Le DEUTÉRONOME
Études sur la Parole de Dieu
par J.N. Darby
Cette édition ne diffère du texte original que par l&rsquoajout, entre les paragraphes, des titres et sous-titres et subdivisions, ainsi que par l&rsquoindication, dans le texte, de la référence des versets bibliques dont l&rsquoauteur fait le commentaire ou qu&rsquoil cite
Table des matières abrégée :
Table des matières détaillée :
0.1 [Contenu du livre : état historique d&rsquoIsraël dans ses relations avec Dieu]
0.2.1 [Trois parties distinctes]
0.2.2 [chap. 1-11 &mdash Motifs pour engager le peuple à l&rsquoobéissance]
0.2.2.1 [chap. 1-4 &mdash Partie distincte, avec le rappel de l&rsquohistoire du peuple]
0.2.2.2 [Peine prise par Dieu pour inciter le peuple à obéir]
0.2.3 [chap. 12-29 &mdash Commandements et conséquences de leur respect ou non]
0.2.4 [chap. 30-34 &mdash Vision des choses à venir encore cachées]
0.2.4.1 [Justice par la foi, quand le peuple a failli quant à la loi]
0.2.4.2 [Christ, but et fin de la loi selon Dieu]
1.1 [Soins de l&rsquoEsprit pour montrer tous les motifs pour être fidèle]
1.2 [Récit du cheminement du peuple jusque-là]
1.3 [Israël dans le désert, manifestation de la bonté et de la patience divines]
2.1 [Fondements du gouvernement d&rsquoIsraël]
2.2 [Les villes de refuge, marque de la possession du pays par Dieu]
4.1 [Exhortation au peuple à aimer Dieu et à Lui obéir]
4.2 [Transmission du souvenir de l&rsquo&oeliguvre de l&rsquoÉternel en Égypte]
9.1 [Ordonnances liées à la conduite du peuple en relation avec Dieu dans le pays]
9.1.1 [Alliance supplémentaire avec Dieu]
9.1.2 [Maintien de la pureté dans les relations du peuple avec Dieu]
9.1.3 [Relation immédiate entre le peuple et Dieu, hors sacrificature]
9.2 [Premier principe de relation : choix d&rsquoun lieu pour offrir à Dieu]
11.1 [ch. 14 v. 1-21 &mdash Israël doit être saint pour Dieu, se gardant de toute souillure]
11.2 [ch. 14 v. 22-29 &mdash Dîmes et prémices offerts à Dieu]
11.2.1 [ch. 14 v. 22-27 &mdash Communion avec Dieu dans le lieu choisi par Lui]
11.2.2 [ch. 14 v. 28-29 &mdash Mise à disposition des dîmes de la troisième année chez soi]
11.2.3 [Caractères des dîmes présentées à Dieu]
11.2.3.1 [Jouissance de ce que Dieu a donné avec Lui et en communion ensemble]
11.2.3.2 [Absence des sacrificateurs comme intermédiaires entre le peuple et Dieu]
11.2.3.3 [Jouissance apportée par la grâce à tous ceux qui en ont besoin]
13.1 [L&rsquoÉternel entouré de Son peuple béni, dans Ses fêtes]
13.2 [Fêtes réunissant le peuple autour de son Dieu]
13.2.1 [ch. 16 v. 1-8 &mdash La Pâque, rappel de la délivrance]
13.2.1.1 [Délivrance du mal par Dieu, et amertume liée à la repentance]
13.2.1.2 [Obligation de sainteté, et rassemblement autour de Dieu]
13.2.2 [ch. 16 v. 9-12 &mdash La Pentecôte, image des effets de la puissance du Saint Esprit]
13.2.2.1 [Offrande volontaire des prémices à Dieu, et bénédiction de Lui]
13.2.2.2 [Offrande de franche volonté et joie, par la bénédiction divine par l&rsquoEsprit]
13.2.2.3 [Joie commune découlant de la grâce connue par l&rsquoEsprit]
13.2.2.4 [ch. 16 v. 12 &mdash Souvenir amenant la grâce et l&rsquoobéissance]
13.2.3 [ch. 16 v. 13-15 &mdash Fête des Tabernacles, joie complète dans la bénédiction divine]
13.2.3.1 [Type de la joie millénaire d&rsquoIsraël rétabli et béni par Dieu]
13.2.3.2 [Joie actuelle et joie future, contraste entre les deux fêtes]
13.2.4 [ch. 16 v. 16-17 &mdash Principe des trois fêtes : paraître devant Dieu avec des offrandes]
13.3 [ch. 16 v. 18 à 17 v. 7 &mdash Instruments du jugement de Dieu]
14.1 [ch. 17 v. 8-13 &mdash Jugement selon Dieu des affaires du peuple]
14.2 [ch. 17 v. 14-20 &mdash Commandements pour le roi voulu par le peuple]
15.2 [Part des sacrificateurs au milieu du peuple d&rsquoIsraël]
15.2.1 [Peuple conduit par les sacrificateurs, en application de la loi divine]
15.2.2 [ch. 18 v. 1-5 &mdash Service et part des sacrificateurs dans le pays]
15.2.3 [Le peuple est toujours responsable devant Dieu, quelque soit l&rsquoautorité sur lui]
15.2.4 [Participation du peuple et du sacrificateur aux dîmes, aux dons et aux prémices]
15.2.5 [Différence de position des sacrificateurs entre les Nombres et le Deutéronome]
15.2.5.1 [Part différente des offrandes et des dîmes, et de la proximité de Dieu]
15.2.5.2 [Arrangements du tabernacle dans le désert, pour des pèlerins en marche]
15.2.5.3 [Jouissance du peuple dans le pays promis, dans la présence de Dieu]
15.2.5.4 [Cas particulier des prémices du pays, offertes à Dieu et pour le sacrificateur]
16.1 [Ordonnances pour le peuple dans le pays, pour marcher selon Dieu]
16.2 [Distinction pour celui qui tue un homme, et jugement du faux témoin]
18.1 [Principes des voies de Dieu envers Israël]
18.2 [Résumé des sujets du chap. 16 v. 18 à 21 v. 23]
18.2.1 [Autorités employées par Dieu pour maintenir le peuple dans le chemin de Sa volonté]
18.2.2 [Directions pour le service et l&rsquoobéissance ; purification du sang versé sur la terre]
18.2.3 [Les villes de refuge, image d&rsquoIsraël par rapport à la mort de Christ]
18.2.4 [chap. 20 &mdash Directions pour la guerre et la bénédiction de Dieu avec le peuple]
18.2.5 [ch. 21 v. 1-9 &mdash Expiation du sang versé par ignorance, image de Christ]
18.2.6 [ch. 21 v. 10-23 &mdash Directions pratiques et principes de Dieu envers Israël]
20.1 [Ordonnances de Dieu dans divers sujets de la vie courante]
20.2 [Enseignements de bonté de Dieu à Son peuple sous la loi]
21.1 [ch. 25 v. 1-16 &mdash Suite des ordonnances pour la vie du peuple]
21.2 [ch. 25 v. 17-19 &mdash Pas de paix avec Amalek, ennemi de Dieu]
22.1 [Culte selon Dieu dans la jouissance du pays]
22.1.1 [ch. 26 v. 1 &mdash Situation du peuple dans le pays, selon le sujet du Deutéronome]
22.1.2 [Adoration et actions de grâces plutôt que sacrifices pour le péché]
22.1.3 [Esprit dans lequel le culte est rendu]
22.1.3.1 [Profession de jouir du résultat de la promesse, selon la bonté et la fidélité de Dieu]
22.1.3.2 [Confession de la misère passée et de la rédemption par l&rsquoÉternel seul]
22.1.3.3 [Jouissance des bénédictions de Dieu avec Lui, dans un esprit de grâce]
22.1.3.4 [Sainteté de l&rsquoadorateur, dans les choses consacrées à Dieu]
22.1.4 [ch. 26 v. 16-18 &mdash Lien entre Dieu et Son peuple, selon Ses commandements]
22.2 [Sanction de l&rsquoobéissance ou non à la loi]
23.1 [ch. 27 v. 1-3 &mdash Écriture de la loi, condition de jouissance du pays]
23.2 [Bénédiction et malédiction du peuple, selon la loi]
23.2.1 [Malédiction pour celui qui viole la loi, dans un peuple en communion avec Dieu]
23.2.2 [Absence de la bénédiction, car Christ seul a pu accomplir la loi]
23.3 [Conditions de jouissance du pays promis]
23.3.1 [Contraste entre les chap. 26 et 27]
23.3.2 [Alliance faisant du peuple le peuple de l&rsquoÉternel]
25.1 [Application des principes du gouvernement divin à la conscience du peuple]
25.2 [ch. 29 v. 29 &mdash Conseils secrets de Dieu en faveur du peuple, malgré leur conduite]
26.1 [Nouveau principe après les conséquences de la désobéissance et le retour]
26.1.1 [Israël subissant les conséquences de la violation de la loi]
26.1.2 [Retour de c&oeligur du peuple à l&rsquoÉternel, et bénédiction de Celui-ci]
26.1.3 [Retour du c&oeligur quand la justice par la loi est impossible, accompli en Christ]
26.2 [ch. 30 v. 19-20 &mdash Choix entre le bien et le mal, et ses conséquences]
28.1 [ch. 32 v. 1-47 &mdash Cantique de Moïse, basé sur la chute du peuple]
28.1.1 [Perfection de l&rsquoÉternel et Ses voies envers Son peuple, qui s&rsquoest rebellé]
28.1.2 [Jugement sur Israël, puis relèvement et vengeance sur les nations]
28.2 [ch. 32 v. 48-52 &mdash Moïse privé du pays par sa faute, sous la loi]
29.1 [Bénédictions du peuple par Moïse, selon le gouvernement de Dieu]
29.2 [ch. 33 v. 2-5 &mdash Relations servant de base aux bénédictions]
29.2.1 [Majesté et amour de l&rsquoÉternel, médiation et royauté de Moïse]
29.2.2 [Bénédictions selon les relations de la nation avec Dieu]
29.2.3 [Bénédictions particulières de Lévi et Joseph, dans leur séparation]
29.3.1 [ch. 33 v. 6-7 &mdash Ruben et Juda, avec sa position particulière à la tête du peuple]
29.3.2 [ch. 33 v. 8-11 &mdash Lévi, tribu sacerdotale]
29.3.2.1 [Sacrificature éternelle pour l&rsquohomme plein de grâce]
29.3.2.2 [Mise à l&rsquoépreuve du sacrificateur lors de la rébellion du peuple]
29.3.2.3 [Nécessité d&rsquoun témoignage de fidélité à Dieu pour être sacrificateur]
29.3.3 [ch. 33 v. 12 &mdash Benjamin, gardé dans la faveur de l&rsquoÉternel]
29.3.4 [ch. 33 v. 13-17 &mdash Joseph, ayant le droit d&rsquoaînesse comme premier-né]
29.3.5 [ch. 33 v. 18-25 &mdash Bénédiction des autres tribus]
29.4 [ch. 33 v. 26-29 &mdash Bénédiction de Dieu sur Son peuple, selon Sa gloire]
30.1 [Moïse, par sa position typique, ne peut entrer dans le pays promis]
30.1.1 [Position de Moïse : gouverner un peuple sous la loi, dans la chair]
30.1.2 [Jouissance de la promesse comme morts et ressuscités, mais marche ici-bas]
30.1.3 [Josué, image de Christ, traverse le Jourdain ; Moïse dirige le peuple dans le désert]
30.1.4 [Différences entre le Jourdain et la mer Rouge, images de la mort de Christ]
30.2 [Moïse, par sa faute, ne peut entrer dans le pays]
30.2.1 [Exaltation de Moïse lassé par le mal du peuple, au lieu de glorifier Dieu]
30.2.2 [Repos en considérant la gloire infaillible de Dieu]
30.2.3 [Grâce suprême de Dieu, seule capable de surmonter tout le mal du peuple]
30.2.4 [Incapacité à la loi, limitée au désert, de donner la vie, sans création nouvelle]
30.3 [Mort de Moïse, homme bien que serviteur exceptionnel]
Nous voici arrivés au livre du Deutéronome, livre tout plein d&rsquointérêt dans ses avertissements moraux quant au témoignage, mais offrant moins de sujets pour l&rsquointerprétation et l&rsquoexégèse que ceux dont nous avons essayé de donner un résumé.
