées qui me firent réfléchir. C’était : « Ne juge pas et tu ne seras pas jugé » et « Ce que tu fais à l’un de ces tout-petits, c’est à moi que tu le fais. » Ces deux passages de la Bible ont trouvé dans mon âme un terrain fertile et ont fini par y fructifier.
  A quatorze ans, j’étais fixée : je ne me marierais pas. Je me sentais attirée de plus en plus par Jésus, lui que j’avais déjà maintes fois rencontré. A cet âge déjà, mon âme discernait des rois et des mendiants parmi mon entourage : les premiers avec leur grande puissance et leurs richesses éphémères, les derniers ans leur pauvreté passagère et leur quête de justice. A qui vouerais-je mon amour ? A Celui qui vit éternellement et qui se réjouit sans cesse de mon amour.
  Sauf un frère, tous mes frères et sœurs sont actuellement décédés, y compris Stéphanie qui, comme moi, entra en religion. Dans sa jeunesse, elle me secondait fort bien dans les travaux à la maison paternelle. Le dimanche, maman nous demandait, à nous les filles, de laver la vaisselle et de ranger la cuisine après le repas de fête. Toutes les fois que Stéphanie était à la tâche avec moi, elle m’envoyait prier tandis qu’elle travaillait.
  Un soir d’été, je me trouvais assise sur le barreau inférieur de l’échelle qui donnait accès au grenier ; j’étais en train de contempler le ciel merveilleux, et mon âme éprouva la sensation de s’être envolée. Tout à coup, la petite porte de la maison s’ouvrit, laissant entrer une femme. Je sautai bas de l’échelon pour aller à sa rencontre. Elle était belle et resplendissait d’une joie intérieure, surnaturelle. « C’est peut-être dans cette maison qu’on va m’accueillir », dit l’inconnue. « Jusqu’ici, partout on m’a renvoyée à peine étais-je entrée, disant qu’il n’y avait pas de place pour moi, ou même, sans autre explication. J’ai commencé par cette rangée de maisons à travers prés, jusqu’au grand pont. Je n’ai manqué aucune maison. » Tandis que j’observais le visage de la femme et concluais qu’il devait s’agir d’une sainte âme, je l’entendis dire : « J’aime les gens dont le cœur est bon. C’est bien ici qu’on va m’accorder l’hospitalité, n’est-ce pas ? » Ma réponse fut oui. Je courus chez ma mère lui décrire brièvement la visiteuse en ajoutant : « C’est une très belle femme. Elle est habillée autrement que nous. Elle porte une robe qui lui descend aux chevilles et me fait demander si nous pouvons l’héberger pour cette nuit. Elle ne désire pas de lit, elle se contenterait d’une chaise ou d’un prie-Dieu. » Je courus aussi chez mon père, un homme sévère. « Qui est cette quémandeuse ? » demanda-t-il. A lui aussi je la décrivis, craignant qu’il ne la renvoyât. Mon père finit par consentir. « Vois-tu, ma petite Marie, me dit-il, de toute façon, la visiteuse inattendue va bien se débrouiller. Nous n’avons pas beaucoup de place mais elle n’a qu’à rester. Je peux toujours veiller à ce qu’elle ne nous fasse pas de mal. »
  Les soirées se faisant fraîches, nous avions chauffé. La femme s’assit sur un tabouret de la cuisine et se mit à parler du Ciel. Je buvais ses paroles et la joie faillit me briser le cœur. Puis vint le moment du repas du soir. Je lui demandai si elle voulait bien manger avec nous. Elle me remercia tout en déclinant mon invitation. Elle n’accepta qu’un peu de pain et de thé.
  Durant le repas, elle me parla de choses mystérieuses, de la science des saints et de saint François. C’est alors que je l’interrompis en disant : « J’aimerais bien être religieuse. » Elle me répondit : « Tu en seras une. » J’eus subitement l’impression d’être près d’une chiromancienne, tant ses paroles étaient pleines d’assurance. « D’où êtes vous venue ? », lui demandai-je. « D’un couvent viennois ! » fut sa réponse. Je la suppliai sincèrement de m’y emmener, bien que je sois encore trop jeune. « Où je vais, je ne peux t’emmener maintenant, plus tard seulement », dit-elle.
  Puis ce fut l’heure du repos. Je dus bien avouer à la dame que nous ne pouvions pas mettre à sa disposition un lit exprès pour elle, que les parents occupaient l’autre chambre, mais qu’elle n’avait qu’à s’étendre à mes côtés, ce qu’elle fit de bonne grâce, en disant : « Nous avons assez de place ici. » Je la priai de déposer son voile. Sa magnifique chevelure se déroula alors en cascade jusqu’à terre. J’allai dire à mon père : « J’ai un peu peur. Mais elle me parle de si belles choses. Sa chevelure est magnifique, drue et lourde comme une cascade. Je lui ai demandé de dormir à côté de moi. » _ « A toi de décider, répondit mon père. Si elle ne veut pas se coucher, qu’elle reste assise sur le tabouret. Quant à moi, je resterai à veiller, étendu sur le banc de la chambre voisine. Si quelque chose n’allait pas, je ne serais pas loin. » Je retournai chez la femme. Nous restâmes tout habillées au pied du lit, assises côte à côte. Nous n’avons pas dormi. Elle m’a parlé du Ciel toute la nuit. Elle me dit que j’y irais aussi et mes parents de même. Ce que j’ai entendu était trop beau pour que je m’endorme.
  Le lendemain matin, elle se rendit avec moi à la messe. Je n’ai pas osé bouger une seule fois. Nous nous approchâmes ensemble de la sainte Communion. Jésus, le Seigneur, était en nous. Nous l’avons adoré et aimé. Mais je n’arrivais pas à me libérer de la crainte, car les paroles d’avertissement de mon père me poursuivaient encore, malgré tout.
  Après la messe, un servant me rattrapa pour me dire que Monsieur le curé me faisait appeler. « Je viens tout de suite, répondis-je, je ne fais qu’accompagner la dame jusqu’au bout du village. » La dame voulait aller à Stomfa et je lui expliquai qu’elle devait d’abord aller vers le mont et, de là-bas, suivre une descente pendant deux à trois minutes, d’où elle verrait les maisons et le château du village voisin où habitaient les religieuses. La dame sourit et remercia pour l’hospitalité. Je la quittai en lui répétant le souhait de mon cœur : « Vous savez, j’aimerais être religieuse. » Elle me répondit : « Loué soit Jésus-Christ ! »
  Après quelques pas, je me retournai, voulant la revoir une dernière fois, car cela me chagrinait de devoir me séparer d’elle, mais à mon grand étonnement, je vis qu’elle avait disparu. A mon retour à l’église, Monsieur le curé m’attendait pour me demander qui était cette femme. Je lui répondis que ce n’était pas une créature terrestre. Et j’ajoutai : « La dame m’a dit que si je priais beaucoup, les aspirations de mon cœur seraient satisfaites et que je deviendrais une religieuse. » Monsieur le curé réfléchit et dit : « C’est à peine si j‘osais m’en approcher pour lui donner la sainte hostie, car au moment de la lui donner, un rayonnement de lumière se dégageait de son visage et même de sa bouche. La sainte hostie s’envola de ma main et c’est dans ce rayonnement que la dame reçut la sainte communion. J’en ai la certitude, ce n’et pas moi qui l’ai communiée. Cette apparition extraordinaire m’a jeté dans la stupeur et j’ai vu que cette femme n’avait rien de terrestre. C’était un être de l’au-delà. J’en tremblais encore quand j’arrivai à la sacristie. »
  Au moment où ces faits se sont produits, j’avais à peu près treize ans.

LA MISSION ET LES SOUFFRANCES.

  Jésus dit à Sœur Marie-Nathalie : « Ma fille, par ton amour et ta souffrance, tu seras une victime offerte pour les prêtres, les pécheurs et les âmes du purgatoire. Pour ces âmes, tu ne me refuseras aucun sacrifice. Si je te demande un sacrifice, tu le diras à tes supérieurs et à ton confesseur. Pour chacun de mes désirs refusés par eux, je te donnerai des souffrances intérieures. Ils sauront par là que j’exige de toi des sacrifices. »
  Ce que le Sauveur dit, il le fit, écrit-elle. Les souffrances intérieures me tourmentaient à tel point que j’aurais préféré châtier mon corps de toute autre manière plutôt qu’ainsi.
  Un jour, aux Complies, le Seigneur me serra si fort contre lui que j’en perdis l’usage de mes sens et que je me trouvai dans l’incapacité de réciter la prière. Et, au moment de reprendre connaissance, je ressentis de fortes douleurs pour avoir, de la sorte, troublé la prière communautaire. Je souffris surtout de ce que le Seigneur me fit voir la situation catastrophique du monde et des âmes. Mais il ne me laissa pas longtemps sans consolation. Le même jour, il m’apparut à nouveau dans la chapelle et m’assura qu’il arracherait les âmes aux péchés et le monde à la perdition. Ceci m’apaisa et remplit mon âme de joie.
  Le Sauveur me montra la majeure partie du monde en ruine, comme une forêt incendiée. Je vis le divin Semeur arpenter le terrain dévasté, levant la main droite vers le ciel et montrant de la main gauche la terre. Dans le ciel, il était écrit : « Il n’en sera pas ainsi si mon peuple se convertit ! » Je compris que Dieu aurait pitié de la majeure partie de la terre en raison des sacrifices des âmes héroïques. Et, par la même occasion, j’appris un extraordinaire mystère du divin Cœur. Le Seigneur me fit comprendre qu’une destruction générale empêcherait la naissance de beaucoup d’êtres humains. Son Cœur infiniment bon avait pitié des âmes privées ainsi de la participation à sa gloire. Ce sont là des mystères si merveilleux que je n’en puis dire que peu de chose.
  Après cet évènement, les supérieures du couvent m’ont sommée, au nom de l’obéissance, de prier le Sauveur de distribuer ses grâces de manière moins ostensible s’il vouait que je reste dans la communauté. A ma demande, le Seigneur répondit : « Bon, désormais, tu recevras des grâces sans signe notable. Je vivrai et agirai en toi comme j’ai vécu et agi dans ma vie terrestre. Alors, je me déplaçais comme une personne ordinaire, je priais, je travaillais et je soulageais les malades. Mon âme restait cachée au monde, mais demeurait en union extatique constante avec mon Père céleste. »
  Un jour, le Seigneur me dit : « Ma fille, fais savoir à ton confesseur que si je trouve une âme disposée à se sacrifier, je m’en servirai pour sauver non seulement des milliers d’âmes, mais aussi des nations entières. »
  Lorsque le Sauveur me chargeait de transmettre ses communications, il m’arrivait souvent de lui rappeler qu’il oubliait qui et ce que j’étais. Il me répondait que je n’étais vraiment qu’un petit rien et que je n’avais qu’à transmettre ce qu’il me chargeait de dire. J’en étais tranquillisée, car cela me permettait de ne pas sortir de ma nullité.
  Une fois je me plaignis, auprès du Seigneur, de ne pas savoir parler correctement le hongrois, pensant qu’il renoncerait à se servir de moi et me dispenserait de cette mission. C’est alors qu’il me dit : « C’est bien pour cette raison, o petite ignorante et maladroite, que je t’ai donné des aides, tels ton confesseur et ta maîtresse de noviciat, afin qu’ils t’assistent. »
  La mission que Jésus m’avait confiée comportait des souffrances de tous genres. Je m’en plaignis auprès du Seigneur. « Ma chère enfant, me dit-il, j’ai sauvé le monde sur la croix et par la croix. J’ai versé tout mon sang. Ton confesseur, ta maîtresse de noviciat et toi-même, vous n’avez tout de même pas encore souffert jusqu’à verser votre sang ! N’oublie pas que la souffrance est le prix du rachat du terrain sur lequel je vais édifier un avenir plus beau, pour ta patrie comme pour le monde entier. »
  C’est en 1940, l’année où m’assaillaient le plus souvent l’angoisse et le doute quant à la certitude de l’origine divine des communications, que le Sauveur me dit après la sainte communion : « Ne crains rien ! C’est bien moi qui t’ai parlé, moi, l’Amour éternel, le Verbe de l’éternelle vérité ! Je veux faire parvenir à mes prêtres mon désir de voir reconnue officiellement et solennellement la souveraineté de ma Mère immaculée sur le monde. Mon Cœur n’aura pas de repos tant que ma Mère ne sera pas montée sur son trône royal en Reine du monde. »
  Tremblante, je répondis : « Je ne saurais le dire aux prêtres, car je m’exprime mal en hongrois et je risque de ne pas transmettre correctement votre désir. »
  Le Sauveur me consola alors par ces mots : « Moi, Dieu de sagesse, je parle aux enfants comme à un enfant, et aux adultes comme à un adulte. Ne tarde pas et n’hésite pas à dire tout cela à ton confesseur ! Il ne lui arrivera jamais de se méprendre au sujet de ma divine Volonté et de mes intentions. »
  Comme mon humilité n’était pas assez grande pour que j’obéisse aussitôt à mon cher Sauveur, il me dit quelques jours plus tard :
« Quand je parle, tu dois aussi parler, et quand je me tais, tais-toi également ! De quoi as-tu peur ? Tout réussira. Ma Mère immaculée recevra la gloire due à une reine. La dernière fois, je t’avais chargée de quelque chose ; va donc et fais ce que je t’avais commandé ! Tu n’as pas à refuser à mon Cœur la joie qu’il voulait et qu’il obtiendra par ton intermédiaire. »
  Ayant appris par une autre vision que notre patrie n’échapperait pas à une terrible calamité, je pensai dès lors qu’il était vain de l’écrire et de le communiquer. Le Sauveur me le reprocha gentiment en disant : « Est-ce que la vue de la croix et de la mort m’a fait abandonné mon œuvre ? Alors, ce que j’ai fait, fais-le toi aussi ! Tu dois continuer à écrire, même si tu dois mourir dans la journée, après avoir travaillé en pure perte. Ce que tu fais n’est pas ton œuvre, c’est la mienne ! Je dispose entièrement de mes œuvres, sans que j’aie à consulter quiconque. Tu n’as pas à t’occuper de ce que je fais. »
« Et si mon confesseur me défend d’écrire ? » objectai-je.
« Alors tu n’écriras pas. La parole de ton confesseur est ma parole. Conservez soigneusement ces écritures, car elles seront indispensables après-guerre (deuxième guerre mondiale) ! Le Père G. est chargé d’exécuter mon œuvre et d’agir en apôtre ! »
  Une autre fois, le Seigneur me consola en disant : « Accepte mon ordre divin dans la paix de l’âme ! Mais tu ne trouveras la paix de l’âme que lorsque ta pensée n’aura d’autre objet que moi. Je veux que tu communiques mes divins désirs à ton confesseur. Tu es dans ma main comme le bâton dont je me sers pour frapper aux portes qu’il me faut ouvrir pour parvenir jusqu’à mes prêtres. »
  O Jésus, Bon Pasteur ! Qu’avez-vous fait, qu’avez-vous pensé, où en êtes-vous arrivé, pour vous être abaissé à ce point pour me trouver ?
  Il m’est impossible de résister à Jésus qui me supplie. Je veux satisfaire à ses demandes aussi longtemps qu’il le voudra. Que cela profite à sa louange et à sa gloire car il est Tout et moi je suis rien.

LA MORT REPORTEE

  J’avais 21 ans lorsque mes supérieure m’envoyèrent en Belgique, où nos couvents avaient besoin de consoeurs pour les travaux domestiques. Malgré ma santé délicate, je me chargeais volontiers de n’importe quel travail : blanchissage, récurage des planchers, nettoyage des WC et des étables, lavage, rinçage, amenée du charbon, etc., et si j’avais un peu de temps libre, je m’adonnais à quelque lecture. A tant me fatiguer, je devins squelettique. Mes supérieures firent comprendre à la maison-mère à Bratislava qu’autant qu’on puisse en juger je n’aurais plus longtemps à vivre. Une nuit, le Seigneur me dit : « Tu as prié pour qu’à tes trente-trois ans je vienne te chercher, parce que tu voulais en tous points me ressembler. L’heure est maintenant arrivée : Je t’appelle ! Mais si tu es disposée pour le salut des âmes à te charger d’autres souffrances ici-bas, je prolongerai ta vie. » Je lui répondis que j’étais prête à vouloir sauver encore beaucoup d’âmes de la damnation éternelle et à prendre sur moi beaucoup de souffrances. Jésus m’accorda la grâce de pouvoir expier sur la terre jusqu’à un âge avancé et à guider, après ma mort et jusqu’à la fin du monde, les âmes sur le chemin du ciel.
  Jésus me demanda ce que j’aimerais obtenir de lui si moi aussi je devais vivre trente-trois ans. « Que pourriez-vous encore me donner, vous qui vous êtes déjà tout donné ? » répondis-je. Et Jésus répliqua : « Il est vrai que personne ne peut obtenir de moi plus que moi-même. Mais demande tout de même, car la source de mes grâces est inépuisable ! »
« Mon Jésus, je vous le demande, au nom des trente-trois années que vous avez passés ici-bas, de nous faire trente-trois cadeaux ! »
« Mes grâces, je les rattache à la vénération de ma Mère immaculée. Ces promesses seront accomplies en tous ceux qui, d’un cœur pur, d’une intention droite et d’un amour zélé, feront une journée d’expiation en l’honneur de son Cœur immaculé, neuf premiers samedis du mois consécutifs. »

LA ROBE DE LA VIE ETERNELLE (vision de Nazareth)

  J’étais en train de balayer le corridor de notre couvent lorsque je me sentis soudain transportée à Nazareth. Une intuition intérieure me poussait à parcourir les rues de la ville. Cela se passait en état d’extase. Mon cœur était consumé du désir de rencontrer Jésus, de sorte que je me trouvais là-bas à le chercher, longeant les immeubles. J’entrai dans une maison d’où sortait un homme qui me demanda : « Qui cherches-tu ? » _ « Jésus de Nazareth. » L’homme poursuivit : « Passe ce petit portail, tu y trouveras ma mère qui te diras où tu le trouveras. » L’homme s’éloigna, et je me conformai à ses paroles. J’entrai dans une chambre où était assise une femme dont les raits du visage étaient si aimables que je reconnus en elle la Mère de Dieu. Rayonnante de bonheur, je me jetai à ses pieds et lui déclarai que je cherchais Jésus. « Mon Fils vient de sortir par le petit portail, dit la Mère de Dieu. Mon Fils m’a dit que tu viendrais et que je devais te montrer ceci », dit-elle en soulevant un vêtement si beau que j’osais à peine le regarder. « C’est la robe de la vie éternelle, dit-elle. Elle appartient à Sœur Cordula qui vient aujourd’hui dans votre couvent. » Au sujet de cette sœur, personne n’en savait mot. « Tu prieras beaucoup pour elle ! » Alors, la Mère de Dieu me fit voir une robe encore plus belle. « Celle-ci appartient à Soeur Marcelle. C’est la Sœur qui, jadis, t’avait accompagnée en Belgique. Mon Fils te fais savoir que tu dois beaucoup prier pour cette Sœur, sans quoi, elle ne pourra pas recevoir les grâces préparées pour elle. » La sainte Mère me montra une autre robe en disant : « C’est la tienne ! ta robe de vie éternelle ! » J’ai cru un moment que j’allais mourir en contemplant cette splendide beauté. Et voilà que la Mère de Dieu saisit entre le pouce et l’index de sa main droite la manche de mon habit de clôture en faisant cette remarque : « Mon Fils me charge de te dire que, pour pouvoir porter éternellement l’habit que je t’ai montré, tu devras renoncer à celui que tu portes maintenant. »
  L’extase prit subitement fin. J’en fus bouleversée. Après la messe, je couru trouver la supérieure qui m’écouta avec amour et compréhension. Je lui demandai en pleurant pourquoi je devrais quitter cet habit et sortir de l’Ordre. J’avais beau prier devant le tabernacle, je n’arrivais pas à me l’expliquer, et voilà que j’entendis la voix de Jésus : « Lorsque tu seras contrainte de déposer l’habit, toutes le seront aussi, là où tu vivras. »
  Comme la Mère de Dieu l’avait annoncé, à midi on sonna au portail. C’était une religieuse du nom de Cordula. La jeune Sœur avait dû s’enfuir du couvent de Bratislava, car elle était recherchée par la police à cause de sa nationalité allemande. C’est elle qui m’apprit qu’au couvent de Bratislava on attendait mon retour. Les supérieures de là-bas exigeaient ce déplacement.
  (La prédiction de la Sainte Vierge concernant la perte de l’habit religieux se réalisa en 1950, lorsque toutes les communautés furent dissoutes en Hongrie et rendues à l’état laïque. Bratislava appartenait déjà à la Tchécoslovaquie, à la suite de l’émiettement de l’ancien empire austro-hongrois après la première guerre mondiale.)

EPISODES DE SA VIE DE COUVENT

  Récit de Marie-Nathalie : J’avais déjà quarante ans passés lorsque la supérieure du couvent de X (l’évêque compétent avait décidé que Sœur Marie-Nathalie passerait un an à la campagne, afin qu’elle puisse poursuivre sans restrictions sa vie contemplative) où j’étais alors, m’appela pour me demander de faire une conférence, l’après-midi du même jour, devant environ cent cinquante Sœurs réunies dans la chapelle du couvent, venues de tous les coins du pays.
  Les vocations étaient en péril et de plus en plus de Sœurs faisaient part de leur intention de quitter le couvent pour se marier. J’en fus toute bouleversée et priai la supérieure de renoncer à ce projet, pour la bonne raison que, parmi les Soeurs assemblées, il y avait des enseignantes et même des professeurs. J’objectai : « Comment pourrai-je leur parler, moi qui n’ai aucune formation et qui d’ailleurs n’ai jamais pris la parole en public ? Dans mon embarras, je n’arriverai pas à formuler une phrase sensée. » Mais ce fut en vain que je me défendis. La supérieure, voyant que sa demande ne recueillait pas mon assentiment, recourut à un moyen ultime et décisif : elle m’ordonna, au nom de la sainte obéissance, de donner cette conférence. Je n’y pus résister davantage. Je priai la supérieure de me ménager un peu de temps pour discuter d’un problème si grave avec le Seigneur présent dans le tabernacle. Dans ma prière, je dis à Jésus : « Je ne pourrai m’acquitter de cette tâche, moi qui suis une mendiante et une nullité, à moins que je n’obtienne de vous, Seigneur, la force et le secours. » J’entendis Jésus me dire : « Ne crains rien ! Ce n’est pas toi qui parleras. Je me sers de toi comme d’un instrument, et par toi je parlerai moi-même aux Sœurs. J’ai besoin de quelqu’un qui me prête son cœur et son âme. » Tout merveilleux et consolant que fût l’encouragement de Jésus, je lui détaillai toutefois mes objections… Plutôt nettoyer toutes les salles du couvent que d’avoir à parler ! Mais Jésus me dit cependant : « N’aie pas peur ! C’est moi qui parlerai. Fais bien savoir à la supérieure que tu donneras la conférence ! » M’abandonnant entièrement à Jésus, j’arrivai à la chapelle à l’heure dite. Avant de prendre place, je me souvins que les gens instruits avaient toujours leurs notes devant eux, tandis que moi, je devais parler à l’assistance sans avoir rien préparé. L’encouragement se répéta : « Tu n’es que mon instrument. C’est moi qui parlerai. »
  Je pris place devant l’assistance, n’osant regarder quiconque. Je parlai sans discontinuer. J’étais un instrument, un violon aux mains de Jésus. La voix était celle de Jésus. Les mots étaient les siens. La petite chapelle avait l’aspect d’une forêt embrasée. Tout était lumière et flammes. J’étais devenue un calice auquel je fus la première à boire, la première auditrice et la première observatrice. Je savais désormais que Quelqu’un parlait en moi ; j’entendais des mots au sujet de choses qui m’étaient totalement étrangères.
  De quoi Jésus parlait-il ? L’or de ses paroles n’a pas fini de resplendir dans mon âme. Il a parlé de la vie monastique, des départs, du mariage, du mécontentement et de la désobéissance, de l’insolence à l’égard des supérieures, des signes de dissolution, de l’esprit de dépravation perceptible dans presque tous les couvents. J’étais envahie d’une joie indescriptible. Je ne reconnaissais plus ma voix, et les mouvements de mes lèvres échappaient à ma sensibilité. Les paroles de Jésus ressemblaient à une merveilleuse musique qui, comme un fleuve, envahissait l’assistance et toute « chantaient » avec lui. La virginité biblique, la pauvreté évangélique, l’esprit joyeux et harmonieux de l’obéissance comblait tout et toutes. L’ambon appartenait à Jésus qui planait dans les airs au-dessus de moi qui n’existais plus. Cette conférence dura deux heures. Lorsque ma bouche était close, c’était pour moins d’une seconde. Je fus, à mon tour, remplie de grâces surnaturelles. J’ignore comment la conférence se termina.
  Après la conférence, je me hâtais tant que je pus de monter dans ma chambre par les escaliers. En vain ! Les Sœurs m’avaient rattrapée pour me faire part de leur émerveillement au sujet des paroles entendues. Parvenue enfin seule dans ma chambre, j’y vis entrer Mère Lucie, la supérieure provinciale. Elle me rapporta le fait que beaucoup de Sœurs qui, auparavant, avaient décidé de quitter la Communauté, faisaient maintenant promesse de rester fidèles aux saints vœux. La supérieure ajouta : « N’ai-je pas eu raison, Sœur Marie-Nathalie, d’insister pour que ce soit vous qui parliez aux Sœurs décidées à nous quitter ? »
  C’est alors que je lui ai déclaré que ce n’était pas moi qui avais parlé, mais Jésus lui-même, et que ‘y avais beaucoup appris. Jésus avait fait résonner en moi les sons de ses cloches célestes. Il m’avait dit : « C’est ma grâce qui vous anime et, dans vos cœurs, c’est ma miséricorde qui vit. » A la table du conférencier, j’étais envahie par la seule lumière de ses pensées, et lorsque ces pensées illuminaient le cœur, la lumière, c’était Jésus. »

Attaques du démon

  Je n’avais pas que des extases. Satan m’a fait souffrir énormément, car ce que nous gagnons à Jésus est perdu pour l’enfer. Le diable savait que j’étais un instrument dans les mains de Dieu et que j’avais pour mission de sauver beaucoup d’âmes par mes sacrifices et mes prières. M’ayant un jour transporté dans le local de la sonnerie du clocher, Satan me pressa de céder à de nombreuses tentations. Au moment où les attaques allaient atteindre leur paroxysme, la cloche se mit à sonner et je sentis faiblir l’agression satanique. Je récitai l’Angélus. Les souffrances infernales reprirent de l’acuité tard dans la nuit. J’appelai constamment Jésus. Vers dix heures, la supérieure finit par me trouver, à l’aide d’une lampe de poche. Elle resta auprès de moi et pria avec moi. Elle me donna aussi sa médaille de Marie, puis s’éloigna. Aussitôt, Satan réapparut sous la forme d’une bête d’une laideur inimaginable et me dit : « Que je n’aie pas gagné ce combat, aucune importance. Mais après ta mort, c’est à moi que tu appartiendras ! » Au même instant, Jésus apparut et, tourné vers Satan, lui déclara : « Ce n’est pas à toi qu’elle appartiendra, car ce n’est pas toi qui a versé ton sang pour elle, mais moi. » Je fus alors réconfortée et soulagée, corps et âme. Toutes les tortures morales disparurent.

Rendre l’enfer incapable d’agir

  Jésus : « Mon enfant, si tu éprouves un grand chagrin et que tu es incapable de prier, si tu es troublée par quoi que ce soit ou qu’on t’ait blessée, si tu te sens abattue et sans forces, dis-moi simplement, avec confiance et amour : « Jésus… Jésus ! »
  Entendant prononcer mon Nom, les saints et ma Mère immaculée se prosterneront devant moi et m’adoreront. L’enfer s’en trouve alors paralysé. Etant lui aussi soumis au pouvoir de Dieu, il doit s’incliner devant mon Nom.
  N’est-il pas mentionné dans l’Ecriture Sainte qu’au Nom de Jésus s’inclinent le ciel et la terre ? Ne penses-tu pas que cette prière, dans laquelle tu prononces simplement mon Nom, a une très grande valeur ?
  Si, durant le temps consacré à la prière, tu es incapable d’autre chose que de prononcer mon Nom avec amour et confiance autant de fois que tu respires, tu pries alors très bien et tu peux tout obtenir. »
  C’est pourquoi plutôt que de trop insister sur des éléments de la foi auprès de ceux qui sont inabordables, il vaut mieux prier pour eux. Ainsi un champ magnétique les entourera. Et cela par la puissance de Marie. C’est par elle que nous devons nous rapprocher de Jésus. Si quelqu’un désire se trouver à proximité de Jésus, il doit s’adresser à la sainte Vierge et entièrement se donner à elle. Alors Marie veillera sur lui et le présentera à Jésus.

« Je ferais de toi une sainte ! »

  Suite aux agressions diaboliques, j’eus beaucoup à souffrir à la pensée que e pouvais me damner. Après de longs tourments qui ne voulaient pas finir, Jésus me dit : « Ne te soucie que de m’aimer ! Ne te soucie même pas de tes péchés, ni de devenir une sainte. Contente-toi de me faire entièrement confiance ! C’est moi qui ferai de toi une sainte ! Ne t’occupe que de mon amour. Crois fermement que je t’aime ; c’est le moyen d’obtenir davantage de grâces et de puiser davantage de joie pour ton âme. »

Le mystère du brisement des os

  Un matin que je priais, Jésus me transporta au Calvaire pour me faire assister au brisement des os des deux larrons. Ce fut effrayant à voir, et j’étais bien contente qu’on n’ait pas brisé les os du Sauveur. Jésus me dit alors : « Si l’amour miséricordieux de mon Père céleste n’avait pas agi de telle sorte que je meure avant le brisement des os, la méchanceté des hommes n’aurait pas davantage ménagé mon corps qu’elle ne l’a fait pour ceux des larrons. Que mon Père céleste ait fait une exception pour moi constitue un mystère pour les hommes. Un mystère qui ne sera dévoilé aux anges du ciel et aux humains sur la terre qu’au jour du jugement. Mon enfant, unis-toi à moi et sois-moi chaque jour reconnaissante de ce qu’en mourant sur la croix, je suis mort chargé de la laideur de tous les péchés du monde et ai gagné ainsi la bienveillance de mon Père céleste. Que le Père céleste et tout-puissant soit éternellement loué et remercié de cela ! »
  Qu’il était divinement émouvant Jésus, en disant cela !

Prier pour les morts

  Un jour, Jésus m’a priée de m’occuper, de trois heures et demie à cinq heures et demi du matin, des âmes du purgatoire. J’étais en train d’achever d’écrire mes notes dans mon journal intime, lorsque le Seigneur me dit : « Mon enfant, ton dévouement éprouvant me fait honneur, mais je t’en prie, ne va pas te coucher avant d’avoir décrit la situation des âmes dans le purgatoire.
  Je veux maintenant secourir les âmes qui, lorsqu’elles étaient en vie, m’ont prié de les prendre en pitié au moment où, après la mort, elles arriveraient au purgatoire. »
  Jésus me conduisit dans une immense halle où séjournaient un nombre incalculable d’âmes. Malgré l’obscurité, elles n’avaient pas peur. Couvertes d’une pèlerine noire, elles étaient accroupies et serrées unes contre les autres, sans bouger, toutes muettes et tristes. Mon cœur était brisé de compassion et de tristesse. Je compris que ces âmes avaient été privées jusqu’alors de toute prière, offrande et assistance de la part des vivants sur la terre. Elles savaient que l’heure du secours n’était pas encore arrivée, mais que cette grâce viendrait bientôt.
  Jésus me conduisit ensuite dans un autre lieu semblable. Là aussi les âmes, vêtues d’une pèlerine noire, blotties les unes contre les autres. Mais lorsque Jésus entra avec moi, elles se mirent toutes à bouger. J’avais le chapelet à la main pour prier pour elles. En voyant le chapelet, les âmes se mirent toutes à appeler : « Pour moi ! » _ « Pour moi, ma Sœur ! »_ « Pour moi ! » avec des voix qui se superposaient pour appeler au secours. Elles se précipitèrent sur nous comme un essaim d’abeilles. Bien qu’elles criaient toutes à la fois, on pouvait distinguer la voix de chacune en particulier. J’en reconnus plusieurs qui avaient été en relation avec moi de leur vivant, ainsi que des religieuses d’un autre Ordre. Je fus très émue de voir une supérieure provinciale s’adresser tout gentiment afin que je prie pour elle. Elle était en sueur, mais je ne saurais dire si c’était le corps ou l’âme qui transpirait.
  Puis Jésus gagna un troisième endroit et je l’y suivis. Un nombre incalculable de religieuses s’y tenaient debout sans bouger. Elles suaient toutes comme la Sœur que je venais de voir dans l’endroit précédemment visité. Elles s’adressèrent à moi pour me demander de prier le rosaire. Jésus me montra alors un chapelet dont les grains étaient des fleurs. Sur chaque fleur scintillait une goutte du précieux Sang de Jésus.
  Lorsque nous prions le chapelet, Jésus fait tomber une goutte de son Sang sur chaque âme pour laquelle nous le prions. Les prisonniers du purgatoire ont soif du Sang salvifique de Jésus.

Le lieu du jugement

  Plus d’une fois, Jésus m’emmena sur le lieu du jugement. Tout récemment, j’avais prié pour un grand pécheur. A la demande de mon directeur de conscience, je demandai à Jésus si ce pécheur avait été sauvé. Jésus me permit alors d’assister au déroulement du jugement de cette âme. Je comptais voir de grandes choses mais je ne vis rien. J’observai l’âme au moment de sa parution en jugement, entre son ange gardien et Satan. Jésus attendait l’âme, dans sa divine majesté. Ce n’est pas le Père céleste qui juge. Le jugement se déroulait dans un grand silence et en un instant. L’âme voit dans les yeux de Jésus se dérouler toute sa vie, avec ses moments d’éclat et ses manquements. Si l’âme mérite la damnation et ne montre aucun repentir, Jésus ne dit rien. L’âme se détourne de lui. Satan s’en saisit et l’entraîne aussitôt. Mais la plupart du temps, Jésus, dans un geste de son insondable amour, montre de sa main tendue la place que l’âme a méritée dans le paradis. « C’est là que tu iras », dit-il en guise d’encouragement. Puis l’âme se couvre d’un manteau pareil à celui que portaient les âmes du purgatoire, un manteau dont les couleurs peuvent varier du blanc au noir, et aussitôt l’âme se rend au purgatoire, accompagnée de la Sainte Vierge qui la console. L'ange gardien lui tient aussi compagnie. L’âme non damnée est très heureuse d’avoir vu sa place dans la gloire éternelle.
  La Sainte Vierge n’est pas toujours présente au jugement. Avant que le jugement ne commence, elle intercède auprès de son Fils en faveur de l’âme citée. Elle prend sa défense comme une avocate. Mais au moment précis du jugement, l’âme est seule devant Jésus. Quand le jugement commence, Marie se tait et seule sa grâce irradie l’âme. Lorsque l’âme se couvre du manteau de la couleur attribuée, la Sainte Vierge est de nouveau à côté d’elle pour l’accompagner au purgatoire. La Sainte Vierge passe presque toujours de longs moments au purgatoire, à répandre des grâces pleines de douceur et de salut.
  Le purgatoire est bien un lieu d’expiation, mais aussi de joie. Les âmes y sont en attente, mais elles attendent avec joie leur béatitude éternelle. Il faut mettre l’accent sur la joie et le bonheur, non sur les peines.

Jésus mendiant

  Un jour, je fus abasourdie de voir Jésus mendier. Pleine de compassion, je lui demandai :
_Mon pauvre Jésus, mais d’où venez-vous donc ?
_De chez mes prêtres.
_Qu’êtes-vous allé chercher chez eux ?
_Je leur ai demandé des âmes.
_En avez-vous obtenu ?
_Non !
_Pourquoi ne vous en ont-ils point donné ?
_Parce qu’ils s’occupent davantage d’eux-mêmes que du salut des âmes. Le salut des âmes exigerait d’eux trop d’efforts. Ils auraient à renoncer à tant de divertissements. Mais ils ne le font pas, malgré ma prière sur la croix : « Père, je remets leurs âmes entre vos mains pour qu’aucun d’eux ne se damne. » Ma fille, prie nuit et jour pour eux. Offre tous tes sacrifices pour mes prêtres, afin qu’aucun d’eux, au moment de rendre les comptes, n’ait à me quitter pour toujours, comme il vient de m’arriver de devoir les quitter !

LES ENSEIGNEMENTS DE JESUS

L’ENVOL DE L’AME TOTALEMENT LIBEREE

  Dans sa bonté infinie, le Sauveur se penche si tendrement vers mon âme que j’y vois l’attitude d’une mère à l’égard de son enfant. Ce sont des moments où je préférerais me soustraire à sa vue et, consciente de ma misère, être réduite à néant. Mais plus bas je me laisse descendre dans l’exploration de ma misère, plus il met d’ardeur à me poursuivre jusqu’à ce qu’il me saisisse. Il place mon âme sous sa puissance et l’instruit des sciences divines. Parfois, il exprime le désir de voir ses enseignements écrits et transmis. C’est ce que je fais, imparfaitement toutefois à cause de mes faiblesses.
  Durant une prière au début de l’automne 1942, je reçus du Sauveur l’instruction que voici :
« Pour que mon règne s’établisse à bref délai dans une âme, il lui faut disposer de trois choses : le cristal, les ailes, le brin de poussière.
  Il me serait très agréable de savoir que mes prêtres, ceux qui ont charge d’âmes surtout, parlent plus souvent de ces trois grandes valeurs, car il y a des âmes qui, bien qu’elles aient connaissance de ces trois valeurs en elles-mêmes n’en tirent pas profit car elles jugent ces valeurs de l’extérieur, alors que c’est leur intérieur qui en fait la vraie valeur. Il existe même des âmes qui n’en ont pas la moindre notion. »

Le cristal

  Il symbolise bien plus que la pureté du corps : celle du cœur et de la volonté et, avant tout, celle de l’âme. L’âme doit être purifiée, non seulement des péchés graves mais aussi des péchés véniels, et même des manquements non intentionnels et des petites imperfections. L’âme ne peut se permettre la moindre infidélité pour rester pure.