Ce livre trouve Israël à la frontière même de Canaan et insiste sur le maintien fidèle de ses relations avec Dieu et sur l&rsquoobéissance à ses commandements, seule condition sous laquelle Israël peut entrer dans le pays et s&rsquoy maintenir. À cela sont ajoutés des avertissements sur les conséquences qu&rsquoentraîne la désobéissance. Le Deutéronome décrit, en général, l&rsquoétat historique du peuple, non les formes typiques qui représentent les pensées de Dieu, comme nous avons pu les trouver dans les livres que nous venons d&rsquoexaminer (*).
(*) Sauf les premiers chapitres de l&rsquoExode, il n&rsquoy a dans les livres que nous venons de parcourir que fort peu de parties dont le sujet soit historique. Même dans la Genèse et au commencement de l&rsquoExode, les principes et les types forment l&rsquoaspect le plus important du récit. Quant à l&rsquohistoire d&rsquoIsraël, l&rsquoapôtre nous dit expressément cela en 1 Cor. 10:11.
Le livre peut être divisé en trois parties. Les onze premiers chapitres insistent sur l&rsquoobéissance, en donnant divers motifs pour y engager le peuple. Suivent jusqu&rsquoà la fin du chap. 29, des commandements divers auxquels sont ajoutées, comme sanction, les conséquences de l&rsquoobéissance et la malédiction sur ceux qui n&rsquoobéissent pas. Du chap. 30 jusqu&rsquoà la fin, nous avons les choses à venir, la bénédiction du peuple et la mort de Moïse.
Des onze premiers chapitres, les quatre premiers forment une partie assez distincte.
Ce qui frappe dans les premiers chapitres, c&rsquoest la peine que l&rsquoÉternel se donne pour présenter à ce pauvre peuple tous les motifs possibles pour l&rsquoengager à l&rsquoobéissance, afin qu&rsquoil soit béni. Ces choses qui, du moins, auraient dû toucher le c&oeligur, ne servaient, hélas ! qu&rsquoà démontrer sa dureté, et à prouver que, si l&rsquohomme doit être béni, il faut que Dieu lui donne un nouveau c&oeligur, comme il est écrit dans le chapitre qui termine la seconde partie de ces exhortations à l&rsquoobéissance : «Mais l&rsquoÉternel ne vous a pas donné un c&oeligur pour connaître, ni des yeux pour voir, ni des oreilles pour entendre jusqu&rsquoà ce jour» (chap. 29:4).
Le Deutéronome est donc de tous les livres de Moïse la partie la plus essentiellement conditionnelle, pour ce qui concerne les deux premières divisions que j&rsquoai indiquées.
Le chap. 29, qui est le dernier de la seconde division, se termine par conséquent avec ces paroles : «Les choses cachées sont à l&rsquoÉternel, notre Dieu ; et les choses révélées sont à nous et à nos fils, à toujours, afin que nous pratiquions toutes les paroles de cette loi» [(29:29)].
Les chapitres suivants mettent ceci plus en relief, en développant les choses cachées qui devaient arriver lorsque le peuple aurait complètement manqué à l&rsquoaccomplissement de la loi, comme le chap. 30 (et d&rsquoune manière encore plus remarquable le chap. 32) nous le montre en parlant de la justice par la foi. En effet, la discussion de la justice par la loi était terminée au chap. 29, et le chap. 30 suppose le peuple dans une position où l&rsquoaccomplissement de la justice par la loi était impossible et où il ne pouvait s&rsquoagir que de l&rsquoesprit et du but de la loi dans les conseils de Dieu.
Or c&rsquoétait Christ qui en était le but et la fin, et c&rsquoest à quoi l&rsquoapôtre applique le passage (Rom. 10). Il est intéressant aussi de voir que le Seigneur cite toujours le Deutéronome, en répondant à Satan [(Matt. 4:4, 7, 10)]. Il se place sur le vrai terrain où se trouvait Israël, pour posséder et garder le pays, n&rsquoétant pas seulement l&rsquohomme fidèle, mais le Juif, le vrai «fils appelé hors d&rsquoÉgypte» [(Matt. 2:15)], mis à l&rsquoépreuve, quant à sa fidélité, dans les conditions où le Deutéronome avait placé le peuple.
Examinons d&rsquoun peu plus près les premiers chapitres ; ils montrent la peine que l&rsquoEsprit s&rsquoest donnée pour placer devant les yeux du peuple tous les motifs qui pouvaient l&rsquoengager à marcher fidèlement dans la carrière qui lui était maintenant ouverte.
[1:19] Le livre commence par le récit de ce qui s&rsquoétait passé depuis le séjour des enfants d&rsquoIsraël à Sinaï, [1:7] et Moïse leur rappelle le commandement qui leur avait été donné de quitter ce lieu et de se rendre à la montagne des Amoréens, [1:8] d&rsquoentrer et de posséder le pays (*) . [1:20] Ils y arrivent et, [1:28] découragés par les espions, ne veulent pas monter ; [1:42] puis, essayant de le faire sans Dieu, [1:44] ils sont battus. [2:8] Passant à côté d&rsquoÉsaü et de Moab, [3:8] Dieu leur donne le pays de Sihon et d&rsquoOg.
(*) Il est intéressant de rapprocher les vers. 2 et 3. Il y a onze journées de chemin : &mdash Israël y a mis quarante ans ! Hélas ! que de fois c&rsquoest notre cas par notre infidélité !
En un mot, Moïse leur raconte, en général, ce qui est arrivé à l&rsquoégard de leur entrée dans le pays dont ils doivent prendre possession : la patience et la bonté de Dieu.
[4:10] En leur rappelant Horeb, [4:33] il insiste (chap. 4) sur le privilège dont ils avaient joui dans la proximité de Dieu, [4:12] qui leur avait parlé lui-même du milieu du feu, lorsqu&rsquoils ne voyaient aucune forme, &mdash [4:36] sur l&rsquoautorité de sa parole, et sur sa majesté &mdash [4:15-16] excluant ainsi toute pensée d&rsquoidolâtrie. [1:35] Il leur fait voir que tous les hommes faits avaient péri à la suite de leur incrédulité ; [4:21] que lui-même ne pourrait entrer dans le pays désirable ; [4:24] que Dieu est un Dieu jaloux, un feu consumant, [4:25] et que, s&rsquoils faisaient quelque image taillée, [4:26] ils périraient de dessus la terre où ils allaient entrer, [4:27] et seraient dispersés parmi les nations, [4:28] asservis aux dieux qu&rsquoils avaient aimés ; [4:29] néanmoins qu&rsquoils trouveraient Dieu s&rsquoils le cherchaient de tout leur c&oeligur, [4:31] car il est un Dieu miséricordieux qui ne les abandonnerait pas ; [4:32] il ajoute enfin que si Sinaï avait été l&rsquoéclat de sa majesté, [4:33-34] il était tout aussi vrai que jamais un tel Dieu de majesté n&rsquoavait voulu se tenir aussi près d&rsquoun peuple élu [4:37] et choisi pour l&rsquoamour de ses pères. Tels sont les fondements du gouvernement de ce peuple.
[4:41] Moïse sépare trois villes de refuge comme un signe de possession, de la part de Dieu, du pays qu&rsquoIsraël avait conquis en deçà du Jourdain.
[5:1] Au chap. 5, Moïse rappelle les dix commandements donnés en Horeb ; [5:15] et l&rsquoon peut remarquer que la délivrance d&rsquoÉgypte est le motif qu&rsquoil donne pour le sabbat, et non le repos de Dieu après l&rsquo&oeliguvre de la création.
[5:25] Il leur rappelle leur frayeur devant l&rsquoÉternel. [6:5] Il les engage, au chap. 6, à aimer Dieu de tout leur c&oeligur, [6:7-9] et les exhorte à se souvenir de toute manière de Ses paroles [6:12] lorsqu&rsquoils jouiraient du pays, [6:13]et de les garder, [6:14] n&rsquoayant rien à faire avec d&rsquoautres dieux.
[6:19] Lorsqu&rsquoils chasseraient leurs ennemis, comme l&rsquoÉternel leur avait dit, [6:20] et lorsque leurs enfants demanderaient ce que signifiaient les ordonnances, [6:21-22] ils devaient leur raconter les délivrances et les signes opérés en Égypte.
[7:5] Ils devaient détruire tout vestige de faux dieux (chap. 7), [7:6] étant un peuple saint à l&rsquoÉternel, [7:7] et cela, non en vertu de leur propre importance, [7:8] mais à cause de l&rsquoélection et de l&rsquoamour de Dieu. [7:12-13] Il leur promet que leur fidélité serait aussi le moyen de la bénédiction, car Dieu les récompenserait selon leurs voies. [7:17-18] Ils ne devraient pas craindre non plus les nations, après tous les signes qu&rsquoils avaient vus.
Au chap. 8, chapitre plein d&rsquoun touchant intérêt quant à la sollicitude de Dieu envers eux, et à l&rsquoobjet qu&rsquoil avait en vue en les entourant de ses soins, [8:2] le fidèle conducteur du peuple leur rappelle aussi le motif des voies de Dieu envers eux pendant la traversée du désert (*), [8:3] et comment Il les avait humiliés et exercés, [8:12-13] de peur que la jouissance des biens du pays, dans lequel il allait les introduire, [8:14] ne les enorgueillît ([8:18] car c&rsquoétait Dieu qui leur donnait la force pour acquérir ces richesses), [8:20] car alors Dieu les détruirait, comme il avait détruit les nations. [9:6-7] Au chap. 9, Il leur rappelle leur perversité continuelle, [9:5] pour leur faire voir que ce n&rsquoétait pas à cause de leur justice, [9:4] mais à cause de la méchanceté des nations, que Dieu dépossédait ces dernières devant eux.
(*) Voyez particulièrement les vers. 2-4 ; 15-16.
[10:15] Il leur applique (chap. 10) l&rsquoélection et la grâce de Dieu, [10:4] leur rappelant que Dieu avait renouvelé la loi, [10:12-13] pour les engager à l&rsquoobéissance, [10:16] à circoncire leurs c&oeligurs, [10:19] et à montrer un esprit de grâce envers l&rsquoétranger, [10:22] leur rappelant combien Dieu les avait multipliés depuis qu&rsquoils étaient descendus eux-mêmes [10:19] comme des étrangers au pays d&rsquoÉgypte.
[11:3-4] Ensuite, chap. 11, il leur rappelle les jugements sur les Égyptiens [11:6] et les jugements sur Dathan et Abiram, [11:10-11] et leur déclare la beauté et l&rsquoexcellence du pays dans lequel ils allaient entrer, [11:12] pays sur lequel l&rsquoÉternel avait continuellement les yeux (*). [11:26] Enfin, il place devant leurs yeux la bénédiction ou la malédiction qui les attendait selon leur conduite, [11:29] lorsqu&rsquoils seraient introduits dans le pays, [11:18] et les engage à garder soigneusement les commandements de l&rsquoÉternel [11:19] et à les enseigner à leurs enfants. [11:22] Il ajoute aussi qu&rsquoen gardant les commandements de Dieu, [11:23] ils seraient capables de prendre possession du pays, [11:24] selon toute l&rsquoétendue de la promesse.
(*) Les termes qui expriment cela (v. 10-12) présentent un contraste de toute beauté entre les soucis de l&rsquohomme pour acquérir la bénédiction, et la grâce qui vient d&rsquoen haut.
Au chap. 12 commence la seconde division. [12:1] Elle contient les statuts et les ordonnances qu&rsquoils étaient tenus d&rsquoobserver. Ce n&rsquoest pas une répétition des anciennes ordonnances, mais ce sont les statuts qui se lient spécialement à leur conduite dans le pays, pour qu&rsquoils les gardent et qu&rsquoils y soient bénis. C&rsquoest une alliance (ou les conditions de leur relation avec Dieu et celles de la jouissance de ses promesses), ajoutée à ce qui avait été dit auparavant (voyez chap. 28:69).
Les ordonnances aboutissent en général à ceci, qu&rsquoils étaient un peuple appartenant à l&rsquoÉternel, et qu&rsquoils devaient abandonner toute autre relation pour être à lui, et se garder de tout ce qui pourrait les entraîner à former ces relations ou à en introduire la souillure dans celles qu&rsquoils avaient avec l&rsquoÉternel. En même temps, des directions sont données quant aux détails du maintien de ces relations.
Mais dans tout ceci et dans le livre tout entier, ce point est traité comme une question de relation directe du peuple avec Dieu. Les sacrificateurs sont mentionnés, en général, plutôt comme objets des soins du peuple lorsqu&rsquoil sera entré dans le pays, selon les ordonnances données précédemment. Le peuple doit se conduire de telle et telle manière à leur égard ; mais ici les relations entre le peuple et Dieu sont immédiates.
[12:11] Le premier principe posé pour confirmer ces relations, c&rsquoest le choix d&rsquoun lieu pour être le centre de leur exercice. C&rsquoest là qu&rsquoils devront aller avec toutes leurs offrandes ; [12:15] ils pourront manger de la chair ailleurs, [12:16] mais sans le sang ; [12:17] seulement les choses consacrées ne pourront se manger qu&rsquoau lieu choisi de Dieu. [12:19] Ils ne devront pas oublier les Lévites. [12:30] Ils ne devront pas même s&rsquoenquérir des voies de ceux qui avaient été chassés du pays.
[13:1-2] Si quelque signe ou miracle d&rsquoun prophète, qui les engageait à servir d&rsquoautres dieux, arrivait (chap. 13), [13:6] ou si quelque parent ou quelque bien-aimé de leur âme les y engageait, [13:5, 8] ces hommes devaient être mis à mort ; [13:13] si quelqu&rsquoun d&rsquoune ville agissait ainsi, [13:15-16] toute la ville serait réduite en un monceau de pierres. Ils ne devaient avoir de rapport avec nul autre que le vrai Dieu, ne rien supporter ce qui devenait un piège tendant à les attacher à un autre.
[14:1] Le chap. 14 défend au peuple, comme étant les fils du Dieu vivant, d&rsquoimiter les habitudes profanes, signes du dévouement des idolâtres aux êtres impurs qu&rsquoils adoraient. [14:2] Dieu avait choisi Israël pour Lui. [14:3] Il ne devait pas se souiller non plus en mangeant des choses abominables. [14:21] Il était un peuple saint.
[14:22] Les dîmes et toutes les prémices devaient être offertes à Dieu. [14:23] Étant ainsi consacrées, chacun les mangerait au lieu que Dieu aurait choisi pour y faire habiter son nom. Le même commandement avait été donné (chap. 12 [v. 11-12]) au sujet de l&rsquoendroit où ces choses devaient se manger (en ajoutant que les enfants, les serviteurs et les servantes y participeraient), en l&rsquoappliquant aussi aux v&oeligux, aux offrandes volontaires et à l&rsquooblation élevée. Ces ordonnances sont très remarquables (*).
(*) On enseigne généralement qu&rsquoil y avait une double dîme, c&rsquoest-à-dire que ce dont il est ici question n&rsquoa pas affaire avec la dîme régulière payée aux Lévites, et ordonnée dans d&rsquoautres passages de la loi ; [14:23] que pendant deux années le peuple portait ses diverses offrandes au lieu choisi par l&rsquoÉternel, et mangeait, et se réjouissait ; [14:28] mais, qu&rsquoà la troisième année, il invitait chez lui le Lévite et le pauvre. Amos 4:4, montre qu&rsquoil y avait à Béthel quelque manière spéciale de lever les dîmes. Quoi qu&rsquoil en soit, ce qui caractérise le Deutéronome, c&rsquoest que le peuple se réjouit de la bonté de Dieu et s&rsquoassocie les pauvres, les Lévites et les étrangers ; tandis que les sacrificateurs, bien que mentionnés, sont complètement ignorés sous ce rapport (Voyez chap. 12:6, 7, 11, 12, 17, 18 ; 14:22-28). La portion des sacrificateurs se trouve au chap. 18:3, 4. Les prémices et les premiers fruits du chap. 12 ne sont pas le même mot; ni au chap. 14:23. Le trait dominant du Deutéronome est la communion et la jouissance uniquement devant le Seigneur, non le service sacerdotal ou de l&rsquoautel.
On peut en ajouter ici une autre qui se trouve à la fin du chap. 14. [14:28] Les dîmes de la troisième année devaient être gardées à la maison, [14:29] et le Lévite, l&rsquoorphelin et l&rsquoétranger devaient venir en manger ; et l&rsquoÉternel bénirait celui qui ferait ainsi, dans tout l&rsquoouvrage de ses mains.
Ici tout était sanctifié comme ayant été présenté à l&rsquoÉternel. [14:23] On reconnaissait ainsi, d&rsquoune part, que le peuple était à lui, d&rsquoautre part, que tout ce dont le peuple jouissait était de lui ; mais, en lui rendant ce qu&rsquoil avait donné, l&rsquoIsraélite jouissait, ainsi que toute sa famille, dans la communion avec Dieu, des choses communes à Dieu et au peuple, données par Lui, offertes à Lui, et dont on jouissait en Sa présence, en communion les uns avec les autres, Dieu lui-même y participant, car tout lui était offert.
On ne trouve pas ici les sacrificateurs qui frayent un chemin pour que le peuple puisse s&rsquoapprocher de Dieu : Dieu était honoré par l&rsquooffrande. Il jouissait de la piété du peuple, et le peuple lui-même offrait avec joie. Assis devant Dieu, dans la joie de sa communion, comme à la même table, c&rsquoétait le peuple qui jouissait du privilège.
[14:29] Dans le cas des dîmes de la troisième année, ce n&rsquoest plus la joie du peuple en famille avec Dieu, mais la grâce qui apporte la jouissance à ceux qui sont étrangers ou dans la misère, et aux serviteurs de Dieu qui n&rsquoont point d&rsquohéritage. [14:28] Les dîmes, l&rsquoIsraélite les déposait dans ses portes ; il avait le privilège d&rsquoagir en grâce de la part du Seigneur, en communiquant à Ses pauvres ce qu&rsquoIl lui avait donné. [14:29] Il n&rsquoallait pas à la maison de l&rsquoÉternel, mais il invitait la veuve, l&rsquoorphelin et le Lévite dans sa maison pour se réjouir, et l&rsquoÉternel le bénissait. Les rapports immédiats du peuple avec Dieu en communion de famille et en grâce, sont ici très remarquables. Les sacrificateurs ne sont pas mentionnés ; les Lévites sont les objets de la libéralité du peuple, comme n&rsquoayant pas d&rsquohéritage (comp. chap. 15:19).
[15:7-8] Le chap. 15 enseigne à chaque membre du peuple à considérer, avec libéralité et avec grâce, ses frères pauvres, [15:2] cette considération leur étant d&rsquoailleurs assurée par l&rsquoannée sabbatique de relâche qui s&rsquoappliquait aux dettes [15:12] et aux esclaves hébreux. [15:10] La dépendance de celui qui respectait ainsi l&rsquoÉternel dans Ses pauvres, devait être placée en Dieu ; Il bénirait celui qui agirait ainsi, selon son commandement ; car les pauvres étaient Ses pauvres.
[16:16-17] Le chap. 16 met le peuple en rapport avec le trône de l&rsquoÉternel à Jérusalem, par des solennités dans lesquelles il s&rsquoentoure de son peuple, béni et heureux dans la délivrance que Dieu lui a accordée sous son gouvernement. Ce chapitre nous présente trois fêtes solennelles, la Pâque [(16:1-8)], la Pentecôte [(16:9-12)] et la fête des Tabernacles [(16:13-15)].
L&rsquoesprit de chacune de ces fêtes suggère quelques remarques.
[16:1] La Pâque rappelait la délivrance, mais la délivrance de l&rsquoesclavage en Égypte, soit sous le péché, soit sous la puissance de Satan. [16:3] Les pains sans levain, la vérité dans l&rsquohomme intérieur, sont ici les pains d&rsquoaffliction ; la connaissance de Christ, ou l&rsquoapplication de Christ au c&oeligur, tout en étant accompagnée de la délivrance et du salut, lorsqu&rsquoelle prend la forme de la repentance (et c&rsquoest le cas, lorsqu&rsquoil est question de se rappeler sa délivrance), contient toujours quelque chose d&rsquoamer. La joie n&rsquoest pas ici le sujet en question. On est sorti à la hâte, par le bras puissant de Dieu, et si l&rsquoon est heureux, c&rsquoest seulement comme ayant échappé, sentant que c&rsquoest par la puissance de Dieu seule, et l&rsquoon a conscience de l&rsquoétat qui avait donné lieu à tout cela. [16:7] Le peuple mangeait la Pâque pendant la nuit, et le matin chacun retournait dans sa tente. Ils rentraient chez eux avec le sentiment de la bonté de Dieu, avec le sentiment que c&rsquoétait une délivrance du mal sous lequel ils avaient été par leur propre faute et pour leur propre ruine.
La sainteté est présentée ici dans la repentance et la délivrance du mal, sous forme de conscience et de jugement du péché. [16:4] C&rsquoest une obligation ; on n&rsquoose plus rester dans le mal. On était retranché d&rsquoIsraël si du levain était trouvé dans la maison, tandis que cette sainteté est en elle-même la joie des rachetés. [16:6-7] Le peuple était tenu de sacrifier, de cuire et de manger la Pâque au lieu où Dieu ferait habiter son nom. Dieu les rassemblait autour de sa demeure, et les rattachait à son nom et à lui-même. Leur nationalité et tous leurs souvenirs étaient liés au culte de l&rsquoÉternel. C&rsquoétait une autre sauvegarde contre l&rsquoidolâtrie (vers. 5-7).
[16:9] Après sept semaines écoulées, [16:11] le peuple devait se réunir de nouveau autour de l&rsquoÉternel. [16:9] On comptait sept semaines depuis que la faucille commençait à être mise au blé, depuis le jour où l&rsquoon commençait à récolter les fruits de la terre promise. On attendait le temps parfait de l&rsquo&oeliguvre de Dieu. [16:10] Ce qui caractérisait avant tout cette fête, c&rsquoétait que chacun offrait un tribut d&rsquooffrande volontaire, selon la bénédiction dont l&rsquoÉternel son Dieu l&rsquoavait béni. C&rsquoest le Saint Esprit et la bénédiction qui découle de lui, que ce type nous présente. Ce n&rsquoest pas seulement la rédemption, mais la puissance des choses qui en sont le résultat ; non pas toutefois dans sa plénitude, car c&rsquoétaient seulement des prémices offertes à Dieu. L&rsquooffrande des prémices à Dieu est l&rsquoeffet de la puissance du Saint Esprit. Elles représentent le résidu d&rsquoIsraël, historiquement au commencement du christianisme, offert sur le principe de la rédemption et de la nouvelle alliance ; mais, de fait, les chrétiens eux-mêmes deviennent les prémices de la création de Dieu [(Jac. 1:18)]. Mais l&rsquoeffet produit par le Saint Esprit, l&rsquoeffet de Sa présence en général, est ce qui caractérise cette fête.
Il ne s&rsquoagissait pas d&rsquooffrandes volontaires lors de la fête de Pâque : [16:7] on mangeait à la hâte, et l&rsquoon retournait à sa tente. Mais le Saint Esprit a créé la bonne volonté dans le c&oeligur renouvelé ; [16:10] et, selon la jouissance des fruits de la promesse, selon la mesure de la bénédiction de l&rsquoEsprit de Dieu, ce c&oeligur peut et veut rendre à Dieu les prémices de ce qu&rsquoil contient et de tout ce qu&rsquoIl nous a donné (or c&rsquoest ce qui accompagne toujours cette franche volonté, fruit du Saint Esprit). [16:11] C&rsquoest pourquoi ils devaient se réjouir en la présence de l&rsquoÉternel leur Dieu.