1. Refusez à votre corps tout ce qui favorise la jouissance des sens.
2. Purifiez votre cœur de tout sentiment étranger à l’amour de Dieu.
3. Rejetez de votre volonté tout ce que vous ne jugez pas sain et bon.
4. Que l’âme efface de la mémoire tout ce qui est terrestre, le passé, le présent et l’avenir, avec les soucis qui s’y rattachent, car tout cela souille l’âme et m’empêche d’y entrer pour m’unir à elle.

Les ailes

  Elles symbolisent la liberté de l’âme.
  L’âme doit être libre, libre du corps, des créatures et du monde, mais tout occupée du désir des choses saintes. Je dirais même qu’elle doit être libre de l’intention même d’être maîtresse d’elle-même, car je ne peux élever à mon divin niveau que les âmes totalement libérées, et la possession de ma divinité est réservée aux seules âmes totalement libérées.

Les brins de poussière

  Il est indispensable que l’âme sache en vérité et en connaissance ce qu’en réalité elle est sans moi. Il faut que l’âme vive dans un constant mépris d’elle-même, que ce soit en ma présence, que ce soit en elle-même ou au regard des autres. L’âme ne doit pas s’arrêter à l’idée d’être quelque chose ou quelqu’un, car au moment même où elle le fait elle me repousse et perd donc, de ce fait, une partie de mes grâces.
  Mais si l’âme reconnaît sincèrement sa misère et sa faiblesse et arrive même à se réjouir d’être si peu de chose, c’est alors qu’elle éprouve la grâce de ne se sentir digne de rien d’autre. Ainsi, elle ne s’étonnera pas de ses faiblesses et n’en éprouvera pas d’amertume.
  Quand je la réprimande, au lieu s’en offenser, elle reconnaîtra sincèrement que la sainteté de la vie n’émane pas de l’absence de chutes, mais du fait de se relever après la chute. C’est ce qui fait qu’elle se ressaisit, et que, consciente de sa nullité, elle s’abandonne toute à moi. Elle reste sur le plan de sa misère pour me regarder avec amour et confiance, non qu’elle attende de moi que des grâces, mais surtout en vue de me consoler en réparant, pleine de repentir, ses faiblesses passées. Car à son degré d’humilité, elle se sent davantage digne de mépris que de grâces. C’est ainsi qu’inconsciemment elle se fabrique une « chaîne d’or » qu’elle va jeter des profondeurs vers le ciel pour attirer vers elle ma divinité. Alors je me saisirai de cette âme et l’élèverai pour établir en elle mon royaume. »
  Pour me faciliter la compréhension de son exposé, le Seigneur m’accorda la grâce de voir l’âme et j’en contemplai tous les détails. Il me plairait d’en citer quelques-uns.
  En entendant le Seigneur me parler de la liberté, je vis, entre autres, une âme qui ne parvenait pas à saisir une grâce, simplement parce que par vanité elle s’agrippait à son corps, autrement dit parce qu’elle était fière des qualités et de la beauté de son corps.
  Je voyais que cette âme cherchait à se justifier en se disant que ce n’était pas une faute tant  qu’elle ne cherchait aucune complaisance en elle. Elle semblait ne s’être attachée à rien et, cependant, elle favorisait en elle-même le plaisir d’avoir un beau corps.
  Ce n’était pas la beauté qui constituait s faute, mais la fierté à la porter. Elle considérait cette fierté comme un atout pour sa vie spirituelle. C’était, pour elle, un sentiment sacré et un don de Dieu. Je vis qu’elle s’était trompée. En effet, au fond de on âme, au simple toucher de la grâce, se réveilla l’aveu que sa fierté était une faute. Mais elle rejeta cette grâce d’introspection et sa conscience retrouva sa somnolence.
  J’ai pu voir à quel point cette âme était entravée par son défaut, elle qui pouvait s’arracher si facilement à tout le reste. Et j’ai vu, en outre, que le Sauveur, avec sa divine beauté et toutes ses richesses célestes, ne pouvait pas pénétrer cette âme.
  L’âme ne peut effectivement laisser pénétrer en elle la grâce que si elle est libre. Ainsi en est-il aussi des autres empêchements que je distinguai nettement dans les âmes sous l’éclairage de la lumière divine. Je dis bien éclairage, et non pénétration, car l’éclairage n’atteint que l’extérieur. Ces âmes gênaient la pénétration de la grâce et ne recevaient la lumière du Saint-Esprit qu’en surface, ne permettant qu’exceptionnellement à un tout petit rayon de les pénétrer.
  Mais dans les âmes qui n’offraient aucun obstacle à la pénétration de la grâce, je voyais briller dans le plus profond de leur intérieur la lumière du Saint-Esprit. Les corps en étaient envahis et sanctifiés dans toutes leurs parties. C’est dans ces âmes que le Sauveur retrouvait sa propre félicité, sa joie, sa gloire, sa beauté, sa sainteté… et c’est ainsi qu’il était lui-même tout entier en elles.

« Fiat »

Jésus : « Tout comme moi je disais sans cesse lorsque j’étais sur la terre : « Père, que ta volonté soit faite ! », toi aussi tu n’as pas autre chose à faire. Ce que je faisais alors en tant qu’homme et en tant que Dieu, je le fais de même dans ma divinité. »
  En disant « dans ma divinité », Jésus me fit comprendre le sens caché de cette expression. Le sens n’est compréhensible qu’à celui qui vit en Lui, car le sens caché ne peut s’exprimer en langage humain. Par la grâce de Jésus, je compris comment il vivait en Lui-même ce « Fiat » dont il faisait si souvent mention. Au moment où il a dit « Fiat » je vis qu’il s’exprimait à la fois en tant qu’homme et en tant que Dieu ; toute la Trinité s’alliait à sa volonté. Je vis clairement que la volonté de Dieu, ce « Fiat », se serait faite même s’il n’avait créé aucune créature, étant donné que ses créatures sont l’expression de sa volonté. Je vis que le « Fiat » de Dieu n’a ni commencement, ni fin. Je sus que ce « Fiat » provient de Dieu et qu’il est en Lui. Ce « Fiat » est la puissance vivifiante et réalisatrice de sa volonté ; cette force n’est autre que l’Amour. En un mot : j’ai vu l’œuvre de la T.S. Trinité.
  J’ai cru voir qu’au regard des créatures ce « Fiat » est comme un fil qui naît et de divise, par volonté divine, en deux branches. Cette division s’est opérée par la volonté et la puissance divines. Au regard des âmes, une des branches représente le salut éternel, l’autre la damnation éternelle. Mais le « Fiat » ne se manifeste pas de la même manière dans le cas des deux branches du fil : Dieu a prononcé le « Fiat » du salut en toute liberté, mais le « Fiat » de la damnation comme s’il y était contraint.
  Le Rédempteur ajouta encore : « Ma fille, je veux te faire découvrir comment ‘âme doit réaliser le « Fiat ». Si l’âme le prononce non seulement en paroles mais avec l’offrande de toute sa vie, alors je m’unis à elle de la même manière que les Trois Personnes deviennent Un dans le Dieu unique. Si je suis ainsi uni à l’âme, elle ne peut alors plus rien savoir, voir, avoir, connaître, aimer et savourer en dehors de moi. Et si cette âme reste fidèle, je me communiquerai à elle. Grâce à cette communication, l’âme peut me connaître de la même manière que je me connais moi-même. Cette âme verra et goûtera le paradis, car je suis le paradis, et là où je suis et je vis, là je trouve ma gloire. Je partage ma joie et mon bonheur avec celui qui est ma gloire.
  Les âmes qui vivent le « Fiat » ne peuvent vivre sans une certaine joie qui se remarque également de l’extérieur. Sans la joie, même une âme qui brûle de mon Amour devient tiède, perd son élan et peut finalement perdre la foi. »
  Par cette joie, le Seigneur n’entend pas la joie mondaine et pécheresse, mais une sérénité céleste, sainte, paisible, et calme qui réchauffe les cœurs en rayonnant sur autrui, qui donne force à l’âme et l’élève toujours près de Dieu.
  Moi, âme indigne, je vécus réellement cette joie, non parce que je la méritais mais par la grâce de Dieu, par l’expérience intime de Dieu. Jésus me la fait découvrir pour que je la transmette aux gens.
  Pour ce qui a trait à l’âme soumise, Jésus me dévoila des choses merveilleuses. La soumission d’une telle âme force pour ainsi dire Dieu à descendre en elle, car Dieu ne peut résister à une âme humble tant qu’elle persévère dans la véritable humilité.
  Voir tout en Dieu, être capable de tout en Dieu, atteindre tout par Dieu, là est le mystère des mystères !
  Monde déraisonnable ! Homme déraisonnable ! Comment pouvez-vous rechercher autre chose que Dieu ? Dieu ne vous suffit-il donc pas ?

Jésus caché dans le supérieur

« Ah ! si mes épouses avaient pu prévoir ma tristesse de devoir constater a mauvaise volonté, les murmures et les mille prétextes qui ont accueilli les offres de grâces que e leur ai présentés par l’intermédiaire de leurs supérieures ! Avec quel amour je les leur ai cependant toujours présentées ! Je leur fais pourtant un grand honneur lorsque je leur rends visite par l’intermédiaire de leurs supérieures. Je ne me contente pas de leur faire distribuer mes trésors. Je me donne moi-même à elles. Mais elles me rejettent parce que je me donne à elles à mon gré et non au leur. Si elles ne tiennent pas à être unies à moi par leurs supérieures, je ne les appellerai plus mes épouses, mais des servantes ordinaires. Je ne réserve le titre d’épouse qu’à celles qui vivent en épouses, se comportent comme des épouses et offrent leur vie à l’Epoux. Si les âmes consacrées tiennent à ce que je les considère comme mes vraies épouses, il ne faut pas qu’elles agissent à leur gré, il faut qu’elles vivent selon ma volonté. Elles voudront bien accepter avec joie et réaliser ce que je leur destine par l’intermédiaire de leurs supérieures, ou selon les circonstances et les situations. »
  Dans une autre circonstance, Jésus poursuivit ainsi ses enseignements :
« Il n’est pas permis de faire de distinction entre les divers supérieurs. Le supérieur est choisi comme tel par nomination légale, et non en fonction de ses talents, de sa noble naissance ou du nombre d’âmes qui lui seront confiées. Aussi longtemps qu’il exerce sa fonction, il n’est pas un home ordinaire pour ses subordonnés, mais c’est moi qui suis caché en lui pour eux. Les subordonnés qui, en lui, ne voient pas que moi, mais un homme ordinaire, commettent une grande faute. Un supérieur, à un degré inférieur, est au même titre chef des subordonnés que le supérieur de rang plus élevé, car c’est lui qui en est directement responsable, et non pas son supérieur.
  C’est pourquoi mes subordonnés ont tort de dénigrer leurs supérieurs et de ne pas en tenir compte, car, en les dénigrant et en méprisant leur autorité, ce n’est pas eux qu’ils sous-estiment, mais mon divin Cœur. »
  Et le Seigneur ajouta : « J’aimerais écrire de mon propre sang la vérité sur leurs mains ! Je suis proche d’eux dans la mesure où ils sont proches de leurs supérieurs, et ne puis m’unir à eux que dans la mesure où ils me reconnaissent en leurs supérieurs. »
  En outre, j’ai entendu Jésus dire :
« L’âme qui me reconnaît en son supérieur en arrive à faire affluer dans l’océan de mon Amour le moindre courant de son amour. Ce n’est donc pas son propre intérêt que recherche une telle âme, mais le mien. C’est bien pour cela qu’une telle âme ne saurait s’offusquer de quoi que ce soit, ni offenser qui que ce soit, refusant toute distinction entre ce qui est bas et ce qui est élevé, entre le triomphe et la défaite ; elle ne se laisse influencer ni par le salut, ni par la damnation, ni par al mesure de la grâce reçue. Et, sachant que le Tout-Puissant a élu demeure en elle, elle n’a aucune notion de ce que peut être l’ « impossible ». C’est ainsi qu’une telle âme n’éprouve que des sentiments d’amour, de joie, de félicité et de soumission, autant d’ailes qui la portent vers son supérieur qui la propulsera vers le ciel où son vol d’aigle atteindra l’infini. »
  A ce sujet, le Sauveur ajouta cette admonition :
« En critiquant les dispositions de leurs supérieurs, mes épouses jettent une grosse pierre devant mes pieds et m’empêchent ainsi de m’approcher pour m’unir à elles. »

Consignes du Seigneur aux supérieurs

« Ce que j’ai dit au sujet de mes épouses doit servir de consigne aux supérieures, afin qu’elles ne recherchent jamais leur propre avantage, mais toujours ce lui des âmes qui leur sont confiées. Ces pierres devant leurs pieds, qu’elles les écartent quand elles en trouvent, afin que celles-ci ne s’accumulent pas pour devenir des obstacles infranchissables et constituer comme un mur qui m’isolerait de mes épouses, les mettant en danger probable de me perdre (perte de la vocation). »
  Le Sauveur me fit voir aussi d’autres défauts mineurs des religieux, entre autres la froideur, l’antipathie, l’impatience, la nonchalance, etc., autant d’obstacles dressés par de tels supérieurs qui gênent le travail de Jésus dans les âmes.

La valeur d’une âme humble

  Une autre fois, le Sauveur m’a montré la grande humilité d’un supérieur en me disant :
Il y a parmi mes épouses des âmes si aveugles qu’elles ne remarquent pas à quel point je m’abaisse vers elles par l’intermédiaire de mes supérieurs. Leur froideur a atteint un tel degré que la flamme de mon amour, que j’instille dans leur âme par l’intermédiaire de leurs supérieurs, ne les touche plus du tout.
  Ma fille, je te le dis, et mes paroles sont vérité : une âme humble a un tel prix à mes yeux que, si je m’étais pas incarné, je le ferais pour l’amour d’une telle âme. Et, si Lucifer était capable d’accueillir la grâce et que je lui permette de vivre quelques heures avec une âme humble, il en serait tellement impressionné qu’avec toute sa suite il aurait plutôt fait de venir à moi qu’une âme ingrate et froide.
  Hélas ! mes épouses vont et viennent dans la lumière de ma grâce sans s’en apercevoir ; elles vivent non loin de mon buisson ardent et restent de glace ! Malgré tout, le temps viendra où, au contact de bonnes supérieures, elles verront et se réchaufferont. »
  Tandis que Jésus parlait, il me fut donné de contempler l’humilité d’une certaine âme. Mais le Sauveur ne me permit d’en dire que ce qui suit :
  Tout en parlant, le Sauveur me montra une grande et profonde vallée d’où montait une flamme, et il précisa : « C’est de la partie la plus profonde de la vallée que monte le plus grand feu. La vallée, c’est l’âme humble, et le feu, c’est mon amour dont les proportions sont d’autant plus grandes que la vallée est profonde. »
  Jésus ayant exprimé sa joie et sa satisfaction que lui causaient certaines saintes âmes, j’ai pu voir qu’en nous, ce n’était pas vraiment nous qu’il cherchait et fertilisait mais lui-même. De l’apprendre, je ressentis une si grande joie que mon âme, assez souvent, entrait en extase, à tel point que je m’émerveille d’être encore en vie.
  Est-ce que je sais, d’ailleurs, pourquoi je séjourne encore ici-bas, puisque je me trouve déjà au ciel ? C’est Jésus qui vit en moi, et c’est en moi qu’il goûte ses joies célestes et sa félicité. C’est décidément mon royaume des Cieux, car je sais que Jésus y est heureux de savoir qu’à lui, au Père et au Saint-Esprit sont exclusivement réservées la reconnaissance, la louange et la gloire. Jésus est la Vie, l’Amour, la seule Valeur, le seul Mérite. Il est notre bonheur pour une éternité entière. On ne peut savoir tout cela tant que la mort n’a pas libéré de notre corps l’âme appelée à vivre et à jouir de l’éternité bienheureuse !
  Mon Jésus ma Mère du ciel ! Vivez en moi ! Marie, Reine du monde, venez à moi, régnez en moi et par moi sur le monde entier, afin que la joie de Jésus soit parfaite !

Le saint Curé d’Ars

  Déjà dans ma Congrégation puis aussi après sa dissolution je fus souvent humiliée. On disait que j’étais esclave du diable. Lors de mes veillées je m’en plaignis à Jésus, lui demandant conseil. Une fois, il me déclara : « Ce que j’ai dit jadis à saint Jean-Marie Vianney a aussi valeur pour toi. Laisse parler ceux qui te calomnient. Quand ils auront fini, ils se tairont. »
  Calomnié, glorifié, raillé, le Curé d’Ars (1786-1859) restait égal à lui-même. Un confrère lui écrivait-il une lettre de reproche, lui conseillait-il plus de prudence à cause de son ignorance, il le remerciait aimablement et le recommandait à Dieu dans ses prières.

ENSEIGNEMENTS DE JESUS

Sur la vie de prière et l’exercice de la vertu

  Fixer le regard sur Jésus, ne penser qu’à lui, l’embrasser ! Si tu le fais, il t’embrassera aussi. Ecoute-le ! Laisse-le croître en toi ; mais toi, fais-toi petit !
  Il faut savourer la douceur de Jésus. Il faut le voir, le sentir, jouir de son regard, se relaxer en lui, vivre de sa divinité !
  Jésus m’a fait un résumé pour tous ceux que ne satisfait plus la prière orale :
1- Vis sans cesse en ma divine présence !
2- Vis, consciente du fait que c’est moi qui vis en toi !
3- Que chaque mouvement, chaque situation de la vie nous fassent nous rencontrer, toi et moi et moi et toi.
« Mon Jésus, comment puis-je être en votre présence en parlant à autrui ? »
  Jésus : « Alors, également, reste en moi et ne me quitte jamais ! Ecoute tes frères et tes consoeurs, recommande-moi leurs désirs et leur âme ! Si je t’envoie quelqu’un qui te demande une prière ou l’intercession de quelque grâce, dis-lui simplement « oui », et aussitôt c’est moi qui agis. Si la personne en question a un urgent besoin de ce qu’elle demande, elle l’obtiendra. Mais si ce qu’elle demande est nuisible à son âme, je repousse cette demande. »
  Depuis lors, j’agis toujours ainsi.
  Durant la conversation, Jésus me révèle souvent les pensées, les intentions et les projets de mes interlocuteurs, lorsque ceux-ci me les cachent. Tandis qu’ils parlent, je les écoute en Jésus, je les lui recommande et prie pour eux. Si Jésus me fait comprendre qu’il souffre en eux par suite de certains péchés, de mauvaises habitudes ou de leurs imperfections, je lui offre réparation. Jésus m’a souvent insinué que, la plupart du temps, s’il n’écoutait pas nos prières, c’était parce que nous nous ne nous fiions pas entièrement à lui, parce que nous faisions de nos prières des prescriptions, parce que nous lui retirions notre confiance, parce que nous ne croyions pas que lui, pour notre bien et notre joie, a le pouvoir de supprimer nos soucis.

La prière la plus agréable

  Pendant ma dévotion expiatoire, l’Ennemi dit un jour à mon âme : « Tes prières ne valent rien devant Dieu. C’est dommage pour le temps que cela te prend. » Il le dit d’un ton si tranquille et si calme que je faillis confondre sa voix avec la voix de Jésus. Immédiatement, je m’adressai à Jésus et lui dis : « Seigneur, quand est-ce que ma prière vous est agréable ? » Il répondit : « Elle m’est la plus agréable lorsque tu te reposes en moi, muette, sans souci de ce qui se passe autour de toi. » Je demandai ensuite : « Quand me suis-je reposée en vous ? » Il me dit : « Lorsqu’en ma présence, tu es consciemment pénétrée de ce qu’en ton corps, tu dors, tandis qu’en esprit tu es en moi, tout éveillée. »

Qui Jésus cherche-t-il ?

  Durant ma prière, je vis que Jésus cherchait quelqu’un. Je lui demandai : « Mon Jésus, qui cherchez-vous ? » Il me répondit : « Je suis à la recherche des êtres humains et des prêtres. Qu’il est difficile de s’en approcher, si enfoncés qu’ils sont dans la boue de leur égoïsme ! Je vous en supplie, priez sans cesse pour eux. Offrez réparation au Père céleste pour ces péchés ! Faute de quoi, ils auront bien de la peine à se convertir. C’est à vous d’offrir beaucoup de sacrifices, afin que mon peuple pécheur et mes prêtres se convertissent ; sinon, c’est en vain que je suis mort pour eux. »

« Je suis en eux »

  Du fait que je suis une ignorante, Jésus a passé des années à m’instruire. Quand je parlais à mes semblables, Jésus se tenait toujours à me côtés. Dans les conversations, j’ajoutais souvent : « Jésus est ici parmi nous ! » Mais Jésus corrigeait mon propos : « Non ma fille, non ! Je suis en elles ! Je ne suis pas à côté d’elles et pas entre elles, je suis en elles ! »
  Puis il me fit savoir qu’il vivait dans chaque âme. C’est ainsi que j’appris peu à peu qu’en priant, il ne fallait pas le chercher dans les nuages mais le découvrir en soi-même. Il nous est plus proche que nous ne le sommes à nous-mêmes. Et puisqu’il en est ainsi, qu’est-ce qui m’empêche de rester toujours en conversation avec Jésus ? Cette leçon m’a donné des ailes comme ne l’a pas pu la prière orale, dont je désirais souvent ardemment la fin, malgré la douceur de Jésus que je ressentais. Dans le cas de la prière intérieure, au contraire, l’entretien ou le silence amoureux peuvent se prolonger indéfiniment. Cette manière de prier, je la recommande vivement à tous mes frères et à toutes mes sœurs qui sont à la recherche d’une vie authentiquement spirituelle. Jésus a incliné mon cœur à recevoir quiconque m’approche comme sa Mère l’a reçu. C’est ainsi qu’il m’a fait comprendre que c’était lui qui vivait dans mon prochain. Pour lui faire plaisir, je n’ai qu’à faire plaisir à mes frères et à mes sœurs.
« Mon Jésus, si quelqu’un vit en état de péché mortel, est-ce qu’en agissant ainsi, je vous cause également de la joie ? » Suite à ma question, Jésus me montra une âme dans cet état. A mon plus grand étonnement, il n’avait pas abandonné cette âme. Il vivait en elle, mais comment ? Je le vis, comme souvent je l’avais vu sur le chemin du Calvaire : recroquevillé et défiguré, n’ayant plus une seule partie saine sur son corps, au point que sa Mère elle-même eut grand-peine à le reconnaître quand elle le vit cheminer, la croix sur le dos, vers le Calvaire. Elle ne le reconnut qu’à son regard sur elle. Dans l’âme du pécheur, il paraissait tout aussi méconnaissable. Ses plaies saignaient et son regard plein de douceur me suppliait : « Aide-moi ! Prie pour cette âme ! » Je compris qu’il voulait me dire : « Offre des sacrifices pour cette âme ! Souffre pour elle ! Souffre, pour que je puisse la sauver. » C’est ainsi que Jésus m’instruisit à entourer un pécheur d’un amour d’autant plus grand que c’est Jésus qui souffre en lui, afin de porter réconfort au Cœur du Sauveur.
  Je demandai à Jésus comment je pourrai faire de chaque rencontre, de chaque instant de ma vie une rencontre avec lui. Jésus me l’expliqua de la façon suivante : « Ma chère enfant, à chaque succès de ta journée, dis vite : « Merci, soyez-en loué ! » et à chaque insuccès dit aussi : « Merci, soyez-en loué ! » J’ai droit à ce merci, car tu ne sais pas de quel trésor tu me gratifies quand tu es disposée à recevoir de mes mains la souffrance et l’insuccès. Quand une personne me loue du fond de sa misère et de sa peine, elle fait le maximum de ce qu’un être humain peut faire. Je n’en exige jamais davantage. Son geste a plus de valeur qu’un jour entier passé à se flageller ou à casser des cailloux. Puisque tu m’appartiens, contente-toi de trouver ton bonheur soit dans la joie, soit dans la douleur, et d’avoir toujours plaisir à me servir en faisant la joie des autres. Des âmes qui me sont proches, nombreuses sont celles qui, cependant, ne me servent pas aussi bien dans toutes les vicissitudes de leur vie. La joie et la peine finiront par te séparer de moi si tu n’apprends pas la manière dont tu dois me rencontrer. Mais si tu t’unis à moi et agis avec moi aussi aisément dans la peine que dans la joie, tu ne feras plus de différences entre les deux. »

  Sœur Marie-Nathalie passa trente années à s’imposer de dures mortifications et des jeûnes fréquents. Un point significatif de son ascèse, c’est qu’elle allait jusqu’à ne dormir que trois heures la nuit, et cela, sur une simple planche et une pierre pour oreiller. Elle passait le reste de la nuit en heures saintes avec Jésus qui l’emmenait souvent au jardin de son agonie où elle souffrait avec lui. Elle commentait ses mortifications de la manière suivante : « Jésus a eu bien de la peine à me faire comprendre que l’union intime avec lui avait davantage de valeur que toute mortification, si dure soit-elle. »

Jésus à un prêtre

  Voici les consignes que Jésus a fait adresser à un prêtre par Sœur Marie-Nathalie. Le destinataire de ce message voulait sauver les âmes à tout prix et même par la force, ce qui le rendait toujours nerveux dans son zèle et soucieux de savoir s’il n’avait pas négligé quelque chose ou s’il avait encore quelque chose à faire. Jésus dit : « Qu’il ne fasse rien avec contrainte. Il n’a qu’à s’immerger plus souvent en moi. Qu’il me laisse le soin du succès de son oeuvre pastorale. S’il s’abandonne totalement à moi et s’il se repose en moi, son honnête travail sera pour moi efficace, et ainsi il ne se rendra responsable de rien. S’il croit que l’usage de la force le conduira au succès, il se trompe. Dans l’âme de cet abbé, l’amour pour moi est ardent. Ce n’est pas de lui-même qu’il doit attendre le succès. Son excitation l’empêche de s’immerger en moi. »
  Sœur Marie-Nathalie, elle-même, reçut du Seigneur une leçon analogue lorsqu’elle chercha à fuir la Hongrie pour regagner son ancienne patrie. Voici ce qu’elle écrit : « Lorsque, pour échapper aux nombreuses difficultés, je pensai m’enfuir en Tchécoslovaquie, Jésus me dit : « Si tu restes ici, je te garde sur ma poitrine, mais si tu pars, tu glisseras entre mes genoux ! » Je restai. C’était ma destinée de subir la persécution, la médisance, l’incompréhension, l’errance, la nécessité de me cacher. »

ILLUMINATIONS MYSTIQUES

  Un jour, j’ai demandé à Jésus :
_ Mon Dieu, de qui descendez-vous ?
_ De moi-même et de l’éternité.
_ Et de qui Jésus descend-il ?
_ De Dieu, de lui-même et de l’éternité.
_ Et de qui descend le souffle de l’Esprit-Saint ?
_ De Dieu, de Jésus-Christ, de lui-même et de l’éternité.
_ Et l’éternité ?
_ Elle n’a ni commencement ni fin. Je suis moi-même l’éternité.
_ Et où est votre royaume ?
_ En toi.
_ Et où est mon royaume ?
_ En moi. Et tous deux, nous ne faisons qu’un.

Pour la vie mystique

  Un jour, Jésus me dit : « Chaque être humain vit du souffle de Dieu. Le souffle de Dieu est l’âme qui vous maintient en vie. Quand Dieu effleure l’âme, il s’effleure lui-même. Le corps n’est qu’un instrument. Lorsque Dieu se rencontre lui-même dans l’âme, celle-ci a l’impression de se trouver au point où le corps va cesser d’exister. »
  C’est ainsi que j’ai constaté que la vie était le souffle de Dieu. C’est Dieu lui-même qui habite en moi. C’est le souffle de Dieu qui me maintient en vie.

Le mystère de la sainte communion

  J’ai demandé une fois à Jésus si, dans la sainte communion, c’était Dieu qui était en nous ou si c’était nous qui étions en Lui. A cela Jésus répondit :
« Nous sommes tous deux une seule et même chose. Mon Corps et mon Sang circulent, entrent et séjournent dans votre corps et votre sang, puis passent. J’habite en vous et vous en moi. »

La Mère de la Sainte Eglise

  Jésus dit : « Par le baptême, chacun participe à la grâce de la vie divine. Mais celui qui empêche la grâce du baptême de faire son effet, ne verra aucune fructification se produire en lui.
  Il n’est pas donné à Satan de voir ce qui se produit entre Dieu et l’âme. Il observe l’être humain et de l’expression de son visage tire son idée à lui. S’il y peut lire la moindre méchanceté, il est sûr que la victoire lui reviendra. Il s’agit précisément du combat où interviennent les promesses de Dieu : « Elle t’écrasera la tête et tu cherchera à la mordre au talon. » C’est pourquoi la Mère de Dieu est devenue la Mère de l’Eglise, afin qu’elle prenne soin de tous ses enfants. En échange de cela, Marie n’exige que la foi et la confiance. Et c’est ce qu’il y a lieu d’exprimer dans la prière et le sacrifice.

Le salut

  Jésus disait : « Ne t’inquiète pas de savoir si telle ou telle âme a obtenu le salut. Mais si néanmoins tu tiens à prier pour tel ou tel, exprime-toi ainsi : « O Jésus, ce n’est pas que je m’inquiète au sujet de cette âme. J’ai entière confiance en votre miséricordieuse bonté. Que soit faite votre volonté, car vous savez bien combien j’aimais cette âme. » Ne souhaite rien d’autre à quelque âme que ce soit. Même toi, tu n’as pas à désirer te sanctifier par tes propres forces. Contente-toi de m’aimer et de t’immerger en moi. Que ta pensée et ton langage ne se rapportent qu’à moi, et dans chaque mouvement de ton existence, ne recherche que moi. C’est moi qui ferai de toi une sainte. Pour ce que tu me demandes de cette manière, tu seras exaucée au-delà de toute attente. »

La clef de l’union

  Jésus a dit : « L’essence de la rencontre avec moi consiste en l’expérimentation de ceci : j’appartiens à l’âme et l’âme m’appartient. »

Où est Jésus ?

  Un jour, je me sentais épuisée à en mourir et je pensais que Jésus n’était pas avec moi. Epouvantée, je me mis à crier : « Mon Jésus, mon Jésus, où êtes-vous ? » Alors Jésus me répondit : « Je suis toujours là où tu es, mais c’est toi qui n’est pas toujours là où Je suis. Penses-y ! » Cela me fit réfléchir et je lui dis : « Mon Jésus, louées soient vos paroles ! »

Âmes assoiffées

  J’appris des âmes que je rencontrai au purgatoire, combien elles étaient assoiffées du Sang de Jésus. J’interrogeai à ce sujet mon Sauveur. Il me répondit : « Tant que sur la terre on célèbre, ne fût-ce qu’une seule messe, mon Sang coulera en abondance vers les âmes souffrantes au purgatoire et les âmes souffrantes de la terre. Ce mystère n’est connu que de la Très Sainte Trinité. Mais ce mystère durera jusqu’à ce que le dernier être humain ait quitté cette terre. »

Le chemin qui mène chez le pécheur

  Une nuit, j’étais en conversation avec Jésus et, remarquant à quel point il aimait les pécheurs, je lui demandai : « Y a-t-il quelqu’un ou quelque chose au ciel et sur la terre qui te ferait renoncer à une âme pécheresse ? » Jésus répondit : « Seul le pécheur lui-même peut le faire. Hors lui, il n’y a aucune puissance qui puisse obstruer le chemin qui conduit mon amour miséricordieux vers le pécheur. »

Les baisers de l’Amour miséricordieux

  Jésus déclare : « Mes paroles valent pour tous ceux qui recherchent le bien. Mes chers enfants, lorsque la vie d’une personne s’écoule en Dieu, elle a une grande valeur. Mais comme la nature humaine a un penchant vers le mal, ayez confiance en la bonté de mon Amour miséricordieux, car vos faiblesses (vos défaillances) obtiendront de moi le pardon. (Ici, Jésus met l’accent, non sur les péchés, mais sur les faiblesses humaines.) Quelles que soient les faiblesses qui vous affligent, aussi souvent que vous vous serez repentis sitôt après y être tombés et que vous vous serez adressés à moi pour chercher secours, vous aurez un baiser de moi. Y tomberiez-vous même dix fois par jour, vous aurez dix fois mon baiser. Mais si vous vous dites : « Demain, je ferai mieux », vous êtes des prétentieux et de ce fait, vous n’aurez pas de baiser. »

Que rien ne vous tracasse !

  Jésus : « Que rien ne vous tracasse ! Ne veuillez pas devenir ceci ou cela, ne doutez pas, ne vous plaigniez pas ! En Dieu il n’y a ni agitation, ni excitation, ni incertitude ! »

L’essentiel

  Une nuit, je me suis réveillée et me suis adressée à Jésus pour lui dire : « Seigneur, maintenant je veille. » Il me répondit : « Ce que tu fais n’a pas d’importance pour moi. L’essentiel est que tu sois toujours avec moi. »

En quoi réside la perfection

  Dans l’Ecriture Sainte, j’ai lu : « Soyez parfaits ! » Cela m’attrista. Me tournant vers Jésus, je lui dis : « Mon bon Jésus, comment avez-vous pu exiger pareille chose de nous ? Comment pouvons-nous être parfaits, nous qui sommes chargés de péchés e de misères ? » Jésus me répondit en ces termes : « Quand une âme vit en moi, c’est moi qui, en elle, suis la perfection. »

L’endurance dans les difficultés

  J’ai eu souvent des difficultés dans ma vie et j’en ai fait part à Jésus. Une fois, il me consola en ces termes : « L’endurance dans les nombreux maux et difficultés sert à ma gloire si tu les reçois de mes mains sans récrimination et avec une douce soumission et si tu me les offres pour le bien des âmes. »

L’amour-propre

  Jésus m’a dit : « Voici un avertissement valable pour tous. Méfiez-vous de vous-mêmes ! Evitez vos propres manières de voir, la fantaisie contagieuse et périlleuse qui conduit à des illusions ! L’amour-propre engendre tout le mal et constitue un danger pour votre âme. Mes enfants, lorsque vous satisfaites vos pensées erronées (à ces mots, il cacha son visage entre ses mains et soupira), vous me confondez moi, qui suis tout et vous qui n’êtes rien. Vous vous faites les serviteurs et les adorateurs de la damnation éternelle. Priez et méditez dans le jeûne. Agissez sagement pendant que la grâce est en vous ! »

Si tu veux quelque chose

  Un jour, Jésus m’enseigna ceci : « Renonce à vouloir quoique ce soit ! Ne veux ni donner, ni recevoir, ni vivre, ni mourir, car tant que tu veux quelque chose je suis dans l’impossibilité de vouloir en toi ce que je veux. Ne veux même pas être sainte. Car si tu veux la sainteté tu n’y parviendras pas à un degré tel que moi je veux te faire parvenir.
  Si tu ne veux rien, alors je veux tout en toi. Ce que je veux en toi et en ton nom sera toujours saint et parfait, car je suis la perfection et la sainteté. Si tu veux quelque chose, ce sera toujours imparfait, car toi aussi tu es imparfaite. Et comme tu es une créature misérable et imparfaite, tu es incapable de vouloir ce qui est vraiment parfait, saint et noble. C’est pourquoi ne veux rien, afin que je puisse vouloir en toi. Dis souvent : « Que votre volonté soit faite ! » C’est ce que, en tant que Dieu et en tant qu’homme, je fis et je fais encore. »
  En une autre circonstance, Jésus me dit encore : « L’amour de mes frères les hommes est comme un puissant faisceau de lumière : il m’aveugle ! Alors je ne vois rien d’autre que l’amour, rien que l’amour. »

Le chemin de la grâce

  Durant ma méditation dans la prière, Jésus me donna cette leçon : « Mon chemin est un chemin de renoncement, un chemin de grâce. Le fil conducteur de votre vie doit être de continuer à suivre mes voies avec un zèle véritable… C’est l’amour-propre divinisé qui est le chemin de l’ennemi de vos âmes. Priez et suivez le chemin de la grâce ! Moi, Jésus, je veux que tous mes frères et sœurs, que j’ai rachetés en versant mon précieux sang, parviennent à jouir de la félicité éternelle. »

La pauvreté

   Quelqu’un m’avait questionné sur le conseil évangélique de la pauvreté. Je communiquai à cette âme ce que j’avais appris de Jésus. « Croire que ne posséder qu’une petite chambre c’est déjà pratiquer la pauvreté, c’est se tromper. Une seule chose est nécessaire : votre cœur ne doit s’attacher à personne ni à rien. Mais si pour vous je suis tout, vous pouvez même, pour ma gloire, habiter un palais doré. Cela ne joue aucun rôle.
  Pour ce que vous possédez, dites simplement : »Gloire à vous, Seigneur ».
  Si vous avez perdu quelque chose, dites aussi : »Gloire à vous, Seigneur ».
  Si quelqu’un a besoin de quelque chose que vous possédez, dites-lui : « Voilà ! Dispose de cela, c’est à toi. »
  Ce qui est important, c’est que votre âme ne soit pas prisonnière de choses étrangères et que vous alliez au Seigneur, libres de tout ! Soyez joyeux d’avoir quelque chose, mais aussi prêts en tout temps à redonner les dons de Dieu ! »

L’amertume

  Jésus a dit : « Je ne veux pas que vous soyez amers. Tant que vous êtes en état de grâce, vous n’avez aucune raison d’être triste. S’il vous arrive une peine, vous vous plaignez auprès de tout le monde, quêtant consolation, et ce n’est qu’en dernier que vient mon tour de vous entendre. Comment pouvez-vous vous permettre de trouver satisfaction ailleurs ? J’aimerais tant être le premier à recevoir vos plaintes ! Si votre confiance en moi était plus grande, vous n’auriez aucune raison d’être amers. »

L’époque glorieuse

  Bientôt adviendra l’époque glorieuse de la Sainte Vierge. Peut-être connaîtrai-je moi aussi le temps où les souffrances seront abrégées ? Je demandai à Jésus :
_ Mon Jésus, dis-moi quelle intention plaît particulièrement à la Sainte Vierge ?
_ Prie toujours le Rosaire pour procurer de la joie à ma Mère immaculée, car elle a beaucoup souffert dans sa vie terrestre, mais ses souffrances sont pour la plupart restées cachées aux yeux des hommes. Et maintenant encore, elle trouve peu de motifs de joie et beaucoup de raisons d’être triste. Ma fille, ne compte pas combien tu as prié ; moi, j’en tiens compte. Si tu comptes, cela trouble l’harmonie des grâces.