[16:11] Les fruits de la grâce et de l&rsquoEsprit se manifestent en joie et en grâce. La bénédiction se manifeste dans l&rsquoesprit de bénédiction, dans la joie et la bonne volonté de la grâce. Heureux et précieux résultats ! La joie et le désir de voir d&rsquoautres se réjouir découlent toujours de la grâce, connue selon la puissance de l&rsquoEsprit de Dieu.
[16:11] Ainsi l&rsquoadorateur, son fils, sa fille, son serviteur et sa servante, le Lévite dans ses portes, l&rsquoétranger, l&rsquoorphelin, la veuve devaient se réjouir ensemble, au lieu où l&rsquoÉternel avait placé son nom. Dieu s&rsquoentourait de la joie, fruit de la grâce et de Sa bénédiction.
[16:12] Le souvenir d&rsquoavoir été lui-même esclave, devait toucher le c&oeligur d&rsquoIsraël et influer sur sa conduite, et l&rsquointelligence de la grâce qui l&rsquoavait délivré lorsqu&rsquoil était dans cette condition devait l&rsquoengager à agir en grâce envers ses propres esclaves. En même temps, il est exhorté à observer les statuts de l&rsquoÉternel, car la présence du Saint Esprit, tout en produisant de la joie, nous porte à la vigilance et à l&rsquoobéissance. [16:11] Nous jouissons des arrhes et des prémices devant Dieu, [16:12] mais encore ici-bas, où cette vigilance et le jugement de soi-même sont nécessaires.
[16:13] Lorsque la récolte de la moisson et de la vendange était terminée (lorsque Dieu aura recueilli les siens, les aura cachés dans son grenier, et aura foulé au pressoir ses ennemis), alors venait la fête des Tabernacles, fête dont il est certain que nous n&rsquoavons pas encore vu l&rsquoantitype. La Pâque et la Pentecôte, bien que tous leurs résultats ne soient pas encore produits, ont eu leur accomplissement, quant à l&rsquoévénement qui y est signalé, mais la fête des Tabernacles n&rsquoa point encore eu d&rsquoaccomplissement. Ce dernier aura lieu lorsqu&rsquoIsraël, rétabli dans son pays après la fin de cette économie, jouira pleinement du résultat de la promesse de Dieu. [16:14] La joie, par conséquent, est mise ici au premier plan, [16:10] tandis que l&rsquooffrande volontaire occupait le premier rang dans ce qui préfigurait la présence du Saint Esprit sur la terre. [16:15] Cette fête devait être observée pendant sept jours consécutifs. C&rsquoest la joie continuelle, la joie complète, non pas selon la mesure de la bénédiction, comme à la Pentecôte, mais parce que Dieu les avait bénis dans tout l&rsquoouvrage de leurs mains : c&rsquoest pourquoi ils ne pouvaient manquer de se réjouir. L&rsquoesprit propre à ce jour nous appartient, quoique l&rsquoaccomplissement n&rsquoen ait pas encore eu lieu.
[16:11] Il y a une joie qui se manifeste en nous, en rapport avec la mesure du résultat actuel de la présence du Saint Esprit, [16:12] une joie qui exige de la vigilance et la marche dans le chemin étroit : joie dans laquelle le souvenir de notre état précédent fortifie en nous l&rsquoesprit de grâce envers les autres, et où la présence de l&rsquoÉternel est spécialement signalée.
[16:14] Il y a une joie connue dans le c&oeligur, quoique les choses qui la produisent ne soient pas encore accomplies ; [16:13] une joie qui se rapporte au temps du repos, où le travail sera terminé, où il n&rsquoy aura plus besoin de vigilance, ni du souvenir de notre misère, [16:15] pour nous pousser à partager nos bénédictions avec d&rsquoautres. [16:14] La fête même suffira pour la joie de tous. «Tu te réjouiras dans ta fête».
[16:16] Finalement, l&rsquoÉternel rappelle le grand principe de ces trois fêtes, savoir, de paraître devant l&rsquoÉternel trois fois par an, [16:17] en apportant des offrandes à l&rsquoÉternel.
[16:18] Au verset 18 de ce chapitre commence un sujet nouveau : la peine prise et les instruments employés pour assurer la bénédiction et exécuter les jugements nécessaires dans ce but. [16:20] La pensée est toujours de garder le peuple en relation avec l&rsquoÉternel seul. [16:18] Ils devaient établir des juges et des magistrats dans leurs portes. [16:21] Ce qui menait à l&rsquoidolâtrie était défendu ; [17:5] celui qui les y attirait devait être lapidé.
[17:8] Si une affaire était trop difficile à juger, [17:9] les sacrificateurs et les juges devaient en prendre connaissance [17:10-11] et le peuple était tenu de leur obéir.
[17:14] Le cas où le peuple désirerait un roi est prévu. [17:15] Il devait être d&rsquoentre leurs frères [17:16] et ne pas agir de manière à entraîner des relations avec l&rsquoÉgypte, [17:17] ni à attirer le peuple à l&rsquoidolâtrie ; [17:18] mais il devait écrire de sa main une copie du livre de la loi [17:19] et y lire tous les jours de sa vie, y étant soumis [17:20] de manière à ce que son c&oeligur ne s&rsquoélevât pas au dessus de ses frères.
[18:1] La part des sacrificateurs et de toute la tribu de Lévi leur est assignée. [18:9] Il est défendu d&rsquoagir selon les abominations [18:12] à cause desquelles les nations qui habitaient le pays en seraient dépossédées de devant Israël, [18:14] ni de consulter ceux qui pratiquaient la divination. [18:15] L&rsquoÉternel susciterait un prophète semblable à Moïse, [18:16] que le peuple devrait écouter. [18:21] Ces ordonnances prévoient chez le peuple le manque de foi nécessaire pour marcher simplement avec l&rsquoÉternel. [18:22] Christ seul est la vraie et unique réponse. Le peuple ne devait pas craindre un prophète qui donnerait un signe qui ne s&rsquoaccomplirait pas ; c&rsquoétait la preuve que l&rsquoÉternel n&rsquoavait pas parlé.
Un mot ici sur la part des sacrificateurs.
[17:9] Premièrement, l&rsquoétat normal du peuple était d&rsquoêtre conduit par les sacrificateurs et, en cas de besoin, par des juges extraordinairement suscités, et de demeurer sous la garde de Dieu dans le pays, jouissant de Sa bénédiction. C&rsquoétait la théocratie proprement dite. Les lois de Dieu dirigeaient le peuple ; le peuple jouissait de la bénédiction de Dieu ; les sacrificateurs décidaient les questions qui venaient à surgir ; un juge était suscité dans des cas exceptionnels.
[18:4] Les sacrificateurs ici sont introduits en rapport avec ce qui était nécessaire pour la jouissance du pays, et non comme un moyen de s&rsquoapprocher de Dieu. [18:5] Ils étaient là pour accomplir leur ministère devant Dieu, [18:3] et ils avaient droit à une certaine part.
[18:14] Il n&rsquoétait parlé du roi qu&rsquoau cas où le peuple le demanderait pour être semblable aux autres nations, [18:20] et dans ce cas il devait rester, autant que possible, dans la simplicité au milieu d&rsquoIsraël, afin que la loi de Dieu eût toute son autorité. Le peuple est toujours censé être lui-même responsable devant Dieu et jouir du pays sous cette responsabilité, [17:11] quoiqu&rsquoil fût, pour cette raison, soumis aux décisions des sacrificateurs. Il avait reçu le pays de la part de Dieu. Il ne s&rsquoagit pas ici de s&rsquoapprocher de Lui, mais de reconnaître sa délivrance et sa bonté, comme on le voit dans les fêtes que nous avons considérées.
[14:23] Ainsi celui qui montait au lieu que l&rsquoÉternel avait choisi, mangeait avec sa famille et quelquefois aussi avec le Lévite, l&rsquoétranger, etc., les dîmes de chaque année (la troisième année il y en avait pour le Lévite et le pauvre [(14:28-29)]), les premiers-nés du bétail et du troupeau, [12:6-7] les v&oeligux, les offrandes volontaires et les offrandes élevées, le tout devant l&rsquoÉternel. Mais, tout en en faisant l&rsquooffrande à l&rsquoÉternel, celui qui la faisait en jouissait (voyez chap. 14:23, 28, 29 ; 12:7, 11, 12, 17), [18:3] tandis qu&rsquoau chap. 18, le sacrificateur avait une certaine partie d&rsquoun sacrifice, [18:4] les prémices du froment, du vin et de l&rsquohuile, et les prémices de la toison des brebis.
La première partie de ces ordonnances est d&rsquoautant plus remarquable que, dans le livre des Nombres (chap. 18), [Nomb. 18:15] les premiers-nés, [Nomb. 18:11] les offrandes élevées, [Nomb. 18:9] toutes les sortes d&rsquooffrandes pour le péché, et les offrandes de gâteaux, sont donnés aux sacrificateurs, [Nomb. 18:21] et les dîmes aux Lévites. On peut remarquer ici la différence entre ce qui, dans ce cas, appartenait aux sacrificateurs, et ce qui, dans le Deutéronome, est donné au peuple, et dans les autres livres aux lévites. Nous avons déjà signalé la différence de position. Dans les trois livres précédents, ce dont il s&rsquoagit c&rsquoest de s&rsquoapprocher de Dieu, et les sacrificateurs seuls sont censés pouvoir le faire ; et ainsi, dans leur caractère de sacrificateurs, ils mangeaient dans le lieu saint tout ce qui était offert. Eux seuls étaient près de Dieu, et ce qui était offert à Dieu (selon la force du mot (*), ce qu&rsquoon approchait de Dieu), était à eux comme étant près. Les sacrificateurs étaient tous comme une seule compagnie dans le camp, et leur position était essentiellement typique.
(*) Le mot traduit par «offrande» (ou «corban»), vient d&rsquoun mot qui signifie s&rsquoapprocher, et approcher.
Ainsi tous les arrangements du tabernacle étaient faits pour un peuple qui se trouvait dans le désert et y était étranger ; et il est à remarquer que, dans l&rsquoépître aux Hébreux, Paul ne parle jamais d&rsquoautre chose que du tabernacle, et nulle part du temple. Les relations dont il parle sont des relations de pèlerins avec Dieu.
Dans le Deutéronome, il n&rsquoen est plus ainsi. La demeure du peuple dans la terre promise y est considérée, et par conséquent le peuple n&rsquoest pas censé avoir à apprendre comment il doit s&rsquoapprocher de Dieu, mais nous est présenté comme goûtant, de la part de Dieu, les résultats de sa promesse en sa présence et devant Lui, en sorte que le peuple a une part directe aux sacrifices. Il jouit des promesses, en la présence de Dieu, et réalise, dans la communion de l&rsquoÉternel, tous les moyens par lesquels on jouit de cette présence ; il participe enfin à tout ce qui est offert à Dieu comme signe de la rédemption qui lui a acquis cette jouissance.
Il en est autrement des prémices du pays, c&rsquoest-à-dire de ce qu&rsquoil produit. Jouissant des fruits de la bonté de Dieu, le peuple lui en rendait les prémices, en témoignage que tout venait de Lui, que tout était à Lui, et que sa grâce leur en avait fait part (voyez chap. 26 [v. 10]). Ainsi, ce n&rsquoétait pas au peuple à manger les prémices : il les offrait à Dieu, mais il mangeait de tout le reste. Ainsi il reconnaissait Dieu tout en participant à ses bénédictions. [18:4] Les prémices donc étaient offertes à Dieu, et tombaient ainsi dans les mains des sacrificateurs comme étant leur part.
Au chap. 19 commencent des ordonnances qui supposent que le peuple a pris possession du pays et en jouit ; il devait les observer afin qu&rsquoen les suivant la terre ne fût pas souillée et que le peuple marchât avec la force de l&rsquoÉternel.
[19:2] Trois villes de refuge sont ordonnées ; [19:4-5] celui qui tue son prochain, sans le haïr, [19:11-12] est distingué du meurtrier : principe important, quant au sort de la nation juive, et qui distingue, entre ceux qui ont pris part volontairement à la mort du Seigneur ou qui s&rsquoy joignent de c&oeligur à la fin, et ceux qui l&rsquoont fait par ignorance [(Act. 3:17)]. [19:18-19] Les ordonnances de justice contre les faux témoins sont aussi données dans ce chapitre.
Au chap. 20, nous avons les ordonnances relatives à la guerre.
Au chap. 21, nous trouvons trois cas intéressants, comme étant des principes qui s&rsquoappliquent aux voies de Dieu envers Israël : le cas de l&rsquohomme trouvé tué dans les champs [(21:1-9)] ; celui du fils de la femme haïe [(21:15-17)] ; et celui du fils rebelle [(21:18-21)]. [21:23] Il faut que la terre de l&rsquoÉternel soit gardée exempte de souillure. [21:8] Israël devra faire cette confession et se libérer du sang du Messie aux derniers jours. [21:15] Si le cas des deux femmes s&rsquoapplique à Israël sur la terre, il s&rsquoapplique encore plus à Christ (chef des gentils) et à l&rsquoÉglise, avec laquelle il héritera de toutes choses, bien que sur la terre Israël soit la femme bien-aimée. [21:18] Cependant Israël, comme un fils rebelle sous l&rsquoancienne alliance, [21:21] est condamné et retranché, tandis que, pour les rachetés, la malédiction de la loi est tombée sur un autre [(Gal. 3:13)]. [21:22-23] L&rsquoapplication des derniers versets de ce chapitre est trop connue des lecteurs de la Bible, pour que j&rsquoy insiste. [21:23] Cette question est traitée ici au point de vue de la souillure du pays que l&rsquoÉternel avait donné en héritage au peuple ; la dureté de c&oeligur des sacrificateurs en appliquant ce précepte, dans les circonstances de la mort du Seigneur, est effrayante, mais naturelle [(Jean 19:31)].
Je résumerai maintenant rapidement les sujets que nous avons parcourus depuis le vers. 18 du chap. 16. [16:18] Nous y trouvons, en fait d&rsquoautorité, les moyens employés de Dieu pour maintenir le peuple dans ses voies et dans la connaissance de sa volonté, [16:20] afin qu&rsquoil jouisse en paix de la terre. [16:18] Des juges et des magistrats devaient être établis et juger avec droiture. [17:9] Le sacrificateur et le juge suscité extraordinairement devaient communiquer au peuple, en cas de besoin, quelle était la sentence et la volonté de Dieu ; [17:10-11] le peuple devait leur obéir. [17:14] Si le peuple désirait avoir un roi, [17:16-20] les directions sont données pour sa conduite.
[18:6-8] Des directions sont données pour les Lévites qui se voueraient au service de l&rsquoÉternel, au lieu qu&rsquoIl aurait choisi pour sa demeure. [18:14] Le peuple cherchant à connaître la volonté de Dieu, ne devait pas consulter les devins : [18:15] l&rsquoÉternel susciterait un prophète. [19:10] Ensuite il est pourvu à ce que la terre ne soit pas souillée par le sang ; [19:12] les anciens des villes devaient prendre connaissance du fait, afin de déterminer [19:11] si le meurtrier avait tué sans dessein prémédité.
[19:4-7] Les villes de refuge présentent un beau type de l&rsquoétat d&rsquoIsraël quant au péché d&rsquoavoir mis à mort le Seigneur Jésus, que ce soit par ignorance (ainsi que la grâce de Dieu l&rsquoenvisage par rapport à ceux qui se repentent [(Act. 3:17)]), [19:11-13] que ce soit sciemment (et la persévérance à le rejeter sera la preuve qu&rsquoil en est ainsi) : tel est le principe d&rsquoaprès lequel Dieu les jugera. Aussi le peuple était placé, à ce dernier point de vue, sous la sévérité inquisitive de la loi.
Au chap. 20, [20:5-7] il est pourvu à ce que la jouissance du pays et la bénédiction de Dieu, soit individuelle, soit en cas de conquête, ne soient pas interrompues quand une guerre survient ; [20:4] puis des directions sont données pour assurer au peuple la présence de la puissance de Dieu, [20:10-15] et pour lui montrer comment Dieu veut que les ennemis soient traités ; [20:16-17] toute miséricorde envers les nations de Canaan est défendue, [20:18] afin qu&rsquoIsraël n&rsquoapprenne pas les abominations dont elles sont coupables.
[21:9] Le chap. 21 fait connaître une autre ressource pour éviter au pays d&rsquoêtre souillé par le sang, [21:8] tout en déclarant, comme en d&rsquoautres passages, que la vie appartient à Dieu et qu&rsquoil ne fermera pas les yeux si l&rsquoon attente à ses droits. On ne peut manquer de voir que le sang de Christ est, par-dessus tout, le sang dont Israël est ici (chap. 21) coupable (voir Ps. 51 [v. 14]) ; [21:3-4] et le sang de Jésus est la seule expiation pour le péché qui l&rsquoa versé. [21:7] Les anciens auront à s&rsquoexcuser en alléguant leur ignorance de ce qui a été fait. Il en sera de même pour Israël, et c&rsquoest ainsi que Paul allègue aussi sa propre ignorance [(1 Tim. 1:13)]. [21:3] Cependant il n&rsquoy a que le sang d&rsquoune génisse qui n&rsquoa jamais porté de joug, qui puisse effacer le péché. [21:8] C&rsquoest ainsi que la culpabilité du sang innocent sera ôtée de dessus le peuple.
Les directions qui suivent sont bien des directions pratiques pour Israël ; mais elles me semblent contenir en même temps quelques-uns des principes de Dieu envers son peuple. [21:17] C&rsquoest ainsi qu&rsquoIsraël sur la terre et l&rsquoÉglise dans le ciel, ont été l&rsquoun et l&rsquoautre les vrais premiers-nés que Dieu ne veut pas déshériter, [21:18] et le fils rebelle présente aussi Israël dans sa désobéissance finale à Dieu.
[22:1-8] Le chap. 22 renferme des ordonnances établies pour empêcher le peuple de manquer à la bienveillance et à la miséricorde, et le garder de ce qui offenserait la sensibilité naturelle, quant à la tendresse ou à la pureté. [22:9-10] De même aussi, tout mélange est défendu quant au labourage et aux semailles. [22:13-19] Les mêmes égards sont exigés au sujet des femmes ; elles sont protégées contre le déshonneur que pourrait leur infliger un mari brutal et sans procédés, [22:21] mais l&rsquoimpureté est punie de mort.
[23:3-8] Au chap. 23 le peuple apprend quels sentiments lui conviennent selon Dieu, par rapport aux nations, en cas de guerre, tout en tenant compte de leur manière de faire. [23:9-13] Ensuite vient une instruction sur les convenances, quant à la pureté du camp pendant la guerre, [23:14] car Dieu était là. [23:15] Il en est de même à l&rsquoégard de toute sorte de choses : tel le cas de l&rsquoesclave qui se serait sauvé de chez son Maître ; [23:17] ou des choses moralement impures ; [23:24] il y a même des prescriptions sur l&rsquousage de la vigne du voisin. [24:1-4] Nous trouvons enfin au chap. 24, une chose plus sérieuse, le divorce et tout ce qui y a trait, [24:10-13] puis la délicatesse envers les pauvres, [24:14-15] les gages des ouvriers, [24:19] ce qui restait à glaner pour les pauvres.
L&rsquoesprit de toutes ces ordonnances est très instructif, ainsi que la bonté et la tendresse de Dieu, car il daigne prendre connaissance de toutes ces choses et enseigne à son peuple la délicatesse, les convenances, la considération d&rsquoautrui, la sensibilité, des sentiments qui bannissent la brutalité et amollissent la dureté du c&oeligur de l&rsquohomme, et forment ses voies selon la charité dont l&rsquoEsprit de Dieu se revêt lorsqu&rsquoil agit dans le c&oeligur de l&rsquohomme. Ici, il est vrai, tout est imparfait. Il y a des choses considérées comme permises et servant de base à ces ordonnances, que la pleine opération de l&rsquoEsprit de Christ annulerait entièrement : le divorce, par exemple [(24:1)], et d&rsquoautres choses supportées par la loi et devant leur existence à la dureté du c&oeligur de l&rsquohomme [(Marc 10:5)]. Mais les limitations et les conditions que la loi de Dieu y apporte, mettent un frein à la méchanceté de cette volonté, qui s&rsquoendurcit elle-même en opprimant les autres.
Le chap. 25 ajoute des ordonnances qui font suite à ce que nous avons déjà lu. [25:3] Les membres du peuple doivent prendre garde qu&rsquoaucun de leurs frères ne soit rendu méprisable à leurs yeux, [25:6] qu&rsquoaucune famille ne périsse du milieu de son peuple, [25:11-16] et que la pureté et la droiture soient maintenues.
[25:19] Quant aux ennemis invétérés de Dieu et de son peuple, Israël ne devait jamais chercher la paix avec eux. L&rsquoamabilité humaine est souvent inimitié contre Dieu [(Jac. 4:4)]. Cette ordonnance est d&rsquoautant plus remarquable (v. 17-19), qu&rsquoelle vient à la suite de tant d&rsquoautres qui veillaient à ce qu&rsquoon eût des égards même pour un oiseau [(22:6-7)]. L&rsquoÉternel avait pris soin qu&rsquoun Égyptien pût trouver entrée dans l&rsquoassemblée de Dieu (chap. 23:7-8) ; mais ces affections devaient être en exercice envers les Égyptiens pour le bien de l&rsquoâme des Israélites eux-mêmes. [23:7] Ils ne devaient pas s&rsquoendurcir contre ceux au milieu desquels ils avaient séjourné. [25:19] Mais épargner les Amalékites, [25:18] qui étaient venus à la rencontre des fils d&rsquoIsraël pour leur barrer le chemin, et détruire les faibles d&rsquoentre eux, c&rsquoétait oublier ce qui était dû à Dieu qui ramenait son peuple. Quant au peuple, les épargner aurait été l&rsquoindifférence du c&oeligur au mal, et non l&rsquoépanchement d&rsquoune affection naturelle ; ce n&rsquoétait pas non plus céder à des souvenirs dont la charité pouvait user pour le bien, en poussant à l&rsquooubli des maux subis autrefois. Quand il y a quelque noblesse de sentiments, des hommes qui se connaissent, tout en s&rsquoétant fait du mal, tiendront à renouer leurs relations lorsque le mal est passé. Mais il y a un esprit qui ne soulève que le dégoût : le tolérer n&rsquoest que s&rsquoépargner soi-même et admettre ce même esprit dans son c&oeligur, en sorte qu&rsquoon y participe. Il n&rsquoest pas ici question de juger, mais il s&rsquoagit de l&rsquoétat de notre propre c&oeligur. L&rsquoéloignement de Dieu d&rsquoun Égyptien était reconnu ; [23:8] mais s&rsquoil avait été en relation avec Lui pendant trois générations, pourquoi serait-il tenu à distance, pourquoi resterait-il un étranger ? Amalek, lui, ne craignait pas Dieu, ne le reconnaissait pas. Que pouvait-on donc reconnaître dans un pareil peuple ? Il nous faut introduire Dieu dans nos affaires, dans nos relations : la charité, la fermeté, la justesse dans nos jugements, se trouveront toutes à leur place et se reproduiront dans toutes nos voies.
Pour clore cette suite d&rsquoordonnances, nous avons (chap. 26) un tableau de toute beauté du culte à la suite de la jouissance du pays, selon les promesses de Dieu, tableau rempli d&rsquoinstruction pour nous aussi.