La langue est un poignard

  J’ai été témoin d’une scène où des personnes bienveillantes avaient blessé de leurs propos un homme qui, sans se plaindre, en pleura néanmoins. Durant cette scène, Jésus me dit : « Vois-tu, ma fille, la langue est un poignard qui blesse l’âme et peut même la tuer. Celui qui blesse l’âme de son prochain est sur le chemin de la damnation. Celui qui dit à son prochain : « Fou que tu es ! » ira au feu de l’enfer. Une œuvre qui tente de progresser, si elle est entachée du moindre petit péché, est d’avance vouée à l’échec. Fais-le savoir à mes enfants portés à l’accusation. Mes instruments n’ont pas à être présomptueux. Qu’ils s’enorgueillissent, et je les briserai et je les rejetterai. Fais-le leur savoir ! »
  Puis il me fit dire à l’homme en question : « Accepte humblement et joyeusement cette humiliation ! Rien n’est plus utile à l’âme et plus dommageable à l’amour-propre. Moi aussi je fus humble. Penses-y ! C’est sous la forme de l’humilité que je veux vivre dans les âmes. »

Expiation

  Paroles de Jésus : « Beaucoup d’actes expiatoires sont entachés d’imperfections humaines. Le mensonge s’y mêle. Il n’existe qu’une seule voie sûre, à savoir accomplir l’acte expiatoire en compagnie de ma Mère immaculée. Avec elle, l’acte d’expiation devient parfait. »
  Aucune présomption, aucune fausseté, aucun péché ne dépare un acte d’expiation accompli sous les yeux de la Sainte Mère de Dieu. Aucune imperfection ne déprécie une action expiatoire faite en union avec elle. Les âmes expiant avec Marie, expient avec la foi de Marie. Ce qu’elles exécutent imparfaitement, par distraction ou par lassitude, devient parfait par retouche de Marie. Que l’on prie pour cela la Sainte Vierge avec cœur et vénération, et elle priera avec nous.

La flèche d’or

  Le Seigneur me dit un jour : « Les jurons sont comme des flèches empoisonnées qui blessent mon cœur. A toi, ma fille, je veux donner des flèches d’or avec lesquelles tu pourras réparer les blasphèmes et les outrages faits au saint Nom de Dieu. » Jésus m’apprit alors la prière suivante :
  Louange, adoration, amour et gloire au saint Nom de Dieu de la part de toutes les créatures vivant dans le ciel, sur la terre et dans les mers. Que le Nom de Dieu soit particulièrement révéré et glorifié par le saint Cœur de Jésus présent dans le Saint Sacrement et par le Cœur immaculé et plein d’amour de Marie.
  O mon Jésus ! je souhaite que votre soif pleine d’amour pour les âmes soit toujours apaisée et que le cœur de chaque homme vous aime et vous console vraiment. Amen.

A une communauté de prière

  Jésus : « J’accepte l’acte d’expiation de votre petit groupe. Si votre acte d’expiation m’a été si agréable c’est que, chargés de vos imperfections, vous vous êtes mis sous la protection de ma Mère immaculée. »
  Rien ne fait plus plaisir à Jésus que de nous voir nous adresser à lui par l’intermédiaire de Marie. C’est en Marie que le Fils de Dieu nous bénit tous et le monde entier avec nous. Et ce monde plongé dans le péché, le Seigneur veut la sauver par l’intermédiaire de sa Mère immaculée.
  A une autre occasion, Jésus déclara : « La pénitence est peu pratiquée. Mais c’est pourtant la pénitence qui attire beaucoup de grâces sur la terre. Les exercices de pénitence abrègent les peines. Les prières des pénitents me sont chères. Mais de pénitents, il n’y en a guère ! »

Le jeûne

  Jésus : « Il ne suffit pas de jeûner au pain et à l’eau. Que votre jeûne soit aussi le jeûne de la colère, de la bouderie et de la médisance. Passez ce jour dans la pureté du corps. Sans ce jeûne complet, c’est en vain que vous prierez les bras étendus : Je ne vous écouterai pas. A peine vos lèvres sont-elles sèches d’avoir été, à la communion, en contact avec le précieux Sang, que déjà vous m’outrager. C’est pourquoi les heures saintes et les bras étendus ne suffisent pas à m’émouvoir. »
  Une fois, Satan tenta de m’exciter en me disant de le maudire. « N’es-tu pas assez maudit ? », lui demandai-je.
« Maudis-moi donc ! J’ai tellement envie que tu aies un mouvement de haine, afin que Jésus soit blessé à cause de moi. »

L’épine la plus petite

  Je t’ai fait cadeau pour toute ta vie d’une douleur causée par l’épine la plus petite de ma couronne d’épines. Peu importe si le corps oppose de la résistance à la douleur. L’important est que tu aimes porter cette épine, que tu m’en loues et m’en glorifies, comme tu le feras un jour pour l’éternité. Aussi longtemps que tu ressentiras la douleur de l’épine, tu ne ressentiras aucune peine. Si tu acceptes spontanément cette douleur que je te tends de mes mains, tu me prouves ton véritable amour pour moi. Embrasse joyeusement ces tourments causés par l’épine ! »

Les deux plus grands ennemis

  Jésus m’a fait comprendre qu’il fallait surtout prendre garde à l’amour-propre et à Satan. Habituellement, tous deux nous entraînent au péché. Il ne faut pas se risquer à entrer en lutte avec eux. Il convient d’être plein d’amour pour Jésus et, si on nous accuse, de nous réfugier en lui.
  Aie l’humilité de dire : « Regardez, Seigneur, voilà comme je suis. » Si tu te hasardes à entrer en conflit, il se produit aussitôt quelque chose qui te sépare de l’amour de Jésus. L’union avec Jésus ne doit être en aucun cas abandonnée.

Le dépit

  Le dépit, la mauvaise humeur, l’abattement sont les moyens dont Satan se sert avec le plus d’efficacité pour entraîner les âmes vers le doute et leur faire perdre la grâce qui pourrait les aider. Dans ce cas, dites : « Jésus, je vous aime ! » Cela fait fuir Satan.

L’hypocrisie

  Il n’y a pas de place pour l’hypocrisie devant Jésus et sa très sainte Mère.

La cuirasse de Jésus

  J’étais en train de penser à mes faiblesses et aux moyens de m’en corriger, lorsque Jésus me dit : « Si tu n’avais aucune faiblesse, je veillerais à ce que tu en aies au moins une. Applique-toi à m’aimer ! Quand tu m’aimes, ne t’inquiètes pas au sujet de tes péchés. L’amour est ma cuirasse, et je ne vois rien d’autre que l’amour de l’âme pour moi et le mien pour elle. Tu n’es jamais pure, et si je devais attendre que tu le sois, je ne pourrais jamais t’aimer. »

La pureté

  Jésus : « L’âme n’est pure que si je l’habite. L’amour, je ne puis y résister ». Je lui demandai : « Mon Jésus, qu’aimez-vous en moi ? » Jésus répondit : « Que pourrais-je aimer en toi sinon moi-même ? Réserve ton amour à moi seul, en paix et en toute quiétude, et ne te soucies de rien d’autre ! Lorsque tu t’occupes de ce qui n’est pas moi, je ne peux pas te parler. »
  Jésus m’apprit à ne pas m’occuper de ma conversion par mes propres moyens. Les efforts humains limitent son action et mettent des menottes à ses mains divines. Lorsque Satan se rend compte de son insuccès auprès d’une âme, il lui suggère d’aspirer à une plus grande sainteté. Mais c’est un prétexte pour engager l’âme à s’occuper, non pas de Dieu, mais d’elle-même.
  Sachant que je suis en état de grâce, et néanmoins tourmentée de me sentir capable de pécher, c’est le moment de dire : « Satan, loin de moi ! Je sais que je ne suis rien. Mais Jésus m’aime beaucoup. » Et de me réfugier en Jésus et de toujours agir en accord avec lui !

La manie de se plaindre

« Chaque personne qui se plaint toujours de tout et de rien offense Dieu par de très nombreux péchés. La plupart du temps, ses lèvres expriment son égoïsme, sa jalousie, sa fausseté et son orgueil. De très nombreuses âmes se damnent en permettant à leur langue de pécher contre l’amour », dit Jésus.

S’anéantir !

  Devant le Seigneur Jésus, il convient de nous abaisser incommensurablement. En chaque âme, le Roi de l’univers ne consent à descendre que si elle est fondamentalement convaincue de sa propre nullité.

La leçon de Jésus au sujet des offenses

  Jésus m’apprit à ne jamais me sentir offensée. Pour me le faire bien comprendre, il me résuma sa doctrine en trois points :
1- Si on t’offense, dis-toi aussitôt qu’il y a longtemps que j’en sais quelque chose et que j’ai permis que cela arrive.
2- Accepte-le en me disant : « Pardonne-lui, elle ou lui a raison. Si ce n’est pour cela, du moins pour mes péchés cachés, je l’ai bien mérité. Ayez pitié ! »
3- Garde-toi d’en parler ! Mais si cela est nécessaire, alors tu diras : « Je regrette que cela se soit produit. Mais il est possible qu’il (ou elle) ait raison. J’ai tellement de défauts qui peuvent avoir offensé d’autres gens ! »

La Mère de Dieu à une maman angoissée

« Ma chère enfant, cela me peine de te voir douter de moi. Augmente ta confiance en moi jusqu’à l’excès ! Je ne me permettrai jamais de te décevoir. Ne suis-je pas une mère plus aimante que toi ? Sois contente et heureuse de la destinée que mon Fils t’a fixée ! Renferme tes aspirations dans mon Cœur maternel ! C’est ainsi que tu nous seras chère, à Jésus et à moi. De même que tu aimes tes enfants et t’en préoccupes, moi je t’aime beaucoup plus et me soucie bien davantage de toi. Je te soutiens de mes mains et te comble de mes grâces secourables dans la mesure où tu t’agrippes à moi.
  Voici ce que je te demande : faire tienne la belle habitude de parler en souriant, avec moi, avec les tiens, avec tous ceux que tu rencontres également. Que cette attitude soit comme ton pain quotidien tant que tu vivras ! Toutes les fois que tu souriras aux gens que tu verras, ce sera mon sourire qui t’illuminera. C’est là le mystère d’amour commun à toutes deux ! Tu reliras mon message surtout au moment où tu sentiras l’amertume de cette vie s’approcher de ton cœur. »

A peine quelques minutes

  Jésus : « Mes chères filles, je suis bien aise de vous voir consacrer quelques minutes pour parler de moi. »
  Je m’émerveillai alors de la profonde humilité et de la grande douceur de Jésus. Puissions-nous donc les connaître, nous en verserions des larmes de joie ! Aussi, je priai les personnes présentes d’orienter plus souvent la conversation en famille avec les enfants et de consacrer quelques minutes à Jésus. Que ce serait beau de voir chaque famille agir ainsi !

L’ordre dans le travail

  Un matin, durant la prière, j’étais très préoccupée au sujet d’un travail à accomplir. Alors, Jésus me dit :
« Je ne peux pas te voir excité sans vouloir t’aider. Fais ton travail dans cet ordre : tout ce que tu fais, commence-le en te recueillant et avec la bénédiction de ma très sainte Mère ; finis-le de la même manière. Quand je te dicte quelque chose, commence la journée par la transcription de mes paroles. Je te le demande parce que, lorsque tu écris, tu t’occupes de mes paroles à moi et ainsi ton âme est remplie de moi. Tu en as besoin et moi aussi. Ensuite, suis l’exemple de ma Mère immaculée et, dans la joie de ma présence, entreprends ton travail, qu’il s’agisse de couture ou de toute autre occupation.
  La dimension de la grâce dépend du sacrifice et de l’intention pure de l’amour. Ne tiens pas le compte des âmes que tu as sauvées. Moi, Jésus, « Salut des âmes », je marque chaque âme et, à l’instant de ton entrée dans l’éternelle félicité, tu pourras le lire sur le tableau des grâces. Ces âmes se présenteront à toi pour te remercier et te saluer dans l’éternité. Ma chère fille, selon ma volonté divine, aie le plus grand soin du salut des âmes, l’unique but de ta vie ! Aux yeux de mon Père céleste, une existence humaine sans participation au salut des âmes est comme une feuille blanche. »

Jésus, au sujet de nos activités

  J’ai demandé à Jésus ce que je devais faire pour lui être agréable. Il me dit : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas que tu sois à genoux, debout, assise ou couchée, ou tout aussi bien en déplacement à vélo. Ce qui importe, c’est que tu sois toujours près de moi et que tu m’aimes. Ne t’éloigne jamais de moi ! Entretiens-toi toujours avec moi ! Dis-moi tout, même tes pensées ! Garde-toi seulement de ne me causer aucune peine. Tout le reste, je le fais à ta place (je résous à ta place tous les problèmes matériels et spirituels de ta personne et même de ta communauté). Si tu m’aimes, tu n’auras rien à exiger de moi. »

De quoi le salut dépend-il ?

  A cette question, Jésus répondit : Ce n’est pas d’hier ni du jour passé il y a quarante ans que dépend le salut, mais du dernier moment. C’est pourquoi vous devez vivre en perpétuel repentir. Si vous avez reçu le salut, c’est bien parce que je vous ai sauvés. Votre salut de dépend pas de vos mérites. De ceux-ci dépend seulement votre gloire future. C’est pourquoi vous avez deux choses à exercer :
_ une pénitence persévérante, et
_ la fréquente remise de votre esprit dans les mains de Jésus, sous forme d’une oraison jaculatoire.
  Il n’y a pas lieu d’être angoissé à propos du jugement. La douceur de Jésus est plus grande que celle d’un agneau. Son amour ineffable enveloppe l’âme. Ce n’est pas lui qui vous envoie au purgatoire. C’est votre âme qui y va d’elle-même, aspirant intensément à se trouver aussitôt que possible purifiée pour rencontrer l’Amour qui l’a conquise. L’âme orgueilleuse et méprisante a cet Amour en horreur ; elle s’en écarte, et c’est cela l’enfer !
  Un jour, appuyée contre l’épaule de Jésus, je lui ai demandé en pleurant pourquoi il avait créé l’enfer. Jésus me fit voir le jugement d’une âme de grand pécheur qui se vit pardonné. Lucifer, enragé, cria à l’encontre de Jésus : « Cette âme m’appartenait de son vivant. Tu es injuste ! Elle a commis de nombreux péchés, et moi, un seul, et néanmoins tu as créé l’enfer exprès pour moi. » Avec une douceur ineffable, Jésus dit : « Lucifer, m’as-tu une seule fois demandé pardon ? » Alors, fou de rage, Lucifer cria : « Ca jamais, vraiment jamais ! » Après quoi, Jésus se tourna vers moi pour me dire : « Tu le vois, s’il était capable de me demander pardon l’enfer s’éteindrait. » C’est bien pour cela que Jésus nous demande de vivre sans jamais abandonner l’esprit de pénitence et de considérer les souffrances qu’il a endurées à cause de nos péchés pour nous faire le don du salut.
  Demandons-lui donc souvent pardon et aimons-le de tout notre cœur. Jésus ne cesse de soupirer après notre amour. L’amour dont Jésus enveloppe chaque âme ne peut se comparer à aucun amour d’ici-bas. En un certain sens, chaque âme est un univers à elle seule.

Leçon de Jésus sur la manière d’échapper aux tentations de Satan

« Mon enfant, si des peines t’éprouvent et que tu ne songes pas à prier, si tu te sens déconcertée pour une raison ou pour une autre, si quelqu’un t’a offensée, si tu te ses découragée et ne sais que faire, arme-toi d’amour et de confiance et dis : « Jésus, Jésus ! »
  Au simple retentissement de mon Nom, les saints et saintes du paradis, et ma Mère immaculée aussi, tombent à genoux et m’adorent. L’enfer alors se ferme, car lui aussi se trouve en mon pouvoir et ne peut faire autrement que de s’incliner devant la puissance de mon Nom. C’est ainsi que s’interprète la Sainte Ecriture qui proclame qu’au Nom de Jésus, tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers. Ne crois-tu pas que cette prière, dans laquelle tu prononces mon Nom, est très précieuse ? Lorsque durant la prière, tu ne peux faire autre chose que de prononcer mon Nom, et cela aussi souvent que tu respires et pour autant que tu sois pleine d’amour et de confiance, tu pries bien ! C’est ce qui te met en condition de tout obtenir. »
  Si nous voulons amener quelqu’un à se convertir, nous ne devons pas recourir à la contrainte. Si par exemple, dans la famille, on ne peut convaincre ni le père, ni la mère, ni les parents, ni les enfants, une simple prière pour eux suffit. La grâce, et en général tout bien, peut s’obtenir en invoquant la Mère de Dieu. Si nous voulons gagner la bienveillance de Jésus et nous rapprocher de lui, ne le faisons pas sans le secours de la Mère de Dieu. C’est ce que l’orgueilleux ne peut faire, tant qu’il est sur le chemin de la perdition. S’humilier, Lucifer ne le pouvait pas davantage. La Mère de Dieu tient chacun de ses enfants dans ses bras, le caresse et lui offre ses propres mérites pour gagner Jésus à sa cause. Si quelqu’un donc se languit de Jésus, qu’il se tourne vers la Mère de Dieu et qu’il lui voue toute sa confiance ! Cette âme peut être certaine de voir la Mère de Dieu la conserver pour Jésus à qui Marie la remettra.

Conseil de Jésus au sujet des confessions

« Confesse-toi souvent ! » A l’occasion de ma confession j’ais souvent vu Jésus ouvrir ses saintes Plaies pour en laisser couler du Sang jusqu’à la fin de la prière d’absolution. « Mon enfant, confesse-toi souvent et sache que je tiens à répandre de nouveau mon Sang pour l’humanité. Je te demande des actes de pénitence. »

Jésus et le pécheur

  Dernièrement, j’ai vu à la télévision le spectacle d’un homme qui excitait son chien à poursuivre un fuyard. Le chien rejoignit l’homme dans sa poursuite et le dépeça. Voir une chose pareille me choqua profondément. Je n’arrivais pas à croire possible la torture à mort infligée à un homme par un autre. A celui qui était capable de cette monstruosité, je souhaitai d’être lui-même dépecé. Mais Jésus me dit, avec de la tristesse dans son regard :
« Celui qui meurt, martyrisé par un autre, reçoit de moi une grâce qui lui fera prendre part à une joie ineffable dans l’éternité. Mais que va-t-il arriver au méchant ? Il est aussi mon enfant. Je suis mort pour lui et tu le sanctionnerais ? Ce qui me fait le plus mal, ce n’est pas sa méchanceté, mais bien plus le fait que tu l’aies condamné, lui que j’aime tant ! Ce faisant, tu m’as condamné, moi. Non ! ne me peine pas ! Prie plutôt pour qu’il se convertisse, afin que je n‘aie pas à le perdre, qu’il ne soit pas damné et qu’il m’appartienne. »
  C’est ainsi que Jésus me fit voir à quel point il aimait les pécheurs. Je vis défiler devant moi mes fautes passées et repenties, et constatai que, malgré celles-ci, Jésus m’aimait. Les péchés dont nous nous repentons, Jésus les revêt de dorure et ils disparaissent. J’en ai conclu qu’au jugement dernier, l’amour de Jésus transformera en joyaux  les péchés dont nous nous sommes repentis.

COMMUNICATIONS DE JESUS AU SUJET DES PRETRES

« Fais des sacrifices et prie pour les âmes ! »

  Une nuit le Seigneur, s’adressant aux prêtres, me communiqua ce qui suit :
« Je suis venu dans le monde pour le salut des âmes. C’est votre vocation et votre devoir de gagner des âmes. Voilà pourquoi vous devez vivre pour les âmes. Vivez en moi et en mon amour et vous vaincrez. »
  Et à moi, Jésus ajouta :
« Mon épouse compatissante, cette nuit même, plus de trois cents prêtres vont m’offenser gravement. Ces trois cents prêtres, je ne les compte pas dans le monde entier, mais dans deux ou trois pays seulement. La Hongrie, où tu vis maintenant, en dénombre déjà cent quatre-vingts.
  A cause de tes sacrifices, j’affranchirai deux cents de ces âmes de leurs horribles péchés. J’aimerais bien échapper à ces offenses, mais les péchés de ces prêtres me frappent partout et toujours. Je souhaiterais mourir pour eux chaque fois qu’ils offensent mon Cœur par une faute mortelle. »
  Tandis qu’il parlait, en sa compagnie je souffris beaucoup pour ces âmes. J’aurais volontiers pris sur moi tous les maux du monde pour empêcher une seule de ces fautes graves qui offensent si cruellement mon Sauveur. Je lui dis : « Jésus, je suis prête à tous les sacrifices. »
  Et Jésus me répliqua : « Aujourd’hui même, à Matines, tu châtieras ton corps pour que, par ce sacrifice, je puisse libérer du péché mes prêtres égarés et les renfermer dans mon Cœur. »
  C’était à une époque où j’étais dispensée de l’office en raison de grâces trop voyantes, ce qui me permettait de me conformer aux désirs de Jésus sans trop me faire remarquer.
  Comme j’avais des plaies ouvertes par suite de mortifications antérieures, je dis au Seigneur : « Mon cher Sauveur, mes plaies me font vraiment mal, et je n’ai plus une seule place où frapper. »
  Il répliqua : « Ma fille, frappe maintenant sur tes plaies ouvertes, parce que les souffrances et la douleur me permettent de sauver des âmes. Sacrifie ton sang et tes douleurs ; unis-les à celles que j’ai endurées pendant la flagellation et offre tes veillées et tes prières pour le salut des âmes ! »
  Le Sauveur se réjouit alors de mes sacrifices et de la conversion de deux cents âmes qu’ils obtinrent. Pour moi aussi, ce fut une grande consolation.

Plaintes au sujet des prêtres vivant dans le péché

  En 1944, le Seigneur me dit : « … L’Eglise doit savoir que le monde sombrera dans le péché et la perdition dans la mesure où se perd, dans l’Eglise, l’esprit de renoncement. »
  N jour après la communion, le Sauveur m’a fait voir les péchés des prêtres attablés à de riches repas. Il me montra où pouvait mener un maque de renoncement chez une assez belle âme de prêtre. Je vs le prêtre, attablé devant un plantureux repas, au moment où le Seigneur commençait à parler à sa conscience, le priant de renoncer, par amour pour lui, à un fin morceau. Le prêtre réfléchit un instant, puis esquiva l’intervention de la grâce en se demandant à quoi pouvait servir cet esprit de renoncement.
  Cette grâce de retenue rejetée, l’âme du prêtre se dégrada toujours plus. Puis vint la négligence, la paresse ! Le prêtre se laissa aller toujours davantage aux appétits du corps et du monde. Il recherchait volontiers la compagnie des femmes et se familiarisait peu à peu avec des sentiments troubles. Bientôt, il en vint aux attouchements, aux baisers, et finit par tomber dans le péché grave de la chasteté. Des doutes concernant l’Eucharistie l’assaillirent. Il consomma la sainte Hostie et le précieux Sang dans l’indignité du sacrilège. Infidèle à sa vocation, il se détacha de Dieu et de l’Eglise, et prit le chemin de l’éternelle damnation.
  Ce qui peinait particulièrement Jésus, ce fut que ce prêtre avait célébré assez longtemps la messe avec une piété feinte. A ce sujet, le Seigneur me dit : « Ce n’est, hélas ! pas la seule âme qui soit dans cet état parmi mes serviteurs, ma fille. C’est le naufrage qui attend ceux qui refusent mes grâces. »
  Le Sauveur m’a montré, dans une vision, les souffrances qu’il endurait de voir un prêtre misérable prononcer les paroles de consécration et ainsi être touché par des mains pécheresses et consommé par un corps impur. J’ai assisté à la scène entre le Seigneur et le prêtre indigne, la voici :
  Au moment où le prêtre s’approche de l’autel, le Seigneur se détourne avec dégoût mais, sachant qu’il ne peut lui échapper, il se prosterne devant son Père en disant : « Père, s’il peut se faire, dispense-moi de mon devoir de descendre sur l’autel à l’appel de ce prêtre. » Le Père se penche vers son Fils et le console en disant : « Encore une fois, mon Fils ! » Alors, les Trois Personnes divines s’unissent et l’Agneau descend sur l’autel.
  Le Sauveur me permit de voir cette scène, afin que je puisse au moins dire ce qui s’était passé dans l’âme de ce pitoyable prêtre. Parlant de la répugnance ressentie, le Seigneur dit :
« S’il m’était possible de regretter d’avoir créé quelqu’un, ce serait d’avoir créé des êtres choisis pour être prêtres, c’est-à-dire dotés d’un pouvoir sur moi, mais qui se montrent indignes de ce choix. Il est navrant de constater la présence d’âmes aussi pécheresses également parmi les religieuses. Malheur à une telle âme si elle ne se convertit pas avant la mort, car affreuse sera sa destinée dans l’au-delà ! »
  Pour me consoler, le Sauveur me montra sa divine joie à descendre sur l’autel, à l’appel d’un prêtre pur et zélé, qui renouvelle le Sacrifice de la Croix à la louange et à la gloire de son Père, et pour le salut des âmes. Et au sujet des prêtres pieux, le Sauveur me dit : « Ils sont ma joie, ma fierté, ma consolation. C’est en partie à cause d’eux que j’ai sauvé le monde. »

L’étincelle de la grâce

  Jésus aux prêtres égarés : « Mes chers fils dans le sacerdoce ! Faites une halte pour réfléchir : pensez à votre sainte vocation et aux comptes que vous aurez à me rendre ! Vous, mes frères, qui vous êtes livrés au monde en vous détournant de moi et vivez maintenant selon les plaisirs de la chair, en êtes-vous plus heureux pour autant ? Vous ne pouvez l’être, car mon amour _ eu égard à votre vie fidèle autrefois _ a laissé en vous une étincelle de la grâce. Cette étincelle de la grâce, c’est le reproche que vous fait votre conscience qui ne vous laisse aucun répit. Revenez  moi qui suis la source de l’amour miséricordieux ! Si vous jetez vos regards vers moi pour oublier le monde, moi aussi j’oublierai vos fautes ! Mais si c’est moi que vous oubliez, vos péchés vous jugeront. »

La vie sacerdotale heureuse

« Mes chers fils dans le sacerdoce ! Que la joie et la sérénité rayonnent de vos visages dans votre vie de tous les jours ! Vivez ici-bas déjà la félicité des élus du Paradis ! Le monde en sera purifié et rendu capable d’accueillir la grâce insigne de la paix universelle. La grâce ne tarde pas. Soyez prêts et priez ! »

La vie de pénitence

« Mes chers fils dans le sacerdoce ! Soyez dans mes mains des victimes expiatoires. Suppliez le Père céleste de s’apitoyer sur l’humanité souffrante ! Suppliez-Le d’être miséricordieux lorsque poindra la grâce de la Paix. Priez-Le d’empêcher l’humanité d’aller vers l’anéantissement lorsque viendra l’heure du tournant décisif ! »

La vie mystique

« Mes chers prêtres ! Je suis consolé lorsque votre cœur languit après moi ? Je me réjouis de vous voir assoiffés de moi, de voir votre âme comblée en ma présence. Sachez que je vis secrètement et mystérieusement en vous pour rendre d’autant plus manifeste la gloire de mon Père.
  Aussi, faites en sorte de vivre purs et exempts de l’amour désordonné des créatures, afin que vous n’ayez rien à vous reprocher le jour où Dieu manifestera sa gloire. Ne soyez pas muets avec moi ! Mes chers fils dans le sacerdoce, ayez une vie intérieure, loin de l’agitation ! Exercez-vous à la prière méditée. Aimez la solitude tranquille, muette, discrète. Respectez l’influence de la grâce qui agit en vous ! Pensez souvent à moi ! Confiez-moi vos soucis ! Aux moments bénis de la grâce mystique, reposez-vous en moi sans mot dire !
  C’est en revenant à vos occupations que vous éprouverez les effets de la grâce ainsi obtenue. Vous noterez un changement dans vs manières de penser, de parler et d’agir. Vous percevrez mieux mes messages et les comprendrez aussitôt. Qui a des oreilles pour entendre et qui répond à mon appel, celui-là verra sa vie terrestre se perdre en moi et me trouvera dans cette vie déjà.
  Mes chers prêtres, mon souhait est que nous nous retrouvions ensemble non seulement à la célébration du saint sacrifice de la messe, mais également en pleine journée, dans la solitude quotidienne ! Mon accueil vous attend aussi lorsque le monde complote contre vos, lorsque vos accusateurs vous prennent à partie, lorsque vous êtes persécutés à cause de mon Nom. Vous avez entendu la formule que je vous ai adressée : « Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech. » Et vous avez compris que votre chemin en ce monde est étroit et périlleux. Vous avez accepté de ne désirer d’autres joies et d’autres voluptés que celles de la vie éternelle. Vous avez ris acte du fait qu’avec moi vous êtes morts sur la croix, une mort que vous avez acceptée. Pourquoi voudriez-vous maintenant ressusciter à ce monde ? Pourquoi cherchez-vous à renaître pour la damnation éternelle ? En vérité,  je vus le dis, ce que vous cherchez, c’est cela que vous trouverez ! »

A l’instant de la Création

  Agenouillée devant Jésus, je lui posai une fois une question soulevée par une de mes consoeurs : « Mon Jésus, est-ce qu’à l’instant de la Création, l’Amour du Père éternel a décidé de faire une différence entre les simples humains et les prêtres consacrés ? » Jésus me répondit : « A la grâce du Père céleste, chaque âme participera à égalité, maintenant et toujours. En mon Père, on ne décèlera jamais la moindre ombre de changement, tant son Amour est immuable. Ce sont les créatures qui varient dans la perception de cet amour immuable. L’âme qui se soumet à a volonté avec humilité, sincérité et fidélité, sera bien davantage comblée de son Amour. »

Le message du Sang du Sauveur

« Mes prêtres, je m’entretiens avec vous au sujet de ce Sang qui a coulé de l’arbre de la croix, pour vous et pour les âmes qui vous sont confiées. Ce Sang vous a aussi purifiés et sanctifiés. A votre tour, purifiez et sanctifiez les âmes qui vous sont confiées. Communiquez-leur le béatifique mystère de la Rédemption, afin qu’elles se trouvent là où je suis et où je vous attends tous. Au nom de mon Sang, je vous demande de tout faire pour empêcher que les âmes qui vous sont confiées se perdent. Rassurez-les, car elles me cherchent. A celles que le monde a torturés, donnez le baume de vos douces paroles ; à celles que le péché a blessées, apportez le remède ! Faites-leur voir la vraie liberté, car le Mauvais les a réduites à la servitude.
  Mes prêtres, pour le salut d’une âme, sachez renoncer au monde ! a la mort d’une âme, adressez-vous à moi avec une sainte confiance. A votre appel, je viendrai vous épauler et ensemble nous écraserons le monstre infernal. Espérez en moi ! En plein danger de perdition, une âme peut, grâce à votre prière, parvenir à la vie éternelle. Soyez attentifs à mon appel !
  Ma fille, c’est à ce point que j’aime mes prêtres. Je pense à eux jour et nuit. Je leur suis entièrement dévoué dans la célébration du saint sacrifice de la messe. Je les assiste dans leur dur travail. Je les suis de près dans leurs peines et leur parle. Mais, tant qu’ils tolèrent une place pour leur amour-propre, leur jalousie, leur ambition et leur orgueil, ils ne m’entendent pas.
  Chers prêtres, entendez donc mon appel et venez à moi ! Quittez ce chemin qu’obscurcit la fumée de l’enfer ! Convertissez-vous, car le délai est très court. Si vous me perdez définitivement, plus personne ne pourra vous aider. »
  J’étais en train de prier pour la Sainte Eglise et les prêtres lorsque la Mère de Dieu me dit : « Ma chère file, tes prières ont trouvé audience. Je viens délivrer l’Eglise de ses chaînes et sauver les prêtres qui sont sur le chemin de la damnation. La bénédiction de mon Cœur immaculé est sur ta prière, et ton expiation également. Les grâces de mon Fils ont été acceptées par de nombreuses âmes repentantes. »

A propos de la nature

« Mes frères dans le sacerdoce, c’est moi, Jésus, qui vous parle ! Le pain quotidien et tout ce qui sert au maintien de votre vie, ne le considérez pas comme un don de la nature ! Ce qui est bon, vous le devez à moi, et non à la nature. La nature n’est que la servante mise à votre service pour votre vie terrestre. Si vous tenez la nature pour votre dieu, vous disparaîtrez avec la nature. Veillez à ne pas en être la victime. En tout et derrière tout, c’est moi que vous reconnaîtrez, avec mes œuvres. Dans la beauté de la nature, ne m’oubliez pas, mais réjouissez-vous dans ma joie ! Agissez de la sorte et vous comprendrez que c’est moi qui suis la source de tout. De ce qui a été créé, rien ne l’a été sans moi. »

A un prêtre converti

« C’est moi, Jésus, la joie et ‘éternelle félicité ! Toi, mon cher frère dans le sacerdoce, tu m’as trouvé. Bien longtemps je t’ai cherché et appelé, mais tu ne t’es alors pas converti. C’est maintenant seulement que tu ‘as retrouvé et que je te retrouve. Tu es à moi. Garde-moi ta fidélité. Je t’aime beaucoup. Viens ! Ne te gêne pas de venir à moi. Je te serre sur mon Cœur et je t’inspire mon amour, mon éternelle béatitude et ma paix sacrée. Avec ma puissance divine je te comble, afin que tu vives dans la générosité et serves au salut des âmes ! »

Le service des agonisants

« Mes prêtres, vous qui m’aimez vraiment et qui êtes prêts à vous sacrifier pour moi, écoutez-moi ! Si on vous appelle pour un mourant dont l’âme est sur le point de quitter le corps, ne vous emportez pas, ne ronchonnez pas, restez de bonne humeur, laissez tout de côté et hâtez-vous de sauver cette âme ! »

Le manteau de la Mère de Dieu

  Voici ce que Jésus m’a fait savoir : « Lorsque tu pries pour mes prêtres, ma fille, adresse-toi toujours à ma Mère immaculée, car elle est la Mère des prêtres. Elle exauce vos prières et protège ses fils prêtres contre les dangers. Elle les recouvre de son manteau royal et veille sur eux, afin qu’ils ne se damnent pas. »

Le manteau des vertus

  Avertissement de Jésus aux âmes consacrées : « Mes chers frères dans le sacerdoce, je me réjouis de vous voir répondre à mon amour par le vôtre et à persévérer à me tenir compagnie dans toutes les contrariétés.
  Revêtez-vous du manteau de mes vertus, afin que le rusé ennemi de vos âmes ne s’approche de vous !
  Mettez le manteau de ma douceur et soyez de doux agneaux parmi les loups affamés. Regardez-les avec compassion et priez sans cesse pour eux !
  Dans la joie et dans la peine, couvrez-vous du manteau de l’humilité ! Tendez la main aux orgueilleux et ne dédaignez pas de prier en commun avec eux. Eclairez-les, afin qu’ils quittent le chemin de l’ambition, viennent à moi et se nourrissent de mon humilité. S’ils agissent ainsi, je les bénirai dans le sacrement de la pénitence et les mettrai à l’abri de nouveaux dangers.
  Chers frères dans le sacerdoce, voici pour vous le manteau de la serviabilité ! Ramenez sur le chemin de l’humilité les prêtres qui, avec une assurance injustifiée, se croient déjà perchés sur le pinacle de la victoire. Et aux prêtres trop fiers, dites : « Moi, Jésus, j’aime les petits, mais j’accueille aussi les grands. Je les accueilles et les embrasse. A la mesure de la grandeur de leur humilité et de la petitesse de leur fierté, je leur confie le salut des âmes.
  Chers prêtres, revêtez-vous du manteau de la sainteté et rendez heureux les isolés. Eclairez ceux qui sont dans l’obscurité et ne m’y cherchent qu’en tâtonnant d’incertitude ! Ne les jugez pas, car personne ne s’est occupé d’eux pour les empêcher de tomber victime du péché et de la chair. Faites briller la lumière de la grâce sur toutes les âmes abandonnées à elles-mêmes et sur les prêtres qu’on néglige d’aller voir. Jetez un regard sur leurs plaies et soignez-les. Faites du bien autant que vous en avez le temps, et rappelez-vous : ce que vous aurez fait au plus petit, c’est à moi que vous l’aurez fait. »

A l’approche d’une époque terrifiante

  Jésus : « Mes fils dans le sacerdoce, c’est pour moi le moment de vous parler Cœur à cœurs. Nous sommes à l’approche de périodes que le monde n’a jamais vues. Implorez incessamment le Père éternel pour les âmes et pour vous-mêmes, afin qu’il abrège les épreuves et ne laisse pas sombrer ceux qui, par leurs prières et leurs pénitences, maintiennent le monde dans la justice. Implorez sa miséricorde ! »

Hésitations

  Ainsi me parla le Seigneur : « Je vous le redis, si j’hésite, si j’attends que certains de mes prêtres se convertissent, je n’attendrai pas indéfiniment. Pour chaque minute de retard, les peines des âmes du purgatoire se prolongent ; pour chaque conversion qui n’est pas retardée, les puissances du ciel fêtent le triomphe. »

L’intermédiaire

  J’ai demandé au divin Sauveur pourquoi c’était moi qu’il chargeait si souvent de parler à ses prêtres en son Nom. Jésus répondit :
« Le choix de l’intermédiaire, c’est moi qui l’ai fait, et non pas toi. Mon choix, cependant, a été facilité par ton dévouement inconditionnel, ton humilité et ton zèle. C’est pourquoi je t’ai mise à l’épreuve par de nombreuses souffrances pour te fortifier constamment dans tes résolutions. J’ai fait de toi mon microphone pour qu’ils puissent reconnaître ma voix. »
 

L’amour de la Croix et des souffrances

  Elles ne sont pas nombreuses, les âmes de prêtres qui aiment la souffrance. Beaucoup de prêtres ne tiennent pas du tout à souffrir ni même à renoncer à eux-mêmes. Cela vient qu’ils ne me demandent as la grâce d’aimer la souffrance. Les prêtres doivent tous les jours me demander, pour eux-mêmes et pour les âmes qui leur sont confiées, l’amour de la Croix et des souffrances. S’ils le font avec confiance, je leur donnerai cette grâce en une telle abondance que leur souffrance sera plus douce et les rendra capables d’actes héroïques. J’anéantirai en eux ce qui tue l’amour et j’augmenterai dans leur cœur l’amour de la Croix et des souffrances. Je leur ferai don d’une vie séraphique. Je les régalerai de grâces mystiques et ils connaîtront les secrets de mon Cœur. C’est ce que j’aimerais accorder, spécialement à cette époque, à mes fils de prédilection. »

Prière

  Donnez-moi la grâce, Seigneur, d’aimer la souffrance comme vous l’avez fait.
  Donnez-moi la grâce de savoir porter la croix comme vous l’avez portée.
  Donnez moi la grâce de toujours reconnaître votre volonté, de l’exécuter, de m’unir à vous et de vous glorifier en tout et partout.
  Marie, Mère de Jésus et ma Mère, apprenez-moi à aimer la souffrance et la vie intérieure. Amen.