[26:1] Premièrement, le grand sujet de ce livre y reparaît comme partout ; Israël se trouve dans le pays que Dieu lui avait donné comme héritage.
Mais, quant au culte, il ne s&rsquoagit pas ici de s&rsquoapprocher de Dieu dans le sanctuaire, par des sacrifices qui, supposant le péché, ouvraient le chemin pour que le peuple se trouvât en présence de l&rsquoÉternel. [26:10] Il jouit de la promesse et se présente en adorateur, rendant des actions de grâce comme ayant cette jouissance. [26:2] En présentant les prémices du pays de la promesse, il fallait se rendre dans le lieu où l&rsquoÉternel avait placé son nom.
Quel était donc l&rsquoesprit de ce culte ?
[26:3] Premièrement, il était basé sur la confession ouverte que le peuple était en pleine jouissance du résultat de la promesse de Dieu. «Je déclare aujourd&rsquohui à l&rsquoÉternel, ton Dieu, que je suis arrivé dans le pays que l&rsquoÉternel a juré à nos pères de nous donner». C&rsquoest là le premier trait de ce culte, la profession véritable d&rsquoêtre dans la jouissance du résultat de la promesse. C&rsquoest reconnaître la fidélité de Dieu dans la communion actuelle de sa bonté. [26:4] Là-dessus, l&rsquooffrande était présentée.
[26:8] Puis, dans la présence de l&rsquoÉternel, l&rsquoadorateur faisait confession de la rédemption et de la délivrance du peuple. [26:5] Un Syrien qui allait périr avait été son père, [26:6] puis après, quand ses enfants opprimés par les Égyptiens avaient crié à l&rsquoÉternel, [26:7] l&rsquoÉternel les avait exaucés, [26:8] les avait délivrés à bras étendu, [26:9] et les avait fait entrer, en déployant sa puissance, dans le pays dont ils jouissaient.
Le second trait de leur culte est donc la confession de ce que leur misère avait été, de leur impuissance dans le passé, [26:8] et que leur rédemption avait été accomplie par l&rsquoÉternel seul, à qui ils étaient redevables de toutes ces bénédictions. [26:10] Là-dessus, l&rsquoadorateur s&rsquoadressait directement à l&rsquoÉternel en lui offrant les prémices de ces bénédictions. C&rsquoétait reconnaître Dieu dans les bénédictions (effet infaillible d&rsquoune &oeliguvre de Dieu dans le c&oeligur), seul moyen d&rsquoen jouir vraiment, car les bénédictions de Dieu détournent le c&oeligur de Lui, si leur premier résultat n&rsquoest pas de le tourner vers Lui. C&rsquoest là l&rsquohistoire d&rsquoIsraël, et mille fois, hélas ! celle de nos propres c&oeligurs dans les détails de notre vie. Avant de jouir de la bénédiction, le c&oeligur pieux y reconnaît Dieu lui-même. La conduite d&rsquoÉliézer, serviteur d&rsquoAbraham, envoyé pour chercher une femme à Isaac, nous en offre un bel exemple [(Gen. 24)].
[26:11] Ensuite il est ajouté : «Et tu te réjouiras de tout le bien que l&rsquoÉternel, ton Dieu, t&rsquoaura donné». Ils devaient en jouir avec Dieu. Remarquez ici que, par conséquent, l&rsquoesprit de grâce se manifeste tout de suite dans cette joie : «Toi et le lévite et l&rsquoétranger qui est au milieu de toi». On ne peut se réjouir vraiment de la bénédiction de Dieu devant Lui, sans que l&rsquoesprit de grâce y ait sa place ; sans rendre la bénédiction pour la malédiction, sachant que nous sommes appelés à hériter de Sa bénédiction. [26:12] On retrouve la même vérité encore dans les dîmes de la troisième année, données aux pauvres, au lévite, etc., selon l&rsquoesprit dont nous venons de parler.
[26:14] Un autre trait de l&rsquoétat du c&oeligur du vrai adorateur, était la sainteté, en consacrant avec droiture de c&oeligur à l&rsquoÉternel, ce qui lui était dû selon la grâce. On ne devait rien lui dérober en se l&rsquoappropriant ; on ne devait rien profaner en l&rsquoappliquant à soi-même, à un usage souillé ou intéressé.
[26:13] En un mot, la conscience quant à la consécration à l&rsquoÉternel était bonne, à l&rsquoégard des choses par lesquelles l&rsquoadorateur le reconnaissait comme vrai et seul auteur de toutes les bénédictions du peuple. Et si l&rsquoÉternel en était l&rsquoauteur, le fidèle, en communion avec Lui, en jouissait dans l&rsquoesprit de sainteté, de consécration à Dieu, et dans l&rsquoesprit de bonté et de grâce qui était en Lui, envers ses pauvres et ses délaissés. Le caractère de Dieu se retrouve continuellement dans ce passage, et Son nom est mentionné dans ce qui est reconnu comme étant en communion avec son peuple ; si cela était oublié, le peuple était coupable et souillé, en ce qu&rsquoil avait profané le nom de l&rsquoÉternel. Cette sainte consécration à Dieu et cette expression de sa bonté sont de toute beauté. [26:15] Ensuite l&rsquoadorateur implorait la bénédiction du Dieu qui s&rsquointéressait à tout son peuple, non sur lui-même, mais sur tout Israël, sur le pays qui était la preuve de Sa fidélité et des richesses de Sa bonté.
Ce culte était donc un lien entre le peuple et Dieu dans la communion avec Lui, en reconnaissant ce qu&rsquoIl était et en y rendant témoignage. [26:16] Ainsi, selon les commandements de l&rsquoÉternel, considérés comme les conditions de ce lien, [26:17] Dieu avait en ce jour-là reconnu le peuple, [26:18] et le peuple avait reconnu l&rsquoÉternel pour son Dieu.
Après cela vient la sanction, c&rsquoest-à-dire ce qui donne vigueur à sa loi, dans les conséquences (malédiction ou bénédiction) qui devaient correspondre à l&rsquoobéissance ou à la désobéissance. Le chap. 27 et les deux suivants traitent de ce sujet.
Le chap. 27 toutefois est à part, et il est d&rsquoune assez grande portée pour l&rsquointelligence de la parole de Dieu. Si la piété individuelle s&rsquoexprimait ainsi que nous l&rsquoavons vu au chapitre précédent, les relations publiques du peuple avec Dieu se basaient sur les menaces de la loi. [27:2] Lorsque le peuple aurait traversé le Jourdain pour prendre possession de la terre promise (idée que nous retrouvons toujours dans ce livre), on devait, ayant dressé de grandes pierres et les ayant enduites de chaux, [27:3] y écrire toutes les paroles de la loi. Cette loi renfermait les conditions de la jouissance du pays.
Le peuple devait se séparer en deux compagnies de tribus, [27:12] une partie étant placée sur la montagne de Garizim pour bénir, [27:13] l&rsquoautre sur la montagne d&rsquoÉbal pour maudire. [27:5] Sur cette dernière on devait élever un autel à l&rsquoÉternel ; [27:6] on y offrirait, non des sacrifices pour le péché, mais des holocaustes [27:7] et des sacrifices de prospérité, culte qui supposait un peuple juste, en communion avec l&rsquoÉternel, [27:26] mais placé sous la malédiction s&rsquoil violait la loi. [27:15-26] Là-dessus, les malédictions sont prononcées, se terminant avec celle qui pèserait sur quiconque ne persévérerait pas en tout ce qui était écrit dans la loi. [27:12] Mais les bénédictions de Garizim manquent entièrement.
Il n&rsquoest pas nécessaire d&rsquoinsister sur l&rsquoimportance de cette lacune. «Tous ceux qui sont sur le principe des &oeliguvres de loi (*) sont sous malédiction», dit l&rsquoapôtre ; «car il est écrit : Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi» [(Gal. 3:10)]. Impossible d&rsquoéchapper. Personne, sinon le Seigneur Jésus, n&rsquoa accompli la loi ; et Lui, si l&rsquoon ose parler ainsi, n&rsquoa pas élevé un autel d&rsquoholocauste, un autel d&rsquoadoration pour l&rsquohomme juste qui avait accompli la loi, c&rsquoest-à-dire pour lui tout seul ; mais il s&rsquoest offert pour nous sur la montagne de malédiction, en sacrifice pour le péché, et a fait taire pour l&rsquoéternité toutes ces menaces et ces malédictions. La bénédiction de Garizim, par conséquent, ne suffit pas non plus. Le ciel, et de plus, pour Lui, le trône du Père, sont la seule digne réponse et récompense pour ce qu&rsquoil a accompli en souffrant pour nos péchés.
(*) Il ne s&rsquoagit pas dans cette expression de notre conduite, mais du principe sur lequel nous sommes placés devant Dieu. Ceux qui sont de la foi sont bénis avec le croyant Abraham [(Gal. 3:9)] ; ceux qui sont des &oeliguvres de loi sont sous la malédiction, car la loi dit : Maudit, etc.
Le rapport entre les principes du chap. 26 et ceux du chap. 27 est d&rsquoun grand intérêt : [26:3] l&rsquoaccomplissement de la promesse dans la jouissance du pays, [26:10] base des actions de grâces et du culte qui a sa source dans la rédemption ; [27:5] puis l&rsquoautel, [27:6-7] le service à rendre à Dieu, [27:8] service attaché à Sa loi [27:26] dont la violation, en un seul point, amenait la malédiction ; telle était la condition de la jouissance du pays.
C&rsquoest à ce point de vue, le seul qui touchât au fond de la question, que l&rsquoapôtre l&rsquoenvisage. C&rsquoest sur le pied de cette alliance du Deutéronome, que le peuple devenait le peuple de l&rsquoÉternel à son entrée dans le pays (comparez vers. 9, 10, et chap. 28:69).
Dans le chap. 28, nous avons les principes du gouvernement de Dieu au milieu d&rsquoIsraël, et les conséquences immédiates de l&rsquoobéissance et de la désobéissance ; conséquences si solennellement accomplies dans le sort de ce pauvre peuple, mais toujours bien-aimé à cause des pères. Les conséquences de la violation de la loi, comme principe de relation avec Dieu, quant au fait de la justice éternelle, ne doivent pas être confondues avec les conséquences temporaires de la désobéissance sous le gouvernement de Dieu. C&rsquoest à ces dernières que se rapporte le chap. 28. Nous pouvons y remarquer pour nous-mêmes l&rsquoinstruction profonde des versets 47 et 48. En ce qui concerne Israël, l&rsquohistoire universelle nous présente l&rsquoaccomplissement des menaces de ce chapitre.
Le chap. 29 est l&rsquoapplication personnelle de tout ce qui précède, à la conscience du peuple collectivement et individuellement, [29:18] afin qu&rsquoil n&rsquoy ait aucune racine amère du péché (comp. en Héb. 12:15, l&rsquoapplication de cette exhortation à la discipline et aux soins charitables de l&rsquoAssemblée).
Le vers. 29 exige une remarque. Nous y trouvons le contraste entre les conséquences ainsi révélées de l&rsquoobéissance et de la désobéissance, et les conseils de Dieu en faveur du peuple malgré leur désobéissance, conseils qui évidemment ne pouvaient être une règle pour leur conduite: cette règle se trouvait dans les ordonnances de la loi. Le sens de ce verset a été tellement tordu, qu&rsquoil vaut la peine de faire remarquer sa force. Les choses secrètes sont les conseils de Dieu à l&rsquoégard du peuple, lors même qu&rsquoil aurait été désobéissant et chassé de son pays ; mais quoiqu&rsquoelles ne soient pas la règle de conduite, elles sont révélées et sont d&rsquoun haut intérêt. Dans ce qui suit, Dieu commence déjà à les présenter à notre attention ; et sûrement il convient que nous les considérions.
Ainsi nous avons, dans ces chapitres, les relations du Juif pieux avec Dieu, fondées sur l&rsquoaccomplissement des promesses faites aux pères, dans la jouissance actuelle de la terre [(ch. 26)] ; les relations du peuple avec Dieu, en présence de la malédiction prononcée sur la violation de la loi [(ch. 27)] ; les relations du peuple avec Dieu selon les principes de son gouvernement, et les conséquences produites par leur obéissance ou leur désobéissance [(ch. 28)] ; et finalement, après que la désobéissance aura porté son fruit, les desseins de Dieu selon son propre arrêté que rien ne peut changer [(ch. 29)].
Arrêtons-nous un moment sur ce dernier point. Le chap. 30 nous fournit un principe important. [30:1] Il suppose que le peuple a déjà subi les conséquences de son obéissance et de sa désobéissance, qu&rsquoil est chassé du pays et étranger au milieu des nations. Dans un tel cas la loi ne peut plus être suivie et, en effet, la violation de la loi a, dès ce moment-là, produit ses fruits.
Mais alors, un principe tout nouveau est introduit : [30:2] le retour du c&oeligur du peuple à l&rsquoÉternel et, il faut l&rsquoajouter, l&rsquoobéissance en esprit. [30:5] En suite de cela l&rsquoÉternel les fait entrer dans leur pays, et les y bénit. [30:7] La malédiction est transférée à leurs ennemis, [30:8] et ils gardent dans le pays les ordonnances de l&rsquoÉternel, [30:9] en jouissant de nouveau de sa pleine bénédiction ; [30:11-13] car le commandement n&rsquoétait ni dans le ciel, ni au delà de la mer, [30:14] mais dans le c&oeligur et dans la bouche. Ce n&rsquoest pas la nouvelle alliance, mais c&rsquoest la foi, saisissant en principe l&rsquoesprit de la loi et tournant le c&oeligur vers le Seigneur, en des circonstances où la loi est extérieurement impraticable.
L&rsquoétablissement de la nouvelle alliance, basé sur ce retour du c&oeligur, à une époque ordonnée de Dieu, sera quelque chose de bien défini. [30:2] Ici, nous avons le principe du retour du c&oeligur d&rsquoIsraël, lorsqu&rsquoil sera sous la malédiction de la loi qu&rsquoil avait violée. L&rsquoapôtre cite ce passage [(Rom. 10:6-8)] pour montrer ce qui forme la base du principe : un témoignage rendu à ce qu&rsquoest la justice par la foi, et il l&rsquoapplique à Christ lui-même en montrant qu&rsquoIl est «fin de la loi pour justice à tout croyant» [(Rom. 10:4)]. Dans notre passage, c&rsquoest le retour de leur c&oeligur à l&rsquoobjet et à la fin de la loi, quand le jugement pèse sur eux, pour l&rsquoavoir violée, et que toute espérance de justice par son accomplissement est impossible. Le principe lui-même est contenu dans ce passage, où l&rsquoapôtre introduit Christ comme en étant le vrai accomplissement.
[30:19] À la fin du chapitre, Moïse déclare qu&rsquoil a mis maintenant devant eux le bien et le mal, et qu&rsquoils auront à subir les conséquences de leur choix.
[31:3] Au chap. 31, Moïse introduit Josué, comme celui sous la conduite duquel le peuple allait entrer en possession de la terre promise. [31:10-11] Il ordonne que chaque septième année la loi soit lue devant tout Israël à la fête des tabernacles, afin que chacun en prenne connaissance, dans le moment solennel, où, jouissant de nouveau, pour ainsi dire, de la bénédiction qu&rsquoelle leur assurait, ils se soumettaient à elle comme témoignage que le pays, comme aussi toute chose, appartenait à l&rsquoÉternel. [31:14] Ensuite, lorsque Josué est établi dans sa charge, [31:19] Dieu commande à Moïse de communiquer au peuple un cantique inspiré de Lui. Ce cantique, basé sur la certitude de l&rsquoiniquité du peuple, annonce les voies de l&rsquoÉternel à son égard ; [31:25-26] et Moïse ordonne aux Lévites de placer la loi écrite à côté de l&rsquoarche de l&rsquoalliance, comme témoignage contre le peuple.
Au chap. 32, nous avons le cantique prophétique basé sur la chute du peuple, prédite d&rsquoavance. [32:4] Ce cantique déclare d&rsquoabord, quoi qu&rsquoil arrive, la perfection de l&rsquoÉternel ; c&rsquoest Israël qui s&rsquoest corrompu (comp. Ps. 22:3, où Christ peut dire «Pourquoi ?»). [32:8] En même temps (vers. 8) nous avons la déclaration de toute importance, que, dans son gouvernement du monde, Dieu avait fait d&rsquoIsraël le centre, et avait arrangé les peuplades de la terre dans leurs diverses localités, en ayant égard aux bornes d&rsquoIsraël, comme premier objet de ces voies ; [32:9] car son peuple terrestre est le lot de l&rsquoÉternel, son héritage sur la terre. [32:15] Mais Jeshurun, le droiturier, Israël, s&rsquoest engraissé et a regimbé et méprisé le rocher de son salut. [32:21] Par conséquent Dieu les excite à la jalousie par ceux qui n&rsquoétaient pas un peuple. C&rsquoest l&rsquoappel des gentils, selon Rom. 10:19.
[32:22-26] Le jugement tombe néanmoins sur Israël, en sorte que Dieu l&rsquoaurait détruit, [32:27] si la gloire de son nom ne l&rsquoen avait pas empêché, car les gentils s&rsquoétaient manifestés comme absolument iniques. [32:36] Là-dessus, son peuple étant dans la détresse, sans force et sans espérance, l&rsquoÉternel se souvient de lui [32:41-42] et se venge à la fin de ses ennemis, de ces Gentils idolâtres. [32:43] Mais, tout en exerçant la vengeance, c&rsquoest alors qu&rsquoayant rétabli son peuple Israël, il fera que les Gentils se réjouiront avec lui.
Ce principe est déjà vrai maintenant, mais le témoignage qu&rsquoil fournit sera pleinement accompli lorsque Israël sera de nouveau rétabli dans la jouissance des promesses, lorsque Dieu manifestera sa miséricorde envers Son pays comme envers son peuple. Le cours complet de ses voies à l&rsquoégard du peuple, qui en forme le centre sur la terre, est ainsi pleinement développé. [32:46] Ensuite Moïse leur rappelle le grand but de ce livre, l&rsquoobéissance, [32:47] et que, par elle, ils prolongeraient leurs jours sur la terre qu&rsquoils allaient posséder.
[32:49] Enfin, le pauvre Moïse doit monter sur le mont Nébo pour voir le pays [32:52] dans lequel il ne peut entrer, [32:51] n&rsquoayant pas répondu à l&rsquoexigence de la gloire de Dieu dans le désert, ni sanctifié son nom par la foi. C&rsquoest la conséquence inévitable, sous la loi, du juste gouvernement de Dieu envers un serviteur. Il n&rsquoentre pas dans la jouissance de la promesse. Une seule faute l&rsquoen prive.
[33:1] Nous avons encore les bénédictions prononcées sur le peuple par cet homme de Dieu avant sa mort (chap. 33). Les bénédictions de Jacob étaient plutôt historiques, en rapport avec l&rsquoavenir [(Gen. 49)]. Ici, elles ont trait plutôt à la relation du peuple avec Dieu selon son gouvernement. Les tribus sont toujours au nombre de douze (Siméon est omis, pour faire place à deux tribus de la postérité de Joseph, premier-né quant à l&rsquohéritage à la place de Ruben). Ici, l&rsquoordre est selon la bénédiction de Dieu, et non pas selon les droits de la nature. [33:6] Sur ce dernier principe, Israël, représenté par Ruben, sera diminué, mais ne mourra pas.
[33:2] L&rsquoÉternel est là dans sa majesté avec le feu de la loi dans sa droite ; [33:3] mais il aime le peuple, c&rsquoest-à-dire ses saints qui l&rsquoentourent pour recevoir ses enseignements. [33:4] Par la médiation de Moïse, le peuple reçoit une loi qui est l&rsquohéritage de la congrégation de Jacob. [33:5] Il est là, ce Moïse, comme roi. Telles sont donc les relations sur lesquelles ces bénédictions sont basées.
Les bénédictions ne sont pas présentées ici historiquement comme étant celles des enfants des pères, en rapport par conséquent avec Shilo, la pierre d&rsquoIsraël [(Gen. 49:10)] : ce n&rsquoest point non plus une vue complète des voies de Dieu en Israël, comme dans la Genèse ; mais ce chapitre a pour sujet les relations de l&rsquoÉternel avec le peuple, mis en possession du pays (comme dans tout le reste du livre) et placé sous le gouvernement de Dieu. [33:2] L&rsquoÉternel bénit, mais bénit selon la majesté de Sinaï et selon la révélation qu&rsquoil a donnée de Lui-même dans le buisson ; [33:5] Moïse, le roi, est le canal de ces bénédictions qui se rapportent ainsi à la nation et sont basées sur ses relations avec Dieu. [33:11] Ainsi, Lévi est béni, [33:9] ayant été fidèle à l&rsquoÉternel ; [33:16] Joseph a la bénédiction et la faveur de Celui qui demeurait dans le buisson, ayant été mis à part de ses frères, craignant Dieu, et vase de ses desseins. Telle était par conséquent la position de ces deux tribus dans le pays ; par contre Siméon, qui n&rsquoest pas mentionné ici, était, pour ainsi dire, perdu dans le pays, sa portion étant là où habitaient les Philistins.
[33:8] Il faut aussi remarquer ici, que les bénédictions principales sont sur celui qui, [33:9] pour l&rsquoamour de Dieu, n&rsquoa connu ni son père ni sa mère, c&rsquoest-à-dire sur Lévi ; [33:16] et sur Joseph qui, pour la gloire de Dieu, était mis à part de ses frères. Tous deux étaient à Lui. [33:10] Lévi a la place la plus excellente ; sa séparation qui, de fait, allait avoir lieu, était un fruit de sa fidélité. [33:16] Joseph a peut-être une jouissance plus sensible de la faveur divine ; il était fidèle à Dieu dans sa séparation involontaire. Ces deux conditions sont complètement réalisées en Christ.
[33:6] Si la bénédiction de Dieu conserve la vie à Ruben avec ses hommes en petit nombre, [33:7] Juda est présenté à l&rsquoÉternel pour être exaucé et afin que l&rsquoaide de l&rsquoÉternel soit avec lui. L&rsquoexpression de : «Amène-le à son peuple», est digne de toute attention, dans les relations qui ont existé entre ce peuple et Dieu, vu la position de Juda dans l&rsquohistoire du peuple sous le gouvernement de Dieu, et sa dispersion actuelle ; vu aussi ce qui aura lieu dans l&rsquoavenir, lorsque le peuple tout entier sera ramené en unité dans son pays.
[33:8] Lévi occupe la troisième place, Siméon étant omis. [33:10] La demande que fait le prophète-roi pour Lévi est celle de la sacrificature éternelle du peuple de Dieu (sur la terre, bien entendu). [33:8] «L&rsquohomme de ta bonté» s&rsquoemploie dans le sens de la piété envers Dieu, de la grâce dans le c&oeligur. Moïse demande que «les perfections et les lumières» (Thummim et Urim) dans l&rsquointelligence des relations qui subsisteraient de fait en tout temps entre le peuple et Dieu, et entre Dieu et le peuple en retour, fussent avec l&rsquohomme de grâce et de piété, officiellement avec la tribu sacerdotale.