L’Amour de Jésus

  Dans une vision, le Seigneur se tourna vers un groupe de prêtres et leur dit :
« Mes prêtres, je vous aime. Sortez de la nuit du péché pour venir à moi. Entrez dans mon divin Cœur qui vous attend et vous est ouvert. Ce Cœur n’est pas à moi, il est à tous ceux que j’aime. Entrez dans cette chaude atmosphère que je vous réchauffe, que je vous purifie et vous fortifie de mes forces divines. Une seule chose est nécessaire pour cette union : votre amour pour moi ! Quand vous m’aimerez à ce point, après vous avoir emmenés au Calvaire, je vous emmènerai aussi au Thabor. » Là, le Sauveur poussa un soupir, puis reprit après une pause : « O Thabor, ô âmes, pourquoi êtes-vous si pauvres ? O Golgotha, pourquoi es-tu si délaissé ? O péché, ô corps, ô enfer, pourquoi êtes-vous si riches ? »
  Puis il continua son discours :
« Trop de prêtres sont si pleins d’eux-mêmes et des choses de ce monde qu’ils n’ont plus de temps libre pour moi. Voilà des prêtres qui ne veulent rien savoir de mes grâces et les rejettent en se disant qu’il suffit d’aimer le Sauveur. Mais il ne leur viendrait pas même à l’idée de donner à leur amour un tant soit peu de ressemblance avec le mien. Ils ne me laissent pas remplacer leur faux amour avec mon vrai amour et ne me permettent pas de l’alimenter. Et ce sont justement les souffrances qui sont l’aliment de l’amour. J’en nourris toutes les âmes qui m’aiment et que j’aime. »
  Puis le Seigneur se pencha dans son inexprimable amour vers ceux qui l’aiment. Mais tout aussi inexprimable était sa peine de constater que des âmes méconnaissaient son Amour et sa Toute-Puissance. Il leur dit :
« Mes prêtres, mes chers apôtres, l’œuvre que je veux réaliser par votre intermédiaire n’est pas extraordinaire. J’ai déjà averti l’Eglise et le monde de la nécessité de l’expiation, il y a de cela pas mal d’années, mais on ne l’a pas admis. Il n’en demeure pas moins vrai que tous ceux qui ne font pas pénitence périront dans leurs péchés.
  Il y a des prêtres qui non seulement ne mènent pas une vie de grâce, mais ne le reconnaissent même pas. Ceci les empêche d’admettre la vraie vie et d’avoir la volonté de la vivre. C’est moi qui suis la vraie vie. Et sans moi, personne n’arrive au but. »
  Là-dessus, le Seigneur me révéla le triste état de la spiritualité de l’un ou l’autre prêtre en particulier. Dans leurs âmes, je vis le Sauveur flagellé, couronné d’épines, la gorge serrée par une grosse corde, le corps sur le point de s’effondrer. Il me dit :
« Tu me vois souffrir dans ces âmes à cause du scandale qu’elles occasionnent. Je réprimande chacun de ces prêtres, car je veux qu’ils mènent une vie d’expiation pour que je puisse agir en eux. »

LA MISSION DE MON CONFESSEUR

« Dis à ton confesseur que le temps est venu pour l’accomplissement de mes paroles : J’ai apporté un feu sur la terre et je veux qu’il brûle, rien d’autre. Ce feu a déjà éclairé bien des âmes depuis la création du genre humain, mais sa flamme n’a pas été assez vive pour purifier la terre. Désormais, grâce à mes prêtres, ce feu va se propager prodigieusement et il ne s’éteindra plus. Par la flamme de mon amour, j’unirai la terre au ciel. Je me servirai des prêtres pour alimenter ce feu. A cette fin, mon Cœur produira les grâces nécessaires et le monde apprendra à apprécier la douceur de mon joug et la légèreté de mon fardeau.
  Avec l’aide de mes prêtres, je ferai, dans l’Eglise, ce que je fis un jour dans le Temple, à Jérusalem. Pour le moment, je suis en train de confectionner le « fouet » dont je me servirai pour chasser de mes prêtres, et par eux de tous les cœurs qui me sont consacrés, les nuées noires des nombreuses fautes, faisant ainsi place nette à mon Esprit que je veux installer à leur place. »
  Peu de temps après, le Seigneur me dicta ce texte pour mon confesseur, le Père G. : « Mon fils, mon bien-aimé, allons, debout ! Va à la recherche des âmes et sauve-les moi ! Ramène-moi mes prêtres égarés, afin que je les soigne et en fasse des saints ! Tu n’as pas à étudier, à apprendre et à enseigner, tu es appelé à convertir et à remplir une mission apostolique. Prends le bâton de pèlerin et va de par le monde ! »
  Je demandai au Sauveur où il devait aller et en reçus cette réponse : « Il doit aller d’un bout à l’autre du pays. Je veux que ma flamme jaillisse dans son cœur et que la lueur franchisse les frontières, car je veux convertir tous les prêtres pécheurs dans le monde entier. Le monde a ses espions. Mais mon apôtre sera pour moi un fils cher et un bon serviteur. »
  Tandis que Jésus dictait cette mission, je voyais des villes, des villages, des couvents, des églises paroissiales, des églises abandonnées, des ruines, des tabernacles…
  Le Seigneur dit en soupirant : « Mes prêtres, tenez vos églises propres, sinon je les abandonne. Malheur à la ville, au village, à la maison où la vie de la Vie est éteinte ! Et malheur, en outre, aux prêtres dont le comportement m’oblige à punir le monde ! Malheur aussi aux évêques qui vivent et se complaisent dans de superbes palais sans se soucier de moi ! »
  J’entendis une voix qui sortait d’un tabernacle délaissé, et qui disait : « Mes prêtres, mes prêtres, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » En vision, je vis mon confesseur entrer dans l’une de ces églises abandonnées au désordre. Je vis alors une puissante flamme de joie jaillir du Cœur douloureux du Sauveur. Cette joie saluait les prêtres et les évêques qui lui témoignent vénération et amour par leur dévotion à la Sainte Eucharistie.
  Jésus dit encore à mon confesseur :
« Donne-moi à boire ! J’ai soif d’âmes ! Donne-moi des églises propres ! Donne-moi aux âmes, afin qu’elles puissent apprécier la douceur et la volupté qu’il y a à vivre au contact de mon Cœur. Elles doivent pouvoir témoigner de mon amour, de mon désir de les voir et de demeurer parmi elles ! »
  Je vis la plaie du côté du Seigneur. Jésus attira mon confesseur contre sa poitrine et en serra les lèvres sur son côté ouvert, en disant : « Bois, mon fils, pour te fortifier avant de porter la croix que je t’ai préparée. » Puis, le Sauveur chargea l’épaule de mon confesseur d’une croix toute sanguinolente, symbole de ce qu’il aurait à souffrir en son corps et en son âme, en fonction de sa nouvelle mission. Et Jésus me dit : « Je veux que mon fils ne renonce pas, malgré tous les obstacles. Qu’il ne se retourne pas, mais qu’il ait le regard fixé sur la croix, droit devant lui ! Par les mérites de ses souffrances, beaucoup de pécheurs seront disposés à commencer une nouvelle vie. »
  Tandis que le Seigneur parlait, je vis l’âme du prêtre souffrir bien des peines. Peu après, j’entendis le Seigneur dire : « Pour le moment, je n’exige de mon fils ni sacrifices, ni actes d’expiation. Je ne lui demande rien d’autre qu’une persévérance à toute épreuve dans l’œuvre que je lui ai confiée. »
  J’appris toutefois que le Père G. allait, durant un certain temps, se plier à des pénitences et des sacrifices sévères, la prière et le travail étant, sans pénitence ou expiation, voués à l’insuccès. Le Seigneur me le fit comprendre en disant :
« Ma fille, si l’âme ne se purifie pas dans le feu de mon amour, ses œuvres n’aboutiront guère. Il faut que l’âme s’exécute avec pureté d’intention, pour mon bon plaisir et pour ma glorification. Pour que l’activité de l’âme soit efficace, elle doit m’offrir son sacrifice en l’unissant au mien et à celui de Marie. C’est ce que j’exige de toutes les âmes qui me sont consacrées, et en particulier de celle de ton confesseur. »
  Puis le Seigneur jeta un regard suppliant vers mon confesseur en disant : « Mon cher fils, va trouver mes prêtres en état de péché et dis-leur que je les aime beaucoup, malgré leurs péchés ! Dis-leur également que c’est pour eux que je vis et prie dans le tabernacle et que j’ai soif d’eux ! C’est pourquoi j’aimerais tant qu’à leur tour ils m’aiment et me recherchent par-dessus tout. Va les trouver et montre-leur comment ils doivent m’aimer dans toutes les situations et dans toutes les créatures. »
  Un jour, Jésus me donna l’ordre de faire savoir à mon confesseur que tout ce que lui, son Jésus et le mien, demandait à son Père pendant sa vie terrestre, il l’obtenait en récompense de ses prières et de ses sacrifices. En accomplissant de nombreuses pénitence et en acceptant la faim, la soif, des amertumes indescriptibles, des fatigues, des veilles de prières ainsi que des peines en tous genres, il obtenait de son Père céleste la guérison des malades, la résurrection des morts et l’expulsion des mauvais esprits. « C’est pourquoi je ne commande ni n’exige, mais, avec toute l’humilité de mon divin Cœur, je prie mon Eglise, par l’intermédiaire de mon confesseur, de regrouper pour moi des prêtres dévoués, afin que, par eux, mes désirs puissent être exaucés. »
  C’est ainsi que le Sauveur exprimait son désir de voir des prêtres et des personnes consacrées accomplir sa volonté divine en s’unissant à lui pour prier, jeûner et offrir des sacrifices. Et si le Sauveur insistait sur cette union à lui, c’est qu’il savait bien qu’il y aurait aussi des prêtres pour contester sa divine intention et outrager ainsi son divin Cœur. User de contrainte, Jésus ne le fera jamais. Il veut des âmes qui le cherchent avec amour et qui aient soif de lui. Voici ses propres paroles :
« Le sacrifice n’a l’heurt de me plaire qu’à partir du moment où je n’ai plus à craindre de coups et blessures de la part des âmes qui me l’offrent, coups et blessures que me cause les offenses de leur langue contre le prochain et par le prochain. L’âme qui me dit « Mon Jésus, je vous aime » en me frappant au visage, cette âme-là ne m’aime pas. Je voudrais le dire aux religieuses surtout, car je les aime beaucoup et mon regard les suit nuit et jour. Je connais leur fidélité mais aussi leur tiédeur ! C’est pourquoi je les sollicite vivement de me faire le sacrifice de leur langue et de leurs sens, car c’est de là que viennent les plus grands risques d’extinction pour la flamme divine. »
  Le Sauveur en a encore dit bien davantage sur les péchés de la langue, mais je n’ai reçu aucun ordre d’en faire mention. Il m’a, en revanche, ordonné expressément de dire à mon confesseur d’instruire les âmes au sujet des péchés de la langue et d’autres imperfections, car nous seront punis pour ces fautes. C’est ce qu’affirme notre Sauveur : « Ne vous permettez pas de plaisanter au sujet des âmes qui se sacrifient pour moi. Je détournerai mon regard, non seulement de l’offrande du moqueur, mais aussi du moqueur lui-même. »
  Un jour, je vis Jésus, le visage couvert de plaies et souffrant horriblement. Il me dit :
« Vois comme je souffre à cause de ces péchés (péchés de la langue). Fais savoir à ton confesseur mon désir de voir ce texte affiché aux parois des couvents :
  O âmes qui m’êtes consacrées ! En un seul jour et dans un seul couvent, mon visage a reçu soixante-quatre coups à cause des péchés de la langue ! Les ai-je mérités ? Procurez-moi consolation et réparation ! Donnez-moi vos cœurs et vos âmes, afin que je puisse y vivre d’amour !
  Les âmes qui me sont consacrées doivent s’en tenir strictement au silence prescrit. C’est la condition sine qua non de l’affaiblissement en elles de la propension au péché et de l’accroissement de la vertu. Qu’elles soient surtout attentives au son de la cloche qui signifie le début du silence. C’est moi qui parle à leur conscience et qui dis « Silence ! » Alors que l’Ennemi dit aux âmes : « Bah ! Continuez ! »
  Le Seigneur me dit en outre :
« il me plaît de voir régner dans maints couvents l’obéissance, la soumission, et surtout cette sublime vertu de l’amour qui s’unit à ma volonté. Les Supérieurs et les Mères doivent être mes copies, avant tout dans l’amour, la bonté et la douceur. C’est à eux et elles d’encourager et de consoler les âmes attristées, ainsi que je l’ai fait. »
  Un jour, le Sauveur me dit, à propos du Père G. : « Mon Fils est appelé à travailler pour mon œuvre ! Il doit vaincre toutes les difficultés pour aller de l’avant dans son travail d’apostolat, même si tout flambe autour de lui. M’ayant comme compagnon, il n’a rien à craindre, car c’est moi qui commande au vent et à la tempête, c’est moi, le Père et le Seigneur de tout ce qui est sur la terre et dans le ciel. »
  Puis, s’adressant au Père G. et à ses collaborateurs, et leur dit :
« Je vous avise de l’importance qu’il y a de fixer sur moi votre regard et à faire fi de toute crainte, ainsi qu’à vous tenir joyeux comme je suis joyeux quand je vous regarde. Réjouissez-vous, car l’œuvre qui vous a été confiée réjouit mon Père. Non la vôtre, mais la force divine opère en vous, et c’est par vous que je me livre aux âmes afin qu’en elles j’honore et glorifie mon Père céleste. Comme le pouvoir sur les âmes vous a été donné par moi, vous devez parcourir le monde et le convaincre, lui et mes ennemis, que je suis vainqueur de toute puissance et de toute force. »
  C’est ainsi que le Sauveur sollicitait les prêtres de faire part de ses vérités également aux chefs politiques, puisque la lutte contre le péché dépend aussi de leur influence. Sinon le monde sera anéanti à cause des péchés.
  Jésus se retourna vers ses serviteurs et leur dit :
« Mes prêtres, je vous ai fait part de mes projets pour que vous les exécutiez. Parlez, écrivez, travaillez, tant que la lumière brille sur vous, car lorsque la lumière vous sera enlevée, il y aura la nuit, et la lumière ne vous sera plus rendue. »

L’OPPOSITION DES SUPERIEURS

  En 1941, le Sauveur me dit de commencer la propagande avec courage et de façon pleine d’amour, afin que ses divins projets se réalisent.
  Durant la Semaine sainte de la même année, j’eus la vision d’un complot ourdi par les supérieurs et quelques autres prêtres, au sujet des projets d’avenir du Père G.. Le Sauveur désapprouva les supérieurs, connaissant leurs intentons de freiner l’œuvre de réconciliation. Le Seigneur dit :
« Qu’ils ne se permettent pas de s’opposer à a divine volonté, quand, en me servant de mes instruments choisis, je désire ramener à mon Cœur les prêtres égarés dans une vie pécheresse et les sanctifier. »
  Les instruments choisis dont parlait le Sauveur étaient le Père G. et les prêtres accourus à son aide. Et en disant : «  Qu’ils ne se permettent pas de s’opposer à a divine volonté… », le Seigneur jeta un regard de compassion aux supérieurs qui voulaient contre carrer la mission du Père G.
  Les supérieurs me chargèrent d’annoncer à Jésus que la campagne de réconciliation ne pouvait pas commencer avant quatre ou cinq ans. Je reçus du Sauveur la réponse suivante :
« Ma fille, tu feras savoir à ton confesseur, et par lui, à ses supérieurs, que la campagne de réconciliation doit commencer immédiatement, et non pas attendre cinq ans, afin que je puisse sauver et sanctifier les prêtres tièdes et les âmes qui me sont consacrées. Sinon je ne pourrai pas laisser leurs péchés sans châtiment. »
  Et le Sauveur fit encore cette remarque : « Si les supérieurs rechignent, lance-leur le défi de répondre à cette question : « Seriez-vous prêts à vous charger de la responsabilité du salut des âmes que je voudrais sauver, et qui par suite de votre hésitation, continueront à vivre dans des péchés graves et se perdront ? » Que les supérieurs y réfléchissent au moins trois fois avant de donner la réponse adéquate à une telle question ! Moi qui suis Dieu, je ne prendrai pas à leur place cette responsabilité ! Il faut donc que les supérieurs s’inclinent devant mon désir, qu’ils s’unissent à moi et me permettent d’agir en toute liberté, par l’intermédiaire de l’instrument que j’ai choisi en la personne du Père G. »
  Jésus fit une pause, puis je l’entendis répéter : « Je veux faire savoir aux supérieurs du Père G., mon fils, que ma volonté n’est pas qu’il enseigne, mais qu’il se mette au travail parmi les prêtres et les religieuses. Je l’attends dans les églises négligées et abandonnées ! Je ne peux pas continuer à vivre dans des tabernacles mal entretenus, dans des hosties moisissantes. Je ne peux plus tolérer que tant d’âmes périssent par la tiédeur de tel ou tel prêtre. C’est pourquoi je désire et je veux que cette œuvre commence au plus tôt. »
  Ayant dit cela, le Sauveur exprima le désir suivant : « Viens mon fils ! Je t’attends, toi et ceux qui te suivent ! Venez me délivrer de ce triste état, venez purifier mes églises ! Venez me donner aux âmes : c’est ce que j’attends et désire de vous. Mes instruments, n’ayez pas peur de l’ouvrage ; je vous assiste et resterai avec vous. Fiez-vous à moi, suivez-moi et vous verrez mes merveilles dans les âmes et mon exaltation dans l’Eglise. »
  Il se trouva des âmes pour estimer que le Seigneur exagérait dans son insistance. C’est ce que Jésus me confia en disant : « Peut-on reprocher à une mère de vouloir sauver son enfant de la mort ? Mon amour n’est-il pas plus grand que celui d’une bonne maman ? Et n’ai-je pas attendu depuis des siècles ce moment où je pourrai enfin commencer l’œuvre de purification de mon Eglise, extirper le péché par l’intermédiaire de mes ministres, vaincre Satan et établir mon règne sur toutes les puissances ? »
  Je compris que cette mission de purification devait concerner le monde entier. Je vis aussi que l’offensive allait être ordonnée partout, et que la durée de cette lutte dépendrait du zèle des prêtres.
Puis j’entendis le Seigneur dire : « Ce n’est pas la fin du monde qui est proche mais la fin des péchés, la fin de la damnation pour beaucoup d’âmes. Le temps est proche où s’accompliront mes paroles selon lesquelles il n’y aura plus qu’un seul troupeau et un seul berger. »
  Je compris et vit que les personnes d’autres religions allaient entrer sans résistance dans l’Eglise, mais pas avant l’extirpation des péchés graves déjà mentionnés.
« Mes prêtres, vous qui m’aimez, ajouta-t-il, pourriez-vous m’expliquer pourquoi je devrais renoncer à révéler ce qui peut servir à votre profit et à celui des âmes ? Je vous ai dit que je serais avec vous jusqu’à la fin des siècles. Et alors, étant avec vous, puis-je rester sans rien faire quand je vois que, par mon action, je peux sauver des milliers d’âmes ? J’ai le pouvoir de démasquer les faux prophètes et je le ferai devant vous. Si je ne le faisais pas, où serait donc mon amour, où seraient ma lumière et ma providence ? Et mon secours tout-puissant ? Mon incitation à la pénitence a commencé auprès de vos premiers parents. Et c’est sur mon mandat que mon précurseur Jean-Baptiste a parlé. Et l’exemple vivant de la pénitence, de l’expiation et de la vie de sacrifices, qui étais-ce sinon moi ? Et si je me confine dans le tabernacle, n’est-ce pas pour inciter votre âme à l’amour et l’expiation ? N’est-ce pas pour réconcilier mon Père avec les âmes que je vis en elles, agis en elles et par elles ? Si je daigne m’abaisser jusqu’à vous avec une si noble intention, pourquoi ce mouvement de recul devant moi ? »
  Quelques jours plus tard, Jésus me dit, après que je l’eus reçu dans la sainte Communion : « Si mes prêtres veulent bien considérer le monde à la lumière de la vérité, ils verront que je ne maintiens le monde qu’en raison de l’expiation des justes. C’est l’expiation des justes qui touche mon Cœur et fait que j’ai pitié de mon peuple et que j’atténue les coups et les souffrances. »
  Et il ajouta : « Ma fille, dis à mes prêtres qu’eux et le monde entier périront à cause des péchés. Mes paroles sont la Vérité. Vivra qui les accepte, périra qui les rejette ! Mes prêtres, je ne désire qu’une chose : que les pécheurs se convertissent, m’aiment et fassent pénitence. Chaque être humain doit savoir que sa vie ne tient et n’est nourrie que par ma volonté et mon amour infini. Qu’il en soit persuadé et qu’il vive en en tenant compte ! C’est alors une vie d’amour et d’expiation qu’adopte ne telle âme. Le corps a été créé apte à endurer et à expier, l’âme est faite pour la communication de la prière et de l’hommage, le cœur doit palpiter d’amour et de félicité. Je suis Amour. Là où vit mon amour, c’est moi qui vis, priant et rendant hommage, faisant régner la paix, la sérénité et le bonheur, fruits de mon amour infini, fruits interdits au monde pécheur et à l’âme tiède.
  Ma fille, mon divin Cœur ne peut plus supporter de voir cette humanité souffrante et pécheresse se priver d’une vraie vie heureuse. Le monde, dans sa misère, suscite à tel point ma pitié que je veux le régaler des fruits de mon amour. »

Tu dois prier pour qu’ils soient bien inspirés

  C’est pour moi un devoir difficile et plein de responsabilités que de communiquer aux supérieurs les désirs, les indications et les admonitions que le Seigneur leur destine. Ce sont de ces occasions où j’ai l’impression que Quelqu’un d’autre agit à travers ma personne. Sinon, je ne serais pas en mesure de transmettre un seul mot, me trouvant en face de la dignité sacerdotale, si grande et si sainte. Depuis que le Sauveur me l’a montré en lui-même, je me sens pour ainsi dire anéantie devant les prêtres. Seule, la conscience de mon néant me permet de servir d’instrument au Seigneur. Pour les prêtres qui vivent en état de péché, je serais prête à sacrifier mille fois ma vie. Tout en leur reprochant leurs péchés, le Sauveur prend la défense de ces prêtres devant son Père céleste, en prononçant pour eux cette prière : « Père, ils ne savent pas ce qu’ils font car, s’ils le savaient, ils m’aimeraient au lieu de m’offenser. C’est pourquoi je te prie de leur pardonner, pour l’apaisement de ma soif d’âmes. »
  A la suite de cette prière, je vis comment le Sauveur s’est hâté de porter ses grâces à ces âmes sacerdotales, tantôt par des illuminations intérieures, tantôt par des intermédiaires.
  Un peu plus tard, le Seigneur dit : « C’est au libre arbitre et à ses échappatoires qu’est dû le refus de mes demandes par beaucoup de supérieurs, demandes que je transmets à leurs subordonnés pour les leur communiquer. Qu’ils soient sur leurs gardes, car il y en a tant qui font obstacle à mes grâces ! »
  Le Sauveur semble avoir beaucoup souffert de ces conflits de volonté avec de tels supérieurs. Les paroles du Seigneur laissent entendre que certains d’entre eux encourront de graves peines en raison de leur opposition à la volonté divine.
  Le Seigneur se tourna vers moi pour me dire : « Ma fille, sacrifie-toi pour ces supérieurs dont la haute estime qu’ils ont d’eux-mêmes est si outrancière qu’elle barre la route à ma volonté et les condamnent à vivre loin de moi dans l’aveuglement. Je veux les voir me reconnaître à la lumière de la vérité et, purifiés dans la flamme de l’amour, suivre fidèlement les consignes de mon amour infini. »
  Peu après, le Seigneur parla, avec une sainte sévérité, des supérieurs qui méprisent ses œuvres : « Malheur aux supérieurs qui me mettent des bâtons dans les roues ! Malheur à ceux qui cherchent à s’illusionner, au grand préjudice des âmes ! Ma sainte et sage volonté, que je peux aussi faire connaître par des subordonnés, est l’objet de leur mépris et de leur refus, voire même dénoncée comme une erreur et un danger. Leurs attitudes me gênent dans ma démarche et il en résulte la perte de nombreuses grâces pour les âmes. Mais la responsabilité en retombera sur ces supérieurs.
  Prie et sacrifie-toi, ma fille, pour les supérieurs qui refusent de me reconnaître dans les âmes. Cela me fait beaucoup souffrir, d’autant plus que je les aime et que je désirerais tant les voir enfin reconnaître ma présence dans leurs subordonnés. Prie donc pour qu’ils soient bien inspirés ! Que tous ces supérieurs errant dans leur suffisance prennent en considération le fait que je n’ai aucun supérieur au-dessus de moi. Je suis le seul Seigneur. J’agis librement et où il me plaît d’agir. Vous devez connaître, mes représentants, le pourquoi de mon ton sévère à votre égard ! Il y en a, hélas ! qui ne tiennent pas à le savoir. Vous devez avoir à cœur d’observer mes consignes ! »
  Après deux bons mois de silence au sujet des supérieurs, le Sauveur me sembla regarder tristement ceux qui avaient préparé le garrot pour le lier. Il en pleura, mais il pleura encore davantage sur la perte des âmes qu’entraînait l’attitude de ces supérieurs. Il en était si peiné qu’il dit : « J’écarterai les contradicteurs de mon chemin ! »
  Puis à moi : « Ma fille, écris de ton sang ces mots que je te dicte pour les leur envoyer : « Ce que je désire, je l’obtiendrai ; ce que je veux réaliser, je le réaliserai ; si ce n’ai pas avec leur aide, ce sera avec l’aide d’autres hommes ! »
  Je compris à ces mots que le Seigneur annonçait la mort prochaine de certains de ces supérieurs. La mort leur permit d’échapper à leur responsabilité.
  A partir de 1943 le Seigneur réitéra plus de sept fois la libération de ses liens. Il m’est arrivé, une fois, de l’entendre dire : « Je veux faire savoir à Rome et aux supérieurs de mon fils (le Père G.) qu’ils n’ont qu’à me libérer de mes liens s’ils veulent voir ma gloire et recevoir ma bénédiction ! » Et une autre fois : « Malheur aux supérieurs s’ils empêchent mon fils (le Père G.) de commencer sa mission apostolique, afin que, par son intermédiaire, je garde et fortifie les âmes faibles et chancelantes qui sont à mon service ! »
  Et je l’entendis redire : « Je renouvelle ma demande de libération de mes liens, car je souffre dans les âmes à cause de ces liens ! »
  De telles visions me font toujours beaucoup souffrir. Il m’arrive assez souvent de préférer mourir que de voir et entendre ainsi le Sauveur, alors que je me trouve moi-même dans l’impossibilité de lui venir en aide.

L’AMOUR MISERICORDIEUX DE DIEU ET SA JUSTICE

  Le Sauveur me révéla un jour un mystère de Dieu concernant les grâces perdues avec de graves conséquences, non seulement pour les intéressés, mais aussi pour des tiers. Il m’a montré deux groupes d’âmes. Les prières et les sacrifices du premier groupe montaient vers le ciel à ses pieds, et Jésus tendait au-dessus de notre patrie ses mains chargées de dons de grâces. Le second groupe était constitué de ces âmes, qui non seulement ne sacrifient rien de leur vie, mais couvrent les autres de leur dédain et de leurs sarcasmes. La méchanceté de ces gens peinait grandement le Seigneur, car, intentionnellement et avec violence, ils détournaient l’offre de grâces du Seigneur, empêchant ainsi les bons de recevoir ces grâces. C’est pourquoi le Seigneur me dit :
« Vois-tu, ma chère enfant, les saintes âmes me demandent des grâces et je répondrais bien volontiers à leurs prières en les exauçant. Mais voilà qu’interviennent les mauvaises âmes pour m’empêcher de distribuer mes dons. Il faudrait donc que les personnes qui me sont consacrées sachent que les péchés des mauvais ont de pénibles conséquences, non seulement pour les mauvais eux-mêmes, mais aussi pour les bons, parce que les mauvais empêchent les âmes assoiffées d’amour d’étancher leur soif. »
  Ce fut une vision bouleversante dont l’impression s’est gravée au fond de mon âme. Aussi ai-je demandé au Sauveur comment il pouvait se faire qu’une âme mauvaise puisse constituer un tel barrage.
  Alors, le Seigneur me fit remarquer : « La tiédeur et les péchés de ceux que j’ai choisis me font si mal que, si tu ressentais la moindre parcelle de ma douleur, cela te causerai une souffrance telle que tu en mourrais aussitôt. Tu vas maintenant, de tout ce que tu as vu et entendu, faire un rapport à mes prêtres, et tu leur diras que ce que j’ai fait, ce n’est as pour toi que je l’ai fait mais pour eux ! »
  Un jour, c’était en 1942, le Sauveur m’a montré un grand nombre d’âmes qu’un tel barrage avait privées des grâces que Dieu leur avait pourtant destinées. Si ces âmes avaient fidèlement agi avec la grâce divine, cela aurait épargné beaucoup de malheurs, aussi bien à la Hongrie qu’au monde entier.
  Quand le Seigneur me montre des choses de ce genre, je souffre toujours énormément. J’ignorais jusqu’à présent l’énorme mesure de la responsabilité. Malheur aux âmes qui se font cause de la perte de grâces divines ! Le risque de périr ne menace pas que les âmes privées de la grâce divine par un tel barrage, mais aussi celles qui ont empêché l’afflux des grâces.
  Une autre fois, j’entendis Jésus qui disait : « Cela me peine et me fait souffrir davantage d’apprendre qu’une âme sacerdotale entrave mon action bienfaisante par ses doutes et son scepticisme, que de me voir assailli à coups de chardons et de barres de fer par des milliers d’autres âmes, car ces dernières ignorent ce qu’elles font. Ce n’est pas ma divine volonté qui dirige les prêtres qui, sciemment, par antipathie ou par haine, m’entravent pour mieux  combattre, non seulement mes projets, mais encore les instruments que je me suis choisis. Aussi longtemps que vous ne vous débarrassez pas de vos doutes et de vos nuisibles intentions et aussi longtemps que vous ne vous humiliez pas jusqu’à me demander d’être tout en vous, je ne permettrai pas à mes promesses de s’accomplir pleinement en votre faveur.
  Malheur à vous, prêtres ingrats et obstinés ! Qu’est-ce qui vous empêche d’écarter les obstacles ? Qu’il vous serait facile de sauver votre patrie, et même, partiellement, toutes les nations ! Mais c’est votre incrédulité qui me tient enchaîné dans les êtres que j’ai choisis comme instruments pour la réalisation de mes projets. Mais puisque, par vos propres fautes, vous réduisez à néant ce que je projette et désire voir réalisé, c’est donc vous-mêmes qui attirez sur vous et sur tous ceux qui vivent avec vous, les calamités que votre attitude mérite.
  Ma fille, mon Amour miséricordieux doit se muer en Justice ! C’est l’heure, pour eux, de constater les dégâts causés par leur opiniâtreté.
  En esprit, j’ai vu les souffrances qui nous attendent, mais elles n’atteignent pas le degré d’atrocité qui accable le Sauveur dans les âmes de ceux qui ont trouvé leur plaisir à agir contre lui.
« Ma chère enfant, mets-toi à jeûner et à prier pour les prêtres qui agissent contre moi. Ce sont des âmes qui ne vivent pas selon les vérités de la foi. Mais je les suis de mon regard et tiens compte de tout ce qu’elles disent et font. Ce n’est que le commencement des fléaux. Que va-t-il arriver si l’humanité ne se convertit pas ? Ah ! mes prêtres et mes fidèles, quand ces fléaux seront là, vous ne pourrez railler mes fidèles serviteurs en disant : « Voyez, le Sauveur ne nous a pas sauvés, bien que cela ait été prédit à maintes reprises. » Non, mes fidèles serviteurs ont tout fait, mais leur travail a été mis en échec par les prêtres qui s’y opposent. »
  Comme il parlait, je vis certains de ces religieux, qui agissaient contre l’œuvre de Jésus, soit à Rome, soit auprès de certains évêques. Pour le Seigneur, ce n’était pas un mystère, bien au contraire : il savait tout, et c’est justement cela qui le faisait souffrir à ce point. Mais je vis qu’il endurait tout cela avec patience, qu’il attendait et encore attendait. Parlant des prêtres, il disait : « Voilà votre heure. La mienne viendra à son tour. »
  Durant une messe, le Seigneur me fit comprendre l’urgence qu’il y avait pour moi de noter soigneusement ses messages et de les transmettre, étant donnée l’imminence de l’interdiction. Je lui fis part alors de mon découragement de devoir me démener ainsi à écrire, que c’en devenait douloureux. Alors le Sauveur me réprimanda et me quitta pour quelques minutes. Puis il revint pour me dire : « Crois-tu, ma fille, que mes autres instruments, auxquels je me suis adressé, n’aient pas souffert et ne se soient pas usés à la tâche ? En vérité, ils ont eu beaucoup à faire et ont dû rassembler tous leurs efforts. Mais je leur ai aussi donné les grâces nécessaires pour cela, et je t’en donnerai à toi aussi pour que tu puisses remplir fidèlement ta mission. » Je reçus, alors, de nouvelles forces et un nouveau courage pour mon travail.
  Un jour, j’allai rendre visite au Seigneur dans son tabernacle pour me plaindre des continuels obstacles que les supérieurs m’opposaient et le supplier de prouver aux sceptiques la vérité de ses projets par un miracle tout à fait extraordinaire, précisant bien qu’il ne devait pas s’agir d’un petit miracle peu convaincant. Le Sauveur me dit :
« Laisse-moi faire mes œuvres. Mon heure n’est pas encore venue. A l’heure fixée, tous les yeux verront, car le brouillard se dissipera. Tous ceux qui sont maintenant dans la peine de travailler avec moi seront émerveillés à l’aspect de mon chef-d’œuvre. Ils en goûteront et savoureront éternellement les fruits. »
  Comme cette réponse ne contentait pas divers prêtres, e redemandai un signe au Seigneur. Energiquement, il répondit : « J’ai déjà fait le nécessaire, ma fille. Pourquoi n’ont-ils pas voulu l’admettre ? Je suis le Père de l’Amour, le Dieu de la Liberté, le Maître de mes serviteurs ! Pourquoi ne saisissent-ils pas la main que je leur tends, et pourquoi ne me suivent-ils pas sur le chemin sur lequel il leur est facile de me reconnaître ? »
  Le Seigneur faisait allusion à un certain signe dans lequel plusieurs ont failli le reconnaître, mais ils ont eu peur de s’engager.
  Le Seigneur dit alors : « Pourquoi cette âme a-t-elle reculé, alors que je lui avais accordé un signe lumineux grâce auquel elle était près de me reconnaître ? Et pourquoi tel supérieur m’entrave-t-il sous l’influence de ses subordonnés, alors qu’il a le pouvoir d’autoriser le Père G. à œuvrer parme les prêtres et les âmes qui me sont consacrées ? Malheur à l’âme qui m’oppose de la résistance ! Mais un malheur plus grand encore à ceux qui encouragent une âme à ne pas s’incliner devant moi ! »
  Et à moi, Jésus dit encore : « Ne t’afflige donc pas de me voir si difficilement reconnu et si facilement incompris. Sur terre, c’est ma destinée et cela doit être ainsi ! Que des gens viennent à moi avec une prudente hésitation ne me peine guère, mais ce qui blesse mon divin Cœur, c’est de voir tant de prêtres ne pas vouloir du tout me reconnaître. La blessure est d’autant plus grande que, toi aussi, tu doutes de moi. Sois pourtant assurée qu’à cause de mes révélations, tu ne subiras aucun dommage. »
  Et un peu plus tard, le Seigneur s’exprima de nouveau : « Que mes prêtres sachent qu’ils n’ont pas à espérer quelque prodige. Ce n’est pas pour moi le moment de me manifester par une multiplication des mains, mais par la miraculeuse conversion des pécheurs. Ils n’ont pas à désirer que je confirme ma cause par un miracle. S’ils croient, ils seront sauvés, mais s’ils ne croient pas, ils devront le repayer. » Jésus a dit cela avant le premier bombardement, durant la seconde guerre mondiale. Il faisait allusion à d’autres calamités qui devaient frapper la Hongrie parce que ses désirs ont été trop peu accueillis et réalisés, par exemple que la Hongrie serait traîtreusement livrée au communisme, puis ensanglantée lors de l’intervention russe de 1956.
  Un jour, le Sauveur soupira tristement et me montrant deux supérieures qu’il comparait à deux magnifiques portes dorées : « O ma fille, qu’il m’est difficile d’entrer par ces portes ! » Il est vrai que ces âmes étaient belles, mais elles ne pouvaient pas s’incliner à accepter les messages.
  En fait, je ne voulais pas communiquer ces messages, puisque Jésus pouvait aussi atteindre ses objectifs sans moi et m’éviter bien des peines. Mais le Seigneur me dit :
« Mon enfant, ne sais-tu pas que mon joug est doux et léger pour ceux qui m’aiment ? Ce qui est doux pourrait-il être amer, et ce qui est léger pourrait-il être lourd ? Ce qui est pure joie, peut-il être ennuyeux ? Si je suis ta félicité lorsque je te parle, ne le suis-je pas aussi quand je t’ordonne de dire ce que je t’ai communiqué ? C’est bien pour cela que tu dois parler ! Cette œuvre qui parait si difficile à réaliser aux yeux de certains prêtres, c’est moi qui la poursuivrai. »

LA HONGRIE, LE PAYS QUE MA MERE A CHOISI POUR L’ŒUVRE D’EXPIATION

« J’aimerais épargner le pays cher à ma Mère s’il me donne en suffisance des âmes expiatrices ! »

  Le Sauveur m’a souvent parlé de la Hongrie, surtout en janvier 1940. Il s’est exprimé tantôt par des supplications, tantôt par des promesses, tantôt par des reproches, ais toujours avec affabilité jusqu’à laisser entrevoir des louanges. Je le vis contempler une fois la Hongrie pécheresse d’un regard miséricordieux et s’exprimer ainsi :
« J’ai certains projets pour ce pays. Par toi, je prie les prêtres de considérer que les ecclésiastiques sont tenus, aussi bien que les laïcs, à la pénitence et à l’expiation, afin que je ne sois pas contraint de détruire le pays, car j’aimerais lui témoigner ma miséricorde. Je souhaite que ce soit de la terre magyare que monte vers mon divin Cœur le « parfum de l’expiation », pour s’étendre ensuite à toute la terre. Ce pays de prédilection de ma Mère, je veux le purifier, le bénir et l’attirer à mon Cœur. Si le peuple hongrois renonce au péché, à celui qui lèse le sixième commandement en particulier, et s’il persévère dans l’esprit de pénitence et d’expiation, je viendrai à lui et le comblerai de grâces. Si la Rédemption a commencé dans l’étable de Bethléem, ma grande œuvre d’extermination du péché, de sanctification des âmes, d’écrasement de Satan et de triomphe commencera sur le sol magyar. Cela e pourra pas avoir lieu avant la reconnaissance officielle et l’inauguration solennelle de la fête de ma Mère immaculée, promue Reine victorieuse du monde. Le peuple hongrois trouvera complaisance et grâce devant moi, à cause de l’honneur et de l’amour dont il entoure ma Mère. »
  Ce fut durant une prière que je pus contempler, à la lumière du Seigneur, le magnifique avenir de la Hongrie et de toute la terre. Ce magnifique avenir que le Seigneur promet par la bienheureuse Vierge Marie. Mais c’est aussi de nous et de notre esprit de pénitence et d’expiation que dépend le commencement de ce plus bel avenir, nous prévient le Seigneur.
  Au début, je ne voulais pas transmettre ces indications sur la Hongrie. Mais le Seigneur a tellement insisté que j’ai tout communiqué à mon confesseur, le Père G.
  A une autre occasion, le Seigneur m’annonça :
« Dis à ton confesseur que les sacrifices et les actes de piété qui, depuis quelques temps, montent du cœur de certains Hongrois vers le ciel, me sont tellement agréables que je suis prêt à prendre en pitié le monde entier. J’accepte aussi, avec amour, le sang offert pour moi dans la guerre, mais cela ne suffit pas sans la prière, la pénitence et le sacrifice volontaire. Je veux que ton confesseur, avec la permission de ses supérieurs, fasse savoir immédiatement par une circulaire envoyée à tous les supérieurs provinciaux, mes désirs de pénitence, de prière et de sacrifice. »
  Et le Seigneur poursuivit : « Ce pays également ne peut échapper à une grande épreuve, car le bruit de ses péchés s’élève vers le ciel. C’est vrai que je pourrais épargner la Hongrie, car c’est le pays élu de ma Mère. Mais je ne puis le faire que dans le cas où il y aura assez d’âmes qui expient et qui offrent des sacrifices. C’est pourquoi je demande que dans tous les couvents il y ait deux ou trois personnes qui s’adonnent à la pratique de l’expiation, laquelle consiste à jeûner et prier jour et nuit. Les supérieurs doivent leur en donner la permission. Ces personnes ne devront pas se contenter de prières orales, mais devront s’entretenir en silence avec moi, s’abandonner à moi, me présenter leurs prières d’expiation et leurs sacrifices accomplis en esprit de pénitence, toujours en union avec le Cœur immaculé de la Mère des douleurs. »
  A la demande du Seigneur et avec la permission de mes supérieures, j’entrepris également, aux instants critiques pour le pays, de m’imposer des mortifications et des heures d’expiation. C’est dans une de ces circonstances que je me rendis compte des manigances de Satan qui tournait autour de moi pour me faire renoncer à la pénitence et à l’expiation en me suggérant que cet acte déplaisait à Dieu et suscitait se colère et son châtiment. Je l’identifiai et lui dit que je continuerais à le faire. Il disparut alors et le Sauveur se montra à moi pour me dire :
« Ce que l’Ennemi vient de te faire, il va aussi tenter de e faire à d’autres prêtes à se sacrifier, dont un bon nombre lui obéira. C’est pourquoi je désire que tu dises à ton confesseur, et par lui à d’autres prêtres, ceci : ils doivent encourager les âmes disposées au sacrifice à davantage de foi, de confiance et de persévérance. Si ces âmes éprouvent quelque indifférence, froideur et crainte, qu’elles élèvent leurs regards vers la Croix et le Très Saint Sacrement de l’autel en se disant que c’est là que réside et vit Celui qui est l’objet de la foi, de l’espérance, de l’amour. Celui en qui sont la vie et le triomphe.
  C’est alors que ces âmes éprouveront le merveilleux effet de leurs regards. Elles ressentiront effectivement la force, le courage, la persévérance, l’amour et la joie que je ranimerai en elles. C’est pourquoi, s’il le faut, ces âmes persévéreront des années durant, et même jusqu’à la fin de leur vie, dans la prière et le sacrifice, car ce n’est qu’à ces conditions que je pourrai assurer la victoire finale et la paix dans la plénitude de la joie. »

L’ŒUVRE D’EXPIATION

  Et voici que le Seigneur renouvela son désir de voir le Père G., ainsi que ses collaborateurs, commencer l’œuvre de purification dans les maisons religieuses, ainsi que dans le monde.
  J’ai eu la vision des péchés que le Seigneur ne pouvait plus tolérer : les péchés de médisance, de vanité, de dissolution des mœurs. En les considérant, je constatai que beaucoup de religieux n’avaient de religieux que l’habit. Ce n’était pas sans raison que le Seigneur exigeait la conversion. Je vis le terrible océan des péchés, dans les villes comme dans les villages. Je vis, en outre, les lieux publics où se commettaient les nombreux péchés contre le sixième commandement. Le Seigneur exigea la fermeture de ces maisons, sans quoi il ne manifesterait plus aucune pitié. A ce sujet, Jésus réclama l’intervention énergique des autorités civiles et religieuses. Ces maisons doivent être interdites par la loi. J’ai vu un grand tumulte s’élever à ce propos. Il est urgent d’agir, car j’ai vu le Père céleste saisir un fouet de flammes capable d’anéantir le monde si l’humanité ne se convertit pas. Je vis aussi qu’à ce moment la bienheureuse Vierge Marie, avec les anges et les saints, implorait pitié pour le monde. Alors le Sauveur jeta un regard sur le monde et me pria instamment de faire savoir à ses prêtres que le monde et surtout eux-mêmes devaient faire pénitence et se convertir, car leurs péchés excitaient davantage la colère du Père que les péchés des gens du monde.
  Assez souvent, surtout en 1944, le Sauveur m’avait dit : « Je veux faire savoir à l’Eglise que le monde sera puni pour trois-quarts à cause des péchés des âmes qui me sont consacrées. » Disant cela, le Seigneur prenait en considération bien davantage la gravité des péchés que leur nombre. Puis il se plaignit du ralentissement de l’œuvre d’expiation : « Je regrette que mes instruments, malgré mes consignes, ne lutent pas de toutes leurs forces et de tout leur courage contre les péchés publics. Je leur en ai pourtant donné le temps. C’est pourquoi je les engage vivement à collaborer avec les gouvernants, la main dans la main, pour l’extermination des péchés publics. Le sang qui coule actuellement n’est pas que la conséquence de la haine entre nations, mais aussi de beaucoup d’autres péchés. »
  Le Seigneur ajouta : « Je désire faire savoir à mon Eglise que par elle j’aimerais réaliser de grands projets. Mais si les âmes ne me réconfortent pas par leur sainteté et leurs sacrifices, je ne pourrai pas faire grand-chose pour elles, malgré ma Toute-Puissance. »
  Si vous aviez vu comment le Sauveur supplie et implore, vous ne lui refuseriez jamais la moindre chose. Ce n’est pas pour lui qu’il supplie, mais pour nous, tout en nous laissant la liberté de décision.
  Un jour, après que je l’eus reçu dans la sainte Communion, le Sauveur me fit part de sa joie en ces termes : « Réjouis-toi avec moi et chante à mon divin Cœur des cantiques de louanges, car j’ai trouvé des âmes bien disposées qui, à l’appel de ma grâce, s’apprêtent à m’offrir généreusement leur vie pour l’expiation. Que les supérieurs ne s’attaquent pas à ces saintes âmes pour les juger, car elles jeûnent, prient, veillent et expient. J’ai bien sauvé le monde, moi, en jeûnant, veillant et souffrant la Passion. Par expiation, j’entends en premier lieu le perfectionnement de la vie. Et cela veut dire : que celui qui a passé sa vie à blasphémer, se mette à me louer ; que celui qui a volé, renonce à voler ; que celui qui hait son prochain se mette à l’aimer ; que celui qui a satisfait son corps, se mette au service de son âme ; que celui qui a rejeté mes commandements, se mette à les observer. Il ne manque que cela pour parfaire l’expiation ! Je voudrais pouvoir lire à la porte de chaque couvent et de chaque ville ces mots d’ordre : expiation, amendement de vie et sacrifice. J’exercerai ma miséricorde envers la Hongrie et le monde lorsque je verrai fleurir dans les âmes l’esprit d’expiation. »
  Une autre fois, Jésus dit : « Dans ma miséricorde, je ne renvoie pas les pécheurs. Les agissements des gens me peinent ! Mais ce qui me peine le plus, c’est de voir méprisée et rejetée la campagne d’expiation. Offrez-moi en compensation des actes de réparation et de consolation. »
  Une peine profonde me saisit quand j’appris que des âmes avaient accueilli de mauvais gré l’œuvre d’expiation. Le Seigneur m’en consola en me montrant plusieurs personnes dont l’attitude était d’abord hostile à l’œuvre d’expiation, mais qui avaient fini par reconnaître que c’était l’œuvre de Dieu et étaient devenues des pénitents zélés et héroïques. Le Sauveur s’en réjouit et dit :
« Que le peuple hongrois, mes prêtres et mes religieux sachent que leurs prières et leurs sacrifices ont touché mon Cœur. J’exaucerai leurs prières et bénirai le peuple hongrois et j’aurai pitié de lui. Mais que les âmes maintiennent leur zèle et leur persévérance ! Qu’elles poursuivent cette œuvre de toutes leurs énergies, car ce pays que ma Mère a adopté, et par lui le monde entier, trouvera un avenir plus beau, plus grand et chargé d’abondantes grâces. »
  Une autre fois que le Seigneur me parlait je vis se former devant moi un vaste et épais brouillard. A l’arrière de celui-ci, je constatai soudain une grande clarté qui dissipa une partie du brouillard. Le spectacle était beau et consolant. Toutefois, je remarquai que les traits lumineux n’atteignaient qu’une partie du brouillard. L’autre partie ne recevait pas de lumière et restait donc sombre. Je compris que tout ceci avait trait à la Hongrie, où beaucoup se sont convertis et mènent une vie d’expiation. Le Seigneur dit alors :
« Louange à toi, Hongrie ! Mes prêtres hongrois, mes frères, et toi, mon fils (le Père G.), réjouissez-vous avec moi, car voici le résultat de vos expiations. J’ai encore d’autres secrets qui vous diront pourquoi je rends ce bel hommage à la Hongrie. Ce peuple doit être récompensé d’avoir fidèlement gardé sur ses monnaies l’image de ma Mère immaculée (Les traits de la Madone avec le divin Enfant étaient, à cette époque, encore gravés sur les monnaies hongroises). Cela m’apporte consolation et nous glorifie, ma Mère et moi, devant le ciel et la terre.
  Beaucoup de gens ont vénéré l’image de ma Mère sur les monnaies et ont gagné le paradis. Il faut que le peuple sache que, s’il a beaucoup d’ennemis, c’est à cause de ces pièces de monnaie à l’effigie de la Madone. Il y a bien longtemps déjà que Satan, mon ennemi, combat ce peuple. Mais ce n’est pas lui qui triomphera. Il est vrai qu’un puissant viendra, avec Satan comme compagnon, et qu’il aura beaucoup d’adhérents qui feront tout pour que disparaisse à jamais des monnaies l’image de ma Mère. Les hommes influents du pays devront s’engager à fond pour empêcher de toutes leurs forces la disparition de l’image de ma Mère sur les monnaies. Si cela ne réussit pas, le pays sombrera et je lui retirerai ma bénédiction. L’ennemi mettra la main sur vous et la florissante Hongrie se teindra de la couleur du sang. Il faut que l’effigie de ma Mère sur les monnaies soit protégée par la loi. »
  Ce message devait s’adresser au vieux régent. Comme je n’y entends rien en politique, j’ignore pourquoi le Sauveur m’a chargée de cela.
  Le Seigneur continua ses exhortations, disant :
« Mes prêtres, mes chers apôtres, revêtez-vous de mon zèle pour annoncer la vérité au monde et lui dire que, sans pénitence, c’est la ruine qui l’attend. Mais la pénitence lui fera découvrir l’émerveillement de se voir comblé de mes grâces, et recouvrer, par les soins de ma Mère, la paix promise. »
  Tandis que Jésus parlait ainsi, une joie continue se déversait de sa personne avec une infinité de rais de lumière. Cette lumière illuminait l’Eglise et les âmes sacerdotales, et par elles, le monde entier. Ce tableau me combla de joie. Mais là, le Seigneur se fit sévère pour dire : « Pas tous ! » Et j’en conclus que la conversion et la pénitence n’étaient pas le fait de toutes les âmes, même pas de toutes les âmes qui lui étaient consacrées, surtout en ce qui concerne celles des villes et des hautes couches sociales.
  Le Sauveur me demanda de lui recommander dans mes prières tous ceux qui allaient travailler à sa cause. Aussitôt, Jésus montra d’une main son Cœur divin, et de l’autre l’œuvre d’expiation, en disant : « Voici l’œuvre de mon Cœur plein d’amour pour les hommes ! C’est une grande grâce et une haute bénédiction pour la Jérusalem terrestre. Sa réalisation me permettra de considérer toute l’humanité avec joie et mon Cœur y trouvera son repos. »
  Voyant sa campagne d’expiation se mettre à prospérer et à devenir florissante, le Sauveur, tout joyeux, s’écria :
« Ces âmes, les vois-tu ? Une seule force, une seule âme, un seul cœur : c’est moi qui travaille en elles ! » Et reprenant un air sérieux, il ajouta : « Mes prêtres n’ont pas à entraver cette campagne d’expiation, car c’est à l’expiation qu’ils doivent d’avoir été, avec le monde, préservés de la destruction ! Dans ma miséricorde, je ne repousse pas les pécheurs. Mais cela me peine profondément de voir méprisée et rejetée ma campagne d’expiation. Pourtant, ces railleurs, je les aime et je ne tiens pas à détruire le monde. »
  Quant aux âmes expiatrices, il leur dit : « Mes chères âmes, ne vous offusquer pas de voir le monde ingrat me couvrir de railleries et de mépris. Surtout, ne cédez pas ! Ma résurrection n’a pu avoir lieu qu’après ma mort sur la croix ! Mais mon triomphe approche, avec mon règne et ma consolation. »

Heures saintes d’expiation

  Le Seigneur désirait une chapelle expiatoire, mais les milieux ecclésiastiques compétents firent la sourde oreille et refusèrent. Alors le Seigneur prit un ton énergique, bien que tempéré comme toujours par son amour miséricordieux, pour dire :
« Ah ! mes prêtres aveugles et ingrats, pourquoi m’attristez-vous ainsi ? Alors que je compte sur votre reconnaissance et votre dévouement, vous répondez à mon amour par la raillerie et le refus ! Pourquoi tenez-vous tant à ce que je garde cachés mon amour, ma miséricorde et ma toute-puissance, tandis que mon Ennemi trouve toujours de nouveaux subterfuges pour agir contre moi et contre ceux qui m’aiment ? Aimez-moi comme je vous aime, et veuillez ce que je veux. Ce dont vous avez à prendre soin, c’est de l’expiation et de la pénitence, de la confiance et de l’amour. Je demande également au peuple de s’unir à moi dans la pénitence et l’expiation. Je désire que le monde entier entende ma voix et accomplisse ma volonté ! »
  Et, tourné vers moi, il reprit : « Ma fille, écris ceci : là où des âmes font continuellement appel à moi pour que je les prenne en pitié, là aussi mon Cœur fait appel sans cesse à l’expiation, à la pénitence et à l’amour. Que les âmes sachent qu’elles jouiront de ma paix dans la mesure où elles auront accompli les œuvres d’expiation et de pénitence ! Sans cela, il ne peut y avoir de grâce, de miséricorde, d’union, de vie, de salut. Le salut, c’est le retour à Dieu, la réconciliation avec lui.
  Les âmes qui souillent ma divine Beauté de leurs péchés, mais qui, en reconnaissant leur misère, se tournent vers moi et s’adonnent à des actes de pénitence, d’expiation et d’amour, ces âmes seront purifiées. Par contre, les âmes qui s’obstineront à pécher iront à leur perte. »
  Le Sauveur m’apprit ce qu’était une heure sainte d’expiation, et il souhaita que d’autres en fassent l’expérience : « Que mes prêtres offrent aux âmes dévouées l’occasion de célébrer des heures saintes d’expiation et qu’ils les encouragent avec zèle et amour. Qu’ils leur permettent d’entendre mon appel chargé de grâces et d’agir en conséquence ! »
  Vu la gravité des temps, le Seigneur demande la tenue nocturne de ces heures saintes d’expiation. Ce qu’il exige de ces prières n’est pas, en premier lieu, l’imploration de la fin des châtiments, mais l’exercice de l’esprit d’expiation. C’est dans ces conditions que le Père éternel exaucera la prière. Ce al exige beaucoup de prières et de sacrifices, à côté de l’amendement de notre vie. Chaque fois que le Sauveur a parlé de la Hongrie, ses aroles ont évoqué le désir de nous sauver et de se servir de nous pour purifier le monde entier, afin de nous assurer un plus bel avenir.
  Et de nouveau mon âme s’effrayait des difficultés sans cesse grandissantes. Alors, le Sauveur me remonta le moral : « N’aie pas peur ! Cette cause est dans ma main comme un flocon de neige. Elle refleurira un jour, la rose que j’ai planté sur ce sol ensanglanté (de la Hongrie). » La force et le courage me revinrent.
  Pendant une heure sainte d’expiation à la suite d’un vol sacrilège dans une église, le Seigneur me montra ce qui s’était passé en me disant : « Voilà, a fille, pourquoi ‘ai demandé des veilles nocturnes et des actes d’expiation ! Console-toi ! Par tes sacrifices, tu as beaucoup expié. »
  Le Seigneur attendit quelque temps avant de me montrer des âmes qui lui sont consacrées mais qui critiquent l’œuvre d’expiation. Je vis, lors de leur communion, le Sauveur se couvrir de sang et de palies en entrant dans leur âme. C’est pourquoi le Sauveur me demanda d’expier pour elles, en disant : « Ma fille, ces âmes ne m’accueillent pas avec un bouquet de roses, mais avec une couronne d’épines. »
  Une autre fois, Jésus dit : « Des prêtres sont décidés à entraver la campagne d’expiation. Et cependant, je dis : ou bien c’est par l’expiation que je vous purifierai, ou bien c’est par le sang et les souffrances que la purification se fera. » A l’instant, je vis le Sauveur se cacher le visage et pleuré comme autrefois il avait pleuré sur Jérusalem promise à la destruction. Puis, tourné vers moi, il me dit :
« Ma fille, tu prieras et offriras des sacrifices pour les prêtres qui cherchent à entraver mes projets, afin que mon Père qui est dans les Cieux ne les repousse pas. »
  Un jour, j’eus beaucoup à souffrir de voir ma patri presque effondrée dans le feu et le sang. Le Seigneur me confia ce commentaire : « Le pays va être purifié, il ne périra pas ! » Je compris que l’ennemi pourrait balayer notre patrie, car l’esprit d’expiation avait faibli.

La chapelle expiatoire

  Assez souvent, le Sauveur parlait de la chapelle expiatoire qu’il voulait voir s’élever : tantôt il suppliait, tantôt il insistait, faisant des promesses. Il était triste lorsqu’on s’opposait à sa demande.
  A la suite du premier bombardement en août 1942, il me dit : « Vois-tu, ma fille, c’est ce que je voulais épargner au pays. Ils ont refusé d’ériger la chapelle expiatoire de ma Mère immaculée et c’est le temple de mon Cœur qui en a subi les dommages. C’est là le signe qui leur a été donné. »
  Comme j’étais en prière devant le Saint Sacrement, un jour de 1944, la Sainte Vierge m’apparut en Reine du Monde. Les traits tirés par une indicible douleur, elle contemplait notre patrie. J’étais bouleversée de la voir s’éloigner, douloureuse et muette. Au fur et à mesure qu’elle s’éloignait, l’ennemi avançait. Epouvantée, je criai : « A nom du pays entier, Maman ! Maman, reste avec nous ! Si vous nous quittez, c’en est fini de nous ! » Elle jeta un regard dans notre direction et répondit : « Non, je ne peux pas rester. C’est là la volonté de mon divin Fils. Mais je ne vous quitte pas définitivement ; je reviendrai quand mon lieu sera prêt. »
  Le Sauveur m’informa de son désir de voir la chapelle expiatoire servir de monument commémoratif pour les futures générations. Dans cette chapelle expiatoire, l’image de la Mère des douleurs sera assez éloquente à elle seule pour rappeler à ces générations futures les effrois et les souffrances de nos contemporains.
  La Très Sainte Vierge apparut, vêtue de blanc sous son manteau rouge de Reine. Un voile noir recouvrait toute sa personne. Sur la tête, elle portait une couronne d’épines, et ses pieds nus étaient également entourés d’épines. Elle se tenait sur la tête d’un serpent. Ses mains étaient jointes pour la prière. De ses yeux coulaient des larmes. A côté d’elle, il y avait deux anges en vêtements noirs. Ces anges croisaient leurs mains sur la poitrine et pleuraient les yeux baissés. Ils étaient si majestueux qu’aucune comparaison était possible, même avec la plus sainte créature d’ici-bas. Voici les paroles de la Très Sainte Vierge :
« Il faut que l’Eglise me prépare une place où je puisse descendre avec mes grâces et amener les pécheurs à la conversion et l’humanité sur le chemin de la pénitence et de l’expiation. »
  Jésus intervint pour me dire :
« Je veux que le haut clergé réponde à mes exigences et qu’il cesse d’entraver ma campagne d’expiation ! Il n’a pas à mettre en doute mon amour miséricordieux !
  Ma petite sœur, c’est en frère que je te parle maintenant. Unissez-vous à moi dans la prière et le sacrifice, afin qu’ensemble nous puissions apaiser la colère de notre Père céleste, sans quoi, frappés par lui, beaucoup périront dans la mort éternelle. »
  J’ai vu avec quelle détermination l’ennemi cherchait la destruction totale de notre pays, et ce n’étaient pas les moyens matériels qui lui manquaient pour y arriver ! Mais il ignorait que le Seigneur allait, en partie, déjouer ses projets grâce à l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie et à la campagne d’expiation des âmes dévouées.
  Un jour de cette année 1944, j’accomplissais mon heure de prière pour le salut du monde et de notre patrie, lorsque Jésus me dit :
« La paix approche. Le peuple hongrois a encore un peu de temps à combattre. En raison des prières et des sacrifices, j’ai fixé un terme à l’épreuve de l’effusion de sang. Mais il n’y aura pas de victoire après l’armistice. Des souffrances vous attendent. Que le peuple hongrois regarde avec confiance vers ma Mère et annonce la victoire qu’il remportera par l’intermédiaire de la triomphante Reine de Hongrie et du monde. » Et il ajouta : « Je conférerai au pays de ma Mère une haute distinction qui fera de la Hongrie non pas seulement le Pays de Marie, mais le Pays marial de l’expiation ; c’est le nom qu’il portera selon ma volonté. »
  Plus tard, le Seigneur me fit voir la chapelle expiatoire, simple d’aspect extérieur, mais si belle à l’intérieur qu’on douterait qu’une main humaine ait pu lui donner cette beauté. J’y vis la statue de la Mère des Douleurs. Au-dessus d’une étoile on lisait :
« Mes chers enfants, venez à moi en esprit de réparation avec le Seigneur qui a été offensé. Il remportera la victoire sur ses ennemis. »
  Et dans le voisinage de cette chapelle, je vis le futur couvent de l’Ordre de l’expiation, la compagnie de Marie, avec une grande et magnifique église dédiée à la Reine victorieuse du Monde.

Le cardinal Jozsef Mindszenty et Sœur Marie-Nathalie

  Après la nomination de cardinal Jozsef Mindszenty, la Sainte Vierge me demanda de prier sans cesse pour lui. A partir de ce moment je fis mention du nouveau cardinal dans mes prières. En une telle circonstance Jésus me dit : « Ma fille, annonce à mon fils Jozsef que pour sauver les âmes il est d’une extrême urgence de créer un Ordre expiatoire de femmes. Dans ce cloître à créer, il faut que l’expiation et l’adoration du Saint Sacrement soient ininterrompues. C’est lui qui doit fonder cet Ordre. Transmets-lui d’urgence ma demande, car le temps approche où il n’aura plus la possibilité de faire ce que je lui demande. » Jésus et Marie dictèrent aussi la Règle de l’Ordre.
  J’acquiesçai humblement à la volonté du Rédempteur et transmis sa demande à mon confesseur. Peu de temps après, Jésus me dit de nouveau : « Mon lieutenant en Hongrie a beaucoup souffert jusqu’à présent, mais les plus grandes épreuves de sa vie ne viendront que plus tard. Et, bien qu’aucun signe apparent n’indiquera combien il aura souffert pour moi et pour mon Eglise, je lui ferai après sa mort une place d’où il pourra aider avec succès ceux qui se donnent de la peine pour ma cause en Hongrie. C’est ainsi que je glorifie tous ceux qui se sont vus humiliés pour avoir fait profession de foi pour mon Nom. A travers les souffrances et les épreuves, mon fils parviendra à un haut degré de perfection. Son nom éclipsera le nom de beaucoup d’autres qui ont souffert aussi pour moi. »
  Personnellement, je n’ai jamais rencontré le cardinal, mais mes messages, auxquels il a répondu soit par des messagers soit par écrit, lui sont bien parvenus. Par l’intermédiaire du Vicaire épiscopal Janos Drahos, il me fit parvenir une lettre dans laquelle il me chargea de raviver sans cesse l’idée de la fondation de l’Ordre après son arrestation. Le Vicaire épiscopal me reçut à l’église d’Alsokrisztinavaros à Budapest, me remit la lettre du cardinal et me demanda de la brûler après lecture, ce que je fis effectivement.

Appel en faveur de la collecte pour la chapelle expiatoire (après 1945)

  Les pénibles circonstances dans lesquelles nous vivons nous ont de plus en plus poussés à offrir des sacrifices à Dieu qui seul peut nous aider. Il n’y a pas d’autre raison pour qu’en ces temps difficiles surgissent de nouvelles églises votives. Durant la guerre déjà, nous avons posé la première pierre de la chapelle expiatoire et le 8 mai, notre évêque, le cardinal J. Mindszenty, suscita un mouvement pour la construire.
  Afin que Dieu, que nous avons offensé, agrée, par la médiation de Marie, notre vœu avec bienveillance, nous voulons faire pénitence, lutter contre les péchés du monde, tels que la négligence du devoir dominical, les jurons blasphématoires, l’impudicité, le divorce, les attentats à la vie naissante, la haine, la dureté de cœur.
  Veillons à ce que la jeunesse vive dans la pureté, prions quotidiennement le chapelet, n’oublions pas non plus l’esprit de renoncement, soyons généreux pour l’autel de l’expiation, car ce que nous donnons à Dieu est un prêt au meilleur taux. Faisons également des sacrifices pour nos chers absents et nos défunts. Organisons des conférences parmi les groupements et répandons-en l’idée parmi nos connaissances.

LE GRAND EVENEMENT MONDIAL

Introduction

  Les communications mentionnées ici sont apparentées aux messages de La Salette, Fatima et Garabandal. En voici l’essence : lorsque l’humanité abordera les derniers temps, Dieu se manifestera de telle façon que chaque être humain aura conscience de Son existence. Cette intervention aura pour effet que chaque être humain sera inévitablement placé devant le choix entre Dieu et Satan. Autrement dit : avant le Jugement dernier, Dieu va ébranler les hommes par des signes, des miracles, de douloureuses épreuves.
  Voici les éléments déterminants de l’intervention divine :
1- La Mère de Dieu jouera un rôle primordial.
2- Il s’ensuivra une purification du monde pécheur.
3- L’Eglise également sera purifiée et renouvelée.
4- Cette époque ne sera pas une ère de paix céleste comparable à un nouveau paradis, mais celle où la vénération de Marie refleurira à un degré jamais encore atteint. Dans le cheminement qui la conduira à ce terme, la Sainte Eglise ajoutera aux prières, aux exercices de pénitence, de jeûne et d’expiation, la proclamation d’un dogme, celui de la Corédemption, de la Médiation, de l’Intercession de Marie. Par Médiatrice, on entend Médiatrice de toutes les grâces.

  Après cela, Jésus dit : « Je vous le rappelle : priez pour que les pécheurs se convertissent et reviennent à Dieu. Priez pour qu’ils acceptent la grâce et changent de vie avant l’avènement de la paix bienheureuse. Ceux qui ne reviennent pas à Dieu avant ou au moment de la grâce auront à subir la mort éternelle. (Jésus donne à ce grand évènement englobant des catastrophes le nom de grâce, celle qui convertira les pécheurs endurcis et qui préparera l’ère de la paix bienheureuse, l’empire de Marie sur la terre.) Vous, les justes, ne craignez rien ! Priez et fiez-vous à la sainte force de la prière. Réjouissez-vous, car vous obtiendrez de mon Père éternel miséricorde. Réjouissez-vous, car ma Mère immaculée, nantie de son pouvoir royal et des pleins pouvoirs de la grâce, ainsi que de l’appui des armées angéliques, anéantira les forces de l’enfer. »

Le cri de victoire de Satan

  La Sainte Vierge m’a dit : « Quand Satan arrivera partout au pouvoir, quand il se sera emparé de la plupart des âmes, quand son orgueil incommensurable lui laissera croire qu’il peut anéantir le bien, la création et même les âmes, quand la vraie foi ne subsistera plus que dans quelques âmes, que la lumière en sera réduite à un foyer ou deux, parce que les hésitants auront tous cédé aux séductions de Satan, c’est alors que se produira la victoire décisive de la divine miséricorde qui mettra fin au règne du mensonge et préparera la voie à la paix universelle.
  A l’instant où Satan s’imaginera être le « Maître du monde » et s’apprêtera à s’asseoir sur un trône, je lui arracherai son butin des mains. La victoire finale n’appartiendra qu’à mon divin Fils et à moi. »

La Puissance immaculée

  Jésus dit : « Le monde s’est enlisé dans sa perversion. Plus il s’enfonce dans la perversion, plus il s’éloigne de moi. Mais malgré tout, il ne peut échapper à mon Amour. Je lui tends mes deux mains. C’est à la fois un geste de châtiment et de miséricorde. Pour ceux qui m’aiment les deux mains tendues expriment la miséricorde, mais pour les impies, elles sont là pour les châtier. Lorsque je vous parle, c’est la voix de Celui qui est au-dessus de tout que vous entendez. Quand je tends ma main vers vous, vous voyez apparaître simultanément ma Mère afin que vous puissiez échapper au châtiment. La puissance de ma Mère est telle qu’elle peut arrêter l’éboulement des montagnes, retenir les flots d’une inondation, réduire au silence la mer déchaînée. C’est elle qui vous aidera ! »

L’effusion du Saint-Esprit

J’ai souvent vu le Saint-Esprit couvrir la terre comme un feu dévorant. Mais ce feu n’était pas pacificateur ni miséricordieux. Au contraire, il sévissait, sans pitié, terrifiant. Aussi loin que pouvaient atteindre ces langues ardentes du Saint-Esprit, on voyait des milliers d’âmes se précipiter dans l’enfer. Jésus regardait son Père éternel qui ne retirait toujours pas sa main armée de colère. C’est alors que la très sainte Vierge détacha de son épaule la manteau bleu de la paix pour l’étendre sur l’univers. Toutes les régions que son manteau recouvrait apparurent alors dans l’azur de la paix et elles échappèrent au châtiment, tandis que les régions que son manteau n’atteignait pas, n’arrêtaient pas de rougir de l’embrasement de la colère. J’ai compris que nous n’éviterions le châtiment mérité qu’en nous réfugiant sous le manteau de Marie et en implorant son secours maternel.

La prière de Jésus

  J’ai vu une fois comment Jésus suppliait son Père éternel, et lui ai demandé pourquoi et pour qui il priait. Réponse de Jésus :
« Mon enfant, je prie pour ceux pour lesquels vous aussi vous priez, pour lesquels vous devez prier. Suppliez le Père céleste afin que prenne définitivement fin la méchanceté ; suppliez-Le pour que la sainte paix céleste que j’ai apportée de la terre comble les cœurs des êtres humains et que l’amour s’y développe et se répande partout. Par ma supplication j‘ai obtenu du Père céleste la fin prochaine de vos peines, avec l’avènement en vous de la Paix céleste. D’ici là, de dures épreuves vous attendent encore, mais vous pourrez les atténuer au moyen de la prière et d’exercices persévérants d’expiation. Mettez-vous donc à l’ouvrage, pleins de zèle et d’espérance, afin que les anges et les saints du ciel, unis à moi et à ma Mère immaculée, puissent implorer miséricorde auprès du Père éternel. A un Dieu si offensé, offrez des sacrifices expiatoires, également pour les péchés des autres. C’est de cela que dépend l’efficacité de la grâce du grand miracle dont l’approche est imminente. »

Les épreuves de la Sainte Eglise

  Le Seigneur m’a fait savoir que dans la Sainte Eglise séviraient une grande peur et une grande confusion avant l’avènement de la Paix universelle, avant le grand évènement mondial. Le point de départ de cette confusion est l’intrusion de l’athéisme jusque dans le sanctuaire inviolable de l’Eglise, la laïcisation et le rejet de la sainte tradition. Cette confusion se produira en parallèle avec l’attisement des tensions internationales qui va déclencher de nouvelles guerres. J’ai aussi appris que beaucoup attaqueront l’édifice presque deux fois millénaire de l’Eglise. Leur but est d’éloigner les croyants de l’Eglise, de leur ôter la confiance qu’ils ont en elle, et de les livrer à Satan.

La Sainte Eglise purifiée

  La Sainte Eglise, purifiée par les dures épreuves supportées en commun par ses membres, se revêtira de sa pauvreté, de son humilité, et de sa simplicité originelles. On n’y pourra plus, par favoritisme ou avec de l’argent, accéder à un titre ou à un rang. Le Saint-Esprit pénétrera de sa sainteté chaque membre de l’Eglise. Le Sermon sur la montagne sera la règle de vie des fidèles. Ce retour à la simplicité et à la pratique de cette vie de pauvreté se réaliseront et se propageront selon notre manière d’aborder le dernier avènement. Après le grand évènement mondial, on ne verra plus construire de grands palais ni porter de vêtement d’apparat. Les titres auront disparu. Chacun saura ce qu’il a à faire. Il est nécessaire que tout cela s’institue, sans quoi il n’y a pas de place pour le Royaume des Cieux et sa Paix glorieuse.