Mais la base de cette demande est remarquable, quant au gouvernement de Dieu. [33:8] Dieu avait éprouvé le peuple à Massa et avait contesté avec lui à Mériba. Or c&rsquoest précisément ce qui est attribué à Israël dans l&rsquohistoire [(Ex. 17:7)]. Il a tenté (ou éprouvé) Dieu à Massa, et contesté avec Lui à Mériba. Mais là où la chair s&rsquoest montrée en Israël, Dieu a mis son sacrificateur à l&rsquoépreuve ; et aux eaux de Mériba, où Moïse ne l&rsquoa pas sanctifié [(32:51)], il a été en lutte avec Moïse (*). Circonstance pénible, que d&rsquoêtre privé du fleuve des bénédictions évidentes et sensibles au milieu du peuple de Dieu ; état qui donne occasion à la manifestation de la chair rebelle et aux murmures contre Dieu dans le désert ; à tenter Dieu, en disant : «Est-il au milieu de nous ?» [(Ex. 17:7)] &mdash c&rsquoest par ces circonstances que Dieu met ses sacrificateurs à l&rsquoépreuve ! L&rsquoÉglise, dans sa position sacerdotale, et spécialement ceux qui ont à c&oeligur le bien de l&rsquoÉglise, sont aussi mis à l&rsquoépreuve, pour voir s&rsquoils savent compter sur la bénédiction de Dieu malgré tout. Or, quoique Lévi fût mis à l&rsquoépreuve dans sa sacrificature, [33:10] il avait été mis à l&rsquoépreuve afin de l&rsquoobtenir ; [33:9] entre l&rsquohomme et Dieu, l&rsquohomme même le plus proche selon la chair, Lévi n&rsquoavait pas hésité un moment. C&rsquoest la seule base de toute sacrificature. On ne saurait se tenir pour l&rsquohomme devant Dieu, qu&rsquoautant qu&rsquoon s&rsquoest tenu en vérité pour Dieu devant les hommes. Car avec quel Dieu serait-on un médiateur ? Ce ne serait pas avec le Dieu de sainteté, ayant le droit sur tout notre être. On ne pourrait avoir, pour les pécheurs, que la sympathie de la chair qui participe à leurs péchés.
(*) Sans doute, la chute de cet homme de Dieu était l&rsquoeffet de son état précédent, car il était homme. L&rsquoépreuve, quand nous ne sommes pas en bon état, est un châtiment, mais un châtiment nécessaire, et a une bénédiction pour résultat. C&rsquoest pourquoi, tout en étant une bénédiction, il est dit : «Ne nous induis pas en tentation» [(Matt. 6:13)].
Il faut être reçu en la présence de Dieu selon sa sainteté, afin de pouvoir intercéder pour l&rsquohomme dans sa faiblesse. C&rsquoest ce qui est absolument vrai de Jésus et, dans un sens pratique, de nous tous. Mais, pour être intercesseur, il faut à l&rsquooccasion un témoignage de fidélité, et il faut nécessairement que cela nous coûte devant les hommes. [33:9] Il faut être pour Dieu et ne pas s&rsquoépargner soi-même, en haïssant son père et sa mère. Cette instruction est importante. Il faut aussi distinguer entre l&rsquoépreuve de notre sacrificature, et l&rsquoépreuve de nous-mêmes avant d&rsquoy entrer. Ici, il s&rsquoagit de l&rsquoépreuve pratique quand nous sommes sacrificateurs, car nous le sommes par grâce.
[33:12] Il paraîtrait que la place de Benjamin en relation avec l&rsquoÉternel était d&rsquoêtre gardé près de Lui, dans sa faveur, ainsi que cela eut lieu pour cette tribu, dans les limites de laquelle était Jérusalem.
[33:13-16] Joseph a sa bénédiction terrestre à titre de premier-né ; [33:17] quant à l&rsquohéritage, sa terre est bénie, la double portion lui est déchue.
Je n&rsquoai pas de remarques à faire sur les autres bénédictions, sauf que celles de Zabulon et d&rsquoIssacar semblent être encore à venir [(33:18-19)], et que celles de Gad semblent établir les relations qui existaient déjà [(33:20-21)].
Mais, en outre, si les voies de Dieu envers son peuple étaient en rapport avec leur fidélité et la manifestation de Lui-même ; si Dieu adaptait ses voies à leur conduite pour manifester à la fois son gouvernement et Lui-même, [33:26] il s&rsquoélèverait aussi Lui-même au-dessus de tout pour bénir et pour garder. Il retournerait aux droits de sa propre gloire, afin d&rsquoêtre pour son peuple une source infaillible de bénédiction et de sécurité ; il ferait connaître sa gloire en faveur d&rsquoIsraël ; il était porté sur les cieux à son secours. Là où était sa majesté, là était le secours de ce peuple. [33:27] Il le soutiendrait aussi ; Il détruirait ses ennemis ; [33:28] alors seulement Israël serait en sécurité. Cette nation habiterait une terre fertile que les cieux couvriraient de bénédictions comme d&rsquoune rosée. [33:29] Heureux peuple ! objet de la délivrance de Dieu, qui lui était comme un bouclier et comme une épée ! Ses ennemis lui rendraient une obéissance forcée.
Ainsi, quels que fussent les détails des relations du peuple avec Dieu dans son gouvernement, il les bénirait à la fin comme peuple, selon sa souveraine gloire et sa majesté.
Considérons maintenant un peu (chap. 34) la défense faite à Moïse d&rsquoentrer dans la terre de promesse. Moïse, homme de Dieu, pouvait prononcer les bénédictions d&rsquoIsraël comme étant entré dans le pays ; mais lui-même, serviteur de Dieu, appartenait au désert. Il y a plus d&rsquoune chose à peser ici. Quant à la position de Moïse, elle était celle de gouverner un peuple placé sous les principes de Sinaï ; c&rsquoest-à-dire que, bien qu&rsquoil fût sous le gouvernement de Dieu, c&rsquoétait dans la chair que ce peuple y était soumis (comp. Rom. 7:5, où ce sujet est pleinement traité).
Or l&rsquohomme dans la chair, sous le gouvernement de Dieu, ne saurait entrer dans la jouissance de la promesse. Cela est vrai même d&rsquoun chrétien : en Jésus mort et ressuscité, il est assis dans les lieux célestes [(Éph. 2:5-6)] ; il jouit de la promesse en présence de Dieu, ou du moins ses affections le portent en haut ; sa vie y est cachée avec Christ [(Col. 3:3)] (*), mais, comme homme sur la terre, il est sous le gouvernement de Dieu, qui agit envers lui selon la manifestation de sa vie spirituelle ici-bas ; et Christ est entre lui et Dieu, exerçant la sacrificature [(Héb. 4:14)] et l&rsquooffice d&rsquoAvocat [(1 Jean 2:1)], qui n&rsquoétablissent pas la justice (déjà établie une fois pour toutes), mais qui maintiennent les relations d&rsquohommes faibles avec Dieu, dans la lumière, à la communion de laquelle ils sont appelés, en Christ qui s&rsquoy trouve. Il obtient pour eux la grâce et la miséricorde pour recevoir du secours au temps opportun [(Héb. 4:16)], afin qu&rsquoils ne tombent pas, ou afin de les relever, comme leur Avocat, s&rsquoils sont tombés [(1 Jean 2:1)], par l&rsquoopération du Saint Esprit sur la terre.
(*) La première de ces choses forme l&rsquoenseignement de l&rsquoépître aux Éphésiens ; la seconde celui de l&rsquoépître aux Colossiens. Dans les Éphésiens, mort dans ses péchés [(Éph. 2:1)], l&rsquohomme est ressuscité et placé en Christ dans les lieux célestes [(Éph. 2:6)] : c&rsquoest une nouvelle création [(2 Cor. 5:17)]. Dans les Colossiens, l&rsquohomme est mort au péché et ressuscité avec Christ, et ses affections sont aux choses d&rsquoen haut [(Col. 3:3)]. Dans cette dernière épître, il est vu aussi comme mort dans ses péchés, et ressuscité avec Christ, mais non comme assis dans les lieux célestes.
Traverser le Jourdain était, en figure, mourir et être ressuscité avec Christ. Josué représente toujours Christ, Chef de son peuple selon la puissance de l&rsquoEsprit. Mais le désert est ce monde. Moïse y dirige et y gouverne le peuple selon Dieu ; par conséquent, il n&rsquoentre pas en Canaan.
La différence (nous nous y étendrons davantage en étudiant le livre de Josué) entre la mer Rouge et le Jourdain, est que la mer Rouge signifie l&rsquoefficace de la rédemption par la mort et la résurrection de Christ lui-même, et que, de plus, nous sommes vus en Lui ; le Jourdain est l&rsquoapplication de cette vérité à l&rsquoâme, comme étant morts avec Lui, pour entrer dans la jouissance des promesses. Le passage de la mer est suivi de cantiques de joie [(Ex. 15:1)] ; celui du Jourdain, de combats, et de la réalisation des promesses.
Quant à Moïse lui-même personnellement, la faute qui lui a fermé l&rsquoentrée de la terre promise est bien connue [(Nomb. 20:7-13)]. Provoqué par la rébellion d&rsquoIsraël, et fatigué des soins qu&rsquoil devait prodiguer sans cesse au peuple, au lieu d&rsquoexalter l&rsquoÉternel aux yeux d&rsquoIsraël, il s&rsquoest exalté lui-même. Il s&rsquoest servi du don de Dieu pour s&rsquoélever ; il n&rsquoa pas sanctifié l&rsquoÉternel aux yeux du peuple [(Nomb. 20:12)] ; il ne Lui a pas donné la place qui lui est due. Dieu ne se lasse pas dans sa bonté ; et ainsi, agissant en discipline pour le bien de son peuple, selon Sa majesté, il peut toujours en revenir aux voies de bénédiction directe qui découlent de sa grâce infaillible. L&rsquohomme, lassé du mal qui l&rsquoirrite, cherche à s&rsquoélever, pour se mettre au-dessus et à l&rsquoabri du mal, parce qu&rsquoil n&rsquoest pas au-dessus de lui. Désormais il ne glorifie plus Dieu ; il s&rsquoexalte lui-même et il est abaissé.
Si Moïse, au lieu d&rsquoagir selon la chair, s&rsquoétait souvenu que ni lui, ni sa gloire n&rsquoétaient en question, mais qu&rsquoil s&rsquoagissait de Dieu (et que de fois il le leur avait dit !) il aurait senti que le peuple ne pouvait toucher à la gloire de Dieu, et cette gloire infaillible l&rsquoaurait soutenu. Il n&rsquoaurait considéré que cette gloire, qui se maintient toujours elle-même ; en sorte que si seulement nous cherchons à la maintenir, nous pouvons nous reposer sur elle.
Mais la foi lui a manqué, et l&rsquoentrée du pays lui fut interdite, quand, seule, la perfection de cette gloire pouvait la donner aux hommes. En effet, qu&rsquoest-ce qui pouvait assurer le trajet du désert et l&rsquoentrée de Canaan à Israël ? La pure grâce toute seule. C&rsquoest la hauteur de cette grâce qui surmonte tout, que Moïse n&rsquoa pu comprendre, et c&rsquoétait selon cette grâce, comme nous l&rsquoavons vu, que Dieu agissait à Mériba.
Or la loi ne pouvait faire entrer dans la vie ; c&rsquoest pourquoi la chair, le monde et la loi, toujours corrélatifs dans les voies de Dieu, appartenaient au trajet du désert, et Moïse y reste. Il pouvait, comme homme de Dieu et prophète, annoncer la grâce qui assurait la bénédiction d&rsquoIsraël (chap. 33:26-29). Fidèle dans toute sa maison, comme serviteur [(Nomb. 12:7)], il reste en deçà du Jourdain ; preuve, dans ces circonstances touchantes, qu&rsquoil faut une création absolument nouvelle pour jouir des promesses de Dieu, qui seules, après tout, peuvent nous amener en sûreté, même au bout de la traversée du désert, selon la grâce infaillible de notre Dieu.
[34:5] Moïse meurt, [34:6] est enseveli par l&rsquoÉternel, et n&rsquoest pas employé, comme objet d&rsquoune vénération charnelle (lorsque son nom les honorerait selon la chair), par un peuple toujours prêt à tomber dans ce péché, alors que ce même peuple s&rsquoopposait constamment à lui quand sa présence selon Dieu contrariait cette chair. Il était un homme honoré de Dieu, qui n&rsquoa guère eu son semblable, à l&rsquoexception, cela va sans dire, de Celui qui n&rsquoeut jamais d&rsquoégal. Toutefois Moïse était un homme, et l&rsquohomme n&rsquoest que vanité !
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