L’ERE MARIALE

La Corédemptrice

  Je vis la Très Sainte Trinité tenir conseil au sujet du sort du monde embourbé dans le péché. Toute la Cour céleste des anges et des saints était agenouillée et adorait la Sainte Trinité dans un profond silence. Le Père éternel dit : « Le monde embourbé dans le péché doit, selon ma justice, être anéanti. »
  Alors je vis Jésus, l’Amour miséricordieux, se pencher vers son Père éternel et implorer la grâce pour le monde. Il se jeta aux pieds de son Père et, bien que ne faisant qu’un avec lui, il était une personne distincte, disant : « Père, je suis ton Fils. C’est toi qui a voulu que je meure pour le monde. » En même temps, il lui montra ses plaies en feu. La main puissante, non point paternelle, mais juste et vengeresse, pesait lourd sur le globe terrestre. Alors Jésus glissa ses mains couvertes de plaies sous la main du Père éternel et le pria : « Prends-les en pitié. » Mais la main du Père céleste abaissa les mains de Jésus ornées de plaies scintillantes. « Non, mon Fils, dit-il. Le péché doit être anéanti ! » C’était effrayant à voir, car j’avais l’impression que la justice gagnait sur la miséricorde. Alors, Jésus, jetant un regard de côté, fit signe à sa Mère de lui venir en aide, et lui dit : « Ma Mère immaculée, viens m’aider à retenir la main vengeresse de mon Père, mes mains n’y suffisent pas ! »
  A peine la Sainte Vierge eut-elle mis ses mains sous celles de Jésus, que le Père éternel leva la main de la justice et dit : « Mon Fils, la miséricorde a gagné. Le monde pécheur a connu la grâce par les prières de la Mère immaculée de Dieu. C’est à la Très Sainte Vierge que nous confierons le salut du monde. Le salut du monde nécessite l’existence d’un Pouvoir. C’est pourquoi nous la revêtons d’un pouvoir de Reine. Elle est devenue la Reine victorieuse du monde. Elle est devenue pour le monde enfoncé dans le péché, une Corédemptrice. Que par elle l’humanité parvienne à la grâce et à la sainteté ! Nous plaçons également sous ses ordres les cohortes angéliques. »
  A ces mots prononcés par le Père éternel, les cohortes angéliques firent éclater leur joie et fêtèrent Marie. La Mère de Dieu apparut ornée de ses trois plus grandes vertus : sa pureté immaculée, son amour ardent et sa profonde humilité. Je vis que Dieu, tout en étant l’auteur de ces grâces, ne les en admirait pas moins. J’éprouvai une grande joie de voir enfin se réaliser les paroles de la discrète Vierge de Nazareth : « Il élève les humbles ! » Puis, Marie reçut la couronne royale de la Très Sainte Trinité. La couronne était triple, symbolisant le Père, son Fils et le Saint-Esprit. Quand on lui apporta son manteau de Reine, je remarquai que dans la boucle il y avait de la vie. Elle symbolisait sa relation avec la Très Sainte Trinité, comme fille du Père, mère du Fils et épouse du Saint-Esprit. Les trois Personnes divines agissaient en la bienheureuse Vierge. De nouveau, le Saint-Esprit la couvrait de son ombre pour qu’elle puisse donner son Fils Jésus au monde, le Père éternel répandait sur elle la plénitude de ses grâces, et le Fils l’irradiait de sa joie en guise de félicitations. Il lui dit : « Ma Mère immaculée, Reine victorieuse du monde, manifeste ta puissance ! Désormais, tu es la salvatrice de l’humanité pécheresse. Puisque, selon ma volonté, tu as contribué à la rédemption de l’humanité, je te fais participer à mon pouvoir. Dès cet instant, je te confie le salut de l’humanité et, comme Reine, tu peux exercer ce pouvoir dès maintenant. Il me faut tout partager avec toi, puisque je te veux, en tout, semblable à moi. Tu es la Corédemptrice de l’humanité. »
  Je vis le manteau de Marie baigné du Sang de Jésus et miroiter d’écarlate et de pourpre. Puis mon attention se tourna vers les anges dans leurs ornements blancs, rouges et noirs qui entouraient leur reine de vénération. Je compris le symbole des couleurs : le blanc de la pureté du monde futur, le rouge du martyre par la purification, et le noir du deuil que fait porter la perdition des âmes. Puis la Très Sainte Vierge, d’un pas tranquille mais très digne, se dirigea vers la terre. Je n’ai pas pu voir le bout de sa traîne. Il devait, me semble-t-il être encore auprès du Père éternel. Le monde me parut comme une boule gigantesque, entourée de la couronne d’épines des péchés et grouillante de vices. Satan y faisait ses contorsions de reptile, souillant tout et répandant sa semence de péchés. La Mère de Dieu, en Reine victorieuse, dominait la terre de sa haute stature et étendait sur elle son manteau teint du Sang de Jésus. Puis elle bénit la terre, et, en même temps, la terre entière reçut la bénédiction de la Sainte Trinité. Alors le dragon satanique attaqua, enragé et résolu, la Très Sainte Vierge. Sa gueule projetait des flammes. Je craignais de voir brûler les vêtements de Marie. Mais les flammes ne pouvaient pas les atteindre. La Sainte Vierge avait gardé son calme, comme si elle dédaignait le combat. Sereinement, Marie posa son pied sur la tête du dragon. Le dragon cracha le feu de sa haine, mais il ne pouvait en rien lui nuire. Le globe terrestre avait perdu sa couronne d’épines, et, à sa place, fleurit un lys. J’ai vu comment la bénédiction de la Sainte Vierge descendait sur tous les peuples, sur toutes les nations. Elle avait une voix pleine de majesté, de dignité et d’une indicible amabilité pour dire : « C’est moi qui vient pour vous porter secours ; je vous apporte la paix, je viens vous aider. »
  Jésus m’a expliqué que sa Mère immaculée vainc le péché par sa puissance de Reine et que le lys signifie la purification du monde, l’ère paradisiaque future dans laquelle l’humanité vivra sans péché. Il m’annonça un monde nouveau, l’arrivée d’une nouvelle époque, ce temps que les hommes ont perdu au paradis terrestre. Il ajouta : « Quand ma Mère immaculée pose le pied sur la tête du dragon, les portes de l’enfer se ferment. A ce combat s’associeront aussi les cohortes angéliques. J’ai déjà « marqué » les miens… »

LA REINE DE LA PAIX

  Lorsque sur la terre régneront la Paix et l’Amour et qu’il n’y aura plus qu’un seul troupeau et un seul pasteur, Marie apparaîtra sous divers aspects pour diriger la vie des âmes. Elle, la Reine de la Paix, la glorieuse Dame, apparaîtra blanche aux humains blancs, noire aux humains noirs, jaune aux humains jaunes et rouge aux humains rouges. Par Jésus-Christ, elle répandra la gloire de Dieu comme médiatrice, et par elle, le titre qui lui a été attribué conférera à son tour tous les dons célestes. Le Cœur-Sacré de Jésus et son Cœur, parfaitement unis, gouverneront le monde jusqu’au jugement dernier. A la place du trône des sans-Dieu s’élèveront deux trônes : celui du Sacré-Cœur de Jésus et celui du Cœur immaculé de Marie. C’est par les deux Cœurs unis que le monde sera sauvé.
  Jésus : « Quand je suis né, j’ai apporté la Paix dans le monde, mais il n’en a pas joui. Il faut que le monde ait la paix. Les hommes sont des enfants de Dieu. Dieu a soufflé en eux sa propre haleine. Dieu ne permet pas qu’on le tienne à l’ombre. Il faut donc que les enfants de Dieu jouissent de la Paix que je leur ai promise. »

Pourquoi la paix dans le monde tarde-t-elle ?

  C’est un prêtre qui me posa cette question. De la part de la Sainte Vierge, je reçus la réponse suivante : « Le temps de la paix dans le monde ne tarde pas. Le Père céleste veut simplement accorder un délai à ceux qui sont  à même de se convertir et de se réfugier, avec une âme repentie, auprès de Dieu. Parmi ceux-là mêmes qui niaient l’existence de Dieu beaucoup se convertiront et croiront en lui. Ce temps supplémentaire de grâce qui est accordé à l’humanité est dû aux pénitences et aux prières qui ont été offertes durant de longues années à travers le monde entier et qui ont plu au Père céleste.
  Les portes de l’enfer resteront fermées devant les âmes qui seront converties. Elles ne seront pas damnées. La grâce de conversion les rend plus forte ; elles ne tomberont plus dans leurs péchés. La prière a cette puissance efficace, parce que moi, la Reine victorieuse du monde, je prie avec vous et apaise la colère du Dieu offensé. Appliquez-vous à ce que même votre respiration devienne une prière expiatoire devant Dieu. »

« J’ai donné à ma Mère la puissance et le règne sur le monde ! »

  Un jour, durant la seconde guerre mondiale, le Sauveur s’est inquiété au sujet de la ville de Rome en particulier. Il ressentait une vive douleur de voir son œuvre de salut sérieusement entravée par le péché. Il dit en insistant : « Je tiens à faire savoir à mon fils béni, le Pape, qu’il n’a pas à quitter le Vatican. S’il le quitte, l’ennemi en profitera pour raser la place. Mais si mon vicaire y reste, le Vatican sera sous ma protection. » Le message fut transmis. Le Saint-Père ne quitta pas le Vatican. Le bombardement toucha Castelgandolfo où il avait projeté de se rendre.
  Le Seigneur ajouta : « Ma chère enfant, il y a bien longtemps de cela, j’ai prévenu le monde du règne d’un Pape angélique pour les jours que vous êtes en train de passer (Il s’agit de Pie XIII). Son humilité, sa sainteté et sa vie de sacrifices et d’expiation pour l’humanité m’ont décidé à faire bénéficier le monde entier de la rosée de ma grâce. »
  Pour le Pape, Jésus me dicta ceci : « Mon fils béni, regarde autour de toi et purifie les villes de ceux qui combattent la vérité et tuent la vraie vie ! Place des veilleurs aux portes des villes, qu’ils n’y laissent pas pénétrer des fauves plus féroces ! Dans ta difficile mission, élève ton regard vers ma Mère, saisis sa main maternelle et tu seras fort. Elle te conduira à la « Montagne du triomphe ». C’est à ma Mère que j’ai donné la puissance et le règne sur le monde. »
  Il m’a été permis de voir une fois le Sauveur essuyer, sur le visage du Pape, les larmes que celui-ci versait à cause des péchés du monde. J’en fus toute émue. J’ai toujours eu pour le Saint-Père une aimante vénération. Et comme le Seigneur m’a beaucoup parlé du Pape, je ressens en moi-même, à son égard, un surcroît d’amour compatissant.
  Jésus m’a révélé que bientôt l’humanité mènerait une vie angélique et pure. Les péchés contre le sixième commandement et les divorces prendront fin. Sur ce monde futur, adonné à la chasteté, le Sauveur jeta un regard de divin amour, de joie, de félicité. La bénédiction de Dieu s’étendait partout. La victoire sur les péchés et sur Satan approche.
  Après la grande purification, le saint amour et la pureté refleuriront dans le monde, aussi bien religieux que laïque. La Sainte Vierge assurera au monde purifié la paix du Seigneur. Je vis aussi qu’auparavant, c’est-à-dire après les sanglantes hostilités de la seconde guerre mondiale, surgirait, à cause des sans-Dieu, un grand chambardement entre les nations et même dans l’Eglise. Le Sauveur dit : « La main droite de mon Père fera disparaître de la terre les pécheurs qui, malgré la grâce et l’engagement de l’Eglise, ne se convertiront pas. »
  Le Seigneur ne m’a pas dit comment ni quand cela se passerait.
  La cause de ce chaos sera que l’impiété s’introduira jusque dans l’enceinte de l’Eglise et que l’esprit du monde dévastera partout les traditions religieuses. Ce chaos ira de pair avec l’aggravation des oppositions entre nations, oppositions qui conduiront à de nombreuses guerres. Je sus aussi que beaucoup attaqueront l’édifice millénaire de l’Eglise. Leur but sera d’écarter les croyants de l’Eglise, de leur enlever la confiance et de les livrer tous à Satan.

LA REINE DU MONDE

  Si je ne fais erreur, c’est à la solennité du Christ-Roi en 1939 qu’il me fut permis de contempler, dans une vision, mon époux, le divin Sauveur. Son apparence était royale et son visage doux, attrayant et plein d’amour. Il était vêtu d’un manteau royal et coiffé d’une triple couronne.
  Il ne m’inspira aucune crainte, comme me l’inspirent toujours les personnes de haut rang devant lesquelles je me trouve. Dans sa bonté, il me pressa contre son divin Cœur. Si grande était la force avec laquelle il m’attira qu’il me semblait voler vers lui pour me jeter à ses pieds. Le Seigneur me releva et me recouvrit d’une partie du manteau royal. Je lui dis : « Mon Sauveur et mon Roi, régnez sur moi ! » Jésus répondit : « C’est dans ton cœur que se trouve mon trône royal. C’est en toi que ma souveraineté royale est totale ; mais là où règne mon amour, doit aussi se dresser ma croix. » A ces mots, je compris que le Seigneur me demandait un sacrifice. Obéissante et toute dévouée, j’adressai à Jésus ces mots : « Mon Sauveur bien-aimé, pour votre volonté et votre bon plaisir, que votre amour règne en moi… et que je sois crucifiée ! »
  Le Sauveur me regarda avec bienveillance et tandis qu’il me laissait m’appuyer contre sa poitrine je vis le doux regard du Seigneur errer sur toute la terre. Il me sembla que le Seigneur avait envie de quelque chose. C’est pourquoi je lui dit : « Mon Sauveur, de quoi votre Cœur est-il assoiffé ? »
  Alors Jésus, dans son indicible amour, se pencha de nouveau vers moi pour me dire : « Au moment où le Fils est proclamé Roi, il convient que la Mère du Fils soit, elle aussi, une majesté royale. C’est pourquoi je veux que ma Mère immaculée soit proclamée par toute l’humanité : Reine victorieuse du monde. Cette proclamation doit être solennelle et officielle. »
  Au moment où le Sauveur prononça le mot « solennelle », je vis s’avancer une merveilleuse procession qui descendait d’un nuage blanc. Je ne saurais dire que peu de chose de cette procession, car il s’agissait d’une procession céleste et non terrestre. L’esprit humain ne saisit que très imparfaitement ce qui est céleste. Quant au langage humain, il est encore plus défaillant pour décrire ce qui est surnaturel. Réjoui et satisfait, le Sauveur contempla la procession. Je vis des anges porter un trône magnifique sur lequel était assise la bienheureuse Vierge Marie en apparat de Reine, revêtue du manteau royal et portant une triple couronne qui a une signification spéciale pour qui se réfère à la Trinité divine, car Marie est fille, épouse et mère de Dieu.
  Dans cette procession, la Vierge-Reine tenait d’une main le globe terrestre et de l’autre un sceptre. Sur le globe terrestre était assis l’Enfant Jésus, vêtu d’un manteau royal et coiffé d’une couronne royale semblable à la couronne de sa Mère. Dans sa petite main gauche, l’Enfant divin tenait une croix qu’il serrait contre son Cœur. Dans sa main droite, il tenait un sceptre. La procession avançait au rythme d’une musique inconnue sur terre. Tout à coup, l’Enfant Jésus se trouva remplacé par Jésus en Christ-Roi, à côté de Sa Majesté Marie, Reine du monde. Je finis par comprendre que la procession céleste était une préfiguration de ces processions futures où la Vierge Marie serait fêtée partout, dans les villes et villages, en Reine victorieuse du monde. Durant cette vision, le Sauveur m’annonça que la fête devait être introduite dès le règne de Pie XII, ce qui eût lieu en l’année mariale de 1954. J’appris en outre que la bénédiction spéciale du Sacré-Cœur de Jésus était promise à cette mission et à son œuvre. Les prêtres appelés par le Seigneur à cette tâche seront en butte à de nombreuses humiliations et d’autres misères ; mais le Seigneur les a assurés de son secours en leur promettant d’être avec eux dans les souffrances. En prononçant cette promesse d’assistance, il posa sa main droite sur son Cœur, la leva pour les bénir, et un courant de grâces passa jusqu’à ces prêtres. Je vis son regard divin se poser sur mon confesseur et, sans que le Seigneur parle, je compris ceci : « La bénédiction de mon Cœur, la flamme de mon Amour et la force de ma Volonté seront ses alliées. Il servira à ma Mère immaculée de marche d’accès pour monter sur son trône royal en Reine du monde. »
  Dans la transparence de sa divinité, je vis comment le Seigneur concevait la fondation de la Société de Marie. Cela semble être la volonté de Dieu que tout soit communiqué d’urgence aux prêtres de l’Eglise. J’ai vu en effet que le culte de la Vierge Marie, Reine du monde,avait son point de départ en Hongrie.
  Selon la volonté du Sauveur, cette solennité de sa Très Sainte Mère doit se célébrer pour honorer Marie, Reine du monde. Le Père céleste veut montrer au monde que c’est en qualité de souveraine du monde que la Très Sainte Vierge a remporté la victoire sur le monde, sur le péché et sur les enfers. J’insiste sur ce pluriel, car chaque âme damnée constitue un enfer pour elle-même. En attribuant la victoire au Christ-Roi, les peuples se doivent, logiquement, d’en faire partager la gloire à sa collaboratrice, sa sainte Mère, Souveraine du ciel et de la terre.
  Tandis que le Sauveur contemplait avec joie la procession, j’appris que pour accorder la paix au monde, il attendrait que la solennité de sa Mère, immaculée Reine du monde, soit universellement et officiellement reconnue et célébrée. J’ai aussi compris que le Seigneur ne faisait pas allusion à la paix qui devait immédiatement suivre la seconde guerre mondiale, mais à la paix qui résulterait de la purification du monde. A cette époque-là, la Très Sainte Vierge aura déjà été reconnue et célébrée sur toute la terre comme Reine du monde. Il subsistait un mystère au sujet du mot « paix », mais je me sentais indigne de prier le Sauveur de me le révéler.
  Lors d’un premier samedi du mois, le Seigneur m’accorda une nouvelle grâce. Il manifesta sa joie de me montrer une âme sacerdotale qui avait collaboré avec zèle à la campagne en faveur du culte de la Sainte Vierge, Reine du monde. La ferveur et le zèle de ce prêtre plurent tellement à Dieu que le Sauveur s’unit à lui. Dans son Amour et dans sa joie, Jésus dit aux anges et aux saints du paradis : « Venez voir ce que je suis prêt à accomplir à la demande d’une âme ! » C’est alors qu’apparut la Très Sainte Vierge en Reine du monde. Elle paraissait très jeune. Sur sa tête brillait une couronne royale. Je ne voyais pas ses pieds car un splendide nuage me les cachait. Elle était devant moi, bénissant le monde dont le globe était entouré d’une couronne d’épines. Un lys surgissait du globe. (Le « lys parmi les épines » est la désignation symbolique de l’ « Immaculée Conception ».) A la droite de la Sainte Vierge se trouvait son Fils, et à sa gauche le Père. Au-dessus d’eux planait le Saint-Esprit. Un merveilleux courant de lumière entourait la Sainte Vierge, surgissant des Trois Personnes divines. Marie semblait alignée sur le Père et le Fils, mais elle se tenait légèrement plus en avant, et elle levait la main vers la terre. Le Père et le Fils étendaient leur main au-dessus d’elle. La Sainte Trinité se servait de la main de la Sainte Vierge pour bénir le monde. Au moment de la bénédiction le mot PAX s’envola de la main de la Sainte Vierge. Cette « paix » ne descendit pas vers la terre, mais planait au-dessus d’elle et restait à côté du Fils. (Marie prépare tout pour la paix. Son œuvre terminée, elle la transmet à Jésus. Mais lui, il attend que son heure soit arrivée avant de donner la paix au monde. C’est un mystère eschatologique.) Pendant que la Sainte Vierge bénissait le monde, j’entendais les saints et les anges chanter :
Gloire au Père,
Gloire au Fils,
Gloire au Saint-Esprit,
Par la Vierge immaculée,
La Reine victorieuse du monde,
Maintenant et dans les siècles des siècles.
Amen. Alleluia !
  A la suite des anges et des saints, nous devront à l’avenir faire monter sans cesse cette louange vers le ciel.
  Le Sauveur a promis des grâces spéciales à ceux qui agiront avec zèle dans l’intérêt du culte de la Reine du monde.
  Par la suite, je revis, en compagnie de la Très Sainte Trinité, la Vierge Marie en Reine du monde. Elle se tenait en vêtements royaux à côté du globe terrestre. Son attitude, pourtant toute d’humilité, était digne et royale. Son visage ovale était fin et aimable. Sa robe, blanche comme neige, se plissait sous sa ceinture bleue, et son manteau pourpre à longue traîne était maintenu sur sa poitrine par une boucle d’or. Par son merveilleux étincellement irisé, cette boucle avait une signification spéciale par rapport à la Très Sainte Trinité. Les cheveux châtains de Marie étaient couverts d’un voile. Sur sa tête, resplendissait une triple couronne, d’une forme légèrement différente de la tiare. De sa main gauche, elle tenait un sceptre, tandis qu’elle élevait sa main droite pour bénir. D’elle partait un rayon de grâce se répandant sur toute la terre, sur notre patrie et spécialement sur l’Eglise affligée et persécutée, mais victorieuse à la fin.
  La tête du serpent qui se dressait sur la terre était écrasée sous le pied droit de la Sainte Vierge. Le monstre était entièrement annihilé. La Très Sainte Mère rayonnait de joie d’avoir triomphé et son rayonnement gagnait toute la Sainte Trinité. Cette même grâce rayonnait en retour sur l’Eglise, en reconnaissance de la terre convertie qui retrouvait enfin le refuge de sa puissance et de sa souveraineté.
  La Très Sainte Vierge, dans son amour maternel, se pencha vers moi et me dit à voix basse : « Expiation, expiation, expiation ! C’est la condition indispensable qui rend digne de la grâce. »

Est-il nécessaire que Marie apparaisse aussi souvent ?

  Beaucoup m’ont abordée avec des questions de ce genre que j’ai transmises à Jésus. Il me répondit : « Ma fille, de même qu’il y a un seul roi dans un pays et que les autres sont ses serfs, bien que le roi les écoute, de même il n’y a qu’un Seigneur dans ‘univers. Mais de même que les rois de la terre n’apparaissent qu’accompagnés de leur épouse pour que les serfs voient non seulement la rigueur de la justice mais aussi l’amour du pardon, de même il convient que le Seigneur de l’univers manifeste son pardon à ceux qui mourraient à la vue de sa justice. Quand ma Mère immaculée s’adresse à vous, vous entendez la voix de ma miséricorde, afin que vous vous convertissiez et que vous ne péchiez plus. Moi, le Seigneur de l’univers, je ne refuse ma miséricorde à personne, même pas à celui qui est caché dans le coin le plus reculé du royaume, car je e connais et je vois les secrets de son cœur. Ne t’étonne donc pas de constater que ces temps-ci les miens entendent des paroles de miséricorde. En vérité, je vous le dis, s’ils ne se convertissent pas, ce sera au tour de ma justice de leur rendre visite. »

Au service de la Reine

  Lorsque nous nous occupons de notre Mère immaculée et que, selon son désir, nous faisons œuvre d’apôtre, ne nous inquiétons pas un seul instant si Jésus y trouve son compte. La Mère de Dieu ne vit as en elle seule. Jésus m’a dit une fois : « Ma Mère immaculée et moi, nous ne faisons qu’Un ! » Et une autre fois, le Seigneur a dit : « Si quelqu’un m’aime, ma Mère rayonne de joie. » En tout ce que nous faisons, que ce soit au travail, dans la méditation, en récitant le chapelet, ou autre chose, nous dirons, selon le vœu de Jésus : « Pour la joie de Marie, notre Mère immaculée ! » Dans la gloire éternelle, la Mère de Dieu n’a pas d’existence indépendante. Elle ne paraît pas dans le cercle de la Sainte Trinité mais elle en est la splendeur au même titre que son Fils Jésus-Christ dans sa nature humaine glorifiée. C’est ce qui lui confère la faculté de nous dévoiler, à nous, ses enfants, les mystères cachés de l’univers et de l’éternité, ou de nous parler à cœur ouvert de réalités passées ou futures.
  Etant la Mère de Jésus, elle est indiciblement heureuse de voir que nous adorons son Fils vivant dans le Très Saint Sacrement et l’aimons avec un attachement filial. E, d’autre part, Jésus n’éprouve aucun plaisir à voir une âme négliger la dévotion à Marie. Il m’a dit une fois : « Ce que tu dis à ma Mère immaculée, c’est aussi à moi que tu le dis, et ce que tu lui demandes, c’est aussi à moi que tu le demandes. » Ce sont des choses mystérieuses et cachées. Après la mort, nous aurons, sur les choses de ce monde et de l’au-delà, des vues totalement différentes. Notre corps est trop imparfait pour nous permettre la perception précise de l’Amour divin. En effet, aucun langage humain n’est capable d’exprimer l’Amour, la Majesté, la Gloire de Dieu. Il y a tant de choses que Jésus n’a pas pu expliquer à ses disciples à cause de cela ! Lorsque Jésus dit : « Seul le Père céleste sait cela, pas même le Fils ! », il est sous-entendu que la langue n’est pas apte à donner à cette vérité toute son envergure.

Depuis que le monde est monde j’apparais…

  Un jour, Marie me parla en ces termes : « Ne pense pas, mon enfant, que je me montre que sous une seule forme, portant une seule et même robe. Non ! Depuis que le monde est monde j’apparais en tous les temps et à toutes les nations, afin qu’elles trouvent la grâce et ne se perdent pas. Je m’adresse à tous les peuples dans la langue qu’ils utilisent pour exprimer leurs prières selon la volonté éternelle de Dieu. Je m’adresse à tout le monde, car la Bonne Nouvelle de mon Fils s’adresse également à tous. Si vous me voyez comme vous êtes vous-mêmes, vous serez plus facilement pénétrés des choses célestes.

Marie porte-t-elle ombrage à son Fils ?

  J’aime la Mère de Dieu au point d’en être passionnée. Quand Jésus m’apparut, j’étais pourtant attirée à lui à un tel degré que je ne pouvais penser à rien d’autre. C’est pourquoi je demandai à Jésus : « Votre Mère ne vous jalouse-t-elle pas quand je vous aime ? » Jésus me dit en souriant : « Si tu veux faire plaisir à ma Mère, dis-moi que tu m’aimes ! » « Bien mon doux Jésus ! » dit Sœur Marie-Nathalie en ajoutant : « Désormais je vous dirais toujours : « Mon Jésus, je vous aime, à la grande joie de votre Mère ! »

Quand donc le monde se convertira-t-il ?

  Jésus m’enseignait souvent combien ce n’est pas une bonne chose que de se plaindre de ce qui nous arrive, qu’il s’agisse d’une simple incommodité ou d’un réel malheur.
« Ma fille, m’explique le Rédempteur, lorsque vous m’entendiez dire « tous ceux qui se serviront de l’épée périront par l’épée », sachez que j’incluais ceux qui errent dans le labyrinthe du monde au lieu de se résigner à ma volonté, ceux qui préfèrent l’aspect extérieur à l’intérieur et ceux qui se fient davantage à leur vue trouble qu’à ma lumière. S’ils ne se convertissent pas, ces hommes se perdront à cause de ce qu’ils croyaient être réel. Donc, si tu vois combien le monde est pervers tu dois être remplie d’horreur non pas devant le monde, mais en premier lieu devant toi-même, car tu ne peux rien voir à quoi tu ne prennes part toi aussi. Sois remplie d’horreur, ma fille, et désire autant que tu le peux ma justice.
  Ne demandez pas quand donc le monde se convertira-t-il. Demandez plutôt quand vous vous convertirez vous-mêmes. Quand reconnaîtrez-vous que pas un seul cheveu ne peut tomber de votre tête sans que le Père céleste le sache ? Quand reconnaîtrez-vous qu’il n’existe aucune méchanceté au monde qui ne puisse servir au bien d’une âme aimant Dieu, cela par la volonté de mon Père ?
  Sache que le feu qui dévaste le monde _ le feu de Satan _ flambe avec la permission de mon Père. Ce feu sévit pour que le bon se sépare du mauvais et que le bon _éprouvé, épuré et ennobli par le feu_ soit encore meilleur. Dis cela à tous mes enfants ! »
  A ce propos, Marie m’enseigna ceci : « Le temps de la conversion du monde pécheur est caché au plus profond de mon Cœur immaculé. Même le Fils n’en connaît pas la date seul le Père qui cacha son secret dans le trésor de mon cœur. Pour ce qui vous concerne, priez, ayez confiance et soyez sans crainte. Moi, la Reine victorieuse du monde, je suis là avec ma puissance, tout près de vous, plus près de vous que vous ne croyez, avec mon aide. Vous qui avez connu la vérité, réjouissez-vous et attendez-moi en pratiquant sans relâche la pénitence. Réjouissez-vous, je le répète, réjouissez-vous, car le Père céleste a fait une grande œuvre avec moi. Il me glorifie plus que personne et il m’a pourvu d’un pouvoir de reine. Il a placé dans mes mains de reine l’œuvre du salut du monde pécheur. Je suis la Reine victorieuse du monde, la Reine de toutes les âmes, à qui toutes les armées de l’enfer sont incapables de résister. Entendez ce que je dis : la victoire est entre mes mains ! »

Le pouvoir sur le monde

  Beaucoup m’ont demandé comment il fallait comprendre le pouvoir de la Sainte Vierge sur le monde. La réponse fut donnée à Marie elle-même :
« Mon pouvoir de reine est miséricorde et bénédiction pour toutes les âmes, pour toutes les nations et pour le monde entier. Si le pouvoir sur le monde ne m’avait été donné, le monde serait depuis longtemps submergé par l’enfer destructeur. Mon pouvoir est celui de la mère sur ses petits, qui sans elle périraient.
  Mon pouvoir sur le monde s’exerce aussi sur les archanges et les légions d’anges qui se sont joints à moi, sur ordre du Père éternel, pour lutter jusqu’à la victoire finale contre le malin et ses valets qui se présentent sous n masque humain. »

La jeune fille de Nazareth

  Si nous pensons à la Sainte Vierge n’oublions pas qu’elle est non seulement la Corédemptrice de toutes les grâces, non seulement la Reine revêtue d’un plein pouvoir, mais qu’elle reste la jeune fille de Nazareth qu’elle était : une créature jeune et gracile, le cœur plein de dévotion, d’humilité et de soumission. Son humilité croît sans cesse ; c’est à cela qu’on la reconnaît. Elle est cette servante que Dieu glorifie pour son humilité et pour son amour ardent. C’est de cette servante de Dieu que naquit le Rédempteur de l’humanité. Servante et en même temps Mère de Dieu ; servante, mais conjointement héritière de la dignité de Reine ; méprisée par le monde, tandis que tout pouvoir lui a été accordé sur le monde par son divin Fils. Elle se fait la plus petite, comme le grain de sénevé de l’Evangile. Mais après Dieu, elle est la Première pour les siècles des siècles. C’est elle qui nous transmet toutes les grâces ; nous ne pouvons atteindre Jésus que par son intermédiaire. Notre âme est ensevelie sous la souillure du péché, mais Jésus nous ressuscite à la vie grâce à la Mère de l’Eglise, grâce à la Reine victorieuse du monde.

Le second paradis terrestre

  Avec la victoire finale de la Sainte Vierge nous recouvrerons l’éclat du paradis terrestre que nous avons perdu par le péché. Dans le monde nouveau, les hommes vivront pratiquement sans pécher.

Le lys

  Lorsque je vis un lys dans la couronne d’épines qui entoure le globe terrestre, plongé dans le brouillard du péché, mais sur lequel la Reine victorieuse du monde pose ses pieds, je sus que ce lys représentait d’une part l’âme en tant que telle et d’autre part l’âme en tant qu’habitant du second paradis terrestre. La Sainte Vierge me fit savoir que le lys symbolise la pureté originelle de l’âme, l’innocence qui ne peut être souillée d’aucun péché.
« S’il y avait en vous une pureté au moins égale à la grandeur du grain de sénevé, dit-elle, la pureté céleste ne saurait prendre racine en vous… Ce lys indique aussi que, malgré tout le mal existant, la pureté sera victorieuse du péché, le ciel de l’enfer, l’innocence de la perversité. Après la purification, l’humanité vivra dans la pureté et la beauté, comme ce fut déjà le cas lorsque le Père créa le premier homme. »

La seconde venue de Jésus

  De même qu’à la première venue de Jésus ce fut la Sainte Vierge qui, par son humilité, sa pureté et sa sagesse, prépara le chemin du Rédempteur de l’humanité, ainsi en sera-t-il de la seconde venue du Christ. La victoire du Christ sera précédée de celle de Marie, qui sera la victoire de la grâce, de la miséricorde et de l’amour, la victoire du rayon de soleil sur les cœurs endurcis.

La dévotion au Cœur immaculé de Marie

  En 1934, je priai Jésus de nous accorder, en l’honneur de ses trente-trois années de vie terrestre, des grâces qui nous aident quotidiennement à nous renouveler intérieurement. (Cette prière, Sœur Marie-Nathalie l’adressa à Jésus qui, pour son trente-troisième anniversaire, lui avait dit qu’il l’exaucerait en tout ce qu’elle avait à désirer de lui.)
  Parole de Jésus : « Je vous ferais participer, toi, tes frères et tes sœurs, à des grâces telles qu’en tous les jours de votre vie, elles vous causeront beaucoup de joie. »
  Huit ans plus tard, mûrie intérieurement, Sœur Marie-Nathalie reçut les trente-trois promesses mentionnées ci-après. Le directeur de conscience qu’avait Sœur Marie-Nathalie en ce temps-là exigea, au nom de l’obéissance conventuelle, que tout fut exactement noté.

LES 33 PROMESSES DE JESUS ET LA GRANDE PROMESSES DE MARIE, REINE DU MONDE

  Le 15 août 1942, le Seigneur m’accorda une vision, durant laquelle il fit diverses promesses aux âmes qui accomplissent cette neuvaine avec zèle.
  Lors de cette vision, le Sauveur me conduisit, entre autres, auprès de sa Mère immaculée « la Reine du monde », et me dit : « Mon enfant, vois ta Mère, la Reine du monde et la Reine des reines. Aime-la et présente-lui tes hommages d’enfant, comme j’aime que chacun le fasse. » Puis le Sauveur entrouvrit le manteau de la Sainte Vierge pour montrer le Cœur de sa Mère, en disant : « Comme en naissant je me suis présenté au monde par le Cœur immaculé de ma Mère, c’est aussi par ce même Cœur que les âmes viendront à mon Très Saint Cœur. » Puis, mystérieusement, le Cœur immaculé de Marie passa dans sa main divine, et Jésus dit au monde en se tournant vers lui : « Voici le Cœur immaculé dont j’ai fait le siège de la grâce pour le monde et pour les âmes ! Ce Cœur est la source assurée de mes grâces qui en jaillissent pour la vie et la sanctification du monde. Comme le Père m’a donné toute puissance dans le ciel et sur la terre, j’établis dans le Cœur immaculé de ma Mère la puissance qui vaincra le péché et le monde. Ma fille, j’ai fait au monde entier, par l’intermédiaire de Marguerite (Alacoque), de grandes promesses. Mais, étant infini dans ma bonté et inépuisable dans ma grâce, je promets maintenant davantage. Si les âmes désirent que mes promesses s’accomplissent en elles, qu’elles aiment et vénèrent le Cœur immaculé de ma Mère. Elles le prouveront en me recevant dans la Sainte Communion, après une préparation pleine de repentir, neuf premiers samedis du mois consécutifs, comme pour les neufs premiers vendredis du mois, avec l’intention, uni au Cœur immaculé de ma Mère, de présenter à mon divin Coeur des actes d’expiation. »
  Divin Cœur de Jésus, je vous offre, par le Cœur immaculé de Marie, cette sainte Hostie, en expiation et en réparation de toutes les offenses dont l’humanité ne cesse de vous abreuver.
  (Les personnes qui, suivant les consignes du Sauveur, se seront confessées pour le premier vendredi du mois et maintenues en état de grâce, n’ont pas à se confesser de nouveau pour le premier samedi du mois, ni pour le samedi du Cœur de Marie. Mais si le premier samedi du mois coïncide avec le premier jour de ce mois, et précède donc le premier vendredi, le vendredi du Sacré Cœur de Jésus, il faut aussi se confesser, si la possibilité en est donnée. )
  Je demandai au Sauveur si nous étions également redevables à notre Mère céleste, de réparation pour nos fréquents péchés d’ingratitude envers elle. Le Sauveur me répondit : « Ma chère enfant, celui qui me fait amende honorable en fait autant à ma Mère et celui qui m’offense, offense ma Mère dans la même mesure car, dans l’amour, ma Mère et moi sommes Un. »
Cette révélation du Seigneur au sujet du lien d’amour qui unit Jésus et Marie me remplit de joie.

Les promesses de Jésus pour l’accomplissement d’une neuvaine des premiers samedis du mois consécutifs, en l’honneur du Cœur immaculé de Marie

 1-Tout ce que les âmes demandent à Mon Cœur par le Cœur de Ma Mère, pour autant que tout soit conforme aux décrets divins et qu’elles me le demandent avec confiance, je le leur accorderai déjà durant la neuvaine.
2-Dans toutes les circonstances de la vie, elles bénéficieront de l’assistance spéciale de Ma Mère et de sa bénédiction.
3-En elles et dans leurs familles régneront la paix, l’entente et l’amour.
4-Leurs familles ne subiront ni scandale, ni déceptions, ni injustices.
5-Les couples ne se sépareront pas ; les séparés reviendront au foyer.
6-Les familles vivront dans l’entente et persévéreront dans la vraie foi.
7-Les mères qui auront reçu la bénédiction jouiront de la protection spéciale de ma Mère et obtiendront tout ce qu’elles demanderont pour elles et pour leurs enfants.
8-Les pauvres trouveront logement et nourriture.
9-Les âmes trouveront réconfort dans la prière et dans la peine et apprendront à aimer Dieu, le prochain et leurs ennemis.
10-Les pécheurs se convertiront sans trop de réticence, même si la neuvaine est accomplie pour eux par une autre personne.
11-Les pécheurs ne retomberont pas dans leurs péchés et ils retrouveront non seulement le pardon de leurs péchés mais encore l’innocence baptismale par la contrition parfaite et l’amour.
12-Qui accomplit cette neuvaine en état de grâce, n’offensera mon Cœur par aucune faute grave dans la suite, jusqu’à sa mort (concerne spécialement les enfants).
13-L’âme qui se convertit sincèrement échappera non seulement au feu éternel mais aussi aux flammes du Purgatoire.
14-Les âmes tièdes deviendront ferventes et, se maintenant dans leur zèle, parviendront rapidement à la plus haute perfection et à la sainteté.
15-Si ce sont les parents ou tout autre membre de la famille qui accomplissent la neuvaine, aucun des membres de la famille ne sera damné.
16-Beaucoup de jeunes y trouveront l’appel au sacerdoce ou aux vœux religieux.
17-Ceux qui ont perdu la foi, la retrouveront, et les égarés reviendront à la vraie Eglise.
18-Les prêtres et les membres des ordres religieux resteront fidèles à leur vocation. Les infidèles recevront la grâce du repentir et du retour.
19-Les parents et les supérieurs seront secourus dans leurs préoccupations non seulement spirituelles, mais aussi matérielles.
20-Les âmes échapperont facilement aux tentations de la chair, à celles du monde et de Satan.
21-Les orgueilleux deviendront rapidement humbles et les haineux se laisseront vaincre par l’amour.
22-Les âmes zélées jouiront des douceurs de la prière et des sacrifices ; elles ne seront tourmentées ni par l’agitation ou la peur, ni par le doute.
23-Les mourants n’auront à lutter ni contre la mort, ni contre les derniers assauts. Une mort subite et imprévue ne les surprendra pas.
24-Les mourants seront saisis d’un vif désir de la vie éternelle et s’en remettront à Ma Volonté en mourant dans les bras de Ma Mère.
25-Au jugement, ils bénéficieront de la protection spéciale de Ma Mère.
26-Les âmes recevront la grâce de ressentir compassion et amour en contemplant Ma Passion et les douleurs e Ma Mère.
27-Les âmes qui aspirent à la perfection auront l’honneur de recevoir les principales vertus de Ma Mère : humilité, chasteté et amour.
28-Que ce soit dans la maladie ou en pleine jouissance de la santé, une certaine joie intérieure et extérieure, ainsi que l’apaisement, les accompagnera.
29-Les âmes éprises de spiritualité recevront la grâce de jouir, sans trop de difficultés, de la constante présence de Ma Mère et même de Ma présence.
30-Les âmes qui ont progressées ans l’union mystique recevront la grâce de ressentir que c’est moi qui vis en elles et non plus elles-mêmes…C’est-à-dire que c’est Moi qui aime en leur cœur, qui prie en leur âme, qui parle par leur bouche, qui sers en me servant de leur être. Elles vivront la merveilleuse expérience de sentir que ce qui vibre en elles de bon, de beau, de saint, d’humble, de doux, d’obéissant, d’heureux et de prodigieux, c’est, en tout et toujours, moi-même, le Dieu tout-puissant, infini, le seul Seigneur, le seul Amour, le Dieu unique.
31-Les âmes qui accomplissent la neuvaine resplendiront durant toute l’éternité comme des lys purs autour du Cœur immaculé de Ma Mère.
32-Moi, le divin Agneau, en Mon Père, avec le Saint-Esprit, je me réjouirais éternellement de ces âmes qui resplendissent sur le Cœur immaculé de Ma Mère comme des lys, et qui, par mon Sacré-Cœur, parviennent à la gloire.
33-Les âmes éprises de spiritualité progresseront rapidement dans la pratique de la foi et de la vie vertueuse.
Aux 33 promesses de Jésus, s’ajoute une promesse de la Très Sainte Vierge.

La grande promesse de Marie

« A chaque premier samedi du mois, les portes de l’enfer seront fermées. (Personne ne sera damné ce jour-là.) Le purgatoire ouvrira ses portes et beaucoup d’âmes seront accueillies au ciel. Voilà l’effet de l’Amour miséricordieux de Mon Fils qui s’en servira pour récompenser les âmes qui vénèrent Mon Cœur immaculé. »
  Lorsque le Sauveur me parla de ces neufs samedis, je ne savais pas encore que Notre-Dame de Fatima en avait demandé cinq. Et lorsque j’en fis part à l’Eglise, on m’a chargée de demander au Seigneur pourquoi il demandait neuf samedis alors que la Sainte Vierge en demandait cinq.
  Le Sauveur répondit : « La demande des cinq premiers samedis est une marque de l’humilité de ma Mère. Comme, au ciel, elle ne s’est jamais départie de cette humilité, elle ne s’est pas jugée digne de partager avec moi son droit au même culte. Ma demande, en revanche, est la marque de mon Amour qui ne tolérerait pas que ma part soit plus grande que la sienne, puisqu’elle et moi, nous vivons du même amour. » (Puisque le Seigneur a sa neuvaine des premiers vendredis du Sacré-Cœur, il veut que sa Mère ait aussi sa neuvaine des premiers samedis du Cœur de Marie !)
  Jusqu’à présent, je n’ai pas parlé de cette promesse ; mais, sur les sollicitations toujours plus pressantes du Sauveur, je l’ai notée et transmise pour que les âmes soient au plus tôt gratifiées de cette distribution de grâces. Je laisse à l’Eglise le soin de faire le reste. Cela doit servir au salut des âmes et à une plus intense glorification de Dieu.

LES MESSAGES LES PLUS RECENTS

  Au printemps 1985, la Sainte Vierge dit : « Je me vois obligée de permettre un bain de sang pour châtier cette humanité pécheresse. » Cependant, quelques mois plus tard, Marie me fit remarquer :
« En raison des pénitences accomplies par un grand nombre, quoique le sang n’ait pas fini de couler, le bain de sang est détourné, comme tant d’autres tribulations qui auraient dû, sans cela, éprouver le monde. Les mouvements partis de la Hongrie se répandent de plus en plus dans le monde, tels que la dévotion à la Flamme d’amour du Cœur immaculé de Marie. La neuvaine de communions expiatoires des premiers samedis du mois, la consécration à la vie, la dévotion à la Flamme d’amour et autres mouvements sont très agréables à Dieu le Père. »
  Je demandai à la Mère du ciel : « Quand viendrez-vous ? » La Sainte Vierge répondit ceci : « Je ne viens pas, je suis déjà là. »

Apparition du 8 septembre 1985

  Au deux-millième anniversaire de notre Mère céleste, je l’ai vue et l’ai suppliée de sauver le monde de l’anéantissement par l’atome et les autres catastrophes. La Sainte Vierge était très belle et majestueuse ! Cette majesté était faite de douceur et n’inspirait aucune crainte, mais au contraire de la joie. Elle parlait avec une grande amabilité, tenant entre ses mains une étoile à cinq branches représentant les cinq parties du monde. « N’aie pas peur ! C’est le Père éternel qui m’a offert, à l’occasion de mon anniversaire, cette étoile symbolisant la terre. » Je savais que la Sainte Vierge sauverait le monde, mais cela ne se passera pas sans souffrances.

En automne 1985

  Je vis la Mère des Douleurs, tenant un calice rempli de sang et disant : « Vous boirez ce calice. Mon divin Fils l’a bu aussi et ce ne fut qu’après sa Passion qu’il a été glorifié. »
  Lors d’une autre apparition, je vis le pays de Hongrie. Aucune trace de sa grisaille accablante, si caractéristique. Tout brillait et étincelait comme si le pays entier était une boule de cristal éclairée par le soleil. Les rayons venaient du ciel et à leur source je découvris la Sainte Vierge. Quand je levai mon regard vers elle, je vis qu’elle était elle-même ce scintillement dont la terre était pénétrée. La Sainte Vierge s’était enveloppée d’un manteau lumineux dont je n’arrivais pas à déterminer la couleur tant il brillait. Marie s’approcha de moi. Elle devenait de plus en plus grande et finit par se tenir au-dessus de la Hongrie. Je lui dis alors : « Chère Mère, que cherchez-vous ici sur la terre ? » La Sainte Vierge répondit : « Je viens prendre possession de l’héritage qui me revient. » Ce fut ce jour-là que j’appris que saint Etienne, le premier roi de Hongrie, ne s’était pas contenté de consacrer son pays à la Mère de Dieu, mais que, à la suite de la mort prématurée de son fils Emeric, prince très vertueux qui devait lui succéder, il avait fait de la Reine du ciel l’héritière inconditionnelle et de plein droit de son royaume. J’appris aussi que la lumière admirée et la joie éprouvée en moi auguraient du glorieux avenir de la Hongrie. Je demandai à la Sainte Vierge : « Ma chère Mère, faites-vous une différence entre un pays et un autre ? » Elle répondit : « Non. Cette différence, c’est vous qui la faites. Si vous venez à moi en esprit de pénitence et d’expiation, c’est vous-mêmes qui optez en faveur de la lumière et de la joie, ce qui signifie votre destinée future. Lorsque vous implorez miséricorde auprès de mon divin Fils et que vous faites la volonté de notre Père, cette lumière vient habiter en vous pour que vos cœurs en dispensent le rayonnement. Il n’existe pas de promesse céleste qui ne trouve son accomplissement !
  Le Père céleste m’a confié toute la terre, mais le roi saint Etienne m’a donné le pays de Hongrie en héritage. »
  A tout le peuple, elle dit : « Peuple cher à mon cœur ! Priez et faites pénitence ! Je suis chez vous ! »
  Là-dessus, la Sainte Vierge montra comment se propageait, en Hongrie, l’esprit d’expiation et de pénitence. Le pays m’apparaissait alors comme un désert aride que la pluie de la grâce céleste arrosait en vain depuis longtemps. Mais soudain, ici et là, des pousses nouvelles sortaient de terre et les taches de verdure grandissaient constamment. La Sainte Vierge me fit savoir que ces poussent ne peuvent grandir qu’en s’appuyant les unes sur les autres et seulement à proximité les unes des autres. Je compris que dans cette période aride de l’histoire de la Hongrie les âmes, pour croître en Dieu, doivent rester ensemble et former de petites communautés. Ce n’est qu’à cette condition que la vie aura une chance face à la mort. Toutefois, je devais également constater que parmi les pousses beaucoup se rabougrissaient et certaines même se desséchaient en quelques minutes. La Sainte Vierge me fit comprendre que la cause de ce dessèchement est le péché que nous devons combattre sans relâche. Je lui demandai alors : « Quels sont nos péchés les plus offensants pour Jésus et pour vous ? »
« Les deux plus grands péchés que je vous reproche sont les blasphèmes et la paresse. Vous blasphémez chaque fois que vous péchez contre les saints sacrements en les recevant dans la tiédeur, sans préparation, indignement, ou en les ignorant. Nier la présence de Jésus dans le Très Saint Sacrement est un mal contagieux qui s propage comme une épidémie. C’est induire en erreur les gens simples qu’enseigner, comme certains théologiens, la transsubstantiation en termes ambigus et intentions équivoques. L’autre péché est la paresse qui a pris le dessus chez vous. Il ne dénote as seulement l’absence d’un zèle extraordinaire, mais aussi la carence d’une application due au devoir, sans laquelle on ne s’en sort pas. Car le Seigneur vomit le tiède. La paresse est la source et l’aliment de tous les vices, et seul votre amour pour mon divin Fils est capable de vous l’extirper. C’est un amour dont la flamme, une fois allumée, ne s’éteint pas. »
  Sur ces paroles, j’ai pu contempler la Hongrie dans son éclat futur. J’ai pu voir comment le peuple hongrois allait vivre à l’avenir, sans blasphémer et plein de zèle pour les biens célestes. Pour arriver à ce résultat, il était nécessaire que le peuple trouva appui en sa céleste patronne. Aussi le peuple hongrois va-t-il vouer à la Mère céleste le trésor de sa foi et de sa confiance et propager sa dévotion dans le monde entier. La dévotion à Marie est la source du vrai bonheur, le bonheur de l’âme.
  Après avoir vu tout cela, mon cœur se remplit d’une grande joie et je n’eus plus de nostalgie. Je demandai à la Mère de Dieu : « Quand tout cela va-t-il se réaliser ? Et dire que nous vivons à l’ombre menaçante de la guerre atomique et de l’anéantissement ! »
  La Très Sainte Vierge répondit : « Priez pour la conversion des pécheurs ! Ne craignez point ! La paix (un cadeau de mon Fils à ceux qui l’adorent) n’est plus longue à venir. Elle vient par moi et elle est déjà toute proche. Cette paix que mon divin Fils avait apportée sur la terre et dont vous n’avez pas encore joui, la terre la connaîtra avant l’an 2000. En vérité je vous le dis, cette génération ne passera point jusqu’à ce que cela arrive. »

A l’approche de l’Avent, le 21 novembre 1985

  J’ai demandé au Sauveur : « Comment devons-nous, mon bon Jésus, passer la période de l’Avent ? » Il répondit :
« Passez-la dans une profonde quiétude, tant spirituelle que corporelle. Vous devez mener une vie sainte. Adorez la plénitude de la perfection en ma divinité et en mon humanité, laquelle était cachée sous le cœur de ma Mère immaculée. Dans la joie et la chaleur de votre cœur pur attendez-moi avec humilité et soumission, vous qui vivez dans le sein de mon divin Amour.
  Si, pour le temps de l’Avent, vous voulez faire un plaisir à ma Mère, priez l’Angélus à genoux, trois fois par jour, comme ma Mère a reçu le salut de l’ange et l’Incarnation du Verbe éternel. La prière prend du temps et la position à genoux exige de l’endurance. C’est un sacrifice agréable à ma Mère immaculée et elle le rend par le don de l’humilité. C’est ainsi qu’elle vous rapproche de moi, le Verbe qui s’est fait Chair en elle.
  Aime-moi, occupe-toi de moi au lieu de t’occuper de toi-même ! Si tu fais comme je te le dis, nous serons unis dans l’amour. Pourquoi ne te jettes-tu pas dans mes bras ? Pourquoi ne me laisses-tu pas le temps de placer un mot ? Aime-moi, loue-moi ! Durant ma vie terrestre, j’ai loué à chaque moment mon Père céleste. Etant son Fils, je le louais pour tout ce qui m’arrivait. J’étais toujours rempli de son Etre. Loue-moi, adore-moi, glorifie-moi ! Prie-moi d’être en toi ! Que toutes tes rencontres, tes paroles, tes pensées, ton but final n’aient d’autre objet que moi, afin que de ta profondeur tu atteignes ma hauteur.
  Ce monde ne passera pas avant que s’accomplisse tout ce qui est écrit dans la Révélation. L’humanité, soumise pour le moment à la purification qui va la faire renaître à la grâce, va se trouver sous peu dans l’état privilégié qu’avaient nos premiers parents au paradis terrestre. Cette félicité qui leur fut concédée au paradis attend tous ceux qui se convertissent et vivent dans l’amour des huit Béatitudes. »

Dans la première moitié de l’an 1986

Jésus m’a montré un tableau de l’avenir. J’ai vu passer d’est en ouest une boule qui jetait des étincelles rouges. Elle passait au-dessus de notre pays à travers les nuages. Après un instant, la boule s’ouvrit pour en laisser sortir la « Reine du monde ». Debout sur un nuage, elle descendit, sans toutefois se poser sur la terre, et contempla un moment le pays magyar, sa propriété. Elle répandit une grande grâce sur nous tous. Par cette grâce nous était accordé, à tous, de la voir, elle, la Très Sainte Vierge. Les cœurs des gens s’attendrirent soudain de bienveillance réciproque et se remplirent alors de repentir et d’esprit de pénitence. Les âmes étaient comme libérées du poids de leurs péchés. Chacun se précipita à genoux dans la « poussière de ses propres fautes ». Tous les gens, à quelques exceptions près, criaient pitié, le regard et les mains tendus vers le ciel. De ceux qui s’obstinaient, j’en vis mourir plusieurs.
  Cette vision est le signe avant-coureur du grand miracle promis au monde. C’est pourquoi la Mère de Dieu continuait à planer au-dessus de nous en s’éloignant vers le lieu (Garabandal) où cette grâce promise, le grand prodige, devra se produire. La boule avançait avec une lenteur peu ordinaire. Jésus me cita un nombre également, mais je ne peux le prononcer, même avec la plus grande envie de le faire. C’est un de ces cas où la mémoire me fait tout simplement défaut. Dieu se sert du voyage de cette boule pour arroser le monde entier de sa grâce, par Marie, la Mère immaculée.

Un vif souvenir

Me reste d’une vision datant des années 40. Ce fut à cette époque que Jésus me montra le bras de son Père céleste s’appesantissant sur la terre comme une sévère menace et la main miséricordieuse du Sauveur se glissant par-dessous. Comme cela ne suffisait pas, Jésus fit appel à sa Mère immaculée. Au moment où Marie glissa sa main suppliante sous celle de son divin Fils, le Père éternel retira sa main punitive. J’en conclus que la Sainte Vierge était la Médiatrice de la divine Miséricorde. Je tremble rien que d’y penser, tant cette vision m’a effrayée. C’est pourquoi je demandai à Jésus si la main du Père éternel s’était retirée. Le divin Sauveur répliqua :
« Confiance, mes enfants ! Le Père éternel a levé sa main miséricordieuse pour vous bénir. Nous ne l’avions pas laissé vous punir, moi par ma miséricorde, et ma Mère, par sa supplication. Par le Cœur immaculé de ma Mère, il vous fait grâce, à vous et au monde entier. »
  Et Jésus continua : « Mes enfants, en Hongrie aussi, vous pourrez voir l’arrivée solennelle de ma Mère immaculée. Je veux que mes enfants le sachent. Soyez prêts à l’arrivée de ma Mère. Accueillez-la, joyeux ! Acclamez-la dans un amour ardent ! Saluez son entrée d’un Hosanna ! Fleurissez son chemin d’Ave Maria et d’offrandes expiatoires ! »

Le 31 janvier 1987

  Dans la nuit qui finissait au jour de mon 86ème anniversaire, je remerciai Jésus de m’avoir laissé vivre si longtemps. Je lui dis : « Si vous m’aviez appelée dans l’éternité quand j’étais encore un bébé, cela aurait épargné à mon cœur les nombreux soucis qu’il a eus jusqu’ici et je n’aurais pas eu à verser des larmes sur les nombreux péchés commis durant ma longue vie, péchés qui ont causé à votre Cœur tant de souffrances. »
  N’espérant pas de réponse à mon propos, j’entendis cependant Jésus me dire : « Chère enfant, ta mère t’a enfantée dans le péché et au sacrement du baptême, je t’ai éveillée à une nouvelle vie par la grâce de ma miséricorde. Le baptême est le sacrement de la purification et de la renaissance sanctifiante. Tu es née une nouvelle fois, mais dans mon âme et dans ma grâce. Pour le moment, tu vis toujours en moi à l’état de bébé, sans le savoir. T c’est précisément parce que tu es petite que je t’aime et te protège. Tout ce qui s’est passé à ton sujet et en toi durant ces 86 ans a été l’œuvre de la grâce de mon divin amour. Que cette grande œuvre de mon amour te réjouisse et que cette joie te porte à m’aimer et à me louer ! Chaque fois que tu sens faiblir ton âme, remets-toi toujours à lire mes paroles, que tu dois noter ! Réjouis-toi avec moi, car je t’ai donné mon Cœur ! Aime-moi, car je te comble de mon amour depuis ta conception et persévère à te conquérir ! J’ai insufflé en toi le souffle de mon âme divine ! Prie-moi et loue-moi, et, dans ta louange, reste et pense toujours en moi ! Je bénis ton corps afin que tu me serves jour et nuit dans l’amour. Je me donne tout à toi, avec ma divinité et mon humanité, afin que jamais il ne t’arrive de manquer de quelque chose. »
  Ces paroles de Jésus, j’ai dû les noter à sa demande. Mais comme ces paroles prononcées par le Dieu vivant perdent de leur beauté céleste une fois écrites, je me suis appliquée des jours entiers à les reproduire pour en goûter plus longtemps la douceur. Ce vécu, impossible à citer ici dans sa totalité et dans sa perfection, Jésus l’a complété de la manière suivante :
« Chère enfant, prie pour les prêtres, afin que la grâce pousse les tièdes encore davantage que jusqu’ici et avec un élan accru à la conversion, à la pénitence et à l’esprit de sacrifice ! Attendez d’un cœur contrit l’avènement toujours plus proche de la grande époque ! »

1er octobre 1988, premier samedi du mois

  Marie : « Dans la situation critique et triste de cette génération, faute de prières expiatoires, beaucoup ne reçoivent pas l’indispensable surplus de grâce sans lequel ils ne se convertiront vraisemblablement as et seront perdus pour toujours.
  Mes chers enfants, comprenez-vous maintenant pourquoi je vous demande si fréquemment la prière expiatoire et vous appelle à une vie sanctifiée par des sacrifices ?
  Bientôt, vous entendrez parler de miracles, insoupçonnés aujourd’hui, que la grâce débordante a accomplis ces dernières années dans certaines âmes à cause des incessantes prières expiatoires.
Priez afin que le Père céleste, blessé par vos péchés, vous accorde à tous le pardon ! Je vous assure que vous obtiendrez le pardon et la grâce. »

8 octobre 1988, fête de Notre-Dame des Hongrois

  Jésus : « À cause des péchés commis sur le territoire du pays, vous vivez des jours pénibles. Je vous demande une heure de prière expiatoire supplémentaire par semaine, à pratiquer durant neuf mois.
   Le guide spirituel devra déterminer avec les participants le jour et l’heure. Des intentions énumérées ci-dessous, il en choisira une en alternant chaque semaine :
1. Les blasphèmes ;
2. La profanation du Saint Sacrement et des saints Noms de Jésus et de Marie ;
3. les péchés graves commis sous l’influence de l’alcool ;
4. le grand péché des mères qui ne permettent pas à leur enfant de venir au monde ;
5. pour les cambrioleurs qui commettent un meurtre pendant le vol ; qui jettent le Saint Sacrement à terre et le piétine ;
6. pour les enfants qui se disent croyants, mais qui ne mettent pas en pratique leur foi ;
7. pour le péché de mes enfants qui ne contractent pas un mariage sacramentel et qui vivent dans le mariage illégal ;
8. pour ceux qui nient mon existence divine et ne croient pas au salut de leur âme ;
9. pour tous les péchés qui ne sont pas mentionnés ci-dessus.

  Durant cette heure expiatoire, récitez les cinq mystères douloureux du Rosaire. Réservez un moment de silence et faites une communion spirituelle. Puis dites la prière suivante :

Esprit de Jésus, sanctifiez-nous !
Corps de Jésus, sauvez-nous !
Sang de Jésus, apaisez-nous !
Eau qui coule du flanc du Christ, purifiez-nous !
Souffrance du Christ, fortifiez-nous !
O bon Jésus, écoutez-nous !
Dans vos saintes plaies, cachez-nous !
Ne nous laissez pas nous écarter de vous !
Protégez-nous de l’esprit du mal !
A l’heure de la mort, appelez-nous !
Faites que nous parvenions à vous,
Pour vous louer avec vos saints,
Dans les siècles des siècles. Amen. »

  Jésus assure que si l’on récite cette prière une pluie de grâce inondera les âmes et arrosera la terre avec une telle force que le monde pécheur reviendra plus facilement à Dieu.
  Afin que nos prières expiatoires et nos sacrifices soient acceptés par notre Père céleste, nous devons les accomplir avec piété et une confiance inconditionnelle, en nous unissant à la Mère des Douleurs.
  Dans le cadre de cette heure supplémentaire de prière par semaine, il ne devra pas y avoir plus de trois variantes dans le choix et l’ordre des prières, afin que les participants s’y habituent et qu’elles deviennent comme la respiration de leur âme.
  Vous inclurez un Chemin de Croix ; il sera lu d’une commune voix par toutes les personnes présentes. L’heure expiatoire doit également englober les prières suivantes :
  Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu exerce sur lui son pouvoir, nous le demandons en suppliant. Et vous, Prince de la milice céleste, repoussez en enfer, par la vertu divine, Satan et les autres esprit malins qui errent dans le monde pour la perte des âmes.
  La prière de Fatima : Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas.

Novembre 1988

  Depuis quelque temps, nombreux étaient ceux qui venaient me voir en rapportant des paroles menaçantes prononcées par Jésus et Marie un peu partout dans le monde. Jésus me fit la remarque suivante : « Pourquoi te tourmenter de ce qu’il adviendra de toi ? Aujourd’hui, rien ne t’arrivera. Demain est entre mes mains divines. Il ne t’appartient pas encore ; je te le donnerai demain ! »
  Je lui rétorquai que de tous côtés on dit tant de choses atroces et que lui répète toujours « soyez sans crainte ! », mais que les gens demeurent malgré cela dans la crainte.
  Jésus : « Je ne ferai pas tomber sur vous quoi que ce soit qui causerait la perte de vos âmes. Je ne suis pas un monstre, mais la clémence même ! »

31 décembre 1988

  La chapelle de Budapest-Kutvölgyi Boldogasszony, consacrée à Marie, est depuis 1753 le centre de l’expiation et de la pénitence en Hongrie. Dans cette chapelle en bois, non chauffée en hiver, c’est le feu brûlant d’amour de Jésus dans la sainte Hostie qui réchauffe les fidèles. La foule s’y rend pour faire pénitence, en récitant le Rosaire devant le Saint Sacrement, y faisant monter vers Dieu des prières liturgiques, adressant à Saint Michel archange la prière recommandée par le pape Léon XIII à la fin du siècle dernier.
  C’est dans cette chapelle que fut affiché dès le 1er janvier 1989 un texte rédigé par Sœur Marie-Nathalie :
  Mes frères dans l’expiation,
  Je vous salue avec l’amour de Jésus et de notre Vierge-Mère. Je sis de cœur avec vous dans cette chapelle sanctifiée par vos prières. Dans cette demeure bienheureuse et sainte de la Mère immaculée, vos prières montent comme le parfum de l’encens devant notre Père céleste. Lui accepte vos prières et, plein de joie, déverse en récompense une pluie de grâces sur nous et sur les hommes qui souffrent tant.
  Durant l’année qui s’est achevée, Jésus et sa sainte Mère ont exprimé à plusieurs reprises leur joie à la vue de votre vie de prière, de sacrifice et d’expiation.
  Le bonheur m’envahit en sachant que Dieu répand d’abondantes grâces sur ses enfants hongrois dans l’expiation. Nous devons nous réjouir du fait que notre Mère prie avec nous, ce qui est source d’une grâce supplémentaire du Saint-Esprit en faveur du mouvement d’expiation en Hongrie.
  Je souhaite que Jésus et notre Mère immaculée prennent plaisir, durant cette nouvelle année encore, à notre vie de prière et d’expiation. Je prie la Sainte Vierge de vous accorder toutes les grâces utiles à votre âme et à votre corps. Et elle vous les accordera, mais ayez confiance ! Attendez-les avec patience !
  En vous serrant chacun sur mon cœur, je prie avec vous et pour vous.
Sœur Marie-Nathalie
MERE CELESTE, REINE VICTORIEUSE DU MONDE, MONTREZ VOTRE PUISSANCE !

  Jésus nous demande de dire souvent et avec confiance cette prière jaculatoire, puisque nous en sommes à l’ère mariale, afin que la « plénitude des temps » nous atteigne le plus tôt possible et que la Mère de Dieu puisse, spirituellement, réenfanter son divin Fils au monde. De même que Dieu n’a pas sauvé le monde sans l’aide de Marie, de même il ne le tirera pas de la perdition sans elle. Jésus me dit qu’il désirait voir le peuple hongrois reconnaître sa sainte Mère d’une façon particulière, la vénérer et l’aimer comme Reine victorieuse du monde, et cela, au même degré de reconnaissance, de vénération et d’amour que celui d’un enfant pour sa mère. Précisément parce que, en droit et dans le vrai sens du mot, la Sainte Vierge est Mère et Reine de ce peuple, du fait que saint Etienne lui a remis son pouvoir et qu’elle l’a accepté. La Mère de Dieu l’a très souvent affirmé, elle considère le peuple hongrois comme sa propriété. C’est pourquoi les années précédentes ont tellement été arrosées de sang et de larmes : c’était le chemin du Golgotha que devait gravir, à l’instar de sa Reine et Mère, ce peuple auquel elle promit aussi sa résurrection, intérieure s’entend. Jésus me le confirma naguère par ces mots :
« La Hongrie est l’héritage de ma Mère immaculée et sa seule propriété. Je viens donc vous aider de ma bénédiction et vous revêtir de la nouvelle tunique de la grâce. »
  Aux heures sombres de la deuxième guerre mondiale déjà, durant l’occupation du pays, dans le désespoir de ne pouvoir en sortir, Jésus m’encouragea ainsi : « Ne craignez rien ! Puissé-je écrire en lettres d’or à l’entrée de chaque maison en Hongrie : « La Hongrie ne périra pas, mais elle sera purifiée. Elle survivra à toutes les vicissitudes jusqu’à la fin du monde. »
  Les Hongrois doivent particulièrement prier pour l’avènement de leur Reine. Jésus compte là-dessus et m’en pria souvent :
« Chers enfants ne craignez rien ! Préparez dans la joie l’arrivée de votre Mère, la Reine victorieuse du monde ! Pour être le plus tôt possible à même de recevoir cette grâce, priez beaucoup, faites pénitence et offrez votre vie réglée sur son exemple ! »
« Mon Jésus, quelles grâces le peuple hongrois reçoit-il ? »
« Ma Mère immaculée, votre Reine victorieuse qui est aussi la Reine victorieuse du monde entier, n’entend pas vous faire faire des reconquêtes territoriales, mais elle désire et veut que le peuple hongrois apprenne à mieux la connaître et à l’aimer plus sincèrement. Elle veut porter le peuple hongrois sur son Cœur, moyen le plus sûr de l’acheminer vers moi, son divin Fils, car sa vie et son salut, c’est moi. »
  Récemment, Jésus me dit : « Réjouissez-vous ! Priez et ayez confiance ! Sur l’ordre de ma Mère immaculée, la terre s’inclinera devant Dieu. Le péché sera effacé. Les portes de l’enfer vont se fermer et l’effusion de sang sera tarie. La joie de la vie rénovée réjouira le ciel et la terre. L’être humain vivra de manifestations d’amour, d’adoration et de louanges à Dieu. »
« Quand cela se réalisera-t-il, mon Jésus ? _ « La grâce promise vous est toute proche ! » _ « Comment cela pourra-t-il se faire puisqu’on ne discerne chez les hommes aucune volonté de se corriger ? » _ « Ce que vos péchés vous ont fait perdre, à vous, à votre pays, à la sainte Eglise, mes enfants, vous l’obtiendrez par les mérites de ma Mère immaculée. Malgré toutes sortes de désastres, la puissance de ma Mère, puissance dont je l’ai revêtue, triomphera de tous ses ennemis. La victoire lui reviendra même si tout l’enfer se déchaîne. Ce que ma Mère accomplira comme Reine, s’accomplira selon l’ordre préétabli par la Très Sainte Trinité lors de la création du monde. Car je l’ai revêtue de la force de ma puissance divine, et chacune des trois Personnes divines l’a bénie. »

L’ANNONCE D’UNE EPOQUE MARIALE GLORIEUSE
Entretien du Dr J. Molnar avec Sœur Marie-Nathalie le 30 janvier 1990

  La rencontre avec Sœur Marie-Nathalie, qui vient de fêter son 90ème anniversaire, s’est déroulé dans une bourgade du comté de Vas, au nord-ouest de la Hongrie. La modeste demeure qu’habite Sœur Marie-Nathalie est la maison natale de son Directeur spirituel, un Père bénédictin, qui l’a mise à sa disposition. La surface habitable ne dépasse pas 100 m². C’est ici que Sœur Marie-Nathalie passe jours et nuits en expiation pour les péchés de ses compatriotes, plus particulièrement pour ceux des prêtres hongrois.
  Lorsque nous sonnons à la porte de ce «cloître » _ sans doute le plus petit du monde _, une jeune religieuse, pleine de gentillesse, nous amène d’abord à la chambre de Sœur Marie-Nathalie. Mais c’est devant le tabernacle, où le Seigneur est présent sous les voiles de l’hostie, que notre entretien va se dérouler, après que nous nous sommes agenouillés pour adorer, en silence, le divin Maître.
  Remarquables sont la simplicité, la fraîcheur spirituelle et la façon naturelle et admirable avec lesquelles Sœur Marie-Nathalie nous accueille.
  Au nom de Jésus, elle nous déclare :
« La jeunesse hongroise appartient à ma Mère immaculée. Je l’avais déjà élevée et je vais l’élever au plus haut degré de la grâce. Aucun des pédagogues n’atteint le niveau de ma Mère immaculée. C’est par Elle que je veux conquérir le monde. »
  Et voici le commentaire de Sœur Marie-Nathalie : La Sainte Vierge veut réveiller notre foi, la fortifier et la faire mûrir. La jeunesse hongroise constitue un moyen dans la main de Dieu. Par sa Mère, Jésus veut revêtir la jeunesse hongroise du vêtement de la grâce. Marie a reçu une grâce qui dépasse toutes les créatures, une grâce infiniment plus grande que n’importe quelle autre créature. Est-il besoin en 1990 de prouver à nouveau à tous les jeunes Hongrois que c’est la Reine qui transmet toutes les grâces pour le salut de la nation et que c’est elle, Marie, qui avec l’aide de la jeunesse hongroise veut réaliser des œuvres de grâces et de charité ?
  Puis Jésus poursuit son message :
« Mon Royaume, par ma Mère immaculée, je veux le sauver de tout mal. Cela, je l’ai confié à ma Mère.
  Mes enfants de Hongrie, avez-vous encore besoin de quelqu’un d’étranger pour comprendre la doctrine de l’évangile ? Est-ce que ceux venant d’ailleurs savent mieux vous enseigner que ma Mère ?
  Je vous ai octroyé la grâce nécessaire, mes enfants, pour que vous transmettiez mon message au monde par les œuvres d’expiation. Le pouvoir de ma Mère ne vous suffit-il pas ? Vous oseriez créer un obstacle qui empêcherait ma Mère immaculée de pouvoir vous aider et vous pensez fixer des limites à ma Mère, Médiatrice de toutes grâces ! »
  Sœur Marie-Nathalie poursuit :
  Lorsque nous nous sanctifions, lorsque nous expions, nous sommes encouragés, soutenus, exaltés par Jésus. D’autres peuples seront, par nous, sanctifiés à leur tour, car le monde entier doit s’approcher de Dieu.
  Si vous souffrez, si vous êtes dans l’inquiétude, c’est seulement votre corps qui souffre. Laissons souffrir le corps, laissons-le lutter, laissons-le peiner, mais notre âme, elle, laissons-la vivre dans une parfaite tranquillité. Par sa divinité, Jésus est capable de tout tourner à son avantage. Tous nos soucis peuvent disparaître. Il nous donne un monde nouveau. Vivons cet évènement. Croyons que Jésus pense toujours à nous, qu’il est toujours avec nous.
  Aime ton prochain, ne lui nuis pas. La Mère immaculée donne plus à la jeunesse hongroise que n’importe qui. Elle est notre maîtresse. Elle est notre refuge au temps des plus dangereuses crises politiques. Elle est notre Médecin qui non seulement établi le meilleur diagnostic, mais qui peut aussi nous apporter la guérison. Nous vivons tous sous sa tutelle et sous sa protection de Reine. C’est le mystère de notre survie.
  Nous ne devrions pas chercher à tout prix à deviner l’année, le mois, le jour des événements mondiaux désormais proches. Même les anges s’agenouillent devant les mystères de la Majesté divine. Dans l’expiation, dans la confiance totale, l’esprit s’ouvre. Ce n’est pas en cherchant à tout prix à percer les mystères divins que nous trouverons la paix…
  Les événements récents en Hongrie (quelques mois après la chute du mur de Berlin) sont une preuve que c’est en vain qu’ils veulent chasser Dieu de chez nous. L’humanité, désillusionnée par l’athéisme et le matérialisme, entrevoit la victoire de la Sainte Vierge qui dévoile les agissements et les plans des ennemis de Dieu visant à la conquête du monde. Avant d’entrer dans le 21ème siècle, Dieu veut intervenir directement dans l’histoire.
  La Sainte Vierge m’a communiqué que lorsque Satan va presque partout escompter sa victoire, lorsqu’il aura conquis le plus d’âmes pour lui, lorsqu’il croira, dans son orgueil infini, qu’il est capable de faire périr le bien et toute la création de Dieu, y compris les âmes, lorsque la vraie foi et la lumière ne vivront plus que dans quelques âmes, car les faibles ont toujours pu être dupés par le diable, c’est alors que la miséricorde et la grâce de Dieu triompheront définitivement. Ce sera la fin du grouillement du mensonge et le début du cheminement vers une paix sainte dans le monde.
  Que la confiance inépuisable et non la peur par manque de foi vive en nous ! Il nous faut repousser l’anxiété. Jusque dans des milieux jeunes, corrompus et déréglés, se multiplie le nombre de nouveaux baptisés, de nouvelles vocations, de nouveaux groupes de prière pour l’expiation des péchés.
  Dans ma joie, je dis à Jésus : « A cet âge je suis encore en vie et vous vous m’assure que vous voulez sauver des jeunes ! » Il m’a répondu : « Tu ne sais pas comment je sauve les âmes. C’est un mystère de savoir qui reçoit la grâce, quand et comment. Ce qui est petit, anodin et invisible pour vous, en moi est infiniment grand… Ce que vous recevez de moi, n’est-ce pas suffisant ? Je ne puis vous donner davantage, moi non plus, que ce que vous donne ma Mère immaculée. Pourtant elle est vôtre depuis dix siècles, à partir du moment où saint Etienne s’est dédié à elle, lui et son peuple. Là où ma Mère est présente, cet endroit devient un sanctuaire : la Hongrie est le sanctuaire de ma Mère… Bientôt vous serez ébahis par une surprise que l’esprit de l’homme ne peut inventer. Pour assumer sa magnifique tâche, la jeunesse hongroise doit se sanctifier. »
  Malgré le succès momentané du mal et du péché, à la fin triomphera la pureté, car le ciel est au-dessus de l’enfer, l’innocence au-dessus de la méchanceté.
  Les messages de Jésus et de Marie annoncent un changement historique pour notre époque. Ce que Jésus et Marie m’ont communiqué durant ma longue vie s’est toujours avéré exact. Or Jésus et la Mère victorieuse du monde veulent faire participer la jeunesse hongroise et avec elle celle du monde entier à leur béatitude…
  Jésus : « La jeunesse se corrompt-elle ? Par la force de a grâce, d’une manière mystique, le renouveau va bientôt se concrétiser. La jeunesse se purifiera. La grâce rend les jeunes gens évangéliques. Le Père céleste donne une grâce spéciale aux jeunes. La pratique de l’expiation reconduira les jeunes à une vie pure. Les jeunes eux-mêmes en seront stupéfaits. »
  Sœur Marie-Nathalie : A la vue de la justice du Seigneur de l’univers, nous serions tous paniqués. Marie, notre Mère immaculée, fait entendre la voix de la miséricorde. Elle répercute des paroles d’encouragement à se convertir, à expier, à prier et à être pieux.
  Ceux qui se sont égarés dans les labyrinthes du monde sont plus portés à croire aux visions floues et bruyantes qu’à la lumière de Dieu. S’ils ne se convertissent pas, ils seront perdus parce qu’ils croient vrai ce qui est faux.
  Jésus : « Ce monde s’est adonné au mal. Plus il est corrompu, plus il s’éloigne de moi. Cependant, il ne peut pas s’enfuir de mon amour. J’étends mon bras, qui est à la fois punition et miséricorde, vers lui. Il est miséricorde pour ceux et celles qui m’aiment, et punition pour ceux et celles qui refusent de l’accepter. Lorsque je vous parle, vous entendez la voix de Celui qui transcende tout. Lorsque j’étends mon bras vers vous, ma Mère immaculée vous apparaît pour que vous puissiez être sauvés. En commettant le mal, le mal devient débridé. Le monde est devenu un monde où le mal lui-même demande que l’on stoppe. La puissance de ma Mère est capable d’arrêter les montagnes qui s’écroulent ; elle peut retenir les fleuves qui débordent ; elle peut apaiser les orages au-dessus des océans houleux. Elle vous aide. »
  Evoquant la pensée que le monde est indigne de la miséricorde divine, Sœur Marie-Nathalie réagit promptement :
  A cause de la pratique de l’expiation, le Père céleste aura pitié de l’humanité. Beaucoup ne pourraient pas naître si advenait la calamité totale. La compassion miséricordieuse du divin Cœur sauvera ceux et celles qui seraient privés de la vie, et donc de la gloire éternelle si cette calamité arrivait.
  Nous vivons les dernières années de la puissance des ennemis de Dieu… Nous vivons présentement l’époque, abrégée et provisoire, du triomphe de Satan qui veut faire périr l’humanité.
Commentaire de M. Molnar : Par cette Apocalypse mariale Dieu veut entrer dans l’histoire de telle manière que chacun percevra l’évidence du sens de la vie et de la Vérité et ceci aidera chaque être humain à faire son choix entre Dieu et Satan. L’intervention de Dieu peut être récapitulée en quatre points :
1- Elle sera réalisée par l’intermédiaire de la Sainte Vierge
2- Il en résultera la purification du monde
3- L’Eglise elle-même sera renouvelée
4- Il fut prédit par saint Louis-Marie Grignon de Monfort qu’après cela viendra non seulement une époque de paix céleste, mais une ère de quasi second Paradis, durant lequel marie sera vénérée comme jamais auparavant et qui verra la proclamation par l’Eglise de deux dogmes, celui de Marie Co-Rédemptrice et celui de Marie Médiatrice de toutes les grâces.

  A  Sœur Marie-Nathalie il fut demandé pourquoi la paix annoncé tarde-t-elle encore à venir. Elle répondit :
  L’ouverture de la glorieuse époque mariale annoncée pour cette décennie ne va pas être reportée. Le Père céleste laisse encore un peu de temps à ceux et celles qui, touchés par la grâce, veulent enfin se convertir, faire pénitence et expier, se réfugier en Dieu. Même parmi ceux qui ont nié et renié Dieu beaucoup se convertiront et croiront. Cette grâce extraordinaire avant l’avènement de la punition sera donnée à l’humanité parce que le Père céleste a accueilli avec satisfaction l’expiation pratiquée dans le monde entier pendant de longues années. Pour ceux et celles qui se sont convertis et se convertiront les portes de l’enfer sont fermées. La grâce reçue au moment de leur conversion les protégera ; ainsi ils ne retomberont pas facilement dans leur péché.
  La Sainte Vierge intervient :
« Votre expiation a une telle force pour la simple raison qu’avec vous, Moi qui suis la Reine victorieuse du monde, j’expie et intercède pour vous auprès du Père céleste. »
  Paroles de Jésus :
« Si quelqu’un m’offense par des blasphèmes, par un avortement, par son comportement dévergondé, par ses péchés, cela heurte mon divin Cœur.
  Ne comble pas ma douleur par le fait que toi, créature humaine, tu juges et tu condamnes publiquement celui qui me fait du mal. Le jugement n’appartient qu’à Moi, les critiques désobligeantes, les insultes me font mal à Moi…
  Je cherche des amis selon mon Cœur. Occupez-vous de Moi et non des immondices… Après que vous êtes pardonnés, vos péchés n’existent plus pour Moi.
  Si j’efface tout, où sont vos péchés ? »

LE MONDE VA SE CONVERTIR
Second entretien du Dr J. Molnar avec Sœur Marie-Nathalie le 2 février 1991

  Sœur Marie-Nathalie : Je dis merci à Jésus pour avoir été baptisée le 2 février 1901, fête de la Chandeleur, et avoir été consacrée ce jour-là à ma Mère céleste, la Reine victorieuse du monde. Je suis heureuse d’avoir été chargée d’annoncer qu’avant le Jugement dernier et le Règne définitif de Dieu parmi ses élus, la terre, remplie de méchanceté, sera transformée en un monde de félicité humaine.
  La Sainte Vierge va rendre heureux les habitants de la terre, conformément à une décision de la Bonté divine. De Dieu ne peut venir que ce qui est conforme à son essence : félicité, joie, amour. Il va redonner à l’homme ce qu’il avait avant le premier péché et qu’il a perdu depuis lors. Cette grâce, Dieu l’a déposée entre les mains de la Reine victorieuse du monde, mais elle est destinée au monde entier. Malgré toutes les apparences contraires et son actuel succès, Satan va subir une déroute. Seul le Père des Cieux en connaît la date. Satan disparaîtra simultanément avec ses conquêtes et ses plans. La lumière de Lucifer est fausse, sa splendeur est artificielle. La méchanceté de Satan ne peut dépasser la bonté infinie de Dieu.
  La grâce fonctionne d’une manière mystérieuse. Je prie en union avec Jésus aussi bien en faveur de chaque être humain en particulier que pour le monde entier. La grâce nous transforme en un instant, tout d’un coup. La grâce est un miracle de Dieu, qui nous touche de sa propre grâce infinie. Par l’irruption de la grâce céleste, même le péché le plus grave se transforme en cendres. Tandis que nous nous mettons à genoux dans la cendre de notre misère, nous ne nous voyons pas parvenus à l’heure de la miséricorde divine et n’entendons pas la Sainte Vierge et les « anges » qui nous avertissent : « Convertissez-vous ! Le temps de la purification de ce monde est de plus en plus proche. »

Pourra-t-on ressentir les effets de cette grâce extraordinaire ?
  Oui. Jusqu’à notre époque le Ciel n’a encore jamais donné une grâce aussi nouvelle et aussi mystérieuse ; il n’y eut pas de don de l’au-delà qui, dans sa surabondance, aurait pu annihiler tous les péchés et toutes les situations qui conduisent au péché. Bientôt, le mal sera annihilé dans le malfaiteur, le péché sera annihilé dans le pécheur. La jalousie sera annihilée dans le jaloux. Nous serons quasi sans péché dans cette époque que l’on a dénommée « ère glorieuse mariale ».
  Cette époque heureuse va durer quarante ans, cinquante ans ou plus. Grâce à Dieu, l’homme sera comblé de nouveaux miracles, de nouvelles grâces, de la sainteté de Dieu. Notre nature encline au mal sera une nature encline au bien. Pour un certain temps, Satan sera enchaîné. Pour un certain temps, le mal qui se trouve dans l’homme cessera, comme si Jésus habitait en nous.
  L’effusion de cette grâce s’effectuera sans bruit. Tout et tous en seront emplis.

Est-ce que nous pouvons dire avec saint Jean que Dieu est amour ?
  Mais oui ! Dieu est amour. Je sais que je dois bientôt quitter cette vie terrestre. Dans mon « à-dieu » au monde je vois les choses dans leur entière simplicité. Je m’accroche à la force de la simplicité : Dieu me suffit. L’amour me suffit, car Dieu est amour et l’amour est Dieu. Dans presque toutes les gouttes de mon sang il y a quelque chose qui s’unit à Lui.

Peut-on espérer des jours meilleurs sans une intervention divine ?
  Dans une vision j’ai vu la miséricorde infinie de Dieu remettre la terre dans un état de paix, dans une béatitude sans crainte. Quel que soit l’effort de l’homme pour connaître le futur, pour sonder le comment de sa vie, l’avenir restera caché à ses yeux. Que ce ne soit donc pas la curiosité qui nous pousse à agir.
  Je m’incline devant la grandeur redoutable de Dieu. Je frémis à l’écoute de la voix béatifiante de Dieu : « Vous allez posséder le ciel et la terre. »
  Le Père omnipotent sait tout et utilise tout pour notre bien. Nous devons toujours penser que nous sommes des frères et des sœurs de Jésus, donc des enfants de la Mère immaculée. En ce moment, cela nous concerne, nous les enfants de Marie. La grâce nous donne une impulsion si puissante que j’aimerais, de cette pièce de 20 m² où tout délimite l’usage de mes membres, sortir et monter sur l’arbre le plus haut pour crier à haute voix : « Restez dans les bras de votre Mère et ne craignez rien, car, grâce à la miséricorde divine, la vie ne mène pas à la perdition ni au néant. »
  Je sais que des choses terribles se passent en ce moment dans le monde. Sans Notre Seigneur Jésus-Christ nous sommes sans espérance, tout est vain. Prions maintenant avec le plus grand nombre de personnes et le plus de conviction possible : « Notre douce Mère, notre chère Mère immaculée, venez, priez avec nous ! »
  Nous devons prier pour obtenir la grâce de la consolation et de la force, car nous vivons par la grâce. Prions pour que nous percevions, que nous ressentions les grâces qui nous sont accordées, car la grâce qui est perçue, ressentie, engendre des grâces nouvelles. La grâce qui est reconnue provoque l’expression de notre gratitude.

Quand tout cela arrivera-t-il ?
  Nous sommes dans l’attente d’une nouvelle époque dont la promesse est : Paix !
  Mais cette paix n’est pas encore arrivée. Beaucoup viennent chez moi et d’autres écrivent pour me demander : « Dis-nous, ma Sœur, quand tout cela arrivera-t-il ? » Comment pourrais-je répondre quand je ne le sais pas moi non plus ? Posez donc votre question directement à Dieu !
  Je comprends les gens de 1991. Saint Pierre lui-même a posé au Seigneur des questions osées et curieuses. Jésus lui a prédit la destruction du temple de Jérusalem, qu’il n’en restera pas pierre sur pierre, mais il ne lui a pas annoncé la date, ni l’année à laquelle cela se passerait.
  Concernant la parousie, Jésus signala seulement qu’il y aurait certains signes qui s’amplifieront et seront visibles à l’approche de cet évènement. Et il a prévenu les apôtres contre les faux prophètes, les faux messies…
  L’athéisme communiste a promis l’union révolutionnaire des peuples en 1917. Lénine, Staline se sont chargés d’écraser l’œuvre de la Rédemption et de créer sur terre un paradis terrestre. Satan a utilisé l’athéisme et l’utilise encore pour duper et fasciner l’humanité. Qu’est-il advenu du communisme et qu’en sera-t-il bientôt de l’athéisme ?
  Le malin a voulu créer l’unité pour laquelle Jésus a supplié son Père dans sa prière sacerdotale. C’est uniquement la grâce salvifique du Sauveur qui unira ce qui s’oppose aujourd’hui encore. Nous recevrons des grâces telles que nous pourrons nous améliorer et vivre quasi sans pécher.
  La grâce de la victoire a été déposée entre les mains de la Reine victorieuse du monde. Le monde n’a toutefois pas encore goûté les bienfaits promis par le Père, contre lesquels Satan s’acharne d’ailleurs avec véhémence.
  Je déclare que même dans cette très, très grave situation, la miséricorde divine ne vise ni la destruction, ni la souffrance et surtout pas l’anéantissement.

Que nous dites-vous ma Sœur, pour conclure ?
  N’oubliez pas qui est votre Mère. N’oubliez pas de qui vous êtes les enfants.
  Priez pour ceux qui sont sous le pouvoir de l’ennemi. Demandez au Seigneur de vous donner la grâce en suffisance pour que vous puissiez être capables de vaincre le mal.
  La grâce agit en silence. Lorsque nous sommes en état de grâce, Dieu nous sourit. Le Seigneur est très content lorsque nous remarquons qu’il agit en nous.
  La Sainte Vierge est au-dessus de nous. Elle attend avec tous ses anges, prêts à exécuter la volonté divine. La Parole de Dieu doit devenir réalité. Le Père a donné la terre à l’homme comme un don. Après le premier péché, l’humanité ne jouit plus de la paix paradisiaque. Mais la promesse d’une humanité pacifiée et vivant en conformité au plan du Créateur ne peut rester ensevelie : elle doit un jour devenir réalité et vie, et cela non seulement dans l’au-delà mais déjà dans ce monde.

CONSEILS CELESTES

La valeur de la messe

   C’est à l’heure de la mort que tu auras la plus grande consolation d’avoir assisté à de nombreuses messes, car tu apportes chaque messe avec toi au jugement. Elles intercèderont pour toi. Selon le zèle avec lequel tu y as assisté, ta peine temporaire au purgatoire sera diminuée.
  La messe efface les péchés véniels que tu n’as jamais confessés et Satan sera ainsi plus faible en face de toi.
  En assistant à a messe tu contribues à la plus efficace aide aux âmes du purgatoire. Une seule messe à laquelle tu as assisté durant ta vie vaut mieux que beaucoup d’autres que l’on offre pour toi après ta mort.
  En assistant à la messe, tu seras libéré de beaucoup de dangers, de calamités que tu ne pourrais autrement éviter.
  Chaque messe contribuera à ta gloire dans le ciel.
  Pour chaque messe tu pourras abréger les souffrances des âmes du purgatoire qui attendent que tu pries pour elles.
  En assistant à la messe tu recevras la bénédiction du prêtre, donc celle de Dieu qui est au Ciel.
  Durant la sainte messe tu t’agenouilles parmi les légions d’anges qui sont révérencieusement présents à la messe. De la messe, tu apportes avec toi la bénédiction de Dieu, également sur tes affaires terrestres.

Expiation

  Mes chers prêtres, vrais apôtres de mon Cœur Sacré !
  Vous tous, mes chers frères les hommes !
  Je suis très content, parce que vous êtes dans l’attente de mes instructions détaillées sur le sacrifice expiatoire, sur une prière plus méritoire…
  Mon désir est que vous insistiez sur la méthode à appliquer pour faire des sacrifices et que vous proposiez celle que Moi, votre Sauveur, j’ai appliquée.
  Pendant que vous récitez les prières expiatoires pour les âmes, votre propre âme grandit en beauté et en sainteté.
  C’est maintenant l’heure où vous devez répondre par un oui catégorique lorsque vous entendrez l’appel de la grâce :
  Jésus-Christ est la vraie et principale victime du sacrifice propitiatoire.

N’ayez pas peur des sacrifices !

  Sur le chemin de l’expiation, ma Mère immaculée vous attend pour que vous expiiez en union avec elle tant de péchés qui ont blessé le Père céleste et que vous aidiez de nombreuses âmes en les sauvant du désastre complet.
  Je vous le répète : N’ayez pas peur des sacrifices !
  Etant donné que vous êtes enfants du Sacrifice expiatoire, priez vaillamment, chantez les psaumes, faites pénitence. Faites, vous aussi, comme Moi dans ma vie.
  Vous devez vous entretenir avec Moi de chaque sorte de pénitence et faites-les seulement après avoir pris l’avis de votre Supérieur ou de votre Père spirituel, afin que l’adversaire ne puisse vous duper.
  Prenez le temps de méditer, de contempler. N’ayez pas peur ! Soyez toujours attentifs à ma voix qui parle à l’intérieur de votre conscience. Par elle, je vous dis quel moyen de pénitence vous devriez choisir et à quel moment. Par elle, je vous dis comment vous devez vous comporter face à de dures souffrances. Je vous assure que, si vous suivez mon divin appel, vous ne pourrez pas vous tromper.
  Faites des jeûnes, ne négligez as de vous abstenir de paroles superflues. Au moins une fois par jour, descendez dans le profond silence de votre cœur et pensez à Moi, votre Christ souffrant pour vous, pour que votre cœur et votre âme en soient fortifiés. Touchés par ma souffrance, causée par vos péchés, vous avez toutes les raisons de faire pénitence pour pouvoir vous approchez de Moi.
  Durant la nuit, veillez un peu avec Moi en signe de pénitence. Pendant la journée, rendez si possible plusieurs visites au Tabernacle. A ces moments-là, consolez-Moi, parlez-Moi, soyez attentifs à la voix qui se manifeste dans vos âmes… Tenez-en compte pour assumer vos obligations quotidiennes.
  Récitez vos prières apprises par cœur, de telle manière que mon amour puisse se faire entendre, que l’effet de ma voix puisse toucher le cœur de ceux et de celles qui ont été appelés à une vocation si sublime et vous y rendre fidèles, tout en contribuant au triomphe de l’Eglise et au bien éternel de beaucoup d’âmes.

Soyez parfaits !

  Je m’adresse à vous maintenant comme lorsque, durant ma vie terrestre, je parlais à mes apôtres bien-aimés. Je leur ai parlé du royaume de mon Père, de la béatitude de la vie éternelle, de l’amour de Dieu et du prochain. Je leur ai parlé un peu de tout, je leur ai dit ce que je vous dis en ce moment.
  Soyez parfaits comme mon Père céleste est parfait !
  Je sais que c’est une immense tâche que je vous demande. Mais n’ayez pas peur si vous m’aimez d’un amour pur. Moi, Jésus-Christ, plénitude de la perfection, je suis en vous comme vous en Moi. Réjouissez-vous !
  Pour le moment, votre existence en Moi est le mystère des mystères. Je vous révèlerai ce mystère lorsque votre âme jouira de la joie de ma gloire dans la maison du Père. Pour vous avoir accordé la grâce de ce grand mystère, bénissez-Moi !
  Mon désir est que ma voix clairvoyante soit la boussole de la grâce qui vous montrera et vus amènera à la possession heureuse de mon Amour, afin que votre amour puisse fusionner à jamais avec mon Amour.
  Vivez sous ‘effet de la grâce d’amour qui est unie à ma Volonté sacro-sainte. Sur le chemin de la vie, ne suivez personne d’autre que Moi. Dans l’humilité de votre amour, ne servez personne d’autre que Moi.
  Jésus interrompt ici son message pour laisser Sœur Marie-Nathalie faire le commentaire suivant :
  Ces jours-ci, mon âme fut remplie de la souffrance du Sauveur. Pour un instant, je me suis trouvée au pied de la croix sur laquelle Jésus allait mourir.
  Etant cloué sur la croix, Jésus ressentait une douleur terrible. J’ai jeté un regard sur son visage tuméfié. Ses yeux pleins de sang ont rencontré mon regard et ils se sont reposés sur les miens, comme s’Il était surpris de me voir là. Il m’a dit : « Ma chère enfant, tu as pour moi de la compassion. Tu es là avec moi au moment où ma souffrance est la plus atroce. » Je lui ai rétorqué : « O mon Jésus, vous qui à ce moment-là était humilié et bafoué, où pourrais-je être ailleurs qu’avec vous ? » Ne pouvant respirer qu’avec peine, Jésus m’a répondu : « Ma chère fille, puisque tu es avec moi sous la croix ensanglantée, je t’en prie, reste toujours avec moi. Si tu es avec moi, ma souffrance devient moins insupportable. » Puis, plus péniblement encore, d’un ton à peine perceptible, poussant un soupir, il me dit : « Les âmes, les âmes ! Je dois mourir sur la croix pour les âmes, je dois verser mon Sang sacré jusqu’à la dernière goutte pour le rachat des âmes, afin qu’elles puissent vivre avec moi éternellement dans le royaume de mon Père. »
  Alors j’ai embrassé sa croix ensanglantée et le Sang de Jésus est tombé sur moi et sur le monde entier. Tandis que je regardais le pied de la croix des choses magnifiques se sont produites, lesquelles dépassent la compréhension humaine. Le Christ a vu de ses propres yeux comment son Sang sacré a coulé sur la croix et a imbibé la terre à ses pieds. Personne n’a fait attention à cela. Même sa Mère immaculée, dont l’attention fut totalement attirée par la douleur extrême de son Fils, n’a pas remarqué le Sang qui imbibait la terre.
  Alors je vis le monde comme placé sur une montagne et sur le monde des millions de croix en bois. De son Sang sacré, auquel personne ne fit réellement attention, il arrosa l’une après l’autre ces croix, les sanctifia et les marqua d’un signe inconnu de moi et il les gratifia d’une promesse spéciale de grâce. Jésus dit alors :
« Quiconque, après ma mort sur la croix, ôtera son chapeau devant une croix placée sur un chemin, s’il s’agenouille et embrasse la terre devant elle, le désir de son cœur sera écouté et sa prière exaucée. »
  S’adressant aux innombrables croix, jésus dit : « Réjouissez-vous, je vous ai créées pour que vous soyez des arbres de gloire, car c’est en étant crucifié sur une croix que mon Père m’honora de racheter le monde… Bénissez mon Père dans le Ciel en le glorifiant et témoignez de moi jusque dans votre silence. »

Sœur Marie-Nathalie interrompt sa description pour laisser à nouveau la parole à Jésus :
« Mes chers fils, mes chers prêtres !
  En ce jour de souffrance, je m’adresse à chacun de vous. La grâce mystérieuse est le chemin sur lequel les personnes, à ma suite et à mon exemple, souffrent. Je fais appel à votre conscience, je vous attends. J’attends que vous vous mettiez en chemin, afin qu’après vous y être engagés vous puissiez avoir un avant-goût du ciel, de la béatitude éternelle.
  Je veux que vous soyez toujours heureux. C’est pour cela que je vous ai accordé la grâce immense du sacerdoce et j’ai fait de vous les amis de mon Cœur. Aussi longtemps que vous êtes les amis intimes de mon Cœur vous possédez ma confiance et vus aurez part à mon Amour éternel.
  Que la force de l’Esprit de Dieu soit avec vous et sur vous ! »

DIVERSES PRIERES DE GRANDE VALEUR

La grande offrande à Dieu le Père

  Père éternel, qui êtes aux cieux, Dieu dont la bonté, l’amour et la miséricorde sont sans fin !
  Par le Cœur maternel de Marie immaculée, douloureuse et pleine d’amour, je vous offre, en union avec saint Joseph, le glorieux père nourricier de ton Fils, avec tous les anges et tous les saints, au nom de l’humanité et des âmes du purgatoire, à chaque instant de ma vie, par amour, reconnaissance et esprit de pénitence, votre Fils Jésus-Christ que vous aimez par-dessus tout, corps et âme, divinité et humanité.
  Je vous offre, Père éternel, par amour, reconnaissance et esprit de pénitence, le Cœur de Jésus, transpercé par la lance.
  Je vous offre, Père éternel, par amour, reconnaissance et esprit de pénitence, toutes les blessures et douleurs de votre divin Fils.
  Je vous offre, Père éternel, par amour, reconnaissance et esprit de pénitence, l’atrocité de l’agonie de votre divin Fils au Jardin des Oliviers et de son abandon sur la Croix.
    Je vous offre, Père éternel, par amour, reconnaissance et esprit de pénitence, le chef couronné d’épines du Christ, siège de la divine sagesse, dans son éternelle beauté et majesté.
  Acceptez aussi, Père éternel, l’aimable visage de Marie, votre fille aimée par-dessus tout l’épouse du Saint-Esprit.
  Acceptez, Père éternel, par amour, reconnaissance et en esprit de pénitence, toutes les saintes messes déjà célébrées ou en cours de célébration.
  O Père éternel qui êtes aux cieux, dans votre bonté et votre miséricorde, accueillez les Cœurs unis de Jésus et de Marie, en expiation pour les péchés du monde entier, pour l’apaisement de votre divine colère, pour la glorification de la Très Sainte Trinité, la sainte inspiration du Saint-Père, des cardinaux, évêques, prêtres et religieux, pour la délivrance de toutes les âmes du purgatoire et le salut de tous mes proches, amis et ennemis. Amen.

Prière expiatoire au Sacré-Cœur de Jésus

  Très saint Cœur de Jésus, votre infinie bonté répand votre amour sur l’humanité pécheresse et lui montre un asile assuré dans le Cœur immaculé de Marie.
  Humbles et repentants, nous reconnaissons avoir beaucoup péché en pensées, en paroles et en actions : par la tiédeur dans la foi, indifférence dans le service divin, manquements à l’amour du prochain et au devoir d’état, par froide ingratitude à l’égard de votre amour. Ainsi, nous avons mérité un juste châtiment.
  C’est pourquoi nous vous demandons pardon et implorons votre miséricorde ! Ayez pitié de nous, au nom des mérites infinis de votre Passion et de votre mort sur la Croix. Nous nous confions à votre miséricorde par les mérites du Cœur immaculé de Marie, notre Mère qui a souffert avec vous toute la Passion.
  En expiation et en pénitence de nos péchés, nous acceptons pleinement toutes les épreuves et toutes les souffrances que vous nous enverrez.
  Nous voulons revenir à une foi confiante comme celle d’un petit enfant, nous voulons prier davantage et vous aimer pour ceux qui ne croient pas, qui ne prient pas et qui ne vous aiment pas.
  Très saint Cœur de Jésus, par le Cœur immaculé de Marie, louange et gloire à vous ! Agréez notre expiation ! Amen.

Prière expiatoire au Cœur immaculé de Marie

  O Cœur immaculé de Marie, humbles et pleins de repentir de nos propres péchés, nous voulons expier et faire amende honorable pour tous les péchés qui ont blessé si gravement le Cœur adorable de votre divin Fils et torturé votre propre Cœur.
  Nous vous demandons pardon, à cause de nos propres manquements, notre ingratitude et notre froideur à votre égard. Nous vous demandons pardon pour tous les pécheurs qu’aveuglent l’ignorance, la passion ou la méchanceté.
  O Cœur immaculé de Marie, nous avons confiance en vous, et recourons à vous également pour tous ceux qui ne vous aiment pas, qui n’on pas confiance en votre amour et en votre bonté de Mère et qui ne vous invoque pas.
  De même, nous sommes prêts, comme vous l’avez demandé aux trois enfants à qui vous êtes apparue à Fatima, à faire don de nous-mêmes à Dieu, en acceptant de tout lui offrir et de supporter toutes les épreuves en expiation des nombreux péchés qui offensent la divine Majesté, pour la conversion des pécheurs et en réparation des blasphèmes et de tous les outrages infligés à votre Cœur immaculé.
  Daignez, ô Mère, convertir les pécheurs et leur révéler, à eux aussi, le refuge assuré de votre Cœur immaculé où leurs blasphèmes feront place à la louange de Dieu, leur incrédulité se muera en foi, leur indifférence en prière et leur haine en amour.
  Obtenez-nous la grâce de ne plus offenser le Seigneur Dieu qui en a déjà tant souffert. Obtenez-nous de votre divin Fils la grâce de persévérer dans cet esprit de pénitence et d’imiter votre Cœur immaculé dans la pureté de conscience, l’humilité et l’esprit de sacrifice, le vrai amour de Dieu et du prochain.
  O Cœur immaculé de Marie, soyez loué, vénéré et aimé. Nous avons confiance en vous ! Assistez-nous dans tous les combats, afflictions et dangers, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Prières jaculatoires quotidiennes au Cœur immaculé de notre Mère et souveraine

  O Mère, nous nous consacrons à votre Cœur douloureux et immaculé, afin que notre consécration au Cœur de Jésus, votre Fils et notre Frère, s’en trouve renforcée, lui qui repose dans le Cœur de son Père et dans l’Amour de l’Esprit-Saint. Amen.

  O Cœur douloureux et immaculé de Marie, je me consacre à vous, corps et âme, pour le temps et pour l’éternité, avec tous les miens et tous les pauvres pécheurs. Amen.

  O très bonne et très aimante Mère, permettez que par votre Cœur immaculé j’accomplisse, à votre exemple, tout ce que Dieu veut et demande de moi. Amen.

  O Cœur immaculé de Marie, prenez moi comme je suis et faites de moi ce que vous voulez que je sois pour vous. Amen.

  O Marie, vous êtes ma Mère, c’est à vous que j’appartiens.
  O Marie, vous êtes ma Reine, c’est vous que je sers.
  O Marie, vus êtes ma Souveraine, c’est à vous que j’obéis.
  O Marie, vous êtes ma préceptrice, c’est vous que j’écoute.
  O Marie, vous êtes mon étoile, c’est vous que je suis.
  O Marie, vous êtes ma force, c’est avec vous que je lutte.
  O Marie, vous êtes mon appui, c’est en vous que j’ai confiance.
  O Marie, vous êtes ma demeure, c’est en votre Cœur immaculé que je veux me réfugier, aimer, souffrir et mourir. Amen.

  O vous, notre Mère, notre Vierge et Souveraine tendrement aimée, envoyez-nous votre esprit pour toutes nos activité, ainsi que votre protection, votre amour et votre secours pour la journée entière. Permettez-nous et permettez à tous les prêtres de trouver demeure en votre Cœur immaculé. Amen.

  O Mère admirable, je vous supplie de mettre, à la place de mon cœur de pécheur votre Cœur immaculé, afin que le Saint-Esprit puisse agir en moi et votre divin Fils y grandir. Soyez favorable à ma demande, vous la puissante et fidèle dispensatrice de toutes les grâces. Amen.

Neuvaine au Cœur immaculé de Marie

Prière d’introduction de la neuvaine

  Céleste Mère et Souveraine, nous nous réfugions, animés d’une confiance filiale et d’un élan d’amour, auprès de votre Cœur maternel et immaculé pour le louer et le glorifier, et pour invoquer sa puissante intercession.
  Cet humble honneur que nous vous rendons, nous l’associons à la splendeur des louanges que vous rendent sans cesse et avec un zèle infatigable les bienheureux chœurs angéliques, les saints du ciel et vos serviteurs sur la terre, et surtout à l’insurpassable glorification dont vous entoure la Très Sainte Trinité, vous qu’elle s’est choisie pour Fille, Epouse et Mère. Souvenez-vous de nous, ô Marie, de nous qui soupirons en cette vallée de larmes et vous supplions, pleins de confiance. Les grâces que nous demandons par cette neuvaine, daignez nous les obtenir de Dieu. Amen.

Premier jour : 

O Cœur immaculé de Marie, resplendissant de pureté !
  Vous êtes la plus belle fleur du jardin de Dieu. Vous êtes ce paradis merveilleux que nul péché n’a profané. Accordez-nous la grâce d’éviter de toutes nos forces la moindre peine que nous puissions faire à Dieu, et, à votre exemple, de servir Dieu d’un cœur pur et sans tache.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

Deuxième jour :

O Cœur immaculé de Marie qui avez voué votre virginité au Dieu de suprême majesté ! Vous êtes le lys intact, l’oasis verdoyante et fleurie dans le désert du monde, celle qui a charmé le regard de Dieu. Attirez les âmes en grand nombre dans le sillage de votre virginité, afin qu’elles résistent aux séductions de la terre pour se donner à Dieu sans partage.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

Troisième jour :

O Cœur immaculé de Marie, brûlant d’amour divin ! Vous êtes la flamme allumée par le Saint-Esprit lui-même et nourrie de l’huile de son amour. Dans votre Cœur cette sainte ardeur ne s’éteint jamais.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

Quatrième jour :

O Cœur immaculé de Marie, absorbé dans votre pieuse contemplation ! Vos pensées et votre esprit sont restés inséparables de Dieu. C’est dans le silence de votre sainteté que vous avez médité les paroles de Votre Fils et les mystères de la Rédemption. Chassez les distractions qui perturbent notre recueillement et dirigez notre esprit vers Dieu.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

Cinquième jour : 

O Cœur immaculé de Marie, modèle d’humilité ! La richesse de vos grâces et de vos vertus vous ont permis de descendre dans le val de l’humilité. C’est votre esprit de modestie et d’humilité qui a trouvé grâce devant Dieu et décidé le Fils de Dieu à prendre demeure dans votre Cœur. Initiez-nous à cette humilité qui nous fait nous soumettre en tout à la volonté de Dieu.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

Sixième jour :

O Cœur immaculé de Marie, éprouvé par tant de douleurs ! Comme Mère du Christ et corédemptrice de votre Fils, vous avez bu jusqu’à la lie au calice de la Passion. Aidez-nous à supporter avec courage les souffrances que la sagesse de Dieu nous a réservées pour être la partie la plus précieuse de notre vie terrestre.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

Septième jour : 

O Cœur immaculé de Marie qui prenez tant à cœur le salut éternel des âmes ! Souvenez-vous des pauvres pécheurs entraînés à vivre loin de Dieu parce qu’ils sont empêtrés dans les filets de leurs passions. Aidez-les à faire sauter les mailles qui les retiennent loin de la liberté des enfants de Dieu et les vouent à l’esclavage de Satan.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

Huitième jour :

O Cœur immaculé de Marie, amoureusement préoccupé de l’Eglise du Christ ! C’est au pied de la Croix que vous êtes devenue la Mère de l’humanité et de la sainte Eglise. Intercédez sans cesse auprès de Jésus pour son épouse bien-aimée, son Eglise sur la terre, et protégez le Pape, les évêques et les prêtres ainsi que tout le peuple de Dieu, du péché et de l’influence du démon.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

Neuvième jour : 

O Cœur immaculé de Marie, Cœur de notre Souveraine ! A la fin de votre séjour douloureux sur cette terre, le Seigneur est venu vous chercher pour vous emmener dans la félicité céleste. Corps et âme vous avez été emmenée au ciel pour y recevoir la couronne de Reine. Exercez la puissance dont le Seigneur vous a dotée pour venir à tout instant à notre secours. Que votre tendre supplication nous rende un jour dignes de recevoir l’immortelle couronne.
  Ave Maria…
  Litanies du Cœur immaculé de Marie.

  A la fin de la neuvaine, on dira la confiante offrande au Cœur immaculé de Marie pour le salut du monde :
  O Père céleste, je vous offre, par le cœur immaculé de Marie, Jésus votre Fils bien-aimé, tel qu’il s’est offert jadis sur la Croix et qu’il s’offre encore maintenant, sans interruption, sur les autels.
  Par le Cœur immaculé de Marie, acceptez favorablement cette victime sans tache, pure et sainte, et ayez pitié de nous.
  Ne permettez pas que le sang de votre Fils se répande en vain sur les autels.
  Ne permettez pas que les supplications du Cœur de Marie pour le salut du monde soient vaines.
  C’est par cette offrande et cette supplication que j’invoque votre paternelle bonté.
  Accordez le pardon aux pécheurs, les dernières grâces de salut aux mourants, la paix aux nations et l’unité et le triomphe à toute l’Eglise. Amen.

Litanies du Cœur immaculé de Marie

Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, ayez pitié de nous
Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, écoutez-nous
Jésus-Christ, exaucez-nous
Père céleste qui êtes aux cieux, ayez pitié de nous
Dieu le Fils, Sauveur du monde, ayez pitié de nous
Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous
Sainte Trinité qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous
Cœur de Marie, priez pour nous.
Cœur de Marie, créé selon le Cœur de Dieu, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur de l’Immaculée Conception, priez pour nous.
Cœur de Marie, digne demeure du Saint-Esprit, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur de la Mère de la Sagesse divine, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur de la Mère du Verbe divin, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur de la Mère du bel Amour, priez pour nous.
Cœur de Marie dont l’amour est plus fort que la mort, priez pour nous.
Cœur de Marie transpercé du glaive des douleurs, priez pour nous.
Cœur de Marie offert avec le Christ au pied de la Croix, priez pour nous.
Cœur de Marie, image du Cœur de Jésus, priez pour nous.
Cœur de Marie, délices du Cœur de Jésus, priez pour nous.
Cœur de Marie, tabernacle de la sainteté, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur de la dispensatrice de toutes les grâces, priez pour nous.
Cœur de Marie, salut des pécheurs, priez pour nous.
Cœur de Marie, consolation des affligés, priez pour nous.
Cœur de Marie, réconfort des abandonnés, priez pour nous.
Cœur de Marie, refuge des désespérés, priez pour nous.
Cœur de Marie, accueil des persécutés et des angoissés, priez pour nous.
Cœur de Marie, espérance des agonisants, priez pour nous.
Cœur de Marie, rempart des peuples dans leurs détresses, priez pour nous.
Cœur de Marie, armure de l’Eglise dans sa lutte contre les puissances des ténèbres, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur de la Reine victorieuse des hérésies du monde entier, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur de la glorieuse Reine de l’univers, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur de notre Mère, priez pour nous.
Cœur de Marie, Cœur digne des plus grandes louanges, priez pour nous.
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.
Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
Afin que nos cœurs s’enflamment au contact de la divine flamme dont votre Cœur est inexprimablement embrasé.
Oraison : Dieu éternel et tout-puissant, vous avez préparé, dans le Cœur de la bienheureuse Vierge Marie, une digne demeure pour l’Esprit-Saint. Accordez-nous et à tous ceux et celles qui vénèrent son Cœur immaculé, la grâce de lui ressembler toujours davantage. Par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

Neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur de Jésus 

Chacun des neufs jours, on priera :
  Notre-Dame du Sacré-Cœur, considérez l’inestimable puissance que votre divin Fils vous a donnée sur son Cœur adorable. Pleins de confiance, nous venons implorer votre protection.
  O  céleste trésorière du divin Cœur, source inépuisable de toutes les grâces qu’il vous est permis d’ouvrir à votre gré, veuillez en faire couler continuellement sur toute l’humanité comme sur nous les trésors d’amour et de miséricorde et la lumière du salut. Veuillez nous accorder aussi toutes les grâces que nous vous demandons humblement, avec une confiance filiale, par cette neuvaine. Nous vous remercions de votre secours maternel.
Salve Regina.

Acte de contrition (pouvant se dire au nom des agonisants)

  Mon Jésus, miséricorde ! Par amour pour vous, je me repens de tout mon cœur de tous mes péchés, parce que j’ai offensé, en les commettant, mon souverain Bien.
  Je veux vivre et mourir uni à vous. Je mets toute ma confiance en votre infinie miséricorde. Mon Jésus, pardonnez-moi tous mes péchés. Amen.

Prière devant le Saint Sacrement exposé

  Seigneur Jésus-Christ, Fils du Très Haut, nous vous rendons grâces pour l’incomparable bienfait de votre présence divine que vous maintenez sans cesse parmi nous, pécheurs. Vous êtes la Bonté infinie, l’Amour et la Miséricorde, la Lumière, la Vérité et la Voie, la Force, la Sagesse et la Justice. Vous êtes la Paix et le Refuge des âmes. Vous êtes l’éternel Verbe de Dieu qui s’est fait Chair et habite parmi nous jusqu’à la consommation des siècles. Rien ne nous manque désormais ! A vous, au Père et au Saint-Esprit soient louange et gloire, reconnaissance et vénération dans les siècles des siècles. Amen.

PRIERES POUR LA SANCTIFICATION QUOTIDIENNE

Vous prenez soin de moi

O Dieu tout-puissant, toute sagesse et toute bonté ! Je vous rends grâce de m’avoir permis de venir à vous dans mes peines, grandes et petites. De même que vous vous êtes occupé de moi dans le passé, vous voulez bien être près de moi et vous occuper de moi ce jour-ci également. Débarrassez-moi de mes doutes et donnez-moi la force de ne craindre aucune difficulté et de me confier entièrement à vous. Secourez-moi dans toutes les tâches qui m’incombent aujourd’hui. Assistez-moi aussi quand j’ai des épreuves douloureuses à subir.
  Quoi qu’il m’arrive, vous le tournez à mon avantage. Que de motifs de vous être reconnaissant !
  Mon Souverain et mon Dieu, de quelles misères vous m’avez sauvé, que de fois vous m’avez consolé dans la tristesse ! Vous m’avez fait don du pain quotidien, vous m’avez rendu la santé, vous m’avez aidé à redresser la barre lorsque je faisais fausse route. Vous avez écouté mes prières.
« Loue le Seigneur, mon âme ; n’oublie jamais tous ses bienfaits ! » (Ps 102,2)

O Père, je suis votre enfant et votre propriété

  A vos yeux, mon Dieu et mon Père, chaque être humain a une valeur. Vous estimez chacun pour ce qu’il est en lui-même, tout en vous occupant de tous. Comme vous avez pris soin de moi jusqu’à présent, vous continuerez à me protéger, j’en suis certain. Vous voulez que je vous appartienne et que je me considère comme votre enfant. Et je suis heureux de vous appartenir. Je vous rends grâce pour la rédemption et votre grâce auxiliatrice, de sorte que je n’ai rien à craindre aujourd’hui.
« Chacun m’appartient, je l’ai créé pour ma gloire. » (Is 43,7)

Jésus-Christ, vous êtes mon Sauveur

  Mon Sauveur bien-aimé, je vous remercie de ce que fait votre amour pour moi : il me poursuit amoureusement partout où je vais. En cherchant le bonheur, je constate que je n’arrive à rien en me mettant à la poursuite des choses qui passent, si vous n’êtes pas avec moi. Et mon cœur sombre dans l’inquiétude. En cherchant ma satisfaction, je vois que l’être humain ne peut pas vivre que de pain terrestre, mais qu’il a besoin de la Parole qui sort de la bouche de Dieu. Seigneur Jésus, soyez mon Sauveur et mon Salut ! Et n’abandonnez pas non plus ceux qui ne veulent rien savoir de vous !
« Le Fils de l’homme est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19,10)
 
 

 

